25 juin 2014

Antoine Watteau 1684-1721

Watteau détail

Homme du nord, né à Valenciennes sous le règne de Louis XIV. Son père charpentier-couvreur le met en apprentissage chez un peintre Jacques Albert Guérin à l'âge de 11 ans. Antoine Watteau montre déjà une grande habileté à crayonner gens d'armées ou de foires. A 18 ans, soit aurait suivi à Paris un  peintre-décorateur de théâtre à l'opéra de Paris, soit aurait travaillé chez un peintre Abraham Métayer puis chez un peintre marchand Etienne Derais pour faire des petits tableaux en série pour survivre. Il rencontre en 1704 Claude Gillot 1673-1722 dont il sera le collaborateur-élève jusqu'en 1708. L'élève surpasse le maître et entre chez Claude Audran III 1657-1734 décorateur attitré des maisons royales et princières peintre spécialisé dans les décors d'arabesque. Antoine Watteau les surpassera tous. On connaît peu de choses sur sa courte vie. On le dit de caractère ombrageux et instable, on dit qu'il change aussi souvent de logements que de toiles qu''il aurait tendance à vouloir terminer au plus vite  en mettant trop d'huile sur son pinceau afin d'étendre plus aisément sa couleur. On le dit un peu souillon ne nettoyant pas sa palette, et changeant rarement son huile d'un pot qui se remplissait de poussière, on en déduit aujourd'hui que Watteau devait utiliser un vernis à base de copal et non d'ambre, moins onéreux, et que pour cette même pingrerie, il utilisait de l'huile de noix moins chère et de moindre qualité. Ce mauvais usage explique que l'assombrissement de ses peintures ait nécessité de nombreux nettoyages pratiqués à l'alcool qui ont terni, craquelé, abîmé les peintures de Watteau. De sa vie intime, on ne connaît pas grand chose non plus, de bons amis, de bonnes brouilles, un relatif attachement à sa région d'origine, une santé chancelante assombrie par une tuberculose qui le tuera à l'âge de 37 ans.Watteau

Mais indéniablement, il existe un style Watteau, qualifié de Fête Galante (terme qui qualifie un style pictural utilisé par les successeurs  de Watteau)  où une multitude de petits personnages habillés somptueusement à la mode du siècle précédent, constituent des petites scènes de théâtre où l'on joue à la carte du tendre, un jeu d'amour superficiel, une sorte d'illustration d'un roman du XVIIè L'Astrée expliquent certains auteurs, une continuité plus raffinée des pastorales pour d'autres. D'inspiration vénitienne et hollandaise, cet art séduira immédiatement les collectionneurs ce qui contribuera à faire de Watteau un homme nanti à défaut d'un homme heureux. Il meurt prématurément en 1721 laissant la place aux autres peintres qui reprennent à leur façon ces fêtes galantes ... 

Watteau 2

Bien sûr, il faut remarquer la finesse du trait, la virtuosité des couleurs, un véritable catalogue de soieries, bien sûr il faut noter le côté théâtral de ces personnages, où Watteau peut être manifestait ainsi qu'il n'était pas dupe de cette douceur de vivre qu'il représentait, peintre académique, en vogue chez la noblesse, il s'est sans doute soumis à ce que l'on attendait de lui, mais laissant sa marque,

Statue détail Watteau

assez facétieux en ce qui concerne ses statues, plus charnelles et vivantes que ses personnages en représentation, Monsieur Watteau qu'auriez vous produit si la mort ne vous avait pas fauché prématurément ? Vous seriez vous un peu plus libéré encore ?

Le délicieux musée Jacquemard-André propose un parcours de Watteau à Fragonard jusqu'au 21 juillet 2014.      

Posté par maison43 à 19:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


16 avril 2014

Simon artiste peintre

Arthur Rimbaud Simon

Rimbaud

Découvert à Evry au musée Paul Déroulède, un Têtes à Têtes que j'aimerais partager avec qui le voudra.  Simon se dit peintre écrivain et voyageur ... Né en Bretagne il vit actuellement à Pékin.

