14 juillet 2017

Au Masculin - Exposition Château-Musée de Nemours

Gustave Dore détail

Dans cette exposition au Château-Musée de Nemours, des peintures et sculptures datant de 1850 à 1914, ayant pour thème l'Homme, dans tous ses États. Quelle meilleure représentation que cette assemblée de moines séniles ou carrément abrutis, où le regard surpris d'un jeune fort beau semble déplorer douloureusement son choix. Nous la devons à Gustave Doré. Toujours dans la verve religieuse, une représentation du Christ au linceul de Jean Jacques Henner 1829-1905 où plus que le divin J-J Henner Le Christ au linceul 1896

 l'humanité de Jésus est mise en valeur par l'absence d'attributs le caractérisant habituellement (croix, couronne d'épines, auréole), il est un mort quasi anonyme. Amusant de constater qu'au contraire le peintre Paul Leroy 1860-1942 élève un simple mendiant aveugle au rang d'un implorant mystiquePaul Leroy Le Mendiant aveugle de l'oasis d'El-Bordj 1890

 tableau qui était d'ailleurs un sujet imposé lors d'un concours. Bien sûr la mythologie reste reine en cette période, toutefois moins idéalisée que le classique habituel qui se réfère à l'antique grec comme le Prométhée enchaîné d'Eugène Brunet 1828-1921, son visage représente plus un homme de la terre, un ouvrier q'un classique visage grecEugène Brunet Prométhée enchaîné

 Il y a du farouche dans le visage de cet homme, je trouve, le poing fermé et sa main levée, on voit qu'il défendra âprement sa vie. Cet homme nu nous amène à la représentation fort répandue du nu masculin, plus réaliste sans doute, moins controversée que la nudité féminine toujours trop érotisable ou au contraire complètement asexuée. Le nu masculin ne prétend à rien d'autre qu'à valoriser une certaine idée de la virilité héroïque, ou simplement réaliste mais toujours sans équivoque possible.Jean Benner

Jean Benner représente le nu classique, héros, mort, représentation peu originale commune à beaucoup de