05 décembre 2011

Vitraux Cathédrale St Cyr- Ste Julitte

Maintes fois détruite, maintes fois reconstruite, sort commun à beaucoup d'édifices religieux, la cathédrale de Nevers a été contrainte à un remplacement de tous ses vitraux, suite au bombardement par les alliés en 1944. De 1947 à 1967, restauration de la cathédrale, programme d'aménagement des vitraux à partir de 1973.u6

A l'ouest, dans le choeur roman, Vitraux dessinés par Raoul Ubac 1910-1985. Initialement photographe officiant dans le surréalisme, il expérimente le dessin, la gravure sur ardoise, la peinture, l'association des 2, la sculpture. Réalise aussi des maquettes de tapisseries, vitraux, et illustrent des livres. De 1977 à 1983 les Maîtres verriers Charles Marq et l'atelier Simon élaborent les vitraux.U2

Ondulations, bleues, jaunes et roses sont elles symboles des éléments terre, air, eau et feu ? Sillons de terre labourés ? Fleuves du Paradis ? ou mise en valeur de la fresque du Christ en gloire ? 

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Et si ce n'était qu'une douce invitation à la méditation pour certains, à une rêverie harmonieuse pour d'autres, et pour ceux qui restent, à simplement un peu de repos bonheur entre 2 agitations.a1

Vous voilà prêt à affronter la violence des couleurs des croisillons du transept roman. Nous devons ces vitraux à Jean Michel Alberola (Figuration libre)  né en 1953 qui réalise des peintures, lithographies, dessins, sérigraphies, collages, maquettes de vitraux, sculptures. Il utilise dans ses oeuvres : photographies, cartes postales, objets trouvés, films, néons, textes. Les Maîtres Verriers sont Pierre Defert et Dominique Duchemin.

 

 

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Apocalypse-vitraux : chaos, destruction et persécutions, puis triomphe des élus et béatitude céleste pour les survivants dans un monde nouveau avec la venue du Christ. Le blanc est la présence de Dieu, mystère invisible, le rouge est symbole de violence, sang, martyre...

Vous en prenez plein les mirettes, de ces couleurs éblouissantes au soleil, vous en restez bouche bée !

 

 

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Le tau (lettre grecque t) en forme de croix est le signe des élus pour les protéger du mal. Le chiffre 144 000 symbolise la plénitude des élus, 1000 est grande quantité, 12 ce sont les 12 tribus d'Israel, 12x12 = 144. Élémentaire, non ? que ce soit limpide pour vous ou source de migraine, peu importe :

 laissez chanter les couleurs.

 

 

     

 

 

 

 

Les fenêtres hautes de la nef reposent les yeux, calment le tumulte des coeurs, apaisent les esprits tourmentés, dessinés par Gottfried Honegger peintre suisse né en 1917, collectionneur, sculpteur (Donation Albers-Honegger- Espace de l'art concret  à Mouans-Sartoux). Maître verrier : Jean Maure G

Les fenêtres basses de la nef sont dessinées par François Rouan : né en 1943 à Montpellier, travaille le dessin, la peinture, la photographie, réalisateur de films en dialogue avec ses peintures. Lié à Balthus, Jacques Lacan, Matisser7.

Maîtres verriers : Benoît Marc et Atelier Simon

Symphonie de couleurs, qui scintillent et s'éclatent.n1r1r4r3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le choeur gothique, les verrières hautes sont dessinées par Claude Viallat peintre né en 1936 à Nimes Elles évoquent les portes, de  la Jérusalem céleste de l'Apocalypse, serties de Lapis Niger, de rubis, de saphir, et d'or qui dansent, miroitent, papillotent sur les pierres.    

Dansez !v1v2v

 

 

 

 

 

 

Dans le déambulatoire, Jean Michel Alberola, et Dominique Duchemin, le Maître verrier, exultent, jubilent .. c'est une débauche de couleurs, qui nous offre une relecture de l'évangile, figurée ou abstraite, débordante de couleurs jusqu'à saturation, si riche en personnages bibliques, en scénettes cathéchisantes, qu'elle nous ramène à l'enfance, au temps où l'on croyait tout ce que l'on nous disait. Et je choisis d'y croire encore. ne3nene4ne5   

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25 octobre 2011

Munch

Doit être à la mode ce peintre là, deux expositions sur Paris, l'une en 2010 à la Pinacothèque, l'autre en 2011 à Beaubourg avec le même désir de nous faire comprendre que Edvard Munch ne se résuLa vigne vierge rouge 1898me pas à son"cri" , faut dire qu'on est un peu obtus !! la première exposition n'avait pas suffit à nous faire découvrir le joyeux drille qu'il y avait en Munch ... La seconde n'y incite pas davantage. En fait, il serait plus simple de dire que Munch, ce n'est pas un seul cri, mais plusieurs .... et que de pouvoir crier en peignant lui a fait certainement beaucoup de bien.  

Chez Munch, il y a souvent des ombres noires menaçantes, des couleurs qui dégoulinent, une prédilection pour la couleur rouge sang,  des visages tourmentés ou effacés .. des bouches qui hurlent, des yeux hagards, sauf quand il peint des enfants ou de très jeunes filles, il ne peut pas nous échapper que Munch est un être tourmenté, pas franchement optimiste, enclin à la mélancolie. Bien sûr, il connut sans doute des moments de bonheur, de joie, mais le bonheur n'était pas une recherche chez lui. Il a beaucoup crié Edvard, de douleur pour ses morts nombreux il faut le reconnaître, de jalousie, de solitude, de non joie, de plaisir masochiste peut être aussi.  Nul ne nous le dira.   

