19 décembre 2013

Georges Braque

Le port de L'Estaque 1906

Bien sûr, quand on pénètre dans la première salle, ce qui frappe avant tout, outre les êtres qui t'apprennent religieusement par coeur en restant des plombes devant tes tableaux sans considération pour les autres, donc ce qui frappe avant tout, c'est cette joyeuse et foisonnante couleur qui nous en met plein les mirettes, on est dedans, on se vautre sensuellement dans tes couleurs, on se roule  en imaginaire dedans, pinceaux vivants, à la manière des jolis modèles de Klein. C'est écrit pour ceux qui savent lire, c'est ta période de grand fauve OK , mais, tu restes raisonnable, Georges, tu ne fauvérises presque que des paysages, tu n'es pas un copiste de Matisse, tu t'en inspires, nuance ! tu parles de cette période comme d'un plaisir (toi tu dis peinture, moi je dis plaisir, car pour les peintres peinture c'est plaisir avant tout non ?), plaisir donc physique impérieux et nécessaireGrand Nu 1907-1908 Braque qui convenait à tes 23 ans mais qui ne pouvait durer, trop réducteur sans doute de l'idée que tu as de l'Art, trop réducteur pour ton imagination créatrice. Tu as une autre révélation avec les Demoiselles d'Avignon de Picasso, ce qui t'amène à faire le Grand nu en 1907-1908.

 Et puis tous deux, Picasso et toi Arbres à l'Estaque 1908

 vous vous lancez dans le cubisme, nouveaux aventuriers de l'art, car l'un comme l'autre, vous aimez expérimenter, chercher, trouver ...C'est fou

L'homme à la guitare 1912comme idée, mais c'est nouveau donc décrié, puis au final cela plaira, cela sera même copié par d'autres, puis détourné et dépassé comme tout mouvement en peinture.Le violon 1911 détail

C'est ludique, décoratif et ingénieux, surtout quand tu rajoutes des fins traits noirs et des touches d'opaline, là c'est carrément génial  ces touches qui rendent ta composition moins austère, on nomme ce cubisme analytique où le motif disparait. En 1911, vous introduisez des lettres, puis desLa guitare, papier collé 1912La Mandoline 1914Compotier et cartes 1913

morceaux de journaux, des papiers collés, votre fusion avec Picasso va durer jusqu'à la guerre, vous signez l'un pour l'autre, vous vous amusez à vous confondre, c'est esthéthique, innovant, c'est beau, mais cela ne m'émeut pas. Puis la guerre arrive, et tu es blessé, trépané et forcémentLa Musicienne 1917-1918

meurtri, en 1917 tu passes à ce que l'on nomme cubisme synthétique avec La Musicienne, trop anguleux pour moi, trop mathématique, trop froid;  rapidement tu remets un peu d'humanité dans tes toiles où abstraction et figuration se mêlent, tu rejoues avec les couleurs et les formes, c'est ta série des guéridonsLe guéridon rouge 1939-1952billards, natures mortes1920 Le buffet

Nature morte à la clarinette 1927

          où violons se mêlent aux fruits et autres objets, tu diras que tu tripotes, que tu travailles avec de la matière et non pas avec des idées, on retrouvera ce joyeux fouillis où pourtant chaque objet joue un rôle pour toi, non par leur fonction usuelle mais par le lien qui les unit, dans la série des Ateliersatelier VIII 1955 (2)tu en peindras  8 entre 1949 et 1956, tu laisses à nouveau de la place pour les regardeurs que nous sommes, tu nous permets de pénétrer à nouveau dans ta peinture où tu broies tes couleurs, tu ajoutes du sable, de l'huile, tu joues avec la matière; le plaisir revient pour moi. Tu finis en beauté, Georges, même si cette finitude te met du bleu à l'âme, même si la guerre te fait ressurgir un passé qui te hante, tu peins des vanités en 1939Vanitas 1939

 que tu surcharges de sable, de sciure de bois, ou de limaille de fer et ça, tes peintures de ces moments là, j'adore, tu vibres, tu sors de ta réserve, tu es humain Georges, j'exulte.

