13 mars 2016

Suzanne Valadon 1865-1938

Suzanne Valadon

Et bien justement suite au personnage du livre de Kristin Marja Baldursdottir, en voilà une autre femme assez remarquable aussi, une peintre dans un genre moins conformiste cependant que la Karitas du livre, nettement plus délurée mais ivre de son art et fort talentueuseLa boîte à violon Valadon

 

Suzanne, ainsi prénommée par Toulouse-Lautrec (qui savait de quoi il parlait sans doute) car fort désirée par les messieurs, se nommait Marie-Clémentine Valade, puis elle prit le prénom de Maria en tant que modèle et enfin elle émergea dans la Peinture en tant que Suzanne Valadon.Valadon 5

Modèle pour Puvis de Chavanne, Renoir, Toulouse-Lautrec, elle fut aussi forcément aussi parfois leur maîtresse, il lui fallait bien vivre, à cette belle jeune femme qui tentée par le cirque dut interrompre prématurément une carrière suite à un accident. Mais intuitive, douée, elle apprit d'eux ce que d'autres apprennent dans les académies ou dans les ateliers.Valadon 7

 Elle eut aussi une aventure houleuse de 5 mois avec Erik SatieValadon 3

 fut  Mère célibataire d'un enfant qui fut reconnu par son présumé père : Maurice Utrillo

Valadon 9fut le peintre très productif de Montmartre. On s'y intéressera un autre jour à ce tourmenté qui choisit d'ailleurs une peinture plutôt apaisante .. Elle se maria 2 fois Suzanne avec un banquier qui lui apporta le confort, puis avec André Utter peintre lui aussi rencontré en 1909.Suzanne Valadon Utter

Le musée de Montmartre présente jusqu'au 16 Mars leurs oeuvres à ces trois là.

Suzanne Valadon Portrait de famille

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22 décembre 2015

Charles Edme Saint Marcel 1819-1890

autoportrait 1850 Saint Marcel

Une exposition due à un collectionneur passionné fait sortir de l'oubli dans le joli cadre médiéval du Château de Nemours en Seine et Marne, ce peintre né la même année que Courbet soit en 1819. Charles Edme Saint Marcel naît à Paris, d'un père médecin qui meurt 3 ans après sa naissance, sa soeur décède lorsqu'il a 14 ans, deux morts qui le marquent fortement et contribuent à le rendre hypocondriaque. Il a pour maîtres, très tôt un ami de la famille Marie-Nicolas Ponce-Camus 1778-1839, puis Charles de Steuben 1788-1856. Agé de 20 ans il fréquente l'atelier de Théodore Caruelle d'Aligny  1798-1871 à Bourron-Marlotte, il y rencontre les peintres de l'école de Barbizon. Il retourne à Paris dans l'atelier de Léon Cogniet 1794-1880 où il rencontrera Eugène Delacroix 1798-1863 qui le recrute comme paysagiste, leur relation restant à ce jour encore assez mystérieuse, élève et/ou collaborateur pour ses fresques ? Charles Saint Marcel ne semble pas avoir fait beaucoup de confidences sur sa vie. Dessinateur animalier, paysagisteSaint MarcelSaint Marcel 11Saint Marcel 3

Saint Marcel 2

Saint Marcel 8

il effectue aussi plus rarement des des portraits de personnes non identifiées, des personnages rencontrés au cours de ses longues promenades, il croque d'après nature, en forêt, au sein des ménageries 

Saint Marcel 10Saint Marcel 9

Saint Marcel 4 Il utilise crayon, plume et encre, aquarelle, huile, fusain, eau-forte.

 

 En 1849, après une épidémie de choléra dans Paris, Saint Marcel s'installe à Fontainebleau, amoureux de la nature, une tendance neurasthénique lui fait apprécier la solitude, en 1857 il rencontre le peintre Emile Normand (1840-1914) qui associera à son nom celui de son professeur devenu père spirituel et signera alors ses tableaux Emile Normand Saint Marcel. Ils resteront très liés jusqu'à la mort de Saint Marcel, certains dessins de ce dernier sont restés dans la famille des descendants d'Emile Normand Saint Marcel.

