06 février 2014

Body Art

Body Art est un art de la modification corporelle, où l'artiste touche lui même à son image, adapte son corps à des pratiques extrêmes, dérangeantes, sources de souffrance pour l'acteur et pour les regardeurs. On parle alors de Performances pratiquées en public, filmées et photographiées en détail.

En 1960 avec la libération sexuelle, le corps se libère aussi  devient sujet et devient toile, à partir des années 1970, ces artistes souhaitent accéder au plus profond de l'humain. L'artiste souhaite provoquer une réflexion chez le regardeur, il n'est plus seulement artiste, mais éveilleur de conscience, l'oeuvre n'est plus une fin mais un passage qui amène le spectateur à un nouvel état de conscience. Le projet est ambitieux et permet toutes les dérives.  

Jana Sterbak née en 1955 à Prague émigre en 68 au Canada. Elle travaille avec des matériaux improbables comme le pain, le chocolat, la viande, plus classiques comme le bronze, la pierre, le métal ou les cheveux.Vanitas J

 Une robe de chairs crues Vanitas : Robe de chair pour Albinos anorexique en 1987 qui nécessite un travail de cousette, un atelier pourra sélectionner les pièces, les aplatir et enfin les coudre. Pas de provocation chez Jana Sterbak, uniquement définir par l'éphémère de cette oeuvre d'art, l'éphémère de la beauté et de la jeunesse : chair fraîche qui va vieillir se tanner et se dessécher.

Marina Abramovic est une artiste serbe née en 1946 qui va réaliser des performances sur plusieurs jours, filmée, photographiée, n'hésitant pas à se mettre en danger avec ces serpents venimeux qui évolueront autour de son cou, sur sa tête.Marina Abramovic

Elle se flagelle, se love nue contre un bloc de glace plusieurs heures, embrasse plusieurs heures jusqu'à l'étouffement son partenaire performeur lui aussi, brosse 4 jours durant des os de boeuf en chantant des comptines pour enfants. Son but est de perdre la conscience du moment pour toucher son inconscient, interroger les acquis et les valeurs qui nous ont formés et les remettre en cause si toutefois on en est capable, car ce n'est pas forcément évident ! Toujours en beauté Marina, elle veille sur son image.   

Daniel Buetti 1955 est un performeur plasticien qui se positionne en photographe, ses photographies fort belles d'ailleurs souvent remaniées, parties du corps dénudées, visages, où il critique, tout en en profitant aussi, l'univers des

Buetti

marques.

Gina Pane française née en 1939 morte en 1990

Gina Pane

va réaliser des transformations corporelles en public, elle marche dans les flammes se taillade la peau, les paupières, se pique des épines de rosier dans le bras; toutes ces mutilations sont rituelles, parfois mystiques et ont une signification forte pour l'artiste et un public averti dont je ne suis pas pour le moment ...il me faudra analyser plus.

Orlan artiste française née en 1947baiser orlan

C'est une rebelle Orlan qui semble l'être en permanence, jouant avec ses métamorphoses en les mettant constamment en scène, avec beaucoup d'humour dans une oeuvre comme le baiser de l'artiste, où contre 5 fr l'artiste donne un baiser, l'argent tombe dans son pubis tiroir-caisse, critique de la  société qui ne voit en la femme que la putain, ou la mère, avec une photo d'elle

Orlan 3

en madone où il était possible de mettre un cierge pour 5 fr, comme quoi, Orlan veille à tout et montre aux hommes qu'elle peut être contre et profiter de cette opposition pour en vivre. Puis elle s'amuse à modifier chirurgicalement son visage par des implants, elle souhaite créer une image qui lui soit propre, non stéréotypée, comme l'image d'une beauté classique, la beauté est avant tout culturelle, alors elle s'est construit une image qui lui correspond à elle, elle dit avoir voulu que son visage soit sa carte de visite. C'est réussi. Pas de plaisir de la souffrance chez Orlan, toute souffrance est évitée par l'anesthésie, juste revendiquer le droit à la différence en faisant de son visage une oeuvre d'art unique.