Il naît en Norvège en 1863, second d'une fratrie de 5. Sa mère tuberculeuse meurt 5 ans plus tard, le père médecin très religieux flirte avec la dépression, est plutôt coléreux, Edvard, enfant souffre de rhumatismes et d'insomnie, sa soeur aînée meurt de tuberculose à 15 ans et une autre Laura souffrira de schizophrénie. Un début de vie pas forcément idéal, seule la soeur de  sa mère, Karen venue s'occuper d'eux leur apportera affection et soutien, elle aimait elle aussi peindre. En 1980, Edvard entame  des études d'histoire de l'art.

L'enfant malade en 1885 est le premier tableau d'une série consacrée à la mort, il le reproduira, ce tableau, plusieurs fois . Il y a de la tendresse pour la mourante, en 1885, elle illumine le tableau très sombre.détail enfant 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, l'émotion est éloignée, la couleur éclate, la douleur anesthésiée, mais pas domptée, Munch se fera hospitaliser en psychiatrie un an plus tard.détail 1907

Munch a une vision de la femme jeune, le deuxième âge de la femme, singulière, désirable par son corps, elle n'est pour lui que tromperie, l'homme est quoiqu'il arrive toujours une victime. Deux versions parmi d'autres de la femme vampireLe vampire 1893-1894

 

 

 

L'une est sombre, l'autre pas, postérieure, plus gaie, plus fauve. Munch oscille toujours entre 2 états en permanence, il est attiré par le sombre, mais se soigne par la couleur.

 

 

 

 

Vampire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle ne vampirise pas, la femme pleure, seule, la tête en forme de flaque de sang, la femme saigne .. il en a fait 7, ou un peu plus, je ne sais plus des versions de cette femme nue et abattue.  Femme en pleurs

 

 

 

 

 

 

 

Version plus jeune, la fillette pas encore pubère, mais déjà cernée par l'ombre menaçante de la femme qu'elle va devenir, en 2 versions, l'une toujours plus colorée et gaie.Puberté 1894-1895

Puberté 1914-1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition nous dit que Munch s'intéressait aussi à la société dans laquelle il vivait. C'est vrai, même si il préfère nous montrer comme toujours la violence que cette société engendre. Je comprends mieux pourquoi on qualifie Bonnard peintre du bonheur. Munch, lui est peintre du malheur. Bon d'accord, la vie fut, sans doute, plus douce pour Bonnard. IMG_3685

 

La Bagarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des autoportraits, il y en eut en pagaille, que ce soit en photographie, ou en peinture, Munch s'est beaucoup auto produit .. Dans cet autoportrait là, il était en forme, Munch, au sortir d'une dépression.

Autoportrait dans la clinique du Dr Jacobson 1909 

Et puis il y eut des tableaux bonheur, reposants .. on va clore sur ce bonheur là.Cheval au galop 1910-1912Le tronc jaune 1911-1912 

 

 

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04 septembre 2011

Maria ou Marthe Bonnard

Je suis née hors des liens sacrés du mariage, ma mère m'a nommée Marthe, et mon père, un vieil original, aristocrate italien, amoureux fou de ma mère se disait de la famille de Méligny. J'ai 16 ans et je suis orpheline.

Marthe, et fleNu 1930uriste, je suis.

Je n'en suis pas à mon premier mensonge, mais celui là, énorme, que je fais à Pierre sera le dernier, c'est promis. Nous sommes en 1893, il a 26 ans, il est peintre et de famille suffisamment honorable pour que je m'en contente toute une vie.

C'est mon choix, c'est ma vie.

Bien sûr, cela ne sera pas sans conséquence, ni dans notre couple, ni dans mes relations aux autres. Sauvage j'étais, sauvage je resterai. Mais Pierre se consacrera, à la maturité, presque exclusivement à son art. Il aura de rares mais fidèles amis, et ce ne sera pas grâce à moi. Le seul bonheur de Pierre passera par la couleur, bonheur inaccessible, qu'il cherchera toujours à approcher sans jamais l'atteindre. Il me représentera environ 350 fois, souvent nue, quelquefois bien présente, d'autres fois estompée dans la couleur, cachée dans le décor, souvent absente mais... toujours là.

 

Bien sûr, il aima d'autres femmes plus belles que moi, plus intelligentes que moi, mais voilà, telle que j'étais, femme enfant, femme peureuse, femme fragile, je lui plus quand même;  avec le temps, il n'aima plus la femme que je devins, mais il aima toujours le modèle. Il eut ses mensonges, et moi j'eus les miens.

  On m'a dit tuberculeuse, psychotique, dépressive ... je n'étais que solitaire, un peu fragile, un peu spasmophile, un peu hypocondriaque, un peu asthmatique, un peu maniaque, et terriblement inquiète, toujours.  Des Nus dans la baignoire, celui là est mon préféré, les lumières chaudes, joyeuses et changeantes sous la verrière du MAM mettent en valeur mon corps rose, le temps qui passe s'est arrêté,  au soleil et dans un bonheur sans fin.

Bonnard 

Maintenant je suis rassurée, et pour l'éternité,

La salle à manger au Cannet 1932

 

 

Marthe Bonnard.

    

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