09 avril 2015

Egon Schiele 1890-1918

Egon Schiele

Bien sûr, il y a du clown triste chez Egon Schiele, né à une époque de fin de siècle toujours un peu décadente, né dans une famille où un père dépressif puis carrément dément meurt à l'adolescence d'Egon ce qui peut contribuer à exacerber un sens déjà aigu du mal de vivre chez ce tout jeune homme qui fut un admirateur de Klimt, qui s'en inspira mollementAutoportrait demi-nu 1909 Schiele

et qui réussit pourtant en une courte carrière à se donner un style bien à lui.Autoportrait tirant sur sa joue 1910 détail Schiele

Gustav Klimt 1912

Voilà Klimt en photographie, voilà la vision toute Schielienne qu'en a son jeune confrère.Gustav Klimt par Schiele

Voilà il faut le savoir, Egon Schiele n'est pas là pour faire du beau comme Klimt, lui est là pour déformer la réalité et au contraire de Klimt qui idéalise, lui Schiele a choisi presque systématiquement de diaboliser tout, une façon de se démarquer, une tendance à voir tout en noir, un penchant pour le morbide ou le glauque, ou tout simplement une façon d'être dans un monde où l'on se sent un peu étranger. Le dessin est primordial chez Schiele et le rouge est là pour mettre en valeur ce que les autres cachent : les bouches, les seins, le sexe. 

Agonie 1912 Schiele Il y a du souffre chez Schiele : ses dessins érotiques font jaser, de jeunes enfants, de jeunes modèles tous très sexués. Il dénonce aussi l'église et ses pratiques parfois fort contestables. Il se glisse assez facilement dans la peau du provocateur.Jeune fille nue assise 1910 Schiele Il met en scène la masturbation fort combattue en ce début de siècle tout comme  Klimt d'ailleurs, mais là où les formes sont pleines, les visages apaisés chez Klimt, chez Schiele les corps sont suppliciés, les regards interpellants : invites déguisées des modèles ou addiction du peintre aux dits modèles, ou bien les deux peut être. Les défenseurs de Schiele analysent la similitude des jeunes corps représentés de façon androgyne avec ses auto-portraits nus où un narcissisme complaisant ou moqueur aguiche les regardeurs, signifiant ainsi que ses nus féminins seraient les doubles d'un Schiele fort attiré par le sexe. Possible et qu'importe maintenant. Se démarqueront de ses modèles d'abord sa soeur bien aimée Gerti, puis Wally Neuzil 17 ans jeune modèle qui vivra avec lui 3 ans, une belle fille qui lui fera aimer l'amour, il la représente fort esthétiquement Femme blonde couchée 1914 Schiele et puis celle qu'il épousera une jeEdith Harms 1915 Schieleune vierge avec laquelle il voulait faire un mariage avantageux socialement Edith qui lui fera peindre des tableaux à la Carl Larsson. Il retrouve son style un peu caustique avec ce couple assis où Edith s'accroche comme elle peut à son mari un peu grimaçant.

Couple assis 1915 détail Schiele

 

 A noter que le dernier tableau de Schiele, intitulé La Famille devait se nommer Couple accroupi et ne comportait pas d'enfant, la femme n'est pas Edith et l'enfant fut rajouté lorsque Schiele apprit la grossesse de son épouse.

La Famille détail 1918 Schiele

A noter aussi les formes pleines de la femme, Schiele a abandonné son style émacié et sans doute plus serein porte un  autre regard sur les femmes, la tristesse est toujours au rendez vous mais apaisée ou résignée. Une grippe espagnole emportera d'abord Edith enceinte et quelques jours plus tard Egon Schiele, il avait 28 ans. Pas vraiment de chance ce Schiele au fond, mais restent ses peintures qui sont de celles qu'on ne confond pas, qu'on n'oublie pas.

