03 décembre 2012

Hiroshige 1797-1858

L'ukiyo-e, terme japonais qui signifie images du monde flottant, le monde qui passe, est un courant artistique datant du 16ème siècle qui produit des estampes servant initialement à illuster des récits, et qui rapidement sera un art à part entière. La société japonaise évolue au profit d'une bourgeoisie citadine  qui va découvrir le tourisme. Les artistes peindront les lieux visités, tels les Monts Fuji et Oyama, les cultes religieux, les lieux de pélérinage. Cela génèrera un marché économique nouveau, où restaurants, maisons de thé, éditeurs d'estampes deviendront prospères.   

 Le XIX ème siècle dans sa seconde moitié artistique délaisse le clacissisme, va peindre en pleine nature, avec ses tubes de couleurs, puis en réaction préfère peindre en petites touches de couleurs, laisse place aux émotions et découvre aussi l'art japonais, avec ses paysages, ses personnages, ses scènes de vie délicatement dessinées, aux riches couleurs. Les impressionistes sont sensibilisés à cet art, et beaucoup s'en inspireront un temps, Monet, Renoir, Mary Cassatt, Degas, Van Gogh, Cezanne, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Henri Rivière 1864-1951, Pissaro ...

La Pinacothèque nous illustre à sa façon un peu trop partisane à mon avis cette tendance japonisante chez Van Gogh ..2 lieux différents, l'un consacré à Van Gogh avec des reproductions des estampes de Hiroshige, l'autre consacré à Hiroshige.

Utagawa Hiroshige 1797-1858

5000 estampes, 120 livres illustrés; Issu d'une famille cultivée et aisée, Hiroshige a intégré un atelier d'estampes, élève d'un Utagawa Toyohiro,  spécialiste de vues célèbres. Sa notoriété commencera quand son oeuvreRive du fleuve ÖI à Kanaya

Les 53 étapes du Tôkaidô sera éditée en 1833-34. Le Tôkaidô est une route célèbre reliant Edo (Tokyo) à Kyoto, 500 km qui longeait la mer et nécessitait 15 jours de marche. A chaque étape, il y avait un temple, une auberge, une maison de plaisirs. Cerisiers du soir à Nakanochô dans le Yoshiwara détail

Cette bande dessinée en 2 volumes eut un succès immédiate. 

69ème station Kusatsu détail

 

 

 

 

 

 

 

Fort de ce succès il se mit aux 69 étapes du Kisokaidô, avec un ami Eisen.

 

 

 

 

 

Plus longue, plus difficile cette route 65ème station Takamiya détailétait empruntée par des moines, des pèlerins des samouraïs.  

Et puis pour terminer sa carrière, pour clore sa vie, et pour le plaisir, Hiroshigue réalisa les 2 dernières années de sa vie, les 100 vues célèbres d'Edo. Il privilégia la perspective, les couleurs, rouge et bleu de Prusse, les paysages, au détriment de la réalité historique.     

    

 

Pluie soudaine à Shôno détail

C'était pour moi une première vraie rencontre avec l'art japonais. La foule dont je faisais partie fut difficilement conciliable avec une étude même superficielle des oeuvres, je ne suis pas patiente, faire la queue pour voir une oeuvre m'insupporte !!! A refaire donc un autre jour, autre lieu, si l'occasion m'est donnée à nouveau.    

série des 100 vues célèbres d'Edo

 

 

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22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

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28 septembre 2012

Lucien Gires

Son père était sabotier à Saugues, sa mère qui venait d'une famille de tailleurs de pierre sut cultiver les talents artistiques La Tour des Anglais Huile sur toile

de ses enfants, Joseph, Louis et enfin Lucien le dernier né en 1937 à Saugues.  Zélina Gires aida souvent son fils, à tirer des affiches, à coudre des vêtements pour les personnages du diorama de Saint Bénilde. Lucien Gires se disait artisan.