La Gorge aux loups forêt de Fontainebleau hiver 1857 Saint Marcel

 Deux tableaux dans cette exposition, dont l'un est marquant : La Gorge aux Loups, forêt de Fontainebleau, hiver. Il lui vaudra son unique récompense qui lui sera décernée à Melun en 1864. Ce manque de reconnaissance finira par lui peser. Aquafortiste, il confiera certaines oeuvres à un couple de graveurs Alfred et Fanny Prunaire, entre 1878 et 1889, il correspondra avec ce couple ami à qui il signalera ses problèmes de santé dont sa vue fortement amoindrie. Il choisira de mourir dit-on un 15 Février 1890.   

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09 décembre 2015

Armand Charnay 1844-1915

La messe de Saint Hubert- Charnay détail

Bourron Marlotte en Seine et Marne est un véritable petit creuset de peintres du XIX siècle attirés par la forêt de Fontainebleau entre Loing et forêt, de grands noms comme Corot, Sisley, Diaz de la Peña, Renoir (y vécut quelques années), Bazille, Monet, Cezanne, Pissaro se retrouvèrent parfois dans les deux auberges du village;Charnay

 D'autres peintres moins célèbres comme Jules Lecoeur, Charles Olivier de Penne, Auguste Allongé, Armand Charnay, Charles Moreau Vauthier, Eugène Cicéri, Charles Delort, Jules Rigolot, Armand Point, Arthur Heseltine vinrent s'y s'installer. Quelques oeuvres de ces artistes sont conservées à la Mairie-Musée de Bourron Marlotte.Charnay6

 A l'occasion du centenaire de la mort d'Armand Charnay, Bourron Marlotte consacre une exposition (gratuite) sur ce peintre qui vécut dans ce village de 1871 à sa mort.Charnay13

Né en 1844 à Charlieu, issu de la bourgeoisie, Armand Charnay se révéle fort jeune doué pour le dessin, titulaire du baccalauréat, il se rend à Paris où il a pour maîtres Isidore Pils et Augustin Feyen-Perrin. Les fusains, les aquarelles, les huiles de ce peintre plaisent rapidement, et les commandes ne manquent pas.Charnay 12

Paysages, scènes de genres où petits personnages se mêlent aux animaux se révèlent au final petites peintures d'histoires où le peintre s'intéresse aux petites gens par humanité et curiosité.   Charnay voyage un peu, en Normandie, en AuvergneCharnay 2 il y croque la vie des humbles par petites touches de couleurs plus ou moins précises qui donnent à ces tableaux une modernité certaine.Charnay 3

Petits tableaux en général fort ornementaux; Charnay est un bon coloriste; la forêt demeure toujours présente chez cet amoureux de la natureCharnay 7

un peu sauvage, un peu bourru, amateur de jolies femmes, de châteaux et d'animauxCharnay 11

 il épouse sur le tard un de ses jolis modèles devenu sa compagne. Il a peint beaucoup, Charnier, l'exposition  montre un échantillon de sa collection et donne envie d'aller au Musée Hospitalier de sa ville natale Charlieu.Charnay8

 

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17 octobre 2015

Collection Hahnloser-Bühler - Musée Marmottan - Paris

La partie de dames à Amfreville

L'artiste dans le couple, c'est elle Hedy Bühler (1873-1952), famille bourgeoise, elle étudie le dessin et la peinture, elle a un certain don pour la décoration, lui, Arthur Hahnloser est issu d'une famille d'industriels et sera ophtalmologiste. Hédy hérite de la villa Flore, Arthur y installe son cabinet. Ils commencent leur collection par des peintres compatriotes, Giovanni Giacometti 1868-1933 (père d'Alberto), Ferdinand Hodler (1853-1918) avec l'étonnant portrait de l'un de ses modèles et maîtresses Angela Giulia Leonardi rencontrée en 1910Portrait de l'italienne Giulia Leonardi Hodler

 ce portrait là est le moins flatteur de tous, car il la peignit plusieurs fois fort joliment, pour info un tableau hors collection de la fin de sa vie au style fort épuré.Holder

