04 juin 2013

Monsieur Calvin

Calvin

et moi, on s'était rencontré déjà, il y a longtemps, du temps où j'avais déjà du temps, avec un livre offert en 1967 'Histoire du Protestantisme Français' de Raoul Stephan ... et puis plus rien entre lui et moi, plus le temps, jusqu'à cette entrevue en Suisse, à Genève, au musée international de la Réforme. Avec le temps d'ailleurs, ce sacré temps, je vous avais confondu avec monsieur Luther, plus jovial que vous, du moins dans l'apparence physique, imberbe, il parait d'ailleurs que pour définir Genève dans la langue des signes, on se frotte le menton entre le pouce et les doigts, preuve que votre barbe a marqué vos adeptes, plus que moi, adepte de rien, mais uniquement animée par la curiosité ... Musée fort agréablement conçu, ludique et esthétique, où l'on entend un Rousseau dans la salle à manger, Le Banquet théologiqueune charmante Directrice pour agrémenter le tout ... on y rencontre donc un Martin Luther Luther

1483-1546  peint par Lucas Cranach le vieux 1472-1553, un Jean Calvin 1509-1564 d'un peintre du xvi siècle. Pour Luther, La Bible est seule autorité, au dessus des traditions de l'Eglise et des hommes d'église.Bible

La Réforme est en marche, en 1517, il rédige ses 95 thèses qui dénoncent entre autres la vente publique des indulgences, cette Réforme va engendrer outre la réprobation du pouvoir religieux, une réaction violente du pouvoir royal qui va déclencher une contre-Réforme terrible qui se manifestera en France notamment par le massacre de la Saint-Barthélémy le 24 Août 1572Massacre de la St Barthélemy,  la dernière lettre de l'amiral de Coligny à son épouse.Lettre de Coligny 1572 L'édit de Nantes qui, signé en 1598 par Henri IV mettra un terme aux guerres des religions et donnera aux protestants la liberté de culte, sera révoqué en 1685 par l'édit de Fontainebleau signé par Louis XIV provoquant un exil des Réformés vers l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne ou plus difficilement la Suisse réticente à les accueillir, mais ces réformés là créeront des dynasties de banquiers, horlogers, orfèvres, et pour ceux qui résistent  les galères pour les hommes, la prison pour les femmes ... Bon, catholiques, protestants se massacrèrent au nom d'une foi ... où les humains ont un peu oublié les règles de la Bible chacun à leur tour, selon leurs arrangements avec un Dieu si humain qu'il se prête à tout, au pire, le plus souvent. L'histoire ne s'arrête pas là, bien sûr et est plus complexe ... mais moi pour cette fois ci, je stoppe là ... si je retourne, un jour, à Genève, je complèterai cette visite. Et encore déguster les petits calvins, et encore écouter Dame Isabelle la protestante ....

A suivre peut être .... à l'Automne une exposition temporaire "Enfer ou paradis" : la satire en images (XVI-XVIII)caricature du pape Jules III - XVI siècle

La Balance Martinus van Beusecom XVII

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16 mai 2012

Musée Stéphane Mallarmé

Le musée de Vulaines sur Seine, ancienne maison occupée  par Mallarmé offre jusqu'en Juin 2012 une exposition autour des femmes, des amis, des relations de ce dernier. J'y ai retrouvé avec un certain plaisir des noms déjà cités dans ce blog, et petit à petit le puzzle de l'élite intellectuelle du milieu du 19ème jusqu'au début 20 ème se reconstitue, milieu finalement assez restreint où peintres, littéraires, musiciens que je n'évoque pas souvent, par méconnaissance, se mêlent. 

Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de famille (Réminiscence). Stéphane Mallarmé est né en 1842, sa soeur Marie en 1844. Leur mère meurt 3 ans plus tard. Leur père se remarie rapidement. Et Mallarmé a la douleur de perdre Marie âgée de 12 ans. Depuis que Marie m'a quitté pour aller dans une autre étoile .... j'ai toujours chéri la solitude. (Plainte d'automne). Mallarmé professeur d'anglais épouse en 1863Maria et Stéphane Mallarmé Maria fragile jeune femme qui ne se remettra pas de la mort, encore une, de leur fils Anatole à l'âge de 8 ans. Leur fille Geneviève veillera sur elle et sera proche de son pèrePaul Nadar 1856-1939