Orlan 4

 

    

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13 janvier 2014

Serge Poliakoff

Orange et cyclamen 1949 détail

 Exposition, au musée d'art moderne, consacrée exclusivement à la peinture abstraite de Serge Poliakoff qui débute dans le genre dans les années 40; Serge Poliakoff est un coloriste talentueux qui aime superposer les couleurs, les travailler jusqu'à faire surgir une texture particulière, à couleurs tissées comme un tissu façon tweed.composition abstraite 1954

Il y a dans ses tableaux d'alors des formes sans forme, parfois cela tourne au niveau d'une couleur qu'il s'amuse à décliner comme ce rose à toutes les sauces,

Composition en rose 1954parfois c'est une juxtaposition criarde des couleurs quand elles sont vives, tiédasse quand elles sont ternes. Poliakoff ne mégote pas sur les couleurs.composition abstraite 1968

Composition rouge jaune blanc bleu aux traits 1952

Et puis il structure plus ses formes, les place en puzzle, les délimite par des traits noirs façon vitrail. Jolie idée de rassembler des petits tableaux aux couleurs différentes avec une bordure rouge qui en assure le lien, on dit que cela évoque cela lui évoquait les peintures assemblées ainsi dans les églises de son enfance où sa mère l'emmenait, on dit aussi qu'il superposait les couleurs comme les peintres d'icônes , c'est assurément très décoratif.

Composition murale 1965-1967

On parle de silence en ce qui concerne la peinture de Poliakoff, on peut le comprendre comme une invitation au silence comme le propose une église, où l'on s'assoit pour admirer longuement un vitrail dans une sorte de recueillement mais paradoxalement elles font aussi parler ses peintures, en mal, en bien, en incompréhension totale ou en acceptation entière sans rechercher d'interprétation particulière que la notion du beau qui comme chacun sait est une notion fort relative.. 

Les peintures de la dernière décennie s'épurent dans les formes et les couleurs.

Forme 1698

Pour ma part, je préfère cependant plus de débordement, pictural, thématique. Je n'aime pas trop les limites, y compris dans les formes. La peinture de Serge Poliakoff satisfait mon sens de l'esthétisme, mais ne provoque pas d'émotions en moi, et ne m'attire pas vraiment. Bizarrement, je reconnais que je pourrais vivre à côté d'un tableau de Poliakoff, dont la neutralité confortable me conviendrait alors. Une sorte d'apaisement se dégage de ces peintures.

Composition 1968

Serge Poliakoff est né à Moscou en 1900 dans une famille bourgeoise  où chevaux (père éleveur ce chevaux et propriétaire d'une écurie de course)), musique, littérature, peinture sont des passions familiales qui lui seront transmises. Poliakoff est un guitariste chevronné. Il fuit la révolution russe et trouve asile à Paris, ce Paris où exilés russes foisonnent. Il s'inscrit dans une académie de dessin, joue dans les cabarets russes. Il a 29 ans et décide de peindre. Il cessera de jouer de la guitare dans les cabarets en 1952 pouvant vivre alors entièrement de sa peinture. Il connaîtra alors un franc succès. Il meurt en 1969. 

 

 

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19 décembre 2013

Georges Braque

Le port de L'Estaque 1906

Bien sûr, quand on pénètre dans la première salle, ce qui frappe avant tout, outre les êtres qui t'apprennent religieusement par coeur en restant des plombes devant tes tableaux sans considération pour les autres, donc ce qui frappe avant tout, c'est cette joyeuse et foisonnante couleur qui nous en met plein les mirettes, on est dedans, on se vautre sensuellement dans tes couleurs, on se roule  en imaginaire dedans, pinceaux vivants, à la manière des jolis modèles de Klein. C'est écrit pour ceux qui savent lire, c'est ta période de grand fauve OK , mais, tu restes raisonnable, Georges, tu ne fauvérises presque que des paysages, tu n'es pas un copiste de Matisse, tu t'en inspires, nuance ! tu parles de cette période comme d'un plaisir (toi tu dis peinture, moi je dis plaisir, car pour les peintres peinture c'est plaisir avant tout non ?), plaisir donc physique impérieux et nécessaireGrand Nu 1907-1908 Braque qui convenait à tes 23 ans mais qui ne pouvait durer, trop réducteur sans doute de l'idée que tu as de l'Art, trop réducteur pour ton imagination créatrice. Tu as une autre révélation avec les Demoiselles d'Avignon de Picasso, ce qui t'amène à faire le Grand nu en 1907-1908.