Je l'ai rencontré au musée Paul Déroulède où pour un mois ses toiles têtes à têtes ont été exposées. 

Bach Simon

Bach Simon

Simon aime communiquer et accompagne chaque toile d'une explication. En voici quelques unes. Le peintre nous fait partager ses pensées, le temps d'une exposition.  

J'aime sa façon de peindre, les mots qui me viennent sont joie, ludique, échevelé, coloré. J'aime ce coup de crayon, particulier, ne semblant pas être structuré ce qui est faux, anarchique, ce qui est faux aussi.

NIETZSCHE SIMON

Schubert Simon

J'aime ses coups de pinceaux qui semblent en pagaille mais ce n'est encore qu'apparence ..

Simon ou le désordre ordonné .... Simon ou l'ordre désordonné

J'aime bien.

Simon

Pour ceux qui aiment aussi, le site internet de cet artiste :

http://www.simon-artiste-peintre.com/fr/simon-peintre-ecrivain-voyageur.php

Posté par maison43 à 18:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

14 avril 2014

Carl Larsson 1853-1919

Le Repos dominical 1900 Carl Larsson

 

Le Petit Palais propose en ce moment un petit voyage en pays enchanté et féerique, un univers où les enfants sont beauxLisbeth joue la méchante princesse dans l'oiseau bleu 1900 détailBrita et moi 1895 détail

 où les parents sont aimants, où les choses elles-mêmes participent par leur joliesse à l'harmonie d'un monde dans un                  Carl Larsson détail

bonheur cocoonant et ronronnant, au sein d'une famille aimante.  Bon, on en finit par être un peu écoeuré, c'est dire qu'il y en a du bonheur !!!La fenêtre aux fleurs 1894-1896 détail

et puis en s'attardant un peu, en se renseignant un peu, on s'aperçoit que tout n'est pas si rose. Que ce bonheur que l'on nous matraque n'est que l'image d'un bonheur incertain ...

Carl naît en 1853 à Stockholm, d'une famille pauvre il fréquente cependant l'école, et se distingue sans doute des autres puisqu'un professeur le dirige vers l'Académie Royale des Arts. Il deviendra peintre d'histoire et recevra une bourse qui lui permettra d'aller en 1876 à Paris. C'est un excellent dessinateur qui vit de ses illustrations et qui rêve de se distinguer en temps que peintre

Octobre Les potirons Carl Larsson 1882

il propose une toile au salon de 1881 qui sera refusée, il récidive avec une autre toile refusée elle aussi, ce qui le déprimera un brin et lui fera lacérer sa toile. Pas si joyeux que cela Carl, faut dire qu'expatrié, pas très riche, refusé des salons, n'ayant aucun appui, il y a de quoi fulminer, il y a de quoi déprimer. Gretz sur Loing et sa colonie de peintres scandinaves seront la chance de Carl; son amitié avec Karl Nordstrom qui sera un homme influent de la vie artistique suédoise va lui apporter une renommée certaine, même si la reconnaissance de grand peintre lui fera toujours un peu défaut.  Il est assez bon, comme peintre Larsson, mais pas mieux que les autres, le groupe des scandinaves à Grets, sa rencontre avec une peintre Karin BergööKarin 1898 détail

qu'il épousera, la reconnaissance de son talent par le musée national de Stockholm qui acquiert 2 de ses aquarelles, plus tard en 84 l'acquisition de L'étang par l'état français

L'étang 1883 Carl Larsson

puis l'achat de 4 autres par l'acteur Coquelin feront de cette période française un heureux moment de sa vie. De retour en Suède, il sera directeur et professeur de l'Ecole de peinture à Goteborg durant 2 ans, puis après un retour d'un an à Paris, Carl Larsson s'installe à Sundborn l'été. Son épouse qui a abandonné la peinture pour élever 8 enfants, est une excellente décoratrice d'intérieur, et Larsson mettra en image cet art de vivreLa veille de Noel 1904-1906 détail Bien sûr, tout ne sera pas si joyeux chez les Larsson. Il y aura des souffrances, des non-dits, des apparences. Larsson finira par se forcer un peu à peindre ces petites images de vie heureuse. Mais il lui faut bien nourrir sa nombreuse famille. Il s'essaiera aux fresquesFresque de Carl Larsson

mais n'aura pas le succès escompté.