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27 mars 2015

La frise Beethoven de Gustav Klimt à la Pinacothèque

KlimtBien sûr, il serait outrancier et stupidement restrictif de ne voir en Gustav Klimt 1862-1918 qu'un chantre d'une peinture clinquante avec toute cette pléthore d'or et de petits motifs vivement colorés reproduits à l'infini comme ce fameux Baiser Le Baiser détail Klimtoù l'homme saisit la tête d'une femme agenouillée qui ne doit pas sa chute qu'à la force de ses pieds qui s'agrippent arc-boutés pour se maintenir dans une position fort inconfortable sous l'emprise d'un mâle un brin trop sûr de lui ou pas assez, oui chez Klimt l'homme fait cloche contre le corps de sa compagne jusqu'à parfois la cacher ou la nier. Il y a un je ne sais quoi qui me déplaît un peu chez Klimt. Il aime assurément le corps féminin et joue à le mettre en scène de deux façons soit il le déshabille et le réduit à la femme fatale dont il faut se méfier soit il l'habille et dans ce cas, il fait référence à la mère ou à l'épouse. Dans un cas la femme est nue, sexe souvent bien en évidence, femme-objet par excellence, elle représente à l'époque de Klimt la classe sociale la plus défavorisée, celle qui vit de ses charmes à l'époque où seule la femme de bonne naissance est glorifiée en tant que reproductrice, dot et maîtresse de maison qui n'a intéressé d'ailleurs Klimt qu'à travers des portraits toujours très marqués par son ornementation qui a constitué si je puis dire sa marque de fabrique : mosaïques d'or, couleurs très vives, petites fleurs ou  petits motifs style tapisserie qui envahissent la toile et font oublier le corps. Certes la sexualité féminine à cette époque est soit inexistante, soit considérée comme dépravation ou pire comme maladie, pourtant Klimt ne se prive pas de la représenter dans des attitudes plus jouissantes que jamais, ce qui choqua bien sûr la société bien pensante. Voilà sans doute une des ambiguïtés de Klimt quant à son regard sur la Femme, le plaisir féminin est toujours suspect. Dans la Frise Beethoven  dont une partie est exposée en ce moment à la Pinacothèque Les femmes de Klimt sont généralement belles et hiératiques, les yeux baissés ou le regard ailleurs, ce sont les femmes vertueuses. La vertu est belle.Luxure, lubricité et démesure 1902 Klimt

 La luxure ose, elle, vous regarder dans les yeux bien sûr, la démesure est grotesquement laide, quant aux forces hostiles elles sont décharnées, agressives sexuellement aux visages un peu cadavériques et menacent l'homme

Les Forces hostiles Klimt 1902

Les femmes de la poursuite du bonheur sont soit extatiques à la manière d'une Thèrese du Bernin, soit sans expression avec une bouche qui est soit à demi-close comme un chaste baiser, soit pincée qui va jusqu'à l'absence totale de bouche ! version idéalisée de l'épouse vierge (belle et muette en idéal) et transcendée plus tard par sa maternité obligatoire. Et elles, sont habillées forcément.

La poursuite du bonheur 1902 KlimtKlimt resta célibataire et proche de ses frères et soeurs, il eut une relation amicalo-amoureuse avec la soeur de sa belle soeur Emilie Flöge qui dura jusqu'à sa mort, et un grand nombre de maîtresses de bonne famille ou pas, avec une flopée de jeunes femmes modèles autour de lui : 3 enfants naturels, l'un de Maria Ucicky, les 2 autres de Maria Zimmermann (une source en indique 3). Bon il paraîtrait qu'à sa succession, 14 enfants se prétendaient illégitimes. Réconcilions tout le monde, aucun ne fut cependant reconnu. Klimt si partisan de la sécession en matière d'art apparaît comme un homme du passé partageant les interrogations et les inquiétudes des hommes de son temps entre la fin d'un monde et le début d'un autre où les hommes ne savent pas trop se situer, et encore moins situer les femmes, alors soit ils la diabolisent, soit ils la cantonnent au rôle de mère. Et pourtant, Klimt si précieux et sophistiqué dans son art à la limite de l'art sacré qui frise avec un symbolisme coquinPortrait d'Adèle Bloch- Bauer 1907 détail Klimt presque féminin finalement même dans son érotisme poussé et son goût extrême pour le décoratif, drôle de fin de siècle qui libéra curieusement dans le monde artistique les moeurs, les amours lesbiennes surtout, fort à la mode; Klimt leur donna une grande place au grand dam de la bonne société, dans quel but exactement, voilà une autre ambiguïté je trouve. Bon ne cédons pas à la tentation réductrice de ne limiter Klimt qu'à ce peintre du rutilant obsédé par le sexe féminin, il était un excellent dessinateur et coloriste, un excellent peintre en somme Tête d'homme allongé Klimt 1886-1888

