06 juillet 2016

La mariée mise à nu - Nikki Gemmel

Nikki Gemmel

Livre de Nikki Gemmel édité en 2003, traduit en français en 2006. Un peu sulfureux quant aux goûts scatologiques de la Dame mais pas tant que cela car ce n'est qu'un moment d'égarement où la Dame reconnaît sa totale soumission aux hommes. Ce livre conte la libération sexuelle d'une épouse par rapport à son époux qui lui impose ses goûts,par rapport à son amant qui l'initie au plaisir et enfin par rapport à ses nombreuses petites historiettes d'amour précédant son mariage, un peu lamentables. Prise d'indépendance d'une femme qui se trouve mise à mal à la fin du roman par la survenue d''une maternité, mais prise de conscience que l'époux choisi est finalement le bon. Ouf ! La morale est sauve.

Autobiographie sous la forme d'un journal où la Dame édita ce livre anonymement et puis son nom fut rapidement connu;  son lire est édité en 15 langues, car il semble être difficile de dire encore aujourd'hui tout ce que l'on vit, tout ce que l'on rêve, tout ce qui déçoit ou ravit. Mais la Dame par ce biais y arrive et semble avoir trouvé sa voie.

Se lit assez bien, sans plaisir de lecture délectable, mais le but recherché n'est pas là, juste partager un moment son intimité d'épouse, juste dire l'indicible et penser l'impensable. Le chemin parcouru depuis Une Vie de Maupassant à La mariée mise à nu a été long mais au final positif. Les épouses d'aujourd'hui peuvent se comporter comme les époux d'aujourd'hui, c'est leur droit.

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12 juin 2016

Goliarda Sapienza par Angelo Maria Pellegrino

Goliarda

Connue principalement en France pour son roman L'art de la joie' paru en 2005 en France, parution qui paradoxalement fit sa renommée en Italie aussi écrit Angelo Pellegrino son dernier compagnon. Ce fut ajoute t'il, lui qui revisa le texte, et le fit éditer ou ré-éditer après la mort de Goliarda. Nous lui devons cette courte biographie de son épouse Goliarda Sapienza sortie en même temps que L'art de La joie.

Issue d'une famille de militants socialistes, sa mère Maria Giudice, son père Giuseppe Sapienza. La mère institutrice a d'un premier compagnon anarchiste Carlo Civardi 7 enfants, en 1917 mort à la guerre de son compagnon, elle est nommée secrétaire de la Fédération socialiste de Turin et rédactrice en chef d'un hebdomadaire socialiste. Elle fait 1 an de prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes à faire la grève.  En 1920 elle vit auprès du futur père de Goliarda, avocat nanti lui de 3 enfants. En 1925 naissance de Goliarda après la mort d'une première Goliarda en 1921. En 1938, âgée de 13 ans Goliarda quitte l'école sous l'emprise du fascisme et sa mère commence à dériver psychiquement. Ils habitent alors un quartier populaire à Catane où Goliarda se mêle aux chanteurs ambulants, prostituées, faussaires, conteurs de théâtres de marionnettes où elle commençe à travailler. En 1940 elle s'installe avec sa mère à Rome pour suivre les cours de l'Académie d'art dramatique qu'elle interrompra en 1943 quand les allemands occupent l'Italie. Goliarda fera partie de la résistance antifasciste menée par son père. La tuberculose, la faim, la peur, l'hospitalisation en asile psychiatrique de sa mère ne lui facilitent pas la vie. En 1948 elle rencontre Francesco (Citto) Maselli réalisateur avec lequel elle vivra 18 ans. En 1956, elle écrit ses premiers poèmes rassemblés dans le recueil Ancestrale. En 1958 elle s'éloigne du cinéma et du théâtre pour se consacrer à l'écriture. En 1962 première tentative de suicide, électrochocs habituels de l'époque. En 1964 seconde tentative, Goliarda reste plusieurs jours dans le coma, en 1965 elle se sépare de Citto Marsello. Elle se lance de 1967 à 1969 dans l'écriture de L'art de la joie. En 1975 rencontre l'auteur de sa petite biographie Angelo Pellegrino, ensemble ils travailleront sur ses oeuvres. En 1979 ils se marient, l'Art de la joie est refusé par la plupart des maisons d'édition. En 1980, arrêtée pour un vol de bijoux, elle est emprisonnée à Rebibbia peu de temps, dont elle fera un livre L'Université de Rebibbia qui aura le mérite de faire connaître la difficulté de ré-insertion des ex-détenues. En 1996 elle meurt d'une chute (arrêt cardiaque ?) dans l'escalier.