 Félix Valloton 1865-1925 fut un ami de la famille et leur fit connaître les peintres français d'alors, BonnardLe débarcadère de Cannes

 Vuillard avec aussi plus haut la partie de dames. Vuillard

Redon qui vous avez raison, cher Van Gogh, en fit plusieurs de ces pastels, toujours, fort colorés.

Odilon Redon

Matisse, Cezanne, Manguin et Van Gogh,  l'homme qui s'y connaît aussi en pastels.Le Semeur

 La villa Flore est devenue un musée qui abrite la collection de ce couple suisse.

Et salutations à l'occupant principal des lieux Monet dont j'aime particulièrement cette maison vue du jardin aux roses.Monet 

Jusqu'au 7 Février 2016.

 

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04 octobre 2015

Le Castelet- Marseille

Déesse

Bâtiment-sculpture conçue par la muséographe Zette Cazalas et construite par la Serrurerie de la Parette qui représente 4 visages de déesses grecques tournés vers les 4 points cardinaux, l'un d'eux s'ouvre sur une scène pour marionnettes : Le Castelet situé au Fort Saint Jean à Marseille.

Pour mémoire, Le fort abritait la Commanderie des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem au XII siècle.

Le Castelet

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30 septembre 2015

Love - Alexander Milov

Sculpteur ukrainienAlexander Milov Love

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04 juillet 2015

Jean-Paul Gaultier

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Certes on doit pouvoir trouver aussi inventif que ce couturier, mais il a indéniablement un goût pour l'humanité très prononcé et rareJPG9

jpg11JPG10Tout être humain peut être vêtu en Jean Paul Gauthier, pas de critère racial, sexuel ou morphologique. Certes encore, un petit critère de classe sociale peut être limitera vos achats ! Mais il est réjouissant de constater que c'est bien le seul ! Les mannequins sont animésJPG8

JPG6par un système vidéo dans une des salles, on est attiré d'abord par leur regard tourné vers vous, puis par leurs paroles et enfin on s'attache au reste !JPG2

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Inspiré par les religions, la scène, les pays

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il s'agit d'un beau voyage que l'on vous offre. Les détails sont innombrables, la provocation est omni-présente

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 le sexe, les nuits chaudes, les détails savoureuxjpg29

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 Bien entendu, la mariée clôture comme il se doit l'exposition.

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Belle balade à vous, si le coeur vous en dit.

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17 avril 2015

Paul Rebeyrolle 1926-2005

Paul Rebeyrolle

Moi, j'aime à dire de ma peinture qu'elle est naturaliste. Le naturalisme, c'est une immersion dans la nature. Et je crois avoir réussi à marier naturalisme et politique, ce qui pour moi est essentiel : si tu peins un corps de femme ou d'homme, peu importe, ou de supplicié, c'est en fonction d'une conception politique, mais si ce corps n'est pas plein de sang, si on ne sent pas que ce sang circule sous la peau, que la chair est tendre, que le sol est vraiment un sol fait de terre et de pierre, et si le ciel qui est derrière est en carton, alors on ne fait strictement rien qu'exprimer une théorie.»

Paul Rebeyrolle

Rebeyrolle 5

Rencontre fortuite avec ce peintre que je ne connaissais pas par le biais d'un roman policier de Sylvie Granotier actrice, scénariste et romancière.

Il me faudra un jour y aller : visiter Paul Rebeyrolle sur ses terres, près de Limoges.

Un aperçu rapide de son art très particulier.