mais ... Bien, l'on sent je vous l'accorde un petit parti-pris de ma part, il y a un petit quelque chose qui me dérange chez Klimt. Bon  allez juger vous même si le coeur vous en dit, Klimt est rare chez nous quand même, allez voir l'exposition de la Pinacothèque intitulée 'Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne' où vous trouverez également la célèbre Judith sur laquelle je reviendrai dans un autre message, et vous y trouverez peut être une pépite, moi ce fut Egon Schiele avec deux tableaux seulement exposés. Et j'y reviendrai sur ce Schiele beaucoup plus complexe que Klimt, quoique à la reflexion, ce n'est pas si sûr. A vous revoir donc monsieur Klimt.  

Pommier Klimt 1912

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20 février 2015

Théophile Alexandre Steinlen 1859-1923

Affiche Steinlen 2

Diversifié ce Théophile Alexandre Steinlen né en Suisse en 1859, il abandonne des études de théologie pour créer des motifs pour tissus à Mulhouse puis à Paris chez Demange, montmartrois il fréquentera Toulouse-Lautrec, Allais, Bruant, Vallotton. Ses affiches fort décoratives feront sa célébrité, mais il illustrera aussi des livres, et se distinguera par ses caricatures dans des revues politiques comme Le Chambard SocialisteAu mur des Fédérés Steinlen dit Petit Pierre

où il défendra les insurgés (Hommage aux 147 fédérés de la Commune fusillés en 1871), les miséreux, les milieux ouvriers et populaires. Mais ce tendre adorera les chats qu'il peindra à tire-larigotApothéose des chats 1885 Steinlen

précurseur des Aristochats avant Disney, il sera aussi sculpteur animalier, il se consacrera également aux nus

nu endormi

scènes de rues et croquis de guerre.

scène de rue 1904 Steinlen Au Petit Palais un tableau bon enfant et joyeux dans des teintes mates et fumeuses un 14 Juillet populaire bien évidemment ! 14 Juillet - 1881

    

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17 février 2015

Fernand Pelez 1848-1913

Dans la famille Pelez, originaire de Cordoue, il y a d'abord le père Raymond Pelez (Jean Louis Raymond Pelez Fernandez de Cordoba) 1815-1874 dessinateur et illustrateur, puisPelez 1 il y a l'oncle Fernand Pelez de Cordova 1820-1899 peintre naturaliste et pour finir il y a le premier fils Raymond Pelez dit Chalumeau 1838-1894 , peintre et illustrateur, alors pour Fernand le second fils né en 1848, il n'y a pas d'autre voie que de suivre. Il fera les Beaux Arts, sera élève de Cabanel puis débutera comme peintre d'histoire. Il se rapproche du mouvement dit naturalisme (qui s'intéresse au monde laborieux paysan et ouvrier) sans connaître une notoriété comme certains de ses confrères. C'est un peintre des humbles qu'il côtoie dans son quartier à Montmartre où il avait son atelier. C'est un peintre à la Zola englouti par la grande vague soulevée par les impressionnistes, oublié comme tant d'autres mais le monde de la peinture est assez vaste pour tous les contenir. Deux toiles vues au Petit Palais, Les saltimbanques qui sera exposé au salon de 1888, La vachalcade

Pelez 2

qui représente un défilé carnavalesque à Montmartre organisé en 1896 et 1897, défilé qui se moquait du traditionnel défilé du boeuf gras qui consistait entre autres à faire promener un boeuf décoré par la confrérie des bouchers, fête carnavalesque dont l'origine est ancienne qui connut un grand succès au XIX. Cette vachalcade ou cavalcade d'une vache enragée( en rapport avec la misère des artistes) s'accompagna d'une tombola et d'un concert au Moulin rouge au profit des artistes déshérités de Montmartre. 

Pelez 3

 Une autre toile vue dernièrement à Senlis au musée d'art et d'archéologie qui célèbre une jeune asphyxiée par des émanations toxiques d'un poêle déficient.

Une dernière installée récemment à la place de la Vachalcade en balade  Sans Asile  qui met en scène des miséreux qui viennent d'être explulsés, réalisée en 1883. 