Angelo Pellegrino travaillera avec succès au final à l'édition de son oeuvre.

Vie assez incroyable de Goliarda Sapienza qui en compagnie d'une mère peu commune, féministe, ouverte à toutes les religions, socialiste, voulut sans doute se démarquer par le talent de l'écriture. Bouleversement quand elle découvrit la réalité du régime marxiste-léniniste qui fut source de grande crise morale pour elle qui la mena, dit-on à un geste inattendu : ce vol qui l'emmena à la prison pour femmes et qui fut semble t'il source de renaissance pour elle. Le climat politique de l'Italie des Brigades Rouges n'arrangea rien, le refus des éditeurs à publier son livre non plus. Elle savait malgré tout cultiver l'art de la joie et savait se créer des moments de plaisir simple, sociable, amicale, une vie entre écriture et richesse émotionnelle qui la dirigea toujours.

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27 mai 2016

Sacrée Marie - Astrid Eliard

sacrée Marie

Marie adorait être "sa rie"," sa risette", "son petit rie". extrait

Moi je crois que Marie aurait du se méfier de se confier à un mari qui la nommait ainsi. Pourtant Cornélius a un atout sérieux, il est médecin et contrairement aux amies de Marie, bien présent à son domicile, les autres mariées à des militaires. Marie est née pour enfanter pense t'elle, ça tombe plutôt bien, elle est enceinte. La nature les entoure, une manne pour le médecin qui se pique de soigner ses patients aux pistils de tous crus. Voilà le ton est donné, à la naïveté enthousiaste de Marie se mêle la réalité cruelle de la vie et l'incompétence totale d'un mari. L'allaitement est un grand moment d'anthologie en faveur de l'allaitement artificiel. Le contact mère-enfant ne se fait pas, L'enfant devient 'une surface supplémentaire à récurer'. Crédule Marie se réfugie dans la religion téléphonique...

La force du roman tient en l'espérance pas si évidente de Marie qui ne tient qu'à sa fuite. Mais pas si libre encore Marie encore piégée peut être ... 

Livre qui pourrait être un pamphlet contre la maternité, contre l'éducation donnée à nos filles, contre le formatage que nous subissons depuis la naissance, genre du Beauvoirien 'on ne naît pas femme, on le devient'.

Enfin, c'est ainsi que je le vois ce roman.

Cruel, lucide et au final terrifiant !

A moins qu'on ne l'estime uniquement caricatural, et que l'on se réjouisse à le lire ainsi.

Cela peut se faire aussi.

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21 mai 2016

La servante du Seigneur Jean-Louis Fournier

UnJean Louis Fourniere addiction certaine de ma part, ce Jean-Louis Fournier. Sans doute pour relativiser mes petits ou grands malheurs. Cela fait un bien fou. Alors dans la famille Fournier, on pioche cette fois-ci la fille. Femme sous influence est devenue sa fille, sous la coupe d'un homme à certitudes, un Monseigneur, gourou ou mécréant, ou bien les deux. 

Petit livre court à l'humour arc en ciel, petit message court.

Et quand tu seras là haut Jean Louis, n'hésite pas à nous en faire un petit compte-rendu

Cela nous fera du bien, à tous.

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05 décembre 2015

Plus loin mais où - Beatrix Beck

Beck

Premier livre que je lis de cette étonnante Dame (1914-2008) à la vie au final assez impressionnante, fille d'un écrivain et poète, secrétaire de Gide, obtient le prix Goncourt avec Léon Morin prêtre, part enseigner quelques années aux USA puis revient écrire en France quelques romans dont ce Plus loin mais où en 1997. Sa fille et sa petite fille ont suivi son chemin d'écrivain. Seul le film de Melville avec la belle gueule de Belmondo me reste en souvenir, ce Léon Morin prêtre qui en son temps fut quand même un petit scandale, 1961 était encore fort puritain et les prêtres avaient encore un sacré pouvoir, entre autres les têtes féminines devaient alors être couvertes dans l'église et personne ne bronchait. Bon je m'écarte du sujet. Revenons à ce plus loin mais où, non, ce n'est pas un livre de Jean Louis Fournier, mais bien de Béatrix Beck.