Mallarmé, il faut reconnaître que pour te lire, on a besoin d'un décodeur. Tu es carrément hermétique, parfois, souvent; certes tu estimes, à tort je trouve, que la poésie est réservée à une élite initiée, tu écris dans L'artiste  ' Toute chose sacrée et qui veut demeurer sacrée s'enveloppe de mystère ... l'art a les siens ... Les premiers venus entrent de plain-pied dans un chef- d'oeuvre, et, depuis qu'il y a des poètes, il n'a pas été inventé, pour l'écartement des importuns, une langue immaculée, des formules hiératiques dont l'étude aride aveugle le profane ...  et de fait, Mallarmé, tu t'y tiendras à cette idée fixe de vouloir écarter le profane, le non initié, le courant, presque tout le monde quoi !!! de quoi enorgueillir les intellectuels qui se pencheront sur toi et tu as raison, il y en aura de rares ... il faut reconnaître Mallarmé que pour compenser, ou pour donner le change ou par pur plaisir, tu fus un être sociable, tu aimas les femmes, tu adoras briller en salon avec l'élite artiste et intellectuelle de l'époque.  

 Mallarmé poursuit sa carrière littéraire en même temps qu'un professorat d'anglais avec beaucoup de doutes  et de découragement. Il se lie d'amitié avec les félibres (Mistral), avec Leconte de Lisle, Cazalis, Coppée, Mendès, Manet, qui lui fera rencontrer Berthe Morisot, Degas, Renoir,Frontispice pour Pages de Mallarmé Monet, RedonSirène 1898, les Natanson et bien d'autres encore, ce serait fastidieux de les énumérer tous. Mallarmé devait avoir un sens particulier de l'amitié qui lui a attaché de sincères relations avec l'élite intellectuelle toute confondue de l'époque. L'exposition nous montre des dessins, des pastels, des peintures, des gravures aux signatures prestigieuses aujourd'hui comme Manet, Morisot, Redon, Bonnard, Redon, Blanche etc .... Petit topo sur la vie de Mallarmé, les dates principales de sa vie, quelques écrits, correspondances, Monsieur Mallarmé avait un certain charme, un esprit brillant en société, une poésie pas aisée à aimer. Mallarmé portait en lui un tourment, inné, acquis ??? il avait une insatisfaction permanente en lui, que rien n'a vraiment comblé, même pas son art. Sur ce, il a bien vécu cet homme là,Questionnaire dans l'illusion, sans illusion !  Il publie 8 numéros d'un périodique assez étonnant 'La Dernière Mode', Périodiqueprétexte littéraire où s'affine son style dixit ses partisans, ou bien frivolité mystérieuse mais séductrice et nécessaire pour accepter, le reste, l'indicible, l'inaccessible réussite : Hérodiade restera un immense projet qui ne se finalisera pas, conçue pour être une tragédie théâtrale, Mallarmé en fera un poème ... inachevé. Hérodiade c'est en fait Salomé, la fille d'Hérodiade que Mallarmé célèbre, celle qui danse, celle qui demanda inconséquemment la tête de Jean Baptiste pour la donner à sa mère Hérodiade ( car Jean Baptiste ne reconnaissait pas son second mariage).  Salomé qui représente la femmeJeanne Jacquemin 1863-1938 , femme fatale et perverse connaîtra un succès fou avec ce 19ème siècle fort misogyne.     

Jeanne JacqueminJeanne Jacquemin (1863-1938) relation amicale, se représenta en Salomé ( Saint Augustin la fait mourir décapitée par les glaces d'un lac gelé). 

Et l'on retrouve cette coquine de Méry Laurent née Anne Rose Louviot, modèle et amante de Manet, Gervex, Blanche, Nadar et d'autres encore ... muse et amante de Coppée, Mallarmé et d'autres encore. Méry était volage et fidèle à la fois, l'amour chez elle devint toujours amitié, on l'aima pour cela, pour son humour, sa culture, sa Charles Reutlinger 1816-1880générosité, sa tendre amitié. Elle compta beaucoup pour Mallarmé et réciproquement.

Tu es une compagne unique ...Tu es plus neuve, et je crois que c'est cela rester jeune, non pas seulement de ta grande personne très belle; mais en idée.  Lettre de Mallarmé à Méry Août 1891.