Carl Larsson aurait aimé être un grand peintre de ceux qui créent un mouvement, mais il se distinguera par ses illustrations. Pas si mal après tout.

Jusqu'au 7 Juin. Les enfants apprécieront.Ma Mère 1893Carl Larsson 1910

 

Posté par maison43 à 18:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 avril 2014

Saúl Kaminer

Saúl Kaminer

Las impermanencias son múltiples y son inherentes a la misma vida. Cada vida, es impermanencia.

En un artista, hay también une impermanencia de la obra, en función de sus maestros y tambièn  de su personal vida y de sus encuentros.

Forêt intérieure 1980 Kaminer

La Maison du souffle 2013 Kaminer

Saúl Kaminer nació, en une familia de origen ucraniana. Estudió architectura y se puso à pintar. Se relacionó con el grupo latinoamericano ' Magia-Imagen. Vivió en Paris durante 22 años. Ahora Viaja entre México y Francia.

Todo es impermanencia. Asi es la vida.

Galeria de arte Thessa Herold - Paris 3e - Impermanences Avril-Mai 2014

Espero que viva, otra vez este pintor, quizás, quizás, quizás. 

Dos otras pinturas que no son en la galeria.

Les trois nouvelles 2004Saúl Kaminer

 

Posté par maison43 à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 avril 2014

Jean Carriès 1855-1894

Portrait de Jean Carriès

Plusieurs rencontres au Petit Palais, notamment un sculpteur assez peu académique dont l'art oscille entre réalisme et grotesque ...

Carriès 10

Ce sculpteur a eu dans sa vie des rencontres décisives qui l'orienteront toujours vers une voie nouvelle. Né à Lyon en 1855;  des parents tuberculeux font 4 orphelins, Jean Carriès et sa fratrie sont recueillis par les religieuses de Saint Vincent de Paul. A 13 ans, l'apprentissage chez un sculpteur de statues religieuses Pierre Vermare influencera vraisemblablement son style. Il suivra des cours aux Beaux Arts, puis travaillera dans les ateliers d'Augustin Dumont 1801-1884 et d'Alexandre Falguière 1831-1900.

Carriès 9 

Lors de l'exposition universelle en 1878, il est séduit par la céramique japonaise en grès et abandonne alors la sculpture traditionnelle pour créer un atelier à St Jean Carriès 4Amand en Pusaye.

  De son imagination influencée par le Moyen Âge, par Viollet-le-Duc, sortiront des mascarons, des masques, des animaux

fantastiques                                 Carriès 2

des poteries qui rencontreront un vif succès. Il aura commande d'une porte monumentale

Porte de Parsifal détail

qu'il ne pourra achever pour raisons financières, et surtout pour ennuis de santé. Une pleurésie aura raison de lui en Juillet 1884, il avait 39 ans.  Je ne sais pas si j'aime ou pas; la question, en ce qui concerne l'Art ne se poseCarriès 7 pas ainsi, en tout Carrièscas pour moi. Je suis émerveillée par l'esprit créatif, je suis passionnée par l'histoire de ces humains au don si particulier, il arrive parfois que j'aime ce qu'ils font, et parfois pas, mais cela n'a aucune importance. Avec Jean Carriès je suis entrée dans le monde du fantastique, du merveilleux, un monde parfois peuplé de monstres. Et j'aime bien.  