Pélez 1883

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11 février 2015

Niki de Saint Phalle au Grand Palais

IMG_4918

C'est d'abord un visage, beau. C'est aussi un corps, de rêve. Un don certain d'utiliser ces atouts là. Y ajouter une bonne dose de talent, un inconscient au bord de la crise de nerfs, une colère folle, secouez joyeusement et vous obtenez une Niki de Saint Phalle. Pas franchement concernée par ses études, Niki coIMG_4900mmence à 16 ans par vivre de sa beauté en tout bien tout honneur dans le mannequinat, manière de signaler à son père que son corps n'appartient qu'à elle. Niki a de la classe, une élégance d'aristocrate qui lui donnera toujours une certaine assurance auprès des hommes qu'elle côtoiera, aussi bien dans le domaine privé que professionnel. Les hommes fort nombreux dans le domaine de l'art l'accueilleront un peu comme une mascotte, amusés, séduits et bienveillants.

Il arrivera un jour où l'art de Niki s'imposera seul, grâce à des peintres naïfs et célèbres comme Hugh Weiss,  les artistes américains de l'impasse Ronsin Carry Rivers, Robert Rauschenberg, Joan Mitchell et bien sûr Jean Tinguely qui lui donneront confiance en son talent. Jean Tinguely et Niki se stimuleront l'un et l'autre, Elle, ayant toujours une longueur d'avance. Niki est une combattante assurément, contre le machisme ambiant, la sainte autorité parentale et maritale, elle rejoint le féminisme sans en partager les idées castratrices.Autoportrait 1958-1959 N de St PhalleElle revendique une féminité victorieuse où la Femme au pouvoir ferait de la terre un monde meilleur. Elle revendique le jeu féminin européen du flirt. Elle découvre le monumental avec ces êtres à part que constituent Le Facteur Cheval ou Antoni Gaudi. Niki réalisera des sculptures monumentales  comme le Golem à Jérusalem, le Dragon de Knokke à Knokke Le Zoute ou le Jardin des Tarots en Toscane ( voir message sur ce site), de nombreuses fontaines comme la fontaine Stravinsky près de Beaubourg ou celle de Château Chinon.La fête vers 1953-1955

Dans les années 1950 après son mariage, Niki peint des huiles et des gouaches, des toiles naïves qui affichent un bonheur déjà perdu ou jamais acquis, car la jeune femme cherche à s'évader du tableau, de sa vie, de sa famille; après sa dépression traitée par électrochocs,  Elle peint, colle, accumule des cailloux, clous, grains de café, riz, boutons, morceaux de céramique,  vieux jouets; ses thèmes sont femmes et monstres, araignées-mères créant des toiles à confidences ou messages.Niki

Les cauchemars de Niki prennent vie. Lorsqu'elle se sépare de son mari et de ses enfants en 1960 elle commence à régler ses problèmes, elle entre en guerre contre la violence, elle flingue à tout va d'abord sur des toiles abstraites pour se défouler et puis les tirs deviennent ciblés.

Tir Niki de Saint Phalle

 1961 Niki de Saint Phalle

ses séances de tirs restent branchés, le beau monde artistique de l'époque est convié, elle se fait plaisir Niki, elle exulte, là voilà consacrée artiste engagée, elle tire sur les autels, les hommes politiques Niki de Saint Phalle 1962

son père au phallus-avion : La fumée dégagée évoquait la guerre. La peinture était la victime. Qui était la peinture ? Papa ? Tous les hommes ? ... Ou bien la peinture était elle MOI ? Oui ça saigne fort chez Niki !Niki de Saint Phalle 13

Fin 1960, Jean Tinguely et Niki de St Phalle achètent une ancienne auberge en Essonne, Niki peut entamerNiki 2Détail mariéeNiki de Saint Phalle 2

 

sa joyeuse collection de mariées dévorées par des poupons.

et de la mariée elle passe inévitablement à l'accouchement. Ah ce mariage qui emprisonne la femme soumise à son mari et que dire des entraves que sont les enfants ? Puis Niki s'adouçit et va magnifier la féminité triomphante : les nanas arrivent avec la Hon, (elle en suédois) Jean s'occupe de la carcasse en fer qui sera grillagée, du tissu collé sur plusieurs plans, le tout peint en blanc.Niki de Saint Phalle 6 Hon, femme en position gynécologique qui accueille ses visiteurs par son vagin, sorte de Déesse Femme est un symbole fort et caustique pour l'époque.Niki de Saint Phalle 7