Mallarmé cultiva l'amitié féminine, avec Berthe Morisot qui en fit le tuteur de sa fille. Avec Renoir il s'occupera donc de Julie Manet et de ses 2 cousines orphelines, elles viendront chez Mallarmé passer des vacances. Edouard Vuillard 1868-1940Marie Cassatt illustrera un de ses poèmes. Nina de Callias la dame aux éventails de Manet  est une amie de jeunesse, Mallarmé fréquentera son salon. Augusta Holmès pianiste amie de Litz composera elle même un opéra. Misia Natanson muse des Nabis excellente pianiste s'installera avec son premier mari Thadée Natanson à Vulaines à côté de Mallarmé, MisiaMisia agrandira le cercle des relations de Mallarmé, avec Bonnard, Denis, Vuillard, Toulouse-Lautrec ....

Un jardin, une promenade le long de la Seine agrémentent cette visite et pour les gourmets un restaurant dont les menus sont sympathiques, où il faut sans doute réserver, comptez quand même 30 à 60 euros par personne.

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12 février 2012

Musée d'Orsay

Orsay, c'est un peu chez nous ! sous prétexte qu'un nôtre grand père fut Directeurorsay 5 des Hôtels du Louvre dont celui d'Orsay, sous prétexte que nos parents ont fait leur repas de mariage dans le restaurant d'Orsay, sous prétexte donc d'une période fastueuse de notre histoire familiale à Paris, nous estimons G et moi même que nos ancêtres font partie des fantômes qui hantent l'ancienne gare d'Orsay orsay 6...

 

 

 

 

alors c'est en familiers que nous avons arpenté les salles reliftées du pavillon Amont, le 5ème étage, celui des impressionnistes ...  Orsay 3

 

 

 

 

 

La nudité froide de la sulfureuse Victorine Meurant est curieusement mise en valeur, par les délicieux nus de Renoir, joyCaillebotteeusement kitsch, où la chair déborde avec allegresse, oui, Renoir aimait lManetes plantureuses souriantes. Bazille  et Fantin Latour qui se la jouent grands reporters photographiques, avec leurs ateliers où les grands de cette époque sont nonchalamment représentés, Caillebotte qui, lui, se la joue peinture sociale avec ses raboteurs de Parquet, aussi raffinés et délicats cependant que lui, séduisant son auto portrait d'ailleurs ! Berthe Morizot, modèle ténébreux et peintre  se démarquant peu à peu de Manet, pour rejoindre le courant impressionniste, Cezanne qui nous offre un bleu à se damner, Monet, qui avant Bonnard fait éclater les couleurs et d'ailleurs Bonnard est là aussi, au 2ème étage, dans sa période nabi japonisante avec déjà Marthe vaquant à sa toilette ...  

orsay 2

 

 

Une balade réjouissante et prolifique en peintres ... et pour le plaisir, les bancs Water Block de Tokujin Yoshiokabancs Orsay fort confortables, le café des frères Campana, lGarçon et Corbeau 1884es éclairs pistache, le menu finlandais raffiné du restaurant classé monument historique, en liaison avec une petite exposition de Akseli Gallen-Kalela  vuorsaye hélas trop rapidement, car à 17h30, vous êtes mis dehors ...

Mais on y reviendra.

 

 

 

 

 

 orsay 4Friant

un canapé rigolo toujours des frères Campana où il a l'air de faire bon de dormir un peu, et puis une Toussaint, naturaliste, photographique, plaisante d'Emile Friant. 

 

 C'est vrai que l'on s'y sent un peu chez soi, dans ce musée, un peu douillet, un peu cosy, un peu kitsch, très classique, sans surprise mais, tout doux, le Musée d'Orsay.

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27 janvier 2012

La tenture de l'apocalypse

 Comment aborder la tenture de l'apocalypse, à Angers,  en son château d'une manière fantaisiste, rigolote et attrayante ? pas facile ! D'abord, elle n'a pas été faite pour ça : Louis Ier d'Anjou (1339-1384), son commanditaire aimait démesurément les tapisseries, certaines habillaient avantageusement les murs de son château, d'autres l'isolaient quand il avait besoin d'intimité, et d'autres encore rappelaient ses exploits guerriers aux visiteurs ébahis, ensuite, le thème choisi de l'La Jérusalem célesteapocalypse n'est pas particulièrement optimiste et réjouissant : si il faut attendre que le mal soit vaincu pour qu'enfin le bien prédomine, et que le Christ nous installe alors dans la félicité, la Jérusalem céleste, on risque d'attendre fort longtemps;

 

 

Louis Ier d'Anjou eut l'idée d'évoquer aussi ses ennemis jurés, les Anglais, et certaines scènes font office pour l'époque de BD, discriminant les dits anglais, les vouant aux enfers, semblables au diable et à ses démons, ce qui devait faire plaisir à tout le monde, les anglais ayant pris la fâcheuse habitude d'envahir la France.

sauterellesLes sauterelles sont assimilées aux anglais ...