Détail porte monumentale

  

Posté par maison43 à 18:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


04 avril 2014

Jeanne Hébuterne 1898-1920

Jeanne Hébuterne

Jeanne avait beaucoup de chance, elle était née belle, ce qui avouons le est un bon atout, mais insuffisant pour prétendre à une vie heureuse. A ce propos d'ailleurs, la rigide éducation d'une famille catholique associée à un siècle somme toute assez terrible en ce qui concerne les femmes, n'était pas sans retentissement surJeanne qui n'était pas une de ces conquérantes qui se battraient pour une vie indépendante au mépris des qu'en-dira-t'on. Jeanne était un peu bridée comme toutes les jeunes filles d'alors, soumises sans en avoir même conscience.J André son frère, attiré par la peinture, plus âgé de 4 ans, plus libre forcément, se rendit à Paris, très jeune, pour suivre des cours d'art, en 1910 il étudia à la jeune académie Ranson fondée en 1908 par les Nabis. Jeanne qui a alors 12 ans y voit peut être une sorte d'issue possible pour échapper à à cette réclusion que la Société impose alors à toutes les filles. En attendant, elle dessine avec plaisir, elle joue du violon, elle aime la littérature, les beaux habits et les fêtes, assez joyeuse au final. La guerre de 14 interrompt dramatiquement leur vie, André part au front, les restrictions imposées par la guerre, l'inquiétude du sort d'André pèsent sur Jeanne. André, chanceux revient et fait venir sa soeur à Montparnasse, où elle sert de modèle à des peintres dont Foujita, elle commence à suivre des cours à l'académie Colarossi. Jeanne Hébuterne

 Et puis en Mars 1917 Jeanne fait la déterminante rencontre de sa vie, celle qui la perdra. Bien sûr elle est amoureuse de son Modigliani, mais elle le connaît au pire moment, celui où la maladie va gagner, celui où la boisson le calme et lui permet de peindre ses tableaux si tranquilles, celui où il n'est pas le plus facile à vivre. Jeanne devient son modèle, il la peindra plus de 25 fois. Elle, peindra quelques tableaux, très prometteurs.J Hébuterne

 Ils s'aiment durant les pauses d'abstinence et se querellent durant les crises, à moins que cela ne soit le contraire ! Modigliani est un homme usé, mais un peintre bien productif encore et talentueux.Jeanne Hébuterne autoportrait 1917

Un enfant n'arrangera rien, Jeanne a été rejetée par des parents peu bienveillants ou trop sectaires, on ne sait pas non plus. Jeanne est à la merci d'un Modigliani qui fait ce qu'il peut, la vie est ainsi faite, n'est ce pas, il y a des évènements qu'on ne peut arrêter, parce qu' il est déjà trop tard. Autoportrait J-HébuterneLa tuberculose de Modigliani en fait partie. Il en meurt le 24 janvier 1920. On ramène Jeanne à nouveau enceinte chez ses parents, un mauvais calcul. Jeanne se défenestre le 25 janvier, sans doute sur une pulsion, peut on savoir ? Elle avait 21 ans.

Leur fille Johanna sera élevée en Italie par une soeur de Modigliani. Elle écrira une biographie sur son père, publiée en 1958. Elle est morte en 1984.  André le peintre fera une fort honorable carrière et mourra en 1992. 

Posté par maison43 à 18:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 mars 2014

Lettre à Gustave Doré

Monsieur

IMG_1149

Comme beaucoup de mes congénères j'ai eu maintes fois l'occasion de trembler sous vos illustrations assez effrayantes qui ornaient les non moins terrorisants contes de Perrault qui ont baigné mon enfance, c'est d'autant plus caustique qu'à l'époque nos lectures étaient fortement censurées; Bien entendu, votre nom ne m'évoquait alors rien, ce n'est que bien plus tard, que j'ai associé votre nom à vos dessins définitivement inoubliables.IMG_1148

Et puis la vie me fit oublier votre nom, d'autres lectures m'attendaient. Bien plus tard encore, j'avoue humblement, Gustave, que je vous confondis souvent avec deux de vos semblables fort célèbres, le Courbet 1819-1877 dont l'audacieux L'origine du monde et l'inquiétant autoportrait dit le désespéré ne justifient pas cette confusion je l'avoue,  et le Moreau 1826-1898 plus mystique et symbolique que vous que l'on peut visionner sur ce blog. J'ai vécu fort bien sans vous, jusqu'à ce que le musée d'Orsay ne nous propose une exposition de vos oeuvres, alors par curiosité, j'ai tenu à vous rencontrer et je n'ai pas été déçue.