En 1967, chic son père meurt, les nanas se font maison, fontaine, ou simplement nanas ' Une femme dans la civilisation des hommes, c'est comme un nègre dans la civilisation des blancs.' Bonnes et mauvaises mères nous le sommes toutes dés que nous enfantons, la société le veut ainsi. L'oeuvre de Niki de Saint Phalle est si vaste que je consacrerai un message pour les Nanas.  En 1969 construction toujours avec la bande de Tinguely du Cyclope à Milly La Forêt (voir message à ce sujet) 1971 naissance de sa petite fille Bloum Cardenas. Niki sera une bonne grand-mère, elle se réconciliera ainsi avec la maternité. 1972 sort son livre intitulé 'Mon secret' où elle révèle l'inceste dont elle fut victime. Niki de Saint Phalle se consacrera au jardin des Tarots de 1978 à 1998.  Inauguration du musée Tinguely à Bâle en 1998 à la mémoire de l'oeuvre de Jean Tinguely ( message sur ce site). Donation d'oeuvres au MAMAC de Nice ( voir message sur ce site) En 2002 mort de Niki de Saint Phalle. Une vie bien remplie, une vie certainement réussie.  

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08 février 2015

La Cabeza au 104 à Paris

La Cabeza au 104

 

Un avant goût de l'exposition de Niki de Saint Phalle au Grand Palais. 

Au Mexique, El dia de muertos est une fête où l'on apporte des offrandes aux morts, où l'on déguste des têtes de mort en sucre, la mort n'est qu'un passage, et la brièveté de la vie une nécessité pour accéder à cet état, le jour des morts est une rencontre joyeuse entre morts et vivants. Niki de Saint Phalle aimait aussi à penser à la continuité d'une vie après la mort d'une façon ou d'une autre. En Juin 1993 Niki de Saint Phalle s'installe dans une villa à La Jolla en Californie à quelques kilomètres de la frontière mexicaine, elle y restera les 8 dernières années qui lui restent à vivre.  Réalisée en 2000 cette Cabeza arrive des Etats Unis pour s'exposer au 104 lieu de création artistique dans le 19è à Paris.

 

Merci à Oriane pour ses photos.

La cabeza 2

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05 février 2015

Marcel Gromaire 1892-1974

Celui là, chère Anthologie de la peinture (une de mes références vénérées) je l'avais oublié, certes une peintureLa Guerre 1925 Gromaire

'La Guerre' ne m'était pas inconnue, mais ne me donnait pas envie non plus d'aller plus loin, tant elle est rébarbative, par son sujet bien sûr, par le choix trop réaliste d'un style brut de pomme si j'ose dire, par ses couleurs un peu trop ternes. Bon, en même temps, ce sujet précis n'est pas fait pour faire envie ! alors c'est réussi Marcel, il n'y a rien à dire de plus. La guerre, il l'a faite Marcel Gromaire, blessé en 1916, il sera ensuite interprète auprès des américains à Saint Nazaire. Il peindra ces farouches soldats, automates pour tuer ou être tués, en 1925.  Et puis toujours au musée Carnavalet, un autre tableau de Marcel Gromaire ignoré de moi ou oublié je ne sais,Place Blanche Gromaire 1925

Place Blanche de la même année que La Guerre, aux couleurs plus éclatantes, au dessin un peu moins rude, mais tout aussi dérangeant par sa froideur figée; sa peinture reflète sa vision de la vie, où il dénonce : la guerre qui envoie les hommes à la mort, la misère ouvrière, les vices des bourgeois qui s'encanaillent la nuit, dans des bars aux bras d'une jolie femme indifférente et résignée à recevoir un hommage qui lui pèse mais qui la nourrit. Le corps de cette jeune femme irradie de clarté offert à la lumière et à tous, seul le visage fermé est assombri et désabusé. Marcel Gromaine se détendra d'ailleurs en peignant des nus féminins érotiques, aux formes fermes et rondes. Ses paysannes au bain, ressemblent plus à des naïades aguicheuses qu'à des paysannes, dans un décor digne du Douanier Rousseau.Les paysannes au bain

Personnalité multiple Marcel Gromaire. Il dénonce primitivement et rudement, il aime joliment presque mièvrement et oui, il aime les jolies femmes vénales ou pas; moins critique, plus bienveillant, plus décoratif, presque plus joyeux. Ses nus constitueront plus de la moitié de son oeuvre graphique. Un volcan sous un glacier, Marcel Gromaire. 