La Chaise 1947

J'adore ta chaise qui date de 1947 petit moment de bonheur pour toi, petit bonheur pour moi. Tu te défoules aussi avec les Oiseaux, fort décoratifs, heu ya du Matisse en eux, si cela t'a fait plaisir, Georges pourquoi pas, mais je préfère et de loin  La Sarcleuse

La Sarcleuse 1961-1963

ou le Brabant et tes derniers paysages qui sont pour moi la fin d'un cycle, épais, un peu pâteux, un peu trop, tes derniers paysages j'aime aussi, c'est la fin de ta vie (1963) dont  on connaît peu de choses, tu aimais les belles maisons, les belles voitures, la musique, la poésie, le silence et la peinture. Tu avais l'amitié fidèle, l'amour aussi avec ton épouse qui partageait ta passion pour la musique. Le chant de colza 1956-1957Ta peinture nécessite que l'on y consacre du temps, plus qu'un autre; tu as assuré une certaine continuité de style sans trop en donner les clés. C'est à nous de les trouver, pas les tiennes d'ailleurs mais les nôtres celles qui nous permettent d'entrer dans ta peinture. Et cela exige de ma part un peu d'effort à fournir ! L'exposition du grand palais est riche, un peu trop même, alors revenir un jour dans tes toiles peut être.

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13 décembre 2013

Félix Vallotton

Scène de rue 1895-97

Au final pas si facile que cela à appréhender, ce Félix là. on le nommait Le Nabi étranger... cela lui va bien ce sobriquet d'étranger, car il est toujours un peu à côté de l'image qu'il veut donner ou qu'on veut lui donner : il a ses maîtres mais il les détourne toujours, il est suisse mais réside en France, il est misogyne mais aime pourtant peindre les femmes, il ne veut pas s'encombrer d'enfants mais se marie avec une veuve chargée de famille. Il s'accroche à sa petite bourgeoisie mais la caricature allègrement, il a le coeur côté anarchiste un moment mais se marie bourgeoisement : un côté oui, un côté non, toujours chez Félix Vallotton. Il a un côté intime-Félix, un côté publique-Vallotton.  Vallotton aime les lignes pures, les formes aplaties, les aplats, les couleurs monochromes, Félix aime les courbes sensuelles des femmes, les corps dénudés, les petits symboles glissés malicieusement dans ses toiles. Vallotton déteste les femmes en cheveux et adore les chignons, le nu oui, la femme en cheveux non, Il déteste le laisser aller, manifeste de la discipline, de la rigueur et surtout ne se laisse pas dominer par ses affects, sauf en ce qui concerne son rapport aux femmes, à la sienne en particulier ! Alors là, il se lâche le sieur Félix Vallotton, fait du pompiérisme, mais à sa manière pleine d'humour, ainsi dans l'énlèvement, Europe s'accroche à son Zeus en lui mettant son bras devant les yeux, genre je m'accroche, emmène moi où je veux ! L'enlèvement d'Europe 1908

 manière très caricaturale jusqu'au rirepersée tuant le dragon 1910

qu'il provoque chez nous , Persée se donne du mal à tuer son caïman-dragon sous les yeux agacés d'une Andromède jamais contente, mais bien coiffée et l'on peut y voir aussi une certaine auto-dérision, Valloton se moque de lui, des hommes en général, Adam est un sot imbu de lui même quand Eve est une mégère La Haine Vallotton 1910 détail excellent copiste il aurait pu peindre si il l'avait voulu à la manière d'un Gérôme, sans nul doute mais il préfère peindre à la manière  loufoque  et provocante d'un Vallotton au meilleur de sa forme dans la caricature et dans la critique sociale.  Et puis surtout c'est un dessinateur le Félix, un bonfeu d'artificeparesse

 le dessin sera souvent alimentaire chez Vallotton qui avant son mariage est carrément fauché, il vit avec une petite Hélène Châtenay, il la peint en 1997, sur un fauteuil rouge, couleur primaireFemme nue assise dans un fauteuil rouge 1897

 couleur du sang, de la passion, mais elle dort sur le côté gauche invisible, celui du coeur, image de conflit entre le rouge et le vert couleur complémentaire qui traduit peut être et c'est encore là mon interprétation le futur conflit amoureux qui s'annonce chez Vallotton, il a fait déjà connaissance de sa future épouse Gabrielle, Hélène dort encore heureuse mais déjà abandonnée, Hélène simple ouvrière ne résiste pas à Gabrielle née Bernheim, famille de marchands de tableaux, et Vallotton choisit le confortable mariage.Gabrielle Vallotton