Lui qui savait tailler le bois, la pierre, lui qui savait peindre, dessiner,  commença à faire des affiches pour les bals, les fêtes votives, son premier vrai travail fut de participer à la réalisation du Diorama St Joseph à Espaly avant l'armée où il apprit la technique de la sérigraphie. Le maire de Saugues lui loua la Tour des Anglais La forêt nourricière

La Forêt nourricière détail

Les saisons

à charge pour lui de la rénover. Il en fit son atelier. 

Il peint les paysages saugains, il peint les anciens métiers. Il peint sur toile, sur jute pour l'église de Saugues, il sculpte des Christs. Il peint des portraits de saugains. Lucien Gires est avant tout un peintre de la mémoire de Saugues et de ses habitants. 

L Gires

En  1989, il s'attaque à son ultime projet :

 Le musée de la bête du Gévaudan qui lui demandera 5 ans de démarches diverses avant de commencer à le concrétiser  en 1995. Sa fille Blandine lui sera d'une aide précieuse. Le musée ouvrira en 1999.

A l'office du Tourisme de Saugues, cet été ont été exposés une dizaine de ses tableaux. Lucien Gires artiste altiligérien est mort en 2002.

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02 août 2012

José Maria Sert

Nonobstant  (j'aime ces expressions superfétatoires)Misia lors de sa rencontre avec Sert

 Misia (1872-1950), je ne serais pas allée à la rencontre du peintre décorateur José Maria Sert (peintre catalan 1874-1945) dont elle fut successivement, l'amante, l'épouse puis à nouveau présente dans les dernières années de sa vie. Mais j'y ai vu un lien, forcément, qu'il me paraissait, comme d'habitude, urgent de nouer, d'autant plus que cette exposition, au Petit Palais se termine le 5 Août. Je ne suis pas trop attirée par ces grandes peintures commanditées par des particuliers. Inutile de chercher Misia, elle ne se cache pas sous un des nombreux personnages :  Misia ne servit jamais de modèle pour Sert;  il utilisa la photographie, des modèles humains au début

Silène et Bacchus charbon sur papier 1910

Etude photographique pour Silène et Bacchus 1910

puis des santons ( il en acheta plusieurs centaines à une crèche napolitaine), pour finir par utiliser des petits mannequins en bois articulés, qu'il mettait en scène les prenant en photos. Il raffolait des pyramides humaines, Sert, et les étudiait sur des mannequins avant de les peindre sur du bois.

Etude photo pour Le Temps 1940

 

 

 

Le Temps détail 1940

 

 

 

 

 

 

Les visages chez Sert sont rarement beaux enfin pas genre grec,Europe ou l'automne détail 1917-1919 genre simiesque plutôt, plus proche de la caricature. Seuls les corps comptent pour Sert, dans toutes les positions : joufflus les chérubins,  musclés les mâles, souples, en force. Le mouvement, c'est ce qui l'intéressait, avec le mélange des genres artistiques, pris ça et là, au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses lubies, de ses clients.  C'était un bon dessinateur, Jose Maria Sert, il aurait pu émergé sans doute comme peintre, enfin peut être, mais a préféré se spécialiser dans la décoration où il eut beaucoup de succès ...  Il a rencontré en 1933 Diego Rivera,

Jose Maria Sert et Diego Rivera 1933

l'époux de Frida, une autre Femme particulière qui m'attire, mais c'est une autre histoire à explorer plus tard ! La grande oeuvre de sa vie à Sert, ce fut la décoration d'une église, celle de Vic, qui va l'occuper énormément, mais il ne reste rien de cette oeuvre : en 1936, l'église est brûlée, quelques membres du clergé exécutés, une raison évoquée possiblement pour expliquer l'adhésion, très contreversée, on s'en doute, de Sert à Franco.