 

 

 

 

Avec cette tenture immense, impossible à utiliser, pas facile à déplacer, 140 m de long quand même,Angers Louis d'Anjou se fit plaisir doublement : cette tenture prouvait sa riche puissance, et laisserait à la postérité une trace durable de son passage, et la suite prouva que malgré quelques vicissitudes, il avait raison : cette fameuse tenture est à nouveau admirée, dans un espace un peu sombre pour la protéger au mieux. Constituée de laine colorée avec de la gaude, de la garance et du pastel, elle fut dessinée sur carton par Hennequin de Bruges, peintre flamand, et réalisée dans les ateliers d'un célèbre lissier de Paris, Nicolas Bataille.  

Les créatures Satanmonstrueuses de la tenture de l'Apocalypse  valent bien celles de nos romans fantastiques contemporains, et devaient susciter à l'époque grand

Les grenouilles recrachéesLa bête de la terre et celle de la mer aux 7 têtes

 

 

 

 

 

 

effroi, elles représentent le diable et ses acolytes,

entendez aussi  les envahisseurs de l'époque. Les grenouilles crachées par les monstres représentent les rumeurs impies pour dresser les peuples, les uns contre les autres et contre Dieu. 

Ouf un peu de douceur dans ce monde de brutes, avec la figure charmante d'une jeune Prostituée,La prostituée et son reflet feo et son vilain reflet dans le miroir qui gâche un peu le tableau, c'est vrai , mais c'est Babylone en personne, symbole du pécher.

Quant aux justes, il s'en moquent bien ! ils dorment, bienheureux élus, attendant que le christ vienne les réveiller ...Le sommeil des justes

Je vous l'accorde, ce n'est ni très catholique, ni très orthodoxe, encore moins très historique, ce que j'écris là, mais c'est ma façon à moi de retenir, un peu ce qu'est la tenture de l'Apocalypse, un peu, peut être ...    

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25 novembre 2011

Musée Jean Tinguely Bâle

Musée Tinguely Bâle

Après la Fondation Beyeler et son exposition sur Louise Bourgeois, son exposition consacrée au surréalisme avec des oeuvres en pagaille de Dali, Tanguy, Picabia, Hans Bellmer, Max Ernst, Magritte, Picasso, Miro et d'autres encore, s'est imposée une visite au musée Tinguely de Bâle construit par Mario Botta. Les sculptures de Tinguely emmènent dans une atmosphère particulière, ludique, rigolote, où l'innocence facétieuse d'un enfant surdoué n'est pas loin. Tinguely cela ressemble à une fête foraine sans la foule, il y a des lumières, des bruits, des grincements, des cliquetis, des objets qui se mettent en marche quand on le désire, des machines qui ne servent qu'à nous faire plaisir, sans autre utilité que de nous amener au monde magique d'un1966e enfance sans douleur, sans souffrance, ce qui n'existe pas. 

Accueil de Niki Saint Phalle avec une nana. Gwendolyn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grosse Méta Maxi-maxi Utopia. Méta Harmonie 1987Tinguely 87

Gigantesque machine, avec des escaliers, des passerelles où l'on peut grimper et observer un joyeux foutras fait de rebuts qui trouvent là une seconde vie, un rouleau de lavage automatique, un cheval de carrousel, un rideau de théâtre, un bric-à-brac absurde qui met en joie le spectateur quand cette méga machine se met en branle, si elle le veut bien. Présentée en 1987 à Venise.

 

 

 

Le Safari de la mort moscovite 19891989 T

Voiture squelette où la grande faucheuse a sa place, Renault safari assemblée pour une exposition à Moscou avec pour intention de montrer aux Russes l'absurdité des produits de luxe, symbole d'une voiture objet de luxe et de désir qui au fil des ans deviendra carcasse rouillée, et qui peut vous conduire à la Mort, passagère toujours présente. 