D'abord, ya Marceline Lantier qu'a pus d'dents et qui fait peur aux gens, elle est vieille, elle est libre, elle est seule, son langage est truculent (Jean Teulé a une rivale) et il faut en profiter, car elle ne fera pas long feu madame Lantier, elle a la liberté féroce et farouche de Béatrix Beck, elle en a certaines pensées incongrues et détonnantes. Un juif jeune universitaire roux l'étudie comme un fossile vivant et finit par s'y attacher tellement que même morte elle lui sert encore de référence, il rencontre une Marine vierge qui ne l'est plus après son départ, rencontre la femme de sa vie Lizzi qui lui fait 4 beaux enfants, est un éminent professeur, retrouve le fils fait à Marine, petit inceste de 2 de ses enfants au passage, et voilà que Lizzi meurt elle aussi brutalement, moralité : Ce n'est pas une raison parce que ma vie est incendiée pour que mes cours en souffrent. ' Voilà, c'est fini le livre, il nous a menés tous plus loin dans le temps, mais où ?? la question est posée dans la vie comme dans le roman. Ya pas de réponse, on continue, c'est tout.

 Plus peaufiné le second personnage, un autre double de Béatrice Beck, cultivé, singulier, à la parole aussi vacharde que Marceline mais raffinée et distinguée. Double personnage que Béatrix Beck qui toute sa vie sera double, femme de ménage et femme de lettres, appréciant la vie mais pleurant ses morts (mort du père alors qu'elle a 2 ans, mère qui se suicide pour fêter ses 22 ans, mari juif qui la laisse veuve à 28 ans, elle verra également sa fille Bernadette Szapiro mourir avant elle), peu conformiste cette Dame là au style littéraire jouissif où l'humour sarcastique est roi. Une défense comme une autre bien sûr dans une vie somme toute assez difficile.

Me donne envie ce livre d'en lire d'autres de la même auteure.

A vous relire donc Madame.  

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30 novembre 2015

Ma mère du Nord - Jean-Louis Fournier

Fournier

Petit livre annuel depuis 1992 de Jean Louis Fournier né en 1938. Sa rencontre avec Pierre Desproges date de 1981. Il sera le réalisateur de la minute nécessaire de monsieur Cyclopède. Leur amitié dura 7 ans jusqu'à la mort de Pierre Desproges. Jean Louis Fournier écrit son premier manuel en 1992, suivi de plusieurs essais. En 1999 il commence ses écrits par son père.

Résilience et humour sont les deux atouts de Jean Louis Fournier, il écrit dans la lignée de son ami Pierre Desproges (qui a bien écrit, lecteur aimé, tous ses textes, et je parle bien du Desproges bien sûr) avec cependant moins de verve, plus de tendresse, et dans une écriture minimaliste qui perdure. Faut dire que pour la tendresse, c'est plus aisé vu qu'il évoque un par un tous les membres essentiels de sa famille. Dans la cuvée 2015, Jean Louis Fournier décortique sa mère avec un art certain, il ne juge pas, ne critique pas mais énonce quelques vérités rudes à vivre avec une élégance faussement détachée : Paimpolaise anxieuse, ma mère attendait avec angoisse, chaque soir, le retour de son bateau ivre. ou bien Ma mère se méfiait de sa sensibilité, comme ceux qui en ont trop.'

C'est au final un pudique Jean Louis Fournier qui se répand beaucoup. 