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07 janvier 2015

Marcel Duchamp

Yvonne et Madeleine déchiquetées 1911 M

Pas facile d'être un Duchamp entre un Villon qui fait une belle carrière et un Duchamp-Villon qui s'illustre dans la sculpture, alors celui qui reste simplement Duchamp mais Marcel se marquera autrement et voilà comment sont nés les ready-made, voilà comment par provocation amusée mais déterminée Marcel Duchamp a marqué son siècle et est devenu le père de l'art contemporain. C'est bien la seule paternité qu'il aurait peut être aimé revendiquer, qui sait, avec Marcel si burlesque dans le choix du nom de ses peintures, si enclin au mystère qu'il déclenche ainsi Marcel Duchamp

la Mariée mise à nu par ses célibataires même ou grand verre, c'est rigolo, quand on pense à ses deux mariées à lui, la première mariée éphémère de sa vie épousée par erreurMariée 1912

 et la seconde épousée en 1954, joueuse d'échecs elle aussi,  bien sûr on galèje dessus aimablement en évoquant une mère plus proche de ses 3 filles que de ses 3 garçons, une soeur un peu trop aimée Suzanne A propos de jeune soeur 1911 M dont les 2 mariages auraient pu être à l'origine de cette réflexion sur la mariée, d'autres y voient aussi de l'érotisme, très anatomique quand même cet érotisme où la mariée est un jeu de tuyauteries fort compliqué et l'amour une histoire de chimie; ce Grand Verre a pris 10 années de sa vie à Marcel de 1912 à 1923.  mais sa dernière oeuvre découverte après sa mort Étant donnés : 1 la chute d'eau, 2 le gaz d'éclairage l'a occupé durant 20 ans de 1946 à 1966, cette oeuvre est encore plus énigmatique et provoque là aussi divers interprétations, le corps représenté est celui d'après moulage d''une amante follement aimée Maria Martins 1894-1973 repartie dans son Brésil natal, intéressante cette femme là d'ailleurs sculptrice qu'il connût à New York, elle tient dans la main un bec Auer allumé, certains y voient le mythe de Psyché, symbole de son amour impossible avec Maria mariée, d'autres y voient un être hybride à la manière de Rrose Sélavy, réalité ou Etant donnés 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairageapparence trompeuse ? Lui seul aurait pu l'expliquer si tel avait été son désir, mais Marcel Duchamp reste une énigme, un talent indéniable de peintre stoppé volontairement, un talent plus discutable de plasticien paresseux et farceur avec ses zônes d'ombre. Marcel Duchamp est devenu un lent jouisseur de la vie, du temps qui passe, il aura pleinement vécu sa vie sans trop de contrainte, libre, je crois, avec ce don de s'inspirer des autres avec une originalité particulière. Né en 1887, il fréquente l'école Julian durant 1 an, ses premières toiles qui comptent  d'influence cézanienne sont La Partie d'échecs (jeu cher aux Duchamp) reprise en version cubisteLa Partie d'échecs 1910Joueurs d'échecs 1911

et le portrait de son père en 1910Portrait du père de l'artiste M

 en 1911 il réalise des nus d'inspiration fauvienne, Il s'essaie au symbolismePortrait du Dr Dumouchel 1910 Met trouve un mode d'expression assez plaisant dans le cubisme en mouvement, son Nu descendant l'escalierNu descendant dans l'escalier n°2 1912