 Et puis tous deux, Picasso et toi Arbres à l'Estaque 1908

 vous vous lancez dans le cubisme, nouveaux aventuriers de l'art, car l'un comme l'autre, vous aimez expérimenter, chercher, trouver ...C'est fou

L'homme à la guitare 1912comme idée, mais c'est nouveau donc décrié, puis au final cela plaira, cela sera même copié par d'autres, puis détourné et dépassé comme tout mouvement en peinture.Le violon 1911 détail

C'est ludique, décoratif et ingénieux, surtout quand tu rajoutes des fins traits noirs et des touches d'opaline, là c'est carrément génial  ces touches qui rendent ta composition moins austère, on nomme ce cubisme analytique où le motif disparait. En 1911, vous introduisez des lettres, puis desLa guitare, papier collé 1912La Mandoline 1914Compotier et cartes 1913

morceaux de journaux, des papiers collés, votre fusion avec Picasso va durer jusqu'à la guerre, vous signez l'un pour l'autre, vous vous amusez à vous confondre, c'est esthéthique, innovant, c'est beau, mais cela ne m'émeut pas. Puis la guerre arrive, et tu es blessé, trépané et forcémentLa Musicienne 1917-1918

meurtri, en 1917 tu passes à ce que l'on nomme cubisme synthétique avec La Musicienne, trop anguleux pour moi, trop mathématique, trop froid;  rapidement tu remets un peu d'humanité dans tes toiles où abstraction et figuration se mêlent, tu rejoues avec les couleurs et les formes, c'est ta série des guéridonsLe guéridon rouge 1939-1952billards, natures mortes1920 Le buffet

Nature morte à la clarinette 1927

          où violons se mêlent aux fruits et autres objets, tu diras que tu tripotes, que tu travailles avec de la matière et non pas avec des idées, on retrouvera ce joyeux fouillis où pourtant chaque objet joue un rôle pour toi, non par leur fonction usuelle mais par le lien qui les unit, dans la série des Ateliersatelier VIII 1955 (2)tu en peindras  8 entre 1949 et 1956, tu laisses à nouveau de la place pour les regardeurs que nous sommes, tu nous permets de pénétrer à nouveau dans ta peinture où tu broies tes couleurs, tu ajoutes du sable, de l'huile, tu joues avec la matière; le plaisir revient pour moi. Tu finis en beauté, Georges, même si cette finitude te met du bleu à l'âme, même si la guerre te fait ressurgir un passé qui te hante, tu peins des vanités en 1939Vanitas 1939

 que tu surcharges de sable, de sciure de bois, ou de limaille de fer et ça, tes peintures de ces moments là, j'adore, tu vibres, tu sors de ta réserve, tu es humain Georges, j'exulte.

La Chaise 1947

J'adore ta chaise qui date de 1947 petit moment de bonheur pour toi, petit bonheur pour moi. Tu te défoules aussi avec les Oiseaux, fort décoratifs, heu ya du Matisse en eux, si cela t'a fait plaisir, Georges pourquoi pas, mais je préfère et de loin  La Sarcleuse

La Sarcleuse 1961-1963

ou le Brabant et tes derniers paysages qui sont pour moi la fin d'un cycle, épais, un peu pâteux, un peu trop, tes derniers paysages j'aime aussi, c'est la fin de ta vie (1963) dont  on connaît peu de choses, tu aimais les belles maisons, les belles voitures, la musique, la poésie, le silence et la peinture. Tu avais l'amitié fidèle, l'amour aussi avec ton épouse qui partageait ta passion pour la musique. Le chant de colza 1956-1957Ta peinture nécessite que l'on y consacre du temps, plus qu'un autre; tu as assuré une certaine continuité de style sans trop en donner les clés. C'est à nous de les trouver, pas les tiennes d'ailleurs mais les nôtres celles qui nous permettent d'entrer dans ta peinture. Et cela exige de ma part un peu d'effort à fournir ! L'exposition du grand palais est riche, un peu trop même, alors revenir un jour dans tes toiles peut être.