Il était riche, Sert, richesse familiale,  il aimait la grande vie, la belle vie, cultivé et collectionneur, il emmena Misia dans les plus grands musées, et puis Misia devenue un peu vieillie et pas très commode,  il lui préféra une jeune Roussy ( Isabelle Roussadana Mdivani  1906-1938 fille d'un prince géorgien) qui lui offrit d'autres ouvertures par ses relations, un temps, le couple resta à 3, et puis lassé des commérages, ou lassé de Misia, subséquemment il demande l'annulation de son mariage religieux avec Misia pour cause de stérilité et épousa Roussy . Après le décès prématuré de Roussy 10 ans plus tard, il reprit une relation  avec Misia, devenue un peu fauchée, encore plus vieille et un peu esseulée; de lui, elle héritera  son appartement, rue de Rivoli.

Roussy Sert 1929 Mais si, j'ai aimé, un peu, j'aime découvrir de toutes façons,  j'aime cette rencontre avec un(e) inconnu(e),  j'aime cet instant magique de révélation d'une oeuvre,  après j'adhère ou pas, mais étant de nature bienheureuse, bienveillante ou carrément conne,( c'est une question d'appréciation)  je critique modérément en songeant que pour critiquer, il faut avoir un peu de talent dans l'art en question, ce que je n'ai pas, sinon, ce n'est que de la diffamation, de la jalousie, du blabla.

Ouaiiiis, dans tous les cas, c'est du blabla, c'est vrai !

Amérique ou l'hiver 1917-1978 huile sur bois

Donc Sert en temps que peintre décorateur, à première vue, j'adhère pas trop. C'est un décorateur d'un temps révolu, d'un milieu artistique d'une époque. Un petit instant charmeur d'histoire de l'Art, ce qui somme toute est déjà bien et ce qui n'enlève rien à la séduction fascinante de l'homme, un peu comme Misia en somme.

Le lien est noué ! 

Mais sans doute cette visite rapide et première gagnerait à être renouvelée, ailleurs, plus tard, sous d'autres cieux et dans une autre ambiance .... Il me faut du temps parfois pour apprécier.

Note pour ide :

Penser à aller voir à Barcelone l'hôtel de ville et le palais de justice, la banque d'Espagne décorés par Sert, ainsi que le MNAC qui a prêté d'ailleurs ses oeuvres au Petit Palais. 

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28 juillet 2012

Joana Vasconcelos à Versailles

Née en 1971 à Paris, élevée à Lisbonne, de culture franco portugaise. Joana Vasconcelos a fait ses études au Centre d'art et de communication visuelle de Lisbonne.

De son origine, Joana a gardé le folklore un peu kitsch des petites pièces tricotées, en crochet, en dentelle, en laine .

De son imagination débordante, elle crée des oeuvres décalées, gigantesques, où l'humour transcende le quotidien, où le quotidien se magnifie. Dans son atelier de Lisbonne, 28 personnes ont travaillé pour l'exposition de Versailles, et son équipe compte 8 brodeuses. Joana Vasoncelos glane ses tissus lors de ses voyages.

Marilyn détail 4

Versailles 3

Détail Maryline 2011

Des casseroles en inox transformées par la fée Vasoncelos en escarpins

 

 

 

 

 

Un bijou porté en pendentif par les femmes du nord du Portugal le jour de leur mariage où fourchettes, cuillères, couteaux  s'emmêlent

Détail flou Joana Vasconcelos 2006

Versailles 2

Gardes 2012 Versailles

La dentelle délicate féminise un max le lion de marbre et le muselle. 

  

 

 

 

 

 

Versailles 5

Versailles 6

Au déjeuner, repas de rois, heu ... de dauphins plutôt : langoustes   

  Et puis les Valkyries, de patchwork,  populaire de laine, feutre, maille, tissu industriel pour le peuple

Succession de Valkyries Galerie des Batailles

Versailles 8

Versailles 10

valkyrie trousseau détail 2

valkyrie trousseau détail 1

valkyrie trousseau détail 3

 

 

 

 

 

 

 

 

et patchwork royal  de taffetas, de soie, de mousseline, de perles, cousues d'or pour les reines emprisonnées dans les tentacules d'un protocole de cour .

Versailles 9détail Golden Valkyriedétail bis golden valkyriedétail 3 

Chambre de la Reine

 Ébène, acajou, laiton baigné à l'or avec postiches pour tête coupée. 