en 1912 toile qui sera décriée par ses propres frères, ce qui le blessera un peu ou son jeune homme triste dans un train 1911-1912 sont intéressantes, tout autant que le sont les titres, comme Le roi et la reine entourés de nus vites en 1912Le Roi et la Reine entourés de nus vites 1912les corps chez Duchamp roulent mécaniquement sur eux même dans une lente chute qui n'appartient je crois qu'à lui. Et ce sont à mon avis ses plus belles créations. Il est à ce moment là très productif, il chemine vite et puis à partir de 1912-1913, il regarde d'un autre oeil l'art, en conteste les valeurs défendues jusque là, il revendique une liberté, celle de penser autrement et de relativiser les valeurs imposées. En 1913, il peint une broyeuse de chocolatLa Broyeuse de chocolat 1914 où dit-il le Célibataire broie son chocolat lui même, facétieux Marcel Duchamp qui ne songera plus alors qu'à provoquer par ses ready-meade, ce qui est pour l'époque scandaleux, impensable, voilà c'est presque terminé pour Marcel Duchamp sa carrière de peintre. Il commencera à réfléchir à sa mariée mise à nu qui ne reproduit rien de neuf d'ailleurs, par rapport à ce qu'il a déjà peint. Il donne vie en 1921 à sa Rrose Sélavy qu'on peut lire Eros, c'est la vie' Rrose Selavycar Duchamp aime les jeux de mots, calembours, ce double féminin qui ajoute du mystère ou qui témoigne de son humour dadaïste. Il vivra aux États Unis, reviendra, repartira, ira en Belgique, jouera aux échecs avec passion, ses amis seront Picabia, Man Ray, Peggy Guggenheim, en 27 sans le sou il épousera puis divorcera 6 mois plus tard. Il participera à plusieurs élaborations d'expositions. En 1954 il se remarie et sa toile Les joueurs d'échecs est achetée par le Musée d'Art moderne. En 1955 il adopte la nationalité américaine. Il meurt en 1968 à Paris auprès de sa seconde épouse.  

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02 janvier 2015

Kendell Geers

Kendell Geers

Artiste né en Afrique du Sud qui fait de l'Art un langage contestataire, provocateur, qui nous invite à réfléchir sur notre monde et bouscule les consciences. Au centre Pompidou, un Christ empaqueté de rubans de signalisation. Acte sacrilège, humour contestataire, provocation potache, refus du veau d'or quelqu'il soit ?

C'est vous qui voyez. Le terme T.W est l'abréviation de Title Withheld, sans titre si vous préférez avec l'ambiguité d'un titre entre parenthèses 

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30 décembre 2014

Espace Paul Bedu Milly la Forêt

 Portrait de Paul Bedu

A Milly la Forêt, un petit musée charmant au nom de Paul Bédu, collectionneur de paysages, vues de Paris, natures mortes dont l'épouse a légué et financé pour la moitié cet espace consacré aux peintures acquises par son mari. Il fréquentait les salons de peinture alors fort à la mode et était lui même peintre amateur. A côté de noms célèbres comme Marie LaurencinLaurencin

Jean Cocteau, des noms moins prestigieux mais connus comme Lucien JonasLucien Jonas

Louise d'Aussy-Pintaud D'aussy Pintaux Louise                                                                                                                                               Charles Perron 1893-1958Charles Perron Le pot jaune

Roger de la Corbière 1894-1973Roger de la Corbière - Effet de lune 1954

Jacques Emile Blot 1885-1960Jacques Blot Le pain et le vin

Eugène Galien-Laloue

Eugène Galien-Laloue 1854-1941, Fred Money 1882-1956 qui fit son portrait et des noms connus que des galeries d'art où l'on vend à bas pris des oeuvres considérées comme désuètes, mais moi, j'ai bien aimé cette petite balade-souvenir d'un Paris disparu avec Julien Brosius,

Julien Brosius

Notre Dame J-Brosius

La place St Michel J-Brosius

Les roses Drutz

 Drutz, Gorges DansetRoses Georges Danset

 Emric RenierEmric Renier - Bourg de Batz Bretagne

Jean Talwinski

Talwinski

 Une salle est destinée aux peintres contemporains exposés ces dernières années dont Niki de Saint Phalle qui eut un atelier à Milly avec Jean Tinguely. Au final, j'ai aimé cette reproduction d'un intérieur bourgeois, me ramenant à des souvenirs d'enfance, une sorte de madeleine de Proust en quelque sorte. Ce n'est pas ce que j'aimerais avoir chez moi, d'ailleurs, bonne question, quels tableaux aimerais-je avoir chez moi ? Diable, diable, faut y réfléchir avant que Dame à la faux ne se ramène ! je n'ai pas encore trouvé de réponse sur le sujet, et pourtant ce n'est pas faute d'en voir des peintres à la pelle ! Suis-je une handicapée de la Peinture comme d'autres le sont de l'élégance, de l'humour ou d'autre chose encore. J'aime la peinture qui me raconte à chaque fois une histoire, j'aime les peintres, mais je n'ai pas encore trouvé une peinture qui me fasse vibrer et pourtant je vibre d'émotion en permanence, bizarre.  Moi j'ai dit bizarre, comme c'est bizarre.

Posté par maison43 à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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