Gabrielle est une veuve sûre d'elle, assise sur sa vénérabilité et si ce mot n'existe pas vraiment, elle l'invente Gabrielle ! L'amitié de 20 ans avec Charles Maurin, peintre vellave graveur également n'y résistera pas. Mais quand Hélène sera accidentée, Félix renouera avec elle et la soutiendra les 3 années avant sa mort. Plus fidèle et sentimental que l'on ne croit donc le Félix. Un marché de dupes, ce mariage ? pas vraiment, Vallotton se consacrera davantage à la peinture et à l'écriture (journal, romans, critiques d'art), Valloton travaillera enfin sans souci d'argent à ce qu'il veut laisser à la postérité : son oeuvre.    

On peut se poser la question, c'est quand qu'il est lui, vraiment ? et bien c'est précisément en cette ambivalence  permanente qu'il est lui , Homme de fin de siècle où la société change radicalement où les femmes commencent à prendre leur indépendance, où l'art commence lui aussi à s'émanciper de tout académisme; 3ème République entre 2 guerres cette époque est bouleversée par l'industrialisation, les mouvements sociaux; un monde en formidable révolution technique et sociale, un monde où Vallotton cherchera toujours sa place, jamais vraiment là où l'attend, plus timoré que son ami Charles Maurin, plus engagé qu'un Bonnard, plus ou moins, trop ou pas assez, ce n'est pas un révolutionnaire Félix,  en rien....  ' le train qu'on m'oblige à mener est au dessus de mes forces et de plus me répugne. C'est là ma peine, vivre sans cesse à l'envers de mes goûts, j'aime la simplicité, on m'impose une espèce d'ostentation bête à pleurer ... à quoi bon se leurrer ? il faudra rentrer demain dans la piste de cirque où je fais depuis tant d'année le chien savant !' Alors Félix Vallotton peindra ce qu'il ne peut pas exprimer autrement, sa lassitude pour sa vie conjugale, son mépris pour certains de ses contemporains, sa haine de la guerreVerdun 1917 mais il célébrera aussi la beauté provocante et parfois suspecte des femmesLa Chambre rouge

La Blanche et la Noire 1913 les aventures extra-conjugales réelles ou fantasmées et bien d'autres choses encore à découvrir une autre fois, l'exposition au grand palais n'étant pas assez exhaustive. C'est un grand bavard dans ses peintures, Félix.

Je reviens sur un tableau qui date de 1892, présenté au salon de 1893, tableau qui sera décrié et moqué par l'ensemble de la Critique de l'époque.  

Charles Maurin (1856-1914) peintre vellave et ami l'invite à sortir des peintures de salon, car 'ce n'est plus un jeu, amusements ou plaisir, ce sont préméditations, calculs'  lettre de 1886... Il l'écoutera et au salon de 1893 Bain un soir d'été surprend

Bain un soir d'été 1892

 il y a des influences des nabis, de Seurat, de Holder, mais Vallotton déjà se passionne pour les nus féminins, s'amuse avec le blanc (plus c'est jeune plus c'est blanc, la plus âgée est gris-vert), un petit clin d'oeil au miroir trompeurdétail reflet inversé

détail 4

Détail la valse 1893

 l'une est une échappée de La Valse qui se vautre dans la fontaine de Jouvence avec joie, l'autre parle à son chien, l'une sort d'un tableau de RenoirBain un soir d'été 1892 Vallotton détail 2

quelques unes sont proches des futures gravures en noir et blanc à la limite de la caricaturedétail7 Ce tableau, je trouve en dit long sur la peinture future de Félix Vallotton : il peindra à tire-larigot des nus, il se moque de la perspective, il dessinera toujours avec excellence mais ne détestera pas les formes aplaties, il utilisera souvent les couleurs primaires qu'il confrontera toujours aux complémentaires, il mettra toujours une touche d'humour ou d'ironie dans ses toiles. Ce tableau est un petit condensé d'une grande partie de sa peinture à venir.       