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13 décembre 2013

Félix Vallotton

Scène de rue 1895-97

Au final pas si facile que cela à appréhender, ce Félix là. on le nommait Le Nabi étranger... cela lui va bien ce sobriquet d'étranger, car il est toujours un peu à côté de l'image qu'il veut donner ou qu'on veut lui donner : il a ses maîtres mais il les détourne toujours, il est suisse mais réside en France, il est misogyne mais aime pourtant peindre les femmes, il ne veut pas s'encombrer d'enfants mais se marie avec une veuve chargée de famille. Il s'accroche à sa petite bourgeoisie mais la caricature allègrement, il a le coeur côté anarchiste un moment mais se marie bourgeoisement : un côté oui, un côté non, toujours chez Félix Vallotton. Il a un côté intime-Félix, un côté publique-Vallotton.  Vallotton aime les lignes pures, les formes aplaties, les aplats, les couleurs monochromes, Félix aime les courbes sensuelles des femmes, les corps dénudés, les petits symboles glissés malicieusement dans ses toiles. Vallotton déteste les femmes en cheveux et adore les chignons, le nu oui, la femme en cheveux non, Il déteste le laisser aller, manifeste de la discipline, de la rigueur et surtout ne se laisse pas dominer par ses affects, sauf en ce qui concerne son rapport aux femmes, à la sienne en particulier ! Alors là, il se lâche le sieur Félix Vallotton, fait du pompiérisme, mais à sa manière pleine d'humour, ainsi dans l'énlèvement, Europe s'accroche à son Zeus en lui mettant son bras devant les yeux, genre je m'accroche, emmène moi où je veux ! L'enlèvement d'Europe 1908

 manière très caricaturale jusqu'au rirepersée tuant le dragon 1910

qu'il provoque chez nous , Persée se donne du mal à tuer son caïman-dragon sous les yeux agacés d'une Andromède jamais contente, mais bien coiffée et l'on peut y voir aussi une certaine auto-dérision, Valloton se moque de lui, des hommes en général, Adam est un sot imbu de lui même quand Eve est une mégère La Haine Vallotton 1910 détail excellent copiste il aurait pu peindre si il l'avait voulu à la manière d'un Gérôme, sans nul doute mais il préfère peindre à la manière  loufoque  et provocante d'un Vallotton au meilleur de sa forme dans la caricature et dans la critique sociale.  Et puis surtout c'est un dessinateur le Félix, un bonfeu d'artificeparesse

 le dessin sera souvent alimentaire chez Vallotton qui avant son mariage est carrément fauché, il vit avec une petite Hélène Châtenay, il la peint en 1997, sur un fauteuil rouge, couleur primaireFemme nue assise dans un fauteuil rouge 1897

 couleur du sang, de la passion, mais elle dort sur le côté gauche invisible, celui du coeur, image de conflit entre le rouge et le vert couleur complémentaire qui traduit peut être et c'est encore là mon interprétation le futur conflit amoureux qui s'annonce chez Vallotton, il a fait déjà connaissance de sa future épouse Gabrielle, Hélène dort encore heureuse mais déjà abandonnée, Hélène simple ouvrière ne résiste pas à Gabrielle née Bernheim, famille de marchands de tableaux, et Vallotton choisit le confortable mariage.Gabrielle Vallotton

Gabrielle est une veuve sûre d'elle, assise sur sa vénérabilité et si ce mot n'existe pas vraiment, elle l'invente Gabrielle ! L'amitié de 20 ans avec Charles Maurin, peintre vellave graveur également n'y résistera pas. Mais quand Hélène sera accidentée, Félix renouera avec elle et la soutiendra les 3 années avant sa mort. Plus fidèle et sentimental que l'on ne croit donc le Félix. Un marché de dupes, ce mariage ? pas vraiment, Vallotton se consacrera davantage à la peinture et à l'écriture (journal, romans, critiques d'art), Valloton travaillera enfin sans souci d'argent à ce qu'il veut laisser à la postérité : son oeuvre.    

On peut se poser la question, c'est quand qu'il est lui, vraiment ? et bien c'est précisément en cette ambivalence  permanente qu'il est lui , Homme de fin de siècle où la société change radicalement où les femmes commencent à prendre leur indépendance, où l'art commence lui aussi à s'émanciper de tout académisme; 3ème République entre 2 guerres cette époque est bouleversée par l'industrialisation, les mouvements sociaux; un monde en formidable révolution technique et sociale, un monde où Vallotton cherchera toujours sa place, jamais vraiment là où l'attend, plus timoré que son ami Charles Maurin, plus engagé qu'un Bonnard, plus ou moins, trop ou pas assez, ce n'est pas un révolutionnaire Félix,  en rien....  ' le train qu'on m'oblige à mener est au dessus de mes forces et de plus me répugne. C'est là ma peine, vivre sans cesse à l'envers de mes goûts, j'aime la simplicité, on m'impose une espèce d'ostentation bête à pleurer ... à quoi bon se leurrer ? il faudra rentrer demain dans la piste de cirque où je fais depuis tant d'année le chien savant !' Alors Félix Vallotton peindra ce qu'il ne peut pas exprimer autrement, sa lassitude pour sa vie conjugale, son mépris pour certains de ses contemporains, sa haine de la guerreVerdun 1917 mais il célébrera aussi la beauté provocante et parfois suspecte des femmesLa Chambre rouge

La Blanche et la Noire 1913 les aventures extra-conjugales réelles ou fantasmées et bien d'autres choses encore à découvrir une autre fois, l'exposition au grand palais n'étant pas assez exhaustive. C'est un grand bavard dans ses peintures, Félix.

