21 mai 2016

La servante du Seigneur Jean-Louis Fournier

UnJean Louis Fourniere addiction certaine de ma part, ce Jean-Louis Fournier. Sans doute pour relativiser mes petits ou grands malheurs. Cela fait un bien fou. Alors dans la famille Fournier, on pioche cette fois-ci la fille. Femme sous influence est devenue sa fille, sous la coupe d'un homme à certitudes, un Monseigneur, gourou ou mécréant, ou bien les deux. 

Petit livre court à l'humour arc en ciel, petit message court.

Et quand tu seras là haut Jean Louis, n'hésite pas à nous en faire un petit compte-rendu

Cela nous fera du bien, à tous.

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30 novembre 2015

Ma mère du Nord - Jean-Louis Fournier

Fournier

Petit livre annuel depuis 1992 de Jean Louis Fournier né en 1938. Sa rencontre avec Pierre Desproges date de 1981. Il sera le réalisateur de la minute nécessaire de monsieur Cyclopède. Leur amitié dura 7 ans jusqu'à la mort de Pierre Desproges. Jean Louis Fournier écrit son premier manuel en 1992, suivi de plusieurs essais. En 1999 il commence ses écrits par son père.

Résilience et humour sont les deux atouts de Jean Louis Fournier, il écrit dans la lignée de son ami Pierre Desproges (qui a bien écrit, lecteur aimé, tous ses textes, et je parle bien du Desproges bien sûr) avec cependant moins de verve, plus de tendresse, et dans une écriture minimaliste qui perdure. Faut dire que pour la tendresse, c'est plus aisé vu qu'il évoque un par un tous les membres essentiels de sa famille. Dans la cuvée 2015, Jean Louis Fournier décortique sa mère avec un art certain, il ne juge pas, ne critique pas mais énonce quelques vérités rudes à vivre avec une élégance faussement détachée : Paimpolaise anxieuse, ma mère attendait avec angoisse, chaque soir, le retour de son bateau ivre. ou bien Ma mère se méfiait de sa sensibilité, comme ceux qui en ont trop.'

C'est au final un pudique Jean Louis Fournier qui se répand beaucoup. 

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03 février 2013

Veuf - Jean Louis Fournier

Veuf

Dans la lignée de 'on va où papa', écriture drôle, concise, synthétique ... L'auteur aguérri au malheur sait le dompter, s'en tenir à distance, le traiter par l'humour thérapie, par l'ironie un peu caustique ... un malheur, un livre ... pas mal de malheurs donc pour un seul homme, mais un phénix, le bonhomme, un solide qui ne coule pas, une merveille de la résilience. Je reconnais que cela m'agace un peu et je ne sais pas trop pourquoi, ce qui est encore plus agaçant !

Bon, il est quand même le créateur de la Noiraude, et c'était un proche de Pierre Desproges. Il m'agace un peu moins.

Je devrais écrire un livre sur mon fils hummm, c'est peut être là où cela coince chez moi, les malheurs de Jean Louis Fournier (enfants handicapés, perte de sa femme aimée)... écrire ses malheurs suscite une compassion que j'envie ... une sympathie spontanée d'un public qui adore les malheurs à condition qu'ils soient médiatisés par un livre, une télé réalité ..

Merci, madame Freud d'avoir ainsi mis en lumière une certaine mesquinerie chez moi ! Normal que cela m'agace !

Étonnant, non ? 

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22 décembre 2012

Le gros la vache et le mainate

Le gros la vache et le mainate

Alors, là il y en a des mots grossiers à la pelle, des scènes vulgaires qui décapent, qui font rire car le texte corrosif supporte la dite vulgarité, la transcende même. Cette pièce-opérette est un défoulement jubilatoire pour les artistes qui assurent, pour les spectateurs qui libérés de tout assujettissement s'exclaffent et se moquent ainsi de leurs humaines destinées. Car il s'agit aussi de cela dans cette audacieuse farce complètement déjantée, arriver à se moquer de sujets graves, comme la mort, la vieillesse, le droit à la différence, la société devenue un peu grotesque, avec un sens du burlesque que j'ai pour ma part rarement vu.  J'ai adoré, jubilé, je me suis éclatée, et cela fait un bien fou.