Joana Vasconcelos investit la chambre de la Reine, avec un humour

noir assez féroce : Marie Antoinette si futile entière, si utile martyrisée ...

  

     Joana Vasconcelos Parterre d'eau Versailles 

blue champagne détail

Versailles 12détail lilicoptèreChampagne pour une balade en lilicoptère ... Lilicoptère détail

Il y a une autre dimension dans l'oeuvre de Joana Vasconcelos, issue d'un art contemporain, populaire  et intellectualisé  à la fois : l'art gigantesque et décalé de cette artiste symbolise la réappropriation d'un haut lieu historique  par le peuple, très cosmopolite, dense, émerveillé ou blasé ( un peu dense à mon goût, à cette période, il est vrai) : une autre forme de révolution en douceur, en crochet et fil d'or ! 

Joana Vasconcelos, actuellement à Versailles jusqu'au 30 septembre 2012. 

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01 juin 2012

Séraphine Louis

Moi, Victorine Louis, j'ai eu 3 filles : Argentine, Clarentine et Séraphine, mon fils se nomme Alfred, pas facile de trouver un prénom en ine et puis je suis morte, mon fils, ma fille et mon mari aussi..

   Donc, Argentine et Séraphine Louis seules survivantes. L'une a 22 ans, l'autre 7 ans. L'une se marie, a une fille, l'autre se partage entre l'école et les champs avec les bêtes à garder pour gagner un peu d'argent, celle là est solitaire et pieuse. Elle ira faire le ménage des autres, dans un couvent où elle reste 20 ans. A 38 ans, elle quitte le couvent pour travailler chez des particuliers. A 42 ans elle peint. Elle aura quelques conseils rares, des aides matérielles, mais peindra spontanément. Elle connaîtra un peu le succès, remarquée par un collectionneur, elle dépensera sans trop de discernement l'argent gagné, elle sera enfermée pour cause de décompensation d'un état psychotique. Elle ne peindra plus jamais et mettra 10 ans à mourir.                                                Les grandes marguerites 1925                             Séraphine Louis

Dites moi, Séraphine, savez vous que les séraphins sont les gardiens du trône de Dieu ?

S : moi, tout ce que je sais, c'est que ma mère Victorine ne voulait que des rimes en ine .. D'où Argentine pour mon aînée, Clarentine pour la seconde et Séraphine pour moi. Le reste n'est que littérature. 

D'où tenez vous votre inspiration ?

S : qu'est ce que j'en sais moi, je n'ai peint que ce que je voyais, que ce que j'aimais, que ce que je pouvais : les fleurs, stylisées, rêvées, sorties de mon imagination, les fleurs qu'on ne m'a jamais offertes. Peindre, c'était  vivre, enfin, exister.

Et Quel est le secret de vos couleurs ?

S : Ocres, jaunes, rouges, terres brunes, vert de gris, airelles, écorces de châtaigne, bogues de chêne, noyaux de pèches et de cerises brûlés, blancs de coquille pulvérisés, gomme arabique, jaunes d'oeuf, et puis de l'huile sainte, Feuilles diaprées sur fond bleu 1929car donnée par le curé, et puis du .... Ripolin qui est une peinture à l'huile, et puis un peu plus tard encore du vernis. Y a pas de secret, j'ai su faire d'emblée, c'est tout.

On vous dit étrange Séraphine ?

S :Quand vous avez la vie que j'ai eu, orpheline, ménages, 20 ans de contact avec des religieuses, ça n'aide pas s'épanouir, on n'a pas de modèle, on  ne vit pas, on survit madame, on s'habitue à la peine. Alors sûr que je suis différente des autres.l'arbre du paradis 1929 détail

Vous avez une peinture diablement sensuelle, Séraphine ?