Je reviens sur un tableau qui date de 1892, présenté au salon de 1893, tableau qui sera décrié et moqué par l'ensemble de la Critique de l'époque.  

Charles Maurin (1856-1914) peintre vellave et ami l'invite à sortir des peintures de salon, car 'ce n'est plus un jeu, amusements ou plaisir, ce sont préméditations, calculs'  lettre de 1886... Il l'écoutera et au salon de 1893 Bain un soir d'été surprend

Bain un soir d'été 1892

 il y a des influences des nabis, de Seurat, de Holder, mais Vallotton déjà se passionne pour les nus féminins, s'amuse avec le blanc (plus c'est jeune plus c'est blanc, la plus âgée est gris-vert), un petit clin d'oeil au miroir trompeurdétail reflet inversé

détail 4

Détail la valse 1893

 l'une est une échappée de La Valse qui se vautre dans la fontaine de Jouvence avec joie, l'autre parle à son chien, l'une sort d'un tableau de RenoirBain un soir d'été 1892 Vallotton détail 2

quelques unes sont proches des futures gravures en noir et blanc à la limite de la caricaturedétail7 Ce tableau, je trouve en dit long sur la peinture future de Félix Vallotton : il peindra à tire-larigot des nus, il se moque de la perspective, il dessinera toujours avec excellence mais ne détestera pas les formes aplaties, il utilisera souvent les couleurs primaires qu'il confrontera toujours aux complémentaires, il mettra toujours une touche d'humour ou d'ironie dans ses toiles. Ce tableau est un petit condensé d'une grande partie de sa peinture à venir.       

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26 novembre 2013

Diego Rivera

Diego devant l'Histoire du monde - Mexico 1951

Né en 1886, au Mexique, Diego Rivera fait l'école des Beaux Arts à San Carlos.

Diego a très tôt connu le manque, celui d'abord de son jumeau mort à 1 an et demi, puis celui de la présence maternelle qui déprimée le confiera à une nourrice, une belle indienne sculpturale Antonia. D'elle il gardera un appétit boulimique des femmes qu'il collectionnera et dans sa vie, et dans ses toiles.

Femme assise avec des tresses 1941 Diego Rivera

Cet homme là est fascinant de laideur; fort étonnant est aussi l'attrait sexuel qu'il suscite chez les femmes. Il devait être diablement charmeur cet homme pour plaire à ce point avec le physique qu'il avait !

 Ce géant apprend l'art du dessin avec José Guadalupe Posada (1852-1913) illustrateur de l'art indien renouvelé et caricaturiste du régime de Porfirio Díaz. En 1907 Diego part en Europe 3 ans avant la révolution de 1910, il ira d'abord en Espagne au musée du Prado voir Goya et Velasquez puis en France à Montparnasse ou il admirera la peinture de Cezanne.  Un bref retour au Mexique où il ne se confrontera pas à la révolution, puis retour à la révolution artistique qui naît à Paris avec le mouvement Dada, le cubisme avec Picasso qu'il rencontre en 1914