Au cours de cette visite dense et peuplée m'ont frappé cette petite scène de garrotGustave Doré

 toujours votre désir de faire peur, ce goût pour le macabre, ah le visage du supplicié est fortement bien rendu juste avant ....Votre Parque, ombre menaçante vaut également le détour, oh ce visage à l'austérité implacableLa Parque et l'Amour détail

et l'amour qui l'ignore ce fat !La Parque et l'Amour

et puis les gracieux petits bouts de personnages gelés ne déparent pas dans le 9ème cercle de L'enfer de DanteEnfer de Dante G Doré détail

avec un Ugolin en grande forme qui dévore le cerveau de l'archevêque RuggiériDante et Virgile dans le neuvième cercle de l'enfer

 sous les yeux indifférents de Dante et de Virgile.Dante et Virgile

Dore

Dans vos immenses tableaux assez académiques fourmillent des personnages grimaçants, terrifiés .... Vous avez toujours eu peur Gustave, des autres que vous vouliez surpasser, de vous même que vous ne pouviez dépasser. Vous êtes ambigu, cher Gustave, d'un côté votre appartenance à un milieu bourgeois vous attache fortement quand de l'autre côté, bon acrobate et violoniste vous adorez jouer les saltimbanques; d'un côté romantique symbolique vous adorez le plus cruel réalisme, talentueux dessinateur reconnu par tous, vous voulez briller dans la peinture; enfin d'un humour féroce jusqu'à la caricature vous pouvez vous plonger dans la mélancolie la plus noire. 

Un point où vous me surprenez également sont vos paysages croquignolesques, oui pardonnez moi le mot, ces tableaux laborieux m'évoquent les peintres du dimanche qui veulent en faire trop, trop de couleurs, trop de courbes, trop de volutes, trop de nature en furie ou dépérissant et puis cette bizarre ligne horizontale lumineuse et artificielleSouvenir de Loch Lamond

 oui vos paysages sont un rien affectés, factices, faits de petites touches picturales intéressantes isolées mais qui réunies donnent un ensemble disparate et amateur appliqué. Pierrot grimaçant

Et puis des petits trésors qui montrent un talent plus rare, moins commun un Pierrot grimaçant, des chouettesLes Chouettes détail G Doré

Balzac, Byron, Cervantès, Dante, Hugo, La Fontaine, Perrault, Poe, Rabelais, Comtesse de Ségur, Shakespeare ont bénéficié de votre talent, vos sculptures, et oui même votre peinture ont contribué à faire de vous le Doré (1832-1883) l'un des trois Gustave que je ne confondrai plus.

  Au musée d'Orsay jusqu'au 11 Mai 2014, les enfants seront intéressés. 

 

 

Posté par maison43 à 19:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 mars 2014

Vincent Van Gogh, Antonin Artaud à Orsay

Panier de pommes 1887

Van Gogh 1853-1890 a t'il vraiment besoin d'un défenseur, aujourd'hui ? Lorsque l'on regarde ses toiles, pense t'on à ses crises d'angoisse, ses débordements qui lui valurent quelques internements, volontaires le plus souvent ? Je n'en suis pas sûre. L'éclatante et vibrante peinture, les couleurs de Vincent, vous accrochent le regard et le captent, elles se suffisent à elles mêmes. Cohérentes, elles accompagnent avec une harmonie somme toute régulière la vie d'un peintre à l'humeur très irrégulière.sept 1889 Van Gogh

Ses autoportraits dont je ne mets que les détails, 43 au total ne nous expliquent rien, si ce n'est sa gravité lucide sur son personnage, son besoin de se peindre pour  se prouver qu'il existe, lui qui a des temps morts lors de ses crises, alors se regarder dans ses peintures le rassure sans doute, vérifier et garder en mémoire, lorsque le cerveau ne commande plus, que lui Vincent existe par, dans et pour sa peinture.1887 Van Gogh