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10 octobre 2014

Melodrama - Jorge Franco

Melodrama

Trois générations se suivent dans une aventure assez réjouissante dans ses excès, qui rappelle les mélodrames de la fin du XIX siècle, dans un style toutefois plus contemporain et assez original, dans une mise en scène théâtrale où la voix off d'un des héros du livre Vidal donne quelques informations de façon à ce que nous nous restions toujours dans le doute quant à la véracité des souvenirs. ' Une partie vient de mes souvenirs, une autre de ce qu'on m'a raconté et le reste je l'invente' extrait. Voilà aussi la force de ce roman, des petites pensées universelles dans lesquelles le lecteur peut se retrouver. Autre particularité du roman, rien n'est dévoilé vraiment d'emblée, tout se déroule par petites énigmes qui se résolvent au fur et à mesure de la lecture.

Le narrateur, c'est Vidal un colombien né en 1967 beau comme un Dieu qui fréquente les hammams qui sont pour lui le seul moyen de survivre, de vivre de son corps, et d'en mourir aussi d'ailleurs ! Sa mère c'est Perla mariée à un Osvaldo pour se libérer de l'emprise maternelle qui concevra son fils au cours d'une unique nuit torride avec un inconnu; en 1969 Amstrong pose le pied sur la lune, Perla commence à boire et Vidal âgé de 2 ans suscite déjà le désir chez son initiateur oncle Amorcito. C'est également à l'âge de 2 ans que mourra noyée Sandrita, fille du couple Perla-Osvaldo, partie se baigner avec Perla ivre-morte. Perla aimera son fils fusionnellement jusqu'à l'inceste une unique nuit Vidal alors adolescent. Perla détruite par sa mère qui détruira elle aussi. Troisième personnage important du roman, celle qui est à l'origine de tout finalement, la grand mère Libia jeune oie blanche dont la défloration fera d'elle une persécutante aigrie et maniaque pour ses filles, et autour de ces 3 là, une multitude de petits personnages portant chacun une blessure, car chez Jorge Franco (écrivain colombien né en 1964) il n'y a que  des êtres meurtris dans son roman. En parallèle l'évocation de la Colombie de ses catastrophes géographiques et violences sociales en tous genres que Jorge Franco nomme Le Monstre. Monstre que Vidal voudra fuir et qu'il emmènera tapi au fond de lui, car tous nous avons des petits monstres qui nous suivent où que nous allions. Livre dense, assez cru parfois qui se déroule soit en Colombie, soit à Paris avec des analepses (retours en arrière) permanents qui nous amènent tout doucement au dénouement final. 

Livre sorti en 2006, traduit en 2010.

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14 juillet 2014

Trente ans d'amour fou - Dominique Rolin

Dominique RolinDominique Rolin  1913-2012 mêle dans ses romans quelques parcelles autobiographiques à une fiction où se confrontent le Temps, la Mémoire et l'Amour. Confrontation entre le Dessus et le Dessous, soit l'Aujourd'hui et l'Autrefois. Jim est l'amoureux depuis 30 ans, elle, est plus âgée d'une beauté toujours bouleversante. Entre eux de l'amour et de l'écriture. Elle a un double, celui que le miroir lui donne, elle entretient avec cet autre ego un rapport particulier, basé sur une bienveillante sympathie. Celle du miroir vieillit, Celle du miroir détient les temps anciens tantôt unissants, tantôt hostiles, mais qui permettent à l'autre elle de rester en toute plénitude celle qu'elle veut être, donc ce qu'elle est. Elle doit à Jim de ne plus être soumise à ses souvenirs, mais de les dominer. Ainsi elle les transforme à sa guise, ces souvenirs qui correspondent à la réalité qu'elle a recréée, à sa vérité qu'elle a rêvée, mythe ou réalité qu'importe après tout, cela devient de la belle écriture. Le présent ce sont ces 30 ans passés dans la présence d'un être aimé, pas à elle, ni même toujours à ses côtés, mais toujours là à l'aimer( livre écrit en 1988).

Ce sont en fait 55 ans passés à s'aimer, quand même et toujours, jusqu'à la mort de Dominique Rolin en 2013. Le passé rejoint ainsi le présent. 23 ans d'écart entre Jim et la narratrice, et l'amour qui résiste à tout, au temps qui la vieillit si bien, à d'autres amours de l'homme aimé, discrétion sur ses possibles autres amours à elle, et par dessus tout l'écriture qui leur est indispensable à tous les deux et qui les fait vivre autant que l'amour qu'ils veulent bien se donner. Jim est Philippe Sollers. 