Diego Rivera 1915 Le marché aux puces

Diego Rivera Paysage zapatiste 1915

 en compagnie de Picabia, Juan Gris, Braque et Modigliani.  Il rencontre aussi, lui dont la grand mère est juive et portugaise, les artistes émigrés Soutine, Kisling, Max Jacob. Il aura un fils de sa première épouse Angélina Beloff qui mourra en 1918. Il aura une fille d'une Marievna dont il ne s'occupera pas, il aura plusieurs liaisons amoureuses dans cette vie de bohème et de misère où sa passion dominatrice pour l'art le domine et prédominera toujours. Avant de retourner au Mexique, il découvrira en Italie en 1921 les fresques de Michel Ange et il aimera ces fresques qui sortent des églises pour s'épanouir dans la rue et les demeures. En 1921 lors de son retour au Mexique Frida Khalo a 14 ans, Alvaro Obregón est au gouvernement et charge José Vasconcélos revenu d'Europe d'organiser la culture au Mexique. Vasconcelos demande à Diego Rivera  de mettre en images la révolution politique, Diego rentre d'un voyage aux Chiapas et au Yucatan, la tête pleine de l'art maya. Il devient ainsi le chef de file du muralisme. Il peindra, entre autres la 'Ballade de la Révolution prolétarienne ' au ministère de l'Education. Il faut comprendre alors que les mexicains vivent pour la plus part dans un monde d'ignorance totale, le muralisme se met au service de la révolution politique pour enseigner aux analphabètes l'histoire qui est en marche, dans une trompeuse apparence de liesse joyeuse et naïve où les artistes, les intellectuels se mêlent au peuple en leur faisant découvrir aussi leur passé indien. Les fresques fleurissent partout. Naturellement en compagnie des autres artistes comme David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco et Xavier Guerrero Diego Rivéra est attiré par le communisme, Diego sera invité par le gouvernement soviétique, fera un portrait de Staline auquel il restera fidèle dans la pensée. 

 Et c'est à ce moment là qu'il rencontre une femme à sa mesure Frida Khalo, femme qu'il aimera plus que les autres. 

Frida est séduite par cet artiste d'action et de pouvoir et l'épouse en 1929. Diego peindra le ministère durant 4 ans et réalisera 124 fresques. Diego utilisera également plus personnellement ces fresques pour glorifier le

Portrait de Dolores Olmedo 1955corps féminin fécond et généreux. En 29 Diego quitte le parti communiste, en réalité il en est exclu, lui qui ne suit plus cet idéal communiste et tire de l'argent de sa peinture, peu regardant aux dires des communistes de la provenance de cet argent. En 1930 Diego va aux USA  à San Francisco. En 1931 au musée d'art moderne à New York a lieu une exposition de Diego Rivera : 143 toiles avec des fresques peintes sur des panneaux mobiles. Le rêve américain de Diego s'arrêtera, lorsqu'il peindra le visage de Lénine sur les murs du hall du centre Rockefeller (sacré Diego qui ne doute de rien !), on lui demandera de l'effacer, il refusera et les fresques seront alors détruites. D'autres aventures arriveront à Diego qui continuera à peindre, à idéaliser le communisme, à aimer Frida et d'autres femmes aussi, mais pour cette première fois en sa compagnie, je m'arrête là repue pour le moment sur le sujet. J'aimerais vous revoir Monsieur, vous aussi, je suis curieuse de vous toujours.

  Il meurt en 1957, 3 ans après Frida.

Renseignements tirés du livre de J.M.G Le Clézio - Diego et Frida

En ce moment, Diego Rivera est visible à l'Orangerie, en compagnie des toiles de Frida Khalo jusqu'au 13 Janvier 2013. Exposition un peu réduite qui m'a laissée sur ma faim.

Bien sûr, les fresques manquent à l'exposition, un jour peut être à Mexico, qui sait ?

 

Diego Rivera fresque murale détail

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19 novembre 2013

Erin Lawlor

Erin lawlor 2010

Erin Lawlor 2012

Evoquée par Abdelwahab Meddeb sur France Culture, alors qu'il recevait Najia Mehadji, entendu le rapprochement fait entre la peinture de cette dernière citée avec Erin Lawlor. Et moi, superbe ignorante, ai voulu en savoir un peu plus sur cette peintre Erin Lawlor .. on ne peut tout connaître, hélàs, une vie même bien remplie n'y suffirait pas, alors chercher par tous les moyens des bribes de savoir entendues, vues ou lues, et surtout s'en souvenir ! Pas de tri intellectuel ou réfléchi chez moi, uniquement l'instinct que cela me plaît, alors le garder en mémoire. Ce blog m'y aide un peu.

Erin Lawlor est née en Angleterre en 1969. Vit et travaille en France depuis 1987.

Elle utilise des brosses larges, joue avec les ombres et les couleurs.

Son site : http://erinlawlor.com/

'Une ouverture vers les hasards/accidents qui s'opèrent sur la toile, l'instant qu'on laisse survivre'

Citation d'Erin Lawlor. 

L'instant qu'on laisse survivre, voilà qui me plaît bien.