1887-1888 Van GoghArtaud  1896-1948 est un tourmenté précoce, né, pourrait on dire, et peu importent les causes qui nous resteront dans l'ensemble inconnues.autoportrait

A l'âge de 18 ans, en 1915 ses premiers troubles psychiatriques le font hospitaliser, ses premiers dessins datent de cette époque, et l'écriture lui deviendra aussi indispensable que l'oxygène.  Contrairement à Van Gogh qui connut certains moments d'apaisement, Artaud mis sous laudanum en deviendra dépendant, ce qui fera de sa vie une cure de désintoxication permanente toujours commencée, jamais réussie. Un médecin pourtant l'aidera à s'échapper un peu en l'aidant à cultiver des dons artistiques réels, et il commencera une carrière de touche-à-tout dans le théâtre, puis il découvrira le surréalisme dont il se séparera. Il sera acteur, créera 4 spectacles, mais son phrasé, ses prestations ne plairont pas. Il continuera à écrire des poèmes, des articles dans des revues littéraires et il laisse une oeuvre assez hermétique, réservée à des initiés. Il sera bouleversé par une exposition Van Gogh en qui il se reconnaîtra et écrira 'Van Gogh, le suicidé de la société' un plaidoyer envers ceux qui pensent autrement, ceux qui sont différents comment peuvent l'être des esprits créatifs et talentueux mais hors des cadres fixés par notre Société.  La peinture de Van Gogh reste malgré tout aboutie, maitrisée, toujours dans une cohérente et constante évolution.Les Tounesols 1887

Vincent Van Gogh est un grand peintre et il n'a plus rien à prouver.  Artaud  restera un homme souffrant dont la maladie a bridé les talents, preuve cet excellent dessin, cet autoportrait qui signale que certains moments lui furent doux, que parfois aussi il fut libéré de ses angoisses, du moins en partie !Artaud

 mais dommage que la maladie ait été excessivement plus marquée chez Antonin et le traitement plus lourd donc plus nocif, ce fut un handicap à toute carrière chez lui. On évoque chez Vincent les hachures nerveuses, les couleurs terreuses de certains tableaux, comme signes d'un esprit malade, c'est une de ses marques, ces hachures, un signe de re-connaissancechamps de ble près d'AUVERS 1890

 Notre regard sur ces troubles du comportement a changé, nous sommes plus tolérants. La pharmacologie permet à beaucoup d'êtres hors normes de vivre tout à fait normalement. Cependant jumeler Vincent Van Gogh à la présence inquiétante d'Antonin Artaud est incontestablement une bonne idée marketing  preuve en est la foule qui s'y rend. L'accès aux toiles de Vincent est un pénible périple, Dieu merci, Vincent, tes toiles se voient même de loin !!!La nuit étoilée 1888

Antonin Artaud quand même attire moins, plus dérangeant, plus dérangé ou moins connu, on peut arpenter tranquillement ses dessins.détail Artaud

Et finalement, aujourd'hui, ce n'est pas Artaud qui vient au secours de Van Gogh mais le contraire. C'est Vincent qui nous permet ainsi d'accéder à l'artiste Antonin et de tenter de le comprendre, d'aller sur ses étranges rives; dure vie que celle de ce multitâche, poète, acteur incantatoire, pamphlétaire ou jeteur de sorts, dessinateur et malade souvent ce qui l'obligea très tôt à de lourds traitements, dont le plus doux fut peut être le laudanum qui le rendit dépendant, et le plus terrible, les électrochocs.

Les Souliers 1886 Van Gogh

Van Gogh perdure brillamment aujourd'hui, Artaud un peu moins, et c'est par Vincent aujourd'hui qu'il retrouve vie.     

.   