Il y a plusieurs lectures possibles du livre de Dominique Rolin, et l'on peut choisir celle qui nous convient le mieux.

C'est pour moi un hymne à la vie, un hymne à l'amour, c'est aussi un hymne à l'écriture, aux mots, à l'inspiration.

La vie est bonne avec ses courbures irrésistibles, ses capricieux détours qui n'en sont pas et ses feintes, merci, merci, Vie ! Je peux tout juste commencer à entrevoir ce que, dès le début, elle a voulu de moi. extrait

Je vis parce que j'écris. J'écris parce que Jim est là vivant. extrait.

'J'ai été la dactylo de mes rêves' 15 Décembre 2005 'Interlocution' Dominique Rolin- Philippe Sollers

Sacrée femme cette Dominique Rolin et restée belle jusquà la fin de sa vie.

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10 juillet 2014

Le maître des illusions - Donna Tartt

Donna Tartt

Généralement, quand je lis un livre policier, je ne résiste jamais au plaisir de lire la fin, officiellement pour suivre le profil psychologique du meurtrier, officieusement parce que je suis impatiente et préfère me débarrasser ainsi de tout suspens. Avec le Maître des illusions, le livre commence par la fin, je ne suis donc pas déçue, d'ailleurs ce n'est pas un policier, c'est un roman psychologique autour de jeunes gens qui vont tuer un des leurs incapable de taire un meurtre antérieur accompli par cette joyeuse bande qui outre le grec qu'ils maîtrisent fort bien, ne dédaignent pas les paradis artificiels qui les emmènent dans des mondes inconnus. Donna Tartt nous décortique très lentement une à une les circonstances qui les ont menés à un double crime. Une froideur des sentiments et des actes, une absence totale d'empathie pour quiconque, emmènent le lecteur dans la même indifférence. Il est difficile de s'accrocher à quoi que ce soit dans une bonne moitié du livre. Et puis l'intrigue bouge avec le meurtre de Bunny que l'auteur décortique, ouf !! Enfin ! Pas désagréable, cette lecture, juste un peu laborieuse, pour moi, pas enthousiasmante. A noter que les critiques sur ce livre sont en général beaucoup plus élogieuses que les miennes.

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19 mai 2014

La chambre bleue

Amalrix

Court roman de Simenon, d'ambiance, d'intrigue policière, d'analyse très particulière comme toujours chez Simenon, où tout est un peu feutré, suggéré dans une neutralité de ton : une passion amoureuse chez un homme sans passion, qui a choisi sa femme pour vivre tranquillement, doucement, gentiment; une passion amoureuse chez une femme ambitieuse, volontaire et manipulatrice mariée par intérêt. Un peu trop forte cette passion pour l'homme marié qui souhaite revenir en arrière, annuler cette rencontre vénéneuse pour sa tranquillité. Pas assez forte pour la femme qui bascule lentement dans une folie meurtrière et qui choisit d'emprisonner son amant dans une toile inextricable, une vraie mante religieuse cette femme là.

Mathieu Amalric qui adapte le roman à l'écran est l'amant, son épouse effacée Léa Drucker, son amante Stéphanie Cleau ... la compagne d'Amalric; elle est plus psychopathe que violente cette amante là, emprisonnée elle aussi dans sa passion en proie à une folie apparemment douce, mais effrayante par sa pugnace et aveugle obstination. Amalric déroule le scénario, lentement, avec une certaine ambiguïté qui entretient le suspens jusqu'au bout. L'amant ne se décide pas, attiré par son amante, mais un peu craintif, attiré par son épouse mais un peu lassé. Dans le roman, l'amant a fait son choix rapidement, il stoppe sa liaison, ne la désirant plus, dans l'adaptation au cinéma, Amalric, lui, choisit de révéler un homme plus troublé, hésitant, presque passif et finalement acceptant sans se défendre la duplicité de son amante toujours souriante qui le mène à sa perte.

Un peu désuet, un peu nostalgique d'une époque, ce film fera plus tard la joie des cinéphiles.

 

 

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