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26 novembre 2013

Diego Rivera

Diego devant l'Histoire du monde - Mexico 1951

Né en 1886, au Mexique, Diego Rivera fait l'école des Beaux Arts à San Carlos.

Diego a très tôt connu le manque, celui d'abord de son jumeau mort à 1 an et demi, puis celui de la présence maternelle qui déprimée le confiera à une nourrice, une belle indienne sculpturale Antonia. D'elle il gardera un appétit boulimique des femmes qu'il collectionnera et dans sa vie, et dans ses toiles.

Femme assise avec des tresses 1941 Diego Rivera

Cet homme là est fascinant de laideur; fort étonnant est aussi l'attrait sexuel qu'il suscite chez les femmes. Il devait être diablement charmeur cet homme pour plaire à ce point avec le physique qu'il avait !

 Ce géant apprend l'art du dessin avec José Guadalupe Posada (1852-1913) illustrateur de l'art indien renouvelé et caricaturiste du régime de Porfirio Díaz. En 1907 Diego part en Europe 3 ans avant la révolution de 1910, il ira d'abord en Espagne au musée du Prado voir Goya et Velasquez puis en France à Montparnasse ou il admirera la peinture de Cezanne.  Un bref retour au Mexique où il ne se confrontera pas à la révolution, puis retour à la révolution artistique qui naît à Paris avec le mouvement Dada, le cubisme avec Picasso qu'il rencontre en 1914

Diego Rivera 1915 Le marché aux puces

Diego Rivera Paysage zapatiste 1915

 en compagnie de Picabia, Juan Gris, Braque et Modigliani.  Il rencontre aussi, lui dont la grand mère est juive et portugaise, les artistes émigrés Soutine, Kisling, Max Jacob. Il aura un fils de sa première épouse Angélina Beloff qui mourra en 1918. Il aura une fille d'une Marievna dont il ne s'occupera pas, il aura plusieurs liaisons amoureuses dans cette vie de bohème et de misère où sa passion dominatrice pour l'art le domine et prédominera toujours. Avant de retourner au Mexique, il découvrira en Italie en 1921 les fresques de Michel Ange et il aimera ces fresques qui sortent des églises pour s'épanouir dans la rue et les demeures. En 1921 lors de son retour au Mexique Frida Khalo a 14 ans, Alvaro Obregón est au gouvernement et charge José Vasconcélos revenu d'Europe d'organiser la culture au Mexique. Vasconcelos demande à Diego Rivera  de mettre en images la révolution politique, Diego rentre d'un voyage aux Chiapas et au Yucatan, la tête pleine de l'art maya. Il devient ainsi le chef de file du muralisme. Il peindra, entre autres la 'Ballade de la Révolution prolétarienne ' au ministère de l'Education. Il faut comprendre alors que les mexicains vivent pour la plus part dans un monde d'ignorance totale, le muralisme se met au service de la révolution politique pour enseigner aux analphabètes l'histoire qui est en marche, dans une trompeuse apparence de liesse joyeuse et naïve où les artistes, les intellectuels se mêlent au peuple en leur faisant découvrir aussi leur passé indien. Les fresques fleurissent partout. Naturellement en compagnie des autres artistes comme David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco et Xavier Guerrero Diego Rivéra est attiré par le communisme, Diego sera invité par le gouvernement soviétique, fera un portrait de Staline auquel il restera fidèle dans la pensée. 

 Et c'est à ce moment là qu'il rencontre une femme à sa mesure Frida Khalo, femme qu'il aimera plus que les autres. 