S : Il y a bien que là, que j'ai pu l'être, sensuelle. Je n'ai aimé personne, pas eu ni l'occasion, ni le temps, mais j'ai aimé passionnément peindre. J'ai aimé le velouté des fleurs, leur parfum, leur toucher, joue contre pétale, si doux, si suave, si tendre comme un doux baiser. Alors j'ai mis tout ça dans mes peintures. Les grappes de raisin 1930Grappes et feuilles roses 1925-1930 détail

Et votre internement ?

S : une mort lente, absurde et inhumaine. Je ne la souhaite à personne. Je suis morte le jour où ils m'ont internée.

Alors, folle, Séraphine ?

 S : A votre avis ?

Au musée Maillol, des peintures de Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis 1864-1942.

 

 

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28 mai 2012

Louise Delorme peintre Haute-Loire

A l'Hôtel-Dieu du Puy, une rencontre particulière avec une Dame singulière et secrète qui nous propose le temps d'une visite un rare moment de plaisante sérénité. Plaisir des yeux, écoute silencieuse, écoute du silence dans un lieu où je suis la seule visiteuse .. avant qu'enfants des écoles, touristes n'envahissent le lieu. Objets de nécessité basiques, uniques : La chaise 1981une tableDrap rose oublié 1999, une chaise, un bougeoir, un pot, objets minimalistes mais nécessaires à la vie qui représentent le quotidien, la vie simple; objets qui deviennent vivants, témoins des douces habitudes qui remplissent les solitudes des vies. Solitude de la chaise face au spectateur solitaire et, improbable mais pourtant réelle, union entre ces 2 solitudes.

 Masses cylindriques que vous voyez comme vous voulez, Louise Delorme ne fait que suggérer, et laisse votre imagination faire le reste : énormes rochers,Force perpendiculaire et oblique noire 2000 orgues basaltiques, poutres des maisons, croix de pierre Poids et équilibre 2002des priants, croix de bois des souffrants, et puis quand la vie vous semble plus dure, les fleursBouquet tout écarté 1997Louise Delorme, les genêts, la paille, la terre, les chemins qui vous délivrent, qui vous ramènent à l'essentiel d'une vie. Et pour tous croyants ou non, une série de vierges en majesté, de Dames Romanes solitaires Vierge au manteau bleu 2000La Vierge, l'enfant et la croixelles aussi, puisque la solitude fait donc partie de la vie.

Louise Delorme est née en Haute Loire en 1928. Ses parents ont une ferme. En 1948, elle part à Paris où elle suivra des cours à l'école des Beaux Arts et dans l'atelier du peintre Henri Goetz. En 1950, elle expose au musée Crozatier. Elle vivra à Paris durant 30 ans, exposera dans plusieurs pays, puis reviendra vivre en Haute Loire.   

Exposition jusqu'au 6 juillet.  

Note pour ide :

Altiligérien : habitant de la Haute Loire.

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20 mai 2012

Artémisia

Est obsédée, Artémisia par la traîtrise des hommes, celle de son père d'abord, puis celle de l'associé de son père ... curieusement cette femme célèbre autant par sa vie aventureuse que par ses peintures utilisera toujours aussi les hommes et saura au final en tirer des bénéfices certains, même des pires (hommes).

Il faut dire qu'elle est particulièrement belle, sensuelle, et douée pour la peinture, elle se prendra souvent pour modèle, et aura une prédilection pour les femmes de caractère.Cléopâtre A Gentileschi A cette époque où seuls les grands commanditent les oeuvres d'art, il est essentiel de s'assurer de solides et riches protections. Le haut clergé constitue encore un mécénat important mais  aristocrates, banquiers marchands sont des clients de plus en plus demandeurs. 