Les comédiens sont performants, excellents. Une mention spéciale à  Jean Paul Muel. La pièce est écrite par Pierre Guillois, le metteur en scène est Bernard Ménez. 

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11 octobre 2012

Jonathan Coe

Coe

Coe2

Fortement caricatural, britanniquement drôle,  méchamment brossé, colériquement aromatisé, le roman de Jonathan Coe 'Testament à l'anglaise'  est  une dense épopée familiale ( les Winshaw) où les rares gentils sont pour l'un mort, pour l'autre internée en psychiatrie, où les méchants sont les plus menteurs, les plus tricheurs, les plus escrocs, les plus hypocrites, qualifiés de 'sangsues à forme humaine', c'est dire si ils sont sympathiques. 'Ils ont tous du sang sous les mains. Il n'y a pas de limite aux morts qu'a provoquées l'immonde commerce de Mark. Dorothy a participé au meurtre de mon père, en le nourrissant de saletés; et Thomas l'a poignardé dans le dos, en emportant l'argent de sa retraite. Rody et Hilary se sont certainement mis de la partie'. Cette famille a un biographe Michael  Owen ( embauché par l'internée Tabitha Winshaw) écrivain en panne d'inspiration, qui mêle rêve, cinéma et réalité dont nous partagerons la vie tout au long du livre, avec en parallèle des épisodes de vie des Winshaw. Coe tisse un livre toile d'araignée où chaque personnage est lié, où tous les fils convergent vers le centre-fin fort rocambolesque, à la manière d'une histoire policière façon Agatha Christie qui s'emballe sur la fin façon Monty Python. Ce livre est finalement très atypique, inclassable, jubilatoire et horripilant à la fois. J'ai pris un certain plaisir à le lire.

 Dans 'La pluie avant qu'elle ne tombe', Coe se livre à un romanesque, romantisme, sentimentalisme , à prendre au second degré, si l'on veut s'en réjouir et si en plus on écoute Joseph Canteloube (compositeur musicien français et auvergnat 1879-1957), cela devient délicieusement décalé. Avec quelques carrés de chocolat, un feu de cheminée, cela devient carrément divin.

Impuissance humaine à refaire l'histoire, nostalgie de ce qui ne s'est pas réalisé, constat des phénomènes de répétition dans les rapports familiaux, impressions fugaces prémonitoires ... ce livre trouve fatalement un écho en chacun d'entre nous. Et plus fort encore, il donne l'espoir de retrouver un jour, au mourir, comme Rosamond, les êtres les plus chéris et de réaliser ce qui n'a pu se faire de votre vivant ....   mouais.

 Coe est meilleur, pour moi, dans la satyre, l'humour, le branquignolesque . C'est plus jouissif.

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22 juillet 2012

Cafards - Fabienne Berthaud

cafards

Fabienne Berthaud née vers 1966 cinéaste, écrivain

Le cafard est un animal particulièrement peu sympathique, voire répugnant.

Le cafard est un genre de déprime. 

Cafards est un livre parfois répugnant à imager, parfois déprimant à penser, parfois jubilatoire à lire . L'écriture est singulière et recherchée dans un style cru, réaliste, où les miasmes en tous genre s'exhalent, oui c'est un livre à odeurs, nauséabondes souvent, à pustules qui suintent, à bouches qui bavent , à mots imagés (trogne, mouflée, clamser, nouille, chougner, guiboche ...) . J'aurais aimé que l'humour soit un peu plus présent, pour rendre le livre plus digeste, moins odorant, moins cafard profond.

C'est l'histoire d'une fille qui s'ennuie à mourir, et qui en mourant s'ennuie toujours, sans fin. La mort pour cette crevette n'existe pas. Elle s'ennuyait moins à vivre au final !