Frida est séduite par cet artiste d'action et de pouvoir et l'épouse en 1929. Diego peindra le ministère durant 4 ans et réalisera 124 fresques. Diego utilisera également plus personnellement ces fresques pour glorifier le

Portrait de Dolores Olmedo 1955corps féminin fécond et généreux. En 29 Diego quitte le parti communiste, en réalité il en est exclu, lui qui ne suit plus cet idéal communiste et tire de l'argent de sa peinture, peu regardant aux dires des communistes de la provenance de cet argent. En 1930 Diego va aux USA  à San Francisco. En 1931 au musée d'art moderne à New York a lieu une exposition de Diego Rivera : 143 toiles avec des fresques peintes sur des panneaux mobiles. Le rêve américain de Diego s'arrêtera, lorsqu'il peindra le visage de Lénine sur les murs du hall du centre Rockefeller (sacré Diego qui ne doute de rien !), on lui demandera de l'effacer, il refusera et les fresques seront alors détruites. D'autres aventures arriveront à Diego qui continuera à peindre, à idéaliser le communisme, à aimer Frida et d'autres femmes aussi, mais pour cette première fois en sa compagnie, je m'arrête là repue pour le moment sur le sujet. J'aimerais vous revoir Monsieur, vous aussi, je suis curieuse de vous toujours.

  Il meurt en 1957, 3 ans après Frida.

Renseignements tirés du livre de J.M.G Le Clézio - Diego et Frida

En ce moment, Diego Rivera est visible à l'Orangerie, en compagnie des toiles de Frida Khalo jusqu'au 13 Janvier 2013. Exposition un peu réduite qui m'a laissée sur ma faim.

Bien sûr, les fresques manquent à l'exposition, un jour peut être à Mexico, qui sait ?

 

Diego Rivera fresque murale détail

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19 novembre 2013

Erin Lawlor

Erin lawlor 2010

Erin Lawlor 2012

Evoquée par Abdelwahab Meddeb sur France Culture, alors qu'il recevait Najia Mehadji, entendu le rapprochement fait entre la peinture de cette dernière citée avec Erin Lawlor. Et moi, superbe ignorante, ai voulu en savoir un peu plus sur cette peintre Erin Lawlor .. on ne peut tout connaître, hélàs, une vie même bien remplie n'y suffirait pas, alors chercher par tous les moyens des bribes de savoir entendues, vues ou lues, et surtout s'en souvenir ! Pas de tri intellectuel ou réfléchi chez moi, uniquement l'instinct que cela me plaît, alors le garder en mémoire. Ce blog m'y aide un peu.

Erin Lawlor est née en Angleterre en 1969. Vit et travaille en France depuis 1987.

Elle utilise des brosses larges, joue avec les ombres et les couleurs.

Son site : http://erinlawlor.com/

'Une ouverture vers les hasards/accidents qui s'opèrent sur la toile, l'instant qu'on laisse survivre'

Citation d'Erin Lawlor. 

L'instant qu'on laisse survivre, voilà qui me plaît bien.

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16 novembre 2013

Sebastiáo Salgado

salgado 2 colorado

Les photos de paysages classiques m'ennuient, les portraits me plaisent, les scènes de rues et de vie me passionnent et j'adore les prises de vues insolites, zoomées. A priori je n'aimais pas trop Sebastiáo Salgado, les photos étaient belles, mais les sujets trop réalistes sur les misères du monde me semblaient être d'un exhibitionnisme dérangeant profitant plus au photographe qu'aux êtres humains en détresse. Il semble cependant que ce témoignage d'une humanité en péril ait trouvé un écho, chez les dirigeants, et que Salgado soit ainsi devenu une sorte de porte-parole ... 

Avec l'exposition actuelle 'Genésis' à laPhoto Maison Européenne de la Photographie, ce baroudeur passionné nous présente une vision idyllique

Sebastiao Salgado 2009 Bresil les Zoé

 des peuples aux coutumes ancestrales qui vivent en harmonie avec la terre, une sorte d'Eden dont nous avons été chassés par notre mauvaise conduite envers la Terre. Les 245 photos exposées très sophistiquées sont des oeuvres d'art où les paysages semblent crayonnés au fusain, où les personnages sont mis en scène dans une nature grandiose qu'ils respectent toujours. Le but du photographe  Salgado est de nous faire aimer cette nature si somptueuse jusqu'à

Salgado3

susciter en nous les gestes bons pour la planète. 