Artémisia  Gentileschi est née en 1593 à Rome. D'une lignée d'artistes, Artémisia, enfant, broie les couleurs de son père, lui prépare ses toiles, cuit Holopherneses vernis. Carrache (1560-1609), mais surtout Caravage (1571-1610) marquent sa peinture. Comme son père, elle fait partie de la lignée des peintres dits caravagistes. L'étonnant du choix des peintures chez Artémisia tient à sa qualité de femme; les femmes peintres de l'époque peignent des fleurs, des natures mortes, des portraits, des enfants, des scènes religieuses. Artémisia peint avec une rare violence des sujets laissés aux hoHolopherne 2mmes

 

 

 

 

 

 

et les regards des femmes peintes,Allégorie de la RenomméePortrait de religieuse qui sont souvent des auto-portraits témoignent  d'une force de caractère peu commune. Elle peindra une succession de Judith qui vaut largement celle de Caravage. Bon, j'avoue, je suis un brin féministe, donc un peu, beaucoup, passionnément ... partiale.    

Scandaleuse, fille de .., amoureuse, passionnée, mère, intriguante, frivole, mais volontaire dans tous ses rôles, déterminée à laisser une trace dans l'histoire de l'art. Allégorie de la peinture Autoportrait

 

 

 

 

Judith et Holopherne

 

 

 

Elle y

 est arrivée,  peintre, avant tout.judith et sa servante  (Lire pour en connaître davantage sa biographie écrite par Alexandra Lapierre)

A voir en ce moment au Musée Maillol.

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18 mai 2012

Vénus des Arts

Les Arts sont dans la rue Vénus des Arts 1992 et appartiennent le temps d'un regardmusique

  Peinture

 

 

 

 

 

 

 

aux passants,  indifférents,  passionnés,  ou taggers ...

 

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16 mai 2012

Musée Stéphane Mallarmé

Le musée de Vulaines sur Seine, ancienne maison occupée  par Mallarmé offre jusqu'en Juin 2012 une exposition autour des femmes, des amis, des relations de ce dernier. J'y ai retrouvé avec un certain plaisir des noms déjà cités dans ce blog, et petit à petit le puzzle de l'élite intellectuelle du milieu du 19ème jusqu'au début 20 ème se reconstitue, milieu finalement assez restreint où peintres, littéraires, musiciens que je n'évoque pas souvent, par méconnaissance, se mêlent. 

Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de famille (Réminiscence). Stéphane Mallarmé est né en 1842, sa soeur Marie en 1844. Leur mère meurt 3 ans plus tard. Leur père se remarie rapidement. Et Mallarmé a la douleur de perdre Marie âgée de 12 ans. Depuis que Marie m'a quitté pour aller dans une autre étoile .... j'ai toujours chéri la solitude. (Plainte d'automne). Mallarmé professeur d'anglais épouse en 1863Maria et Stéphane Mallarmé Maria fragile jeune femme qui ne se remettra pas de la mort, encore une, de leur fils Anatole à l'âge de 8 ans. Leur fille Geneviève veillera sur elle et sera proche de son pèrePaul Nadar 1856-1939

Mallarmé, il faut reconnaître que pour te lire, on a besoin d'un décodeur. Tu es carrément hermétique, parfois, souvent; certes tu estimes, à tort je trouve, que la poésie est réservée à une élite initiée, tu écris dans L'artiste  ' Toute chose sacrée et qui veut demeurer sacrée s'enveloppe de mystère ... l'art a les siens ... Les premiers venus entrent de plain-pied dans un chef- d'oeuvre, et, depuis qu'il y a des poètes, il n'a pas été inventé, pour l'écartement des importuns, une langue immaculée, des formules hiératiques dont l'étude aride aveugle le profane ...  et de fait, Mallarmé, tu t'y tiendras à cette idée fixe de vouloir écarter le profane, le non initié, le courant, presque tout le monde quoi !!! de quoi enorgueillir les intellectuels qui se pencheront sur toi et tu as raison, il y en aura de rares ... il faut reconnaître Mallarmé que pour compenser, ou pour donner le change ou par pur plaisir, tu fus un être sociable, tu aimas les femmes, tu adoras briller en salon avec l'élite artiste et intellectuelle de l'époque.  