Site

 http://www.espace-rebeyrolle.com/ 

Homme tirant sur ses liens 1979 Paul Rebeyrolle

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11 avril 2015

Robert Jahns

Robert JahnsPhotographe allemand.

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09 avril 2015

Egon Schiele 1890-1918

Egon Schiele

Bien sûr, il y a du clown triste chez Egon Schiele, né à une époque de fin de siècle toujours un peu décadente, né dans une famille où un père dépressif puis carrément dément meurt à l'adolescence d'Egon ce qui peut contribuer à exacerber un sens déjà aigu du mal de vivre chez ce tout jeune homme qui fut un admirateur de Klimt, qui s'en inspira mollementAutoportrait demi-nu 1909 Schiele

et qui réussit pourtant en une courte carrière à se donner un style bien à lui.Autoportrait tirant sur sa joue 1910 détail Schiele

Gustav Klimt 1912

Voilà Klimt en photographie, voilà la vision toute Schielienne qu'en a son jeune confrère.Gustav Klimt par Schiele

Voilà il faut le savoir, Egon Schiele n'est pas là pour faire du beau comme Klimt, lui est là pour déformer la réalité et au contraire de Klimt qui idéalise, lui Schiele a choisi presque systématiquement de diaboliser tout, une façon de se démarquer, une tendance à voir tout en noir, un penchant pour le morbide ou le glauque, ou tout simplement une façon d'être dans un monde où l'on se sent un peu étranger. Le dessin est primordial chez Schiele et le rouge est là pour mettre en valeur ce que les autres cachent : les bouches, les seins, le sexe. 

Agonie 1912 Schiele Il y a du souffre chez Schiele : ses dessins érotiques font jaser, de jeunes enfants, de jeunes modèles tous très sexués. Il dénonce aussi l'église et ses pratiques parfois fort contestables. Il se glisse assez facilement dans la peau du provocateur.Jeune fille nue assise 1910 Schiele Il met en scène la masturbation fort combattue en ce début de siècle tout comme  Klimt d'ailleurs, mais là où les formes sont pleines, les visages apaisés chez Klimt, chez Schiele les corps sont suppliciés, les regards interpellants : invites déguisées des modèles ou addiction du peintre aux dits modèles, ou bien les deux peut être. Les défenseurs de Schiele analysent la similitude des jeunes corps représentés de façon androgyne avec ses auto-portraits nus où un narcissisme complaisant ou moqueur aguiche les regardeurs, signifiant ainsi que ses nus féminins seraient les doubles d'un Schiele fort attiré par le sexe. Possible et qu'importe maintenant. Se démarqueront de ses modèles d'abord sa soeur bien aimée Gerti, puis Wally Neuzil 17 ans jeune modèle qui vivra avec lui 3 ans, une belle fille qui lui fera aimer l'amour, il la représente fort esthétiquement Femme blonde couchée 1914 Schiele et puis celle qu'il épousera une jeEdith Harms 1915 Schieleune vierge avec laquelle il voulait faire un mariage avantageux socialement Edith qui lui fera peindre des tableaux à la Carl Larsson. Il retrouve son style un peu caustique avec ce couple assis où Edith s'accroche comme elle peut à son mari un peu grimaçant.

Couple assis 1915 détail Schiele

 

 A noter que le dernier tableau de Schiele, intitulé La Famille devait se nommer Couple accroupi et ne comportait pas d'enfant, la femme n'est pas Edith et l'enfant fut rajouté lorsque Schiele apprit la grossesse de son épouse.

La Famille détail 1918 Schiele

A noter aussi les formes pleines de la femme, Schiele a abandonné son style émacié et sans doute plus serein porte un  autre regard sur les femmes, la tristesse est toujours au rendez vous mais apaisée ou résignée. Une grippe espagnole emportera d'abord Edith enceinte et quelques jours plus tard Egon Schiele, il avait 28 ans. Pas vraiment de chance ce Schiele au fond, mais restent ses peintures qui sont de celles qu'on ne confond pas, qu'on n'oublie pas.

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