Posté par maison43 à 17:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 mars 2014

Charles Maurin 1856-1914

Le crime au clair de lune - Charles Maurin

En 2006, je découvris ce peintre altiligérien lors d'une exposition au musée Crozatier, au Puy en Velay. Je l'ai rencontré à nouveau dans une librairie cet été à Toulon sous la forme du catalogue des oeuvres exposées au musée du Puy, catalogue que j'avais renoncé à trouver.

Charles Maurin est né en 1856 au Puy en Vélay en Haute Loire. Fut élève d'Emile Giraud (1825-1892), obtint le prix Crozatier qui lui permet 4 années d'études à Paris, Académie Julian puis école des Beaux Arts. Charles Maurin eut plusieurs amitiés durables, Félix Vallotton, Henri de Toulouse-Lautrec,François-Rupert Carabin 1892 - Charles Maurin

François-Rupert Carabin, le Docteur Régis Reynaud originaire du Puy. Charles Maurin est un contemporain de Jules Vallès, Louise Michel, individualiste il s'engagera cependant pour marquer son refus face à la société rigide de cette seconde moitié de XIX siècle bourgeois, convenu et si peu social. C'est un indépendant et un révolté, un anarchiste de coeur à défaut de l'être dans l'action, il illustrera durant 15 ans un journal anarchiste 'Les Temps nouveaux', il s'intéresse aux progrès scientifiques, son tableau 'La Sérothérapie' en témoigne, voir dans le blog . Dr Reynaud de profil 1877

C'est un excellent dessinateur au trait précis qui saisit le vif, l'âme de ceux qu'il croque, portraitiste talentueux, il peint avec empathie, générosité. 

Portrait de jeune femme rousse  En 1887, Charles Maurin rencontre Felix Valloton à l'atelier Julian. Une amitié chaleureuse unira le discipliné Félix au moins conformiste Charles Maurin. En portrait le modèle Hélène Chatenay qui fut un temps la compagne de Valloton.Les Pommes portrait d'Hélène Chatenay

Une amitié qui se terminera 20 ans plus tard. Valloton se marie à une Berheim qui lui ouvrira un monde mondain que Maurin apprécie peu. Ce sera alors la fin de leur relation. En revanche l'amitié qu'il entretiendra avec un autre ponot Régis Reynaud, médecin, durera jusqu'à sa mort.La Fillette à la poupée vers 1900

La fillette à la poupée musée d'Art moderne de St Etienne. Maurin dessinera beaucoup de fillettes avec leurs mères, rappelant les dessins de Mary Cassatt. Plutôt dans l'air du temps, en ces dessins là le Charles,  ce ne sont pas mes préférés, un peu mièvres, je trouve.. Fillette endormie mise au lit par sa mère

Maternité 1893Maternité 1893

C'est avec les petites filles, un des sujets souvent traités par Maurin. La mortalité reste importante, les avancées de la Médecine permettent l'espoir, mais la mort plane toujours sur la joie de la maternité. Maurin aborde aussi indirectement, le thème de la stérilité, avec le fort beau visage de cette femme le regard perdu dans le videDétail Maternité

c'est une femme sans enfant, stérile comme Charles Maurin l'est suite à une orchite. Le modèle est sa compagne Eugénie Debray  Sur la gauche, ce même visage souriant et tendre avec 2 visages de petites filles mis en lumière, c'est la petite fille d'Eugénie.détail 2 Maternité 

L'Aurore du Travail vers 1891

Maurin est un militant, un contestataire, un homme éclairé, mais ce n'est pas un homme d'action, il reste peintre, L'Aurore du travail symboliserait le chemin de la Liberté pour les mineurs qui s'extraient de leur crassier pour un avenir meilleur. Mais ce genre de tableau est à clés, que Maurin s'est amusé à ne pas laisser, les poings levés, le drapeau, c'est assez clair, d'autres sujets le sont moins : plaisir de Maurin de s'opposer aux critiques d'art qu'il n'aimait pas et qui lui rendaient bien.

Et Eugénie, souvent, d'autres de passage, parfois, mais Eugénie souvent quand même.La Vertu entre les deux vices

Posté par maison43 à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,