C'est une lecture à plusieurs degrés, au premier, c'est glauque, au second déjà plus tragique, au troisième, c'est selon l'humeur du moment, caricatural, décapant drôlement, épouvantablement réaliste, en bref, tous les degrés finissent par se mélanger et posent une question  : par qui ou quoi avez vous été inspirée en écrivant ce livre ? j'aimerais savoir.

 Particulière, Fabienne Berthaud, pas commune. J'avais bien aimé son film Pieds nus sur les limaces. Cafards ne me laisse pas indifférente, non plus.

Par contre son livre Un jardin sur le ventre ne me plaît pas trop.  Le titre est joli, l'histoire émouvante, mais il n' y a pas de rencontre entre ce livre et moi. Au final, je préfère l'écriture acide de Cafards !

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30 mars 2012

Charly 9 - Jean Teulé

Jean Teulé

Jean TeuléLes faits relatés traditionnellement :

 Catherine de Médicis s'est révélée assez fine politique, et bonne négociatrice : elle tentera de garder l'équilibre entre les 2 cultes protestants et catholiques, pour éviter à tout prix une guerre civile. Et puis, pour se débarrasser d'un Coligny, elle lancera, après quelques péripéties de cour, le massacre des chefs protestants, et puis, et puis, pourquoi ne pas éradiquer le problème dans son intégralité, alors elle choisira de tirer parti de la faiblesse de son fils Charles IX pour obtenir ce 'Tuez les tous' qui fera d'elle une reine criminelle et qui finira par déséquilibrer complètement le roi Charles IX, alias Charly 9. On y vient donc à ce Charly 9, fou à lier, fou à tuer. Et la truculence de Jean Teulé nous fait re-découvrir ce pan particulièrement sanglant de notre histoire.

De prime abord et conjoncturellement, j'adhère à ce livre avec une retenue surprenante chez une fan de Teulé. Les massacres multiples dans notre monde, le fanatisme religieux bien présents encore, donnent au massacre de la Saint Barthélemy une resonance particulièrement contemporaine. Certes, je retrouve toujours la verve du langage teuléen avec plaisir, la paillardise gourmande des mots, mais le fond de ce roman me parait pour une fois facile, Jean Teulé nous a habitués à détourner les clichés, et là, je trouve qu'il étoffe lourdement, les personnages qui historiquement ont été déjà bien habillés. L'histoire s'est chargée, sans doute à juste titre de les figer dans une réalité horrifique jusqu'à la caricature, est il besoin d'en rajouter, d'autant plus que Teulé touche aussi à la barbarie humaine, si présente de nos jours encore et toujours fort inventive. Et puis, avec le recul, je me dis que bouder mon plaisir est somme toute ridicule, et que ce détournement d'une partie de notre histoire ne fait que révéler avec un humour noir certain, la noirceur potentielle qui est susceptible d'exister en tout humain jusqu'à l'outrance. Et ce n'est pas la faute de Jean Teulé, si hélas, c'est toujours d'actualité.

Sur le plan personnel, cela montre, cette retenue, qu'il y a encore chez moi un vieux fond de conformisme. Ouf, je suis rassurée ! 

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23 mars 2012

Chevalier de l'ordre et du mérite - Sylvie Testud

Sylvie TestudSylvie Testud née en 1971 actrice, romancière, réalisatrice de 'La vie d'une autre' au cinéma.

Ce petit livre aurait gagné à être encore plus condensé. Des détails sans importance au début du récit engendrent un ennui assuré, un désir d'arrêter cette lecture, ce qui est dommage, car il y a un fond certain dans cette histoire, desservi dans les passages inintéressants par l'écriture minimaliste, mais curieusement mis en valeur, ce fond, quand il fait surface par le style même de cette écriture, Sylvie Testud utilise bien l'humour (minimaliste aussi) quand elle a quelque chose à dire, et elle le dit, son héroïne, que sa vie ne lui plaît pas, que son ami ne lui convient pas, cette jeune femme veut exister par elle même, mais ne sait pas qui elle est vraiment, cette jeune femme veut s'assumer seule mais a peur de la solitude, cette jeune femme fait toujours le mauvais choix, professionnel, sentimental, domestique, rien ne va. C'est un constat négatif, désastreux, douloureux.