 Mallarmé poursuit sa carrière littéraire en même temps qu'un professorat d'anglais avec beaucoup de doutes  et de découragement. Il se lie d'amitié avec les félibres (Mistral), avec Leconte de Lisle, Cazalis, Coppée, Mendès, Manet, qui lui fera rencontrer Berthe Morisot, Degas, Renoir,Frontispice pour Pages de Mallarmé Monet, RedonSirène 1898, les Natanson et bien d'autres encore, ce serait fastidieux de les énumérer tous. Mallarmé devait avoir un sens particulier de l'amitié qui lui a attaché de sincères relations avec l'élite intellectuelle toute confondue de l'époque. L'exposition nous montre des dessins, des pastels, des peintures, des gravures aux signatures prestigieuses aujourd'hui comme Manet, Morisot, Redon, Bonnard, Redon, Blanche etc .... Petit topo sur la vie de Mallarmé, les dates principales de sa vie, quelques écrits, correspondances, Monsieur Mallarmé avait un certain charme, un esprit brillant en société, une poésie pas aisée à aimer. Mallarmé portait en lui un tourment, inné, acquis ??? il avait une insatisfaction permanente en lui, que rien n'a vraiment comblé, même pas son art. Sur ce, il a bien vécu cet homme là,Questionnaire dans l'illusion, sans illusion !  Il publie 8 numéros d'un périodique assez étonnant 'La Dernière Mode', Périodiqueprétexte littéraire où s'affine son style dixit ses partisans, ou bien frivolité mystérieuse mais séductrice et nécessaire pour accepter, le reste, l'indicible, l'inaccessible réussite : Hérodiade restera un immense projet qui ne se finalisera pas, conçue pour être une tragédie théâtrale, Mallarmé en fera un poème ... inachevé. Hérodiade c'est en fait Salomé, la fille d'Hérodiade que Mallarmé célèbre, celle qui danse, celle qui demanda inconséquemment la tête de Jean Baptiste pour la donner à sa mère Hérodiade ( car Jean Baptiste ne reconnaissait pas son second mariage).  Salomé qui représente la femmeJeanne Jacquemin 1863-1938 , femme fatale et perverse connaîtra un succès fou avec ce 19ème siècle fort misogyne.     

Jeanne JacqueminJeanne Jacquemin (1863-1938) relation amicale, se représenta en Salomé ( Saint Augustin la fait mourir décapitée par les glaces d'un lac gelé). 

Et l'on retrouve cette coquine de Méry Laurent née Anne Rose Louviot, modèle et amante de Manet, Gervex, Blanche, Nadar et d'autres encore ... muse et amante de Coppée, Mallarmé et d'autres encore. Méry était volage et fidèle à la fois, l'amour chez elle devint toujours amitié, on l'aima pour cela, pour son humour, sa culture, sa Charles Reutlinger 1816-1880générosité, sa tendre amitié. Elle compta beaucoup pour Mallarmé et réciproquement.

Tu es une compagne unique ...Tu es plus neuve, et je crois que c'est cela rester jeune, non pas seulement de ta grande personne très belle; mais en idée.  Lettre de Mallarmé à Méry Août 1891.

Mallarmé cultiva l'amitié féminine, avec Berthe Morisot qui en fit le tuteur de sa fille. Avec Renoir il s'occupera donc de Julie Manet et de ses 2 cousines orphelines, elles viendront chez Mallarmé passer des vacances. Edouard Vuillard 1868-1940Marie Cassatt illustrera un de ses poèmes. Nina de Callias la dame aux éventails de Manet  est une amie de jeunesse, Mallarmé fréquentera son salon. Augusta Holmès pianiste amie de Litz composera elle même un opéra. Misia Natanson muse des Nabis excellente pianiste s'installera avec son premier mari Thadée Natanson à Vulaines à côté de Mallarmé, MisiaMisia agrandira le cercle des relations de Mallarmé, avec Bonnard, Denis, Vuillard, Toulouse-Lautrec ....

Un jardin, une promenade le long de la Seine agrémentent cette visite et pour les gourmets un restaurant dont les menus sont sympathiques, où il faut sans doute réserver, comptez quand même 30 à 60 euros par personne.

Posté par maison43 à 19:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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