Il y a pire comme propagande, non ?

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12 novembre 2013

Najia Mehadji

Drapé Najia Mehadji

Née en 1950 à Paris, peintre franco-marocaine.

Calligraphie, drapés, volutes, fleurs, inspirée par sa double culture.

Fleur de grenade 2003 Najia Mehadji

Pinceaux chinois, sticks, craies à l'huile, acryliques, encres, fusains, gouaches, aquarelles, graphite

Mouvements des derviches tourneurs, tracés amples sur fonds monochromes

Danse mystique Najia Mehadji
Langeac

Papier, toile brute, toile ....

Eros et Thanatos 2009 Najia Mehadji

en vrac, en bric-à-brac, en fourbi, en bazar, en n'importe quoi ... en grosfouillis quoi, quelques toiles  pour me faire une idée du travail de l'artiste, car, une écoute de France Culture, c'est bien, mais voir son travail est mieux, même si le ressenti lors de la visite d'une exposition manque terriblement.

 site de l'Artiste : http://www.najia-mehadji.com/

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30 septembre 2013

Eva Jospin

Expo Château de Ratilly 2012

Lors d'une balade dans l'Yonne, au château de Ratilly, je me souviens des forêts d'Eva Jospin, je les avais oubliées un peu, et puis son passage actuel à Paris aux Gobelins me fait m'en souvenir.

 Plasticienne, née en 1975, Eva Jospin a fait les Beaux Arts.  Sa matière première est du carton. Ses outils : des machines de découpe, des ciseaux, des cutters, des pistolets à colle. Travail minutieux et lent, elle nous invite

détail Eva Jospin

en lisière de ses forêts, à nous, d'y rentrer ou pas, à nous d'exorciser nos peurs liées à cet univers, à nous de nous laisser guider vers nos souvenirs sylvestres. 

 

Ratilly 2

Aux Gobelins, Eva Jospin a créé une oeuvre monumentale de 7m de long sur 3m50 de haut, assez envie de la voir cette forêt.

IMG_6549

On ira donc.

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25 septembre 2013

Nunca - Da Cruz - Artof Popof

Nunca

Vitry sur Seine est une ville où l'art est présent, partout, sur les murs peints par des artistes du street art célèbres dans le monde entier, dans les rues avec plus de 120 sculptures, peintures céramiques etc ... un autre musée à ciel ouvert.  

Francisco Rodriguez Da Silva dit Nunca1983 est originaire de Sao Polo, utilise bombes et pinceaux. Il utilise son art pour défendre la culture brésilienne originelle indienne. Il combat ainsi la surconsommation de la civilisation moderne où l'indien marginalisé se perd.

Vitry sur seine

Da Cruz artiste d'origine portugaise qui  a débuté ses tags pour défendre son quartier de l'Ourcq et lutte ainsi à sa manière contre la rénovation urbaine qui consiste à raser des quartiers populaires au profit d'immeubles de luxe.

Artof Popof a été marqué par son père originaire d'URSS, journaliste qui connut le goulag, réfugié politique en France. 

A suivre ....

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23 septembre 2013

Musée d'art contemporain de Vitry sur Seine dit MAC/VAL

Mon abyssale ignorance me faisait méconnaître Annette Messager, c'est caduque en ce qui la concerne depuis ce dernier samedi, où je suis allée me balader au musée d'art moderne de Vitry sur Seine pour la première fois. Une exposition temporaire 'Vivement Demain' réunit une multitude d'artistes contemporains, inconnus pour moi aussi, je l'avoue humblement. J'y remédie à cette ignorance de mon mieux !!! Beaucoup de vidéos, beaucoup de photographies belles, mais qui ne m'intéressent pas vraiment .. en revanche m'ont interpellée pour cette première visite qui se renouvellera :

R Fauguet

Richard Fauguet plasticien né en 1963.