 

 

 

Pit Stop 1984Musée Tinguely

Commande de la Régie Renault qui évoque l'arret de la voiture au stand. Composée de pièces de voitures conduites par Alain Prost et Eddie Cheever, projection de film sur écran inclus dans la composition.

Les cinq veuves et la Lotus 25/33 R6.

Eva Aeppli  artiste suisse née en 1925 : oeuvre constituée de peintures, dessins, sculptures textiles. Épouse divorcée de Jean Tinguely dont elle aura une fille Miriam. Initialement Eva Aeppli avait conçu séparément  les 5 veuves, Jean Tinguely l'utilisera pour créer un hommage à Jo Siffert mort accidentellement sur un circuit en 1971 en y ajoutant une Lotus qui fut conduite par Jim Clark mort lui en 68. 

Jean Tinguely fut un passionné de course automobile, il avait pour habitude d'allier voyages culturels et grands prix. Il aimait l'esthétique des courses, la rencontre, parfois terrifiante, de l'homme avec la machine. Il voyait un rapprochement entre l'Art et la course automobile, reliés par cette absurdité de tourner en rond, de répétition, sans utilité réelle. Lui même qu'il qualifiait parfois de détraqué, de cas pathologique, ne se prenait pas au sérieux, était toujours à la recherche d'une nouvelle expression pas forcément rationnelle. La différence avec la course automobile résidait dans la lenteur qui était pour lui nécessaire : pouvoir représenter le mouvement lentement pour communiquer avec le spectateur.

Pour lui, la mort est présente partout. Le mouvement est l'éphémère, la panne vite arrivée, comme la mort vite arrivée dans la vie.

jt1jt2Petits assemblages qui font partie des Débriscollages, qui résultent du détournement de la fonction de l'objet, inclus les moteurs qui dans les sculptures de Tinguely ne font que des blagues, des bêtises pour nous amuser et nous donner une idée de l'absurdité de notre société qui nous pousse à consommer. Jean Tinguely disait qu'il était un assembleur.

Là une machine à faire des gribouillages inutiles. C'est une machine artiste et absurde.jt  

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07 octobre 2011

Le Facteur Cheval

Drôle de bonhomme, un peu fou, têtu, ambitieux, volontTombeau du Facteur Chevalaire, et follement humain jusqu'à une sorte de mégalomanie à la mesure de son oeuvre de pierres.

On dit que l'idée imaginaire d'un palais s'insinua peu à peu dans ses pensées, lors de ses longues tournées de facteur rural. Ferdinand Cheval né en 1836 n'y était préparé ni par son éducation, ni par ses études. Après son certificat d'études, il devint apprenti boulanger puis ouvrier rural où sans doute il apprit là à observer la nature. En 1867, il rentre dans les Postes. Deux mariages, 3 enfants,  il connaîtra 3 deuils : 2 enfants et sa première épouse.  En 1879, année de la naissance de sa fille, il commence à concrétiser son rêve, amasse des pierres et s'attaque à la construction d'un bassin et d'une cascade. Cela durera 33 ans. Le palais est achevé en 1912. Deux ans plus tard, il construit son tombeau au cimetière de Hauterives, cela lui prendra encore  8 ans. Il meurt 2 ans après en 1924 à l'âge de 88 ans.

  Ce qui frappe chez cet homme pFerdinand Chevalauvre, peu cultivé, c'est précisément son inspiration, d'abord orientale, ce qui est à la mode dans les milieux culturels de l'époque, mais sûrement pas à Hauterives, mais aussi médiévale, religieuse, et enfin régionale;  on dit que Cheval était abonné, ou profitait d'un abonné, pour lire une revue 'Le Magasin pittoresque' , sorte de petite encyclopédie de vulgarisation.

 

 

 

 

 Palais Idéal 

 

 

 

 

 

 

 

  

La décoration abondante de cette architecture de style brut  est inspirée de la nature, animaux, feuillages, petites grottes, Cheval utilise, outre les pierres, des morceaux d'os, des coquillages, des fossiles. Il y a aussi toute une symbolique pour Cheval dans l'élaboration de ce palais , le rapport au Temps : Cheval résiste ainsi au temps qui passe, à toutes ces morts qui l'entourent, grâce à sa ténacité  'Ma volonté a été aussi forte que ce rocher'. Pas moins de 63 maximes moralisatrices à lire, ultimes messages gravés dans la pierre de Ferdinand Cheval. Arbre-ChevalFacteur Cheval Détail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Facteur Cheval

 

 

 

 

Cheval s'est ainsi acquis l'éternité. 