Qui est cette jeune femme ? une hors normes, une atypique, une particulière, une solitaire, une emmerdeuse, une toquée du rangement de l'ordre et du mérite, ou une femme qui est tout cela à la fois, issue de cette génération qui refuse, à juste titre, le formatage, mais qui peine à trouver la forme de vie idéale. A ce propos, y en a t'il une ? 

Extraits :

Quand le téléphone sonne, c'est obligatoirement pour moi. Il ne sonne jamais.

Maintenant c'est vraiment mieux. Sauf que maintenant j'ai peur de savoir ce que je vais devenir, seule, bientôt vieille, bientôt moche. 

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22 mars 2012

Le coin du voile - Laurence Cossé

L CosséLaurence Cossé

Paru en 1996, ce livre m'attire davantage que le 31 du mois d'Août. Le sujet en est plus savoureux, voire loufoque. Quant à l'écriture, elle flirte avec un humour léger et bon enfant presque tout au long du livre.

Ce roman avec pour toile de fond Dieu se passe sur 8 jours.  L'affaire vient de la base religieuse, les casuistes, théologiens qui ont réponse à tout au nom de la raison et de leur foi (bonne évidemment). L'affaire en question c'est la preuve de l'existence de Dieu établie par un doux illuminé Martin Mauduit professeur de physique chimie et prêtre dans le passé, Il avait perdu - la foi, sans doute pas, il n'avait jamais eu exactement la foi, puisqu'il lui fallait la certitude-, en tout cas la claire vision de son ministère. extrait. Mauduit soumet cette preuve à un Bertrand Beaulieu, un radical, scrupuleux, un fossoyeur de la tradition qui la soumet à son tour à un autre prêtre Hervé Montgaroult capable tout au plus de seriner son cours d'ontologie cataphatique. Les deux branquignoles soutanés le soumettent à Hervé Le Dangeolet, leur provincial qui met sur place in petto et fissa (il adore ça, ces petites expressions le Dangeolet) une commission d'examen de la preuve avec 2 spécialistes, Michalet et Schmuckermann. Sur ce pour éviter la contagion, il coffre-fort la dite preuve. Les 2 experts sont contaminés à leur tour. Le Provincial avise alors la haute sphère : le Général de la compagnie des casuistes.

Les politiques vont s'en mêler, pour eux il y a risque de passer dans le domaine publique si l'affaire s'ébruite, et de là à susciter un trouble publique, il n'y a qu'un pas. Il faut 'en-di-guer-la-la-me-de-fond' (extrait). Détruire la preuve et neutraliser les branquignoles devient leur course poursuite qui les mènera, bien sûr, tous à Rome.

Laurence Cossé ne lève aucun voile sur la preuve de l'existence de Dieu, le contraire aurait été surprenant ! Elle n'argumente rien, ne prend pas parti, se contente de nous offrir un échantillon assez jubilatoire, limité à l'espèce humaine politique et religieuse. Elle met en scène une pièce où le pouvoir religieux et le pouvoir politique trouvent une entente pour écarter toute menace extérieure susceptible de rogner leur souveraineté au détriment bien sûr des moins puissants. Cela se passe en douceur, sans violence, presque sans victime, enfin une seule. Ce n'est pas très grave.( extrait) 

Le doute sur l'existence de Dieu était la seule formule viable pour l'humanité. Croyait qui voulait, ne croyait pas qui préférait. Pas plus de certitude pour l'un que pour l'autre. Un respect mutuel- mis à part les ères de certitude. La certitude, quelque soit son bord engendre le fanatisme. (extrait) 

Au fond, le doute est le seul contrepoids aux folies humaines. C'est la raison, le doute. extrait.

Alors, n'hésitons pas, doutons. 

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