Des tuyaux de cheminée, des aspirateurs à fumées mis en lumière, ce que le sculpteur qualifie de mécano géant, où le baroque et la pauvreté se mêlent. Curieux attelage avec ses 4 cavaliers, hommage à la Guerre des Étoiles, éléments de fumisterie, fumisterie dont le double sens prend pour Richard Fauguet toute sa valeur.

Arlette Messager née en 1943

La Danse du scalp

De sa loufoque Danse du scalp, Arlette Messager dit qu'elle est multiple dans sa symbolique :

- chevelure symbole de la féminité quand elle est flamboyante, et qui rasée évoque la violence que ce soit celle des femmes tondues à la Libération, où celle volontaire et provocatrice des punks.

- chevelure souvenirs-câlins de mèches d'enfants ou de morts aimés ou trophées guerriers portés en signe de victoire

A Messager

Danse de ces chevelures qui continuent à pousser au delà de la mort.   

Dis moi comment tu te coiffes et je te dirai qui tu es !!!! pas faux non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  

Gilles Barbier est un plasticien né en en 1965.

La Révolution à l'envers

 

Les têtes à l'envers, les slogans absents ... Mettez y ce que vous voulez  dans les banderolles!! ok, je ne me mouille pas !

César

Tiens un César (1921-1998) une petite compression, classique en somme et parlante pour qui sait lire.

De la Résistance à la Libération 1994

 

 

 

 

 

 

 

 

Présence Panchounette est un collectif d'artistes actif de 1968 à 1990 qui parodie l'art contemporain avec un talent certain .. mais où commence la parodie ?

Présence Panchounette

 

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26 juin 2013

Ron Mueck

Mask Ron Mueck

Né en 1958, australien, il commence par faire des marionnettes pour la télévision (le Muppet Show) et le cinéma.  Il travaille avec sa belle mère Paula Rego, plasticienne portugaise et réalise pour l'une de ses compositions en 96 un Pinocchio.   

Silicone, résine, peinture à l'huile ...

Les personnages de Ron Mueck, ce sont les autres, notre voisin, nos vieux parents, le vieux couple Femme Ron Mueck détailRon Mueck détail couple

d'à côté, on remarque les rides, les veines, les expressions, leur lassitude ... on n'est pas très gai chez Ron Mueck, les gens heureux, c'est pas son truc;  on critique un peu, mais c'est comme un miroir, ce n'est pas vraiment nous ...c'est nous sans l'être vraiment ... et qu'ils soient géants ou nains, ne change rien à l'affaire. Il nous apprend l'indulgence Ron Mueck pour les autres, pour lui, pour elle, pour toi ... pour nous même. 

Les personnages de Ron Mueck, c'est nous, aussi. Mais c'est aussi  des histoires à écrire ...

Qui  est cette drôle de petite bonne femme ? on la croirait sortie de sa Cromagnie .. malicieusement,

Ron mueck

Ron Mueck détail

elle nous regarde et se moque de nous .. au diable les diktats, au feu vos croyances,  moi je suis heureuse, ce soir, j'aurai du bois pour entretenir le feu, car oui, je suis Vesta ...déesse éternelle ...et je ris de vous pauvres humains emprisonnés dans vos vies. 

Lui, c'est Thomas l'incrédule, celui qui ne croit que ce qu'il voit, à moins que le gang adverse ne l'ai blessé, lui le Crip invincible, et il n'en revient pas .. tout est permis avec Ron Mueck, l'histoire de ces personnages, c'est vous qui l'imaginez ...Youth

 Young Couple détailQuant à toi, tu me lâches, tu me fais mal,

young couple face

inutile de me retenir ...

Celui là, je l'aime bien cet homme, nu dans un bateau .. son air indifférent, l'air de rien, m'amuse, on dirait un tableau de Hopper en chair et en os ... ne fais pas ton fier, va, je t'aime bien, ne fais pas la tête, ni l'indifférent, man, prends la couverture, my dear et suis moi !Man in a boat

A la Fondation Cartier jusqu'au 29 Septembre 2013.

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