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16 novembre 2013

Sebastiáo Salgado

salgado 2 colorado

Les photos de paysages classiques m'ennuient, les portraits me plaisent, les scènes de rues et de vie me passionnent et j'adore les prises de vues insolites, zoomées. A priori je n'aimais pas trop Sebastiáo Salgado, les photos étaient belles, mais les sujets trop réalistes sur les misères du monde me semblaient être d'un exhibitionnisme dérangeant profitant plus au photographe qu'aux êtres humains en détresse. Il semble cependant que ce témoignage d'une humanité en péril ait trouvé un écho, chez les dirigeants, et que Salgado soit ainsi devenu une sorte de porte-parole ... 

Avec l'exposition actuelle 'Genésis' à laPhoto Maison Européenne de la Photographie, ce baroudeur passionné nous présente une vision idyllique

Sebastiao Salgado 2009 Bresil les Zoé

 des peuples aux coutumes ancestrales qui vivent en harmonie avec la terre, une sorte d'Eden dont nous avons été chassés par notre mauvaise conduite envers la Terre. Les 245 photos exposées très sophistiquées sont des oeuvres d'art où les paysages semblent crayonnés au fusain, où les personnages sont mis en scène dans une nature grandiose qu'ils respectent toujours. Le but du photographe  Salgado est de nous faire aimer cette nature si somptueuse jusqu'à

Salgado3

susciter en nous les gestes bons pour la planète. 

Il y a pire comme propagande, non ?

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12 novembre 2013

Najia Mehadji

Drapé Najia Mehadji

Née en 1950 à Paris, peintre franco-marocaine.

Calligraphie, drapés, volutes, fleurs, inspirée par sa double culture.

Fleur de grenade 2003 Najia Mehadji

Pinceaux chinois, sticks, craies à l'huile, acryliques, encres, fusains, gouaches, aquarelles, graphite

Mouvements des derviches tourneurs, tracés amples sur fonds monochromes

Danse mystique Najia Mehadji
Langeac

Papier, toile brute, toile ....

Eros et Thanatos 2009 Najia Mehadji

en vrac, en bric-à-brac, en fourbi, en bazar, en n'importe quoi ... en grosfouillis quoi, quelques toiles  pour me faire une idée du travail de l'artiste, car, une écoute de France Culture, c'est bien, mais voir son travail est mieux, même si le ressenti lors de la visite d'une exposition manque terriblement.

 site de l'Artiste : http://www.najia-mehadji.com/

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30 septembre 2013

Eva Jospin

Expo Château de Ratilly 2012

Lors d'une balade dans l'Yonne, au château de Ratilly, je me souviens des forêts d'Eva Jospin, je les avais oubliées un peu, et puis son passage actuel à Paris aux Gobelins me fait m'en souvenir.

 Plasticienne, née en 1975, Eva Jospin a fait les Beaux Arts.  Sa matière première est du carton. Ses outils : des machines de découpe, des ciseaux, des cutters, des pistolets à colle. Travail minutieux et lent, elle nous invite

détail Eva Jospin

en lisière de ses forêts, à nous, d'y rentrer ou pas, à nous d'exorciser nos peurs liées à cet univers, à nous de nous laisser guider vers nos souvenirs sylvestres. 

 

Ratilly 2

Aux Gobelins, Eva Jospin a créé une oeuvre monumentale de 7m de long sur 3m50 de haut, assez envie de la voir cette forêt.

IMG_6549

On ira donc.

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25 septembre 2013

Nunca - Da Cruz - Artof Popof

Nunca

Vitry sur Seine est une ville où l'art est présent, partout, sur les murs peints par des artistes du street art célèbres dans le monde entier, dans les rues avec plus de 120 sculptures, peintures céramiques etc ... un autre musée à ciel ouvert.  

Francisco Rodriguez Da Silva dit Nunca1983 est originaire de Sao Polo, utilise bombes et pinceaux. Il utilise son art pour défendre la culture brésilienne originelle indienne. Il combat ainsi la surconsommation de la civilisation moderne où l'indien marginalisé se perd.

Vitry sur seine

Da Cruz artiste d'origine portugaise qui  a débuté ses tags pour défendre son quartier de l'Ourcq et lutte ainsi à sa manière contre la rénovation urbaine qui consiste à raser des quartiers populaires au profit d'immeubles de luxe.

Artof Popof a été marqué par son père originaire d'URSS, journaliste qui connut le goulag, réfugié politique en France. 

A suivre ....

Posté par maison43 à 20:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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