 Palais de Cheval

IMG_2993PASSANTP

car c'est ta récompense

ô sculpteur gigantesque

d'avoir réalisé ton rêve surhumain

va, tu peux bien graver

ton nom à chaque fresque

hier c'était le labeur

c'est la gloire demain.

Palais idéal du Facteur Cheval à Hauterives dans la Drôme.

 

 

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01 octobre 2011

Léger à Biot

Il y a du carré dans l'homme, du construit, du raisonné ... Léger

 Il y a  du théoricien chez Léger, une volonté de se démarquer des autres, et au final un style pictural très particulier qui interdit toute neutralité :

On aime ou pas, et moi je n'aime pas.

 

 

 

 

Les débuts de Léger furent comme pour beaucoup sans originalité, lui ne supporta pas et détruisit les premiers tableaux.    Léger 1907

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Paris, il rencontre entre autres Delaunay FLeger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a du cylindrique, du géométrique, une volonté de privilégier la forme. Tout autre expression pour Léger était romantisme et imitation. Fernand Léger 1881-1955 fait abstraction de l'humain et préfère l'objet qu'il reproduit de façon épurée, géométrique. Il ne déteste pas cependant lui fournir des bras, des jambes à cet objet. Et il le colorise un max.                                     Léger 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Léger disait que l'expression dans un visage était un élément trop sentimental pour lui.    

L'homme devait être un sacré bonhomme, c'est certain, mais je n'adhère vraiment pas à ses tableaux.Léger 1934

 

Il faut sans doute apprendre Léger si on en a

envie, et moi je n'en ai pas envie.

Blocage bizarre ....

 

 

 

 

 

 

 

Léger 1952

Heu, Léger, pour moi, c'est comme un devoir de Maths !!

Et je ne me suis jamais faite aux Maths ...

il me faudrait peut être un

 professeur qui m'enseigne Léger.

Tiens,

C'est rigolo une fleur qui marche !

 

 

Musée de Biot 

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24 septembre 2011

Fondation Maeght

Aimé Maeght 1906-1981, s'installe en 1927 à Cannes, épouse Marguerite et ouvre une imprimerie (Arts et techniques graphiques) en 1932. Bonnard lui confie des lithographies à colorer, et une solide amitié les liera jusqu'en 1947 à la mort de Bonnard. La boutique se transforme en galerie de tableaux et réunit Matisse, Picasso, Geer Van Velde. En décembre 45, la galerie Maeght s'ouvre à Paris où Bonnard, Matisse, Braque soutiennent Maeght dans ses projets. Il rencontre Marcel Duchamp à New York, Giacometti, Calder, Miro, Chagall, Derain, Kandinsky, Léger viennent se rajouter. Marchand d'art, éditeur, leur fils aîné participe à leur réussite. En 1950, les Maeght retournent prés de St Paul de Vence, avec leur plus jeune fils malade qui meurt en 53. Braque et Malraux leur suggèrent de créer un lieu de rencontre d'artistes où ils pourraient exposer et c'est le début de la Fondation Maeght dont l'ouverture est en  1964 :

  C'est un jardin musée où l'on se sent bien, une fois l'affluence estivale évitée, calme, serein, riche en émotions et découvertes. Miro vous accueille, on reconnaît Zadkine,  Arp, Giacometti, Bonnard, Chagall, Braque, Léger comme des familiers que l'on retrouve avec plaisir. L'exposition Chillida occupe 2 grandes salles et limite la visite permanente : une bonne raison pour y revenir !  

En 1964, Chagall peint La vie où il s'éclate, tous ses thèmes favoris regroupésChagall

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bonnard commence à voir la vie en jaune,

L'été - Bonnard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 et Giacometti étrusque à tout va.

Giacometti et LégerDevant un Léger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une sculpture de Zadkine dans un coin, un Pol Bury dans un autre, un Léger sur un mur, un Braque en vitrail, et du Miro qui se fait son petit labyrinthe :

ZadkinePol Bury- Fontaine 

 Oiseau Blanc

Légeroiseau lunaire MiroLézardGargouille

La Fourche Miro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir mes chouchous, le yin et le yang, l'homme et la femme, le pour et le contre, le jour et la nuit :

 Personnage, mâle au plumage coloré, et phalliquement dressé vers le ciel et petite femelle-cloche noire, au sexe accueillant,  Déesse de la FéconditéPers

La Fécondité

Et le fruit de leur union ....

 

 

 

 leur petit têtard, sacré Miro, très traditionnel au final !

IMG_2664

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07 août 2011

Jardin Musée de Bourdelle

Petite balade en pleine Brie, à côté d'Egreville en Seine et Marne à faire d'abord au soleil, un jardin de statues que l'on peut photographier sous tous les angles, et que l'on peut toucher à volonté.  C'est au gendre de Bourdelle, Michel Dufet (architecte-décorateur) qui épousa Rhodia Bourdelle, que l'on doit ce musée en plein air, soit 56 statues. Il ne s'agit pas à vrai dire ici d'aimer ou pas la sculpture, je trouve, il s'agit de de se plonger dans une accumulation de sculptures, d'arbres fruitiers, et de massifs de fleurs , accumulation un peu décalée, luxuriante, abondante. Et cette abondance même est réjouissante. Et cette accumulation donne une autre dimension aux sculptures, aux arbres, aux fleurs et forme un tout qui vous enchante, durant un instant que l'on peut nommer bonheur.

Baigneuse accroupie au rocherBeethoven, grand accoudé  

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auroreMonument à Rodin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand guerrier couché au glaiveGrand guerrier dit de Montauban

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CognassierLe centaure mourant

 

 

 

 

 

 

 

La France étudeLe Général Alvear et La Liberté 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pin

Natif de Montauban, fils d'un ébéniste, Bourdelle est né en 1861, il apprend le dessin et le modelage à l'école municipale de dessin. Après les Beaux Arts de Toulouse de 1876 à 1884, il ira aux Beaux Arts de Paris où il entre dans l'atelier d'Alexandre Falguière 1831-1900. Il quitte 2 ans plus tard cet enseignement et travaille à ses oeuvres. En 88, il commence ses Beethoven.  En 1893 à l'âge de 32 ans il entre chez Rodin (1840-1917) comme patricien, il y restera 16 ans. Sa première exposition officielle a lieu en 1905, il a alors 44 ans. Il meurt en 1929. Ce sera tout pour aujourd'hui, mais j'y reviendrai à ce sculpteur là, au gré de mes balades.

Ne pas oublier d'y retourner un jour de pluie. 

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01 août 2011

Louise Abbéma

Louise AbbémaDescendante de Louis XV par relation illégitime, Louise est née à Étampes en 1853 où son père le vicomte Abbéma était chef de gare. Elle s'oriente rapidement vers une carrière d'artiste. Elle fut l'élève de  Charles Chaplin 1825-1891, artiste officiel du second empire, en compagnie de  Mary Cassatt 1844-1926 et de Madeleine Lemaire 1845-1928. Elle fréquenta aussi l'atelier de Dames de Jean Jacques Henner 1829-1905 et de Carolus-Duran 1837-1917.    

Louise fut l'une des portraitistes principales de Sarah Bernhardt 1844-1923. Leur relation amicalo-amoureuse dura jusqu'à la mort de Sarah qui se maria 2 fois et eut 1923de nombreux amants.

Voici une des dernières photos de Sarah avec pour dédicace :

A Louise Abbéma son amie d'hier et d'aujourd'hui et bientôt de l'au delà.

Sarah devait mourir quelques semaines plus tard.

 

Le petit musée d'Etampes, un peu étriqué dans ses locaux, nous présente quelques oeuvres de Louise qui outre des portraits se distinguera dans des illustrations, des panneaux décoratifs, des dessins publicitaires. Elle participera aussi à des magazines d'art.

portrait de Mme B -1911-

Sarah Bernhardt dans le rôle d'Adrienne Lecouvreur vers 1884-1887    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une promesse d'un musée dans d'autres locaux pour les années à venir, est envisagée. 

Louise Abbéma, est restée classique dans sa peinture, sans esprit créatif, mais elle mérite, comme ses rares consoeurs de l'époque un coup de chapeau. Elles ont ouvert la porte des Arts aux femmes. 

 

Posté par maison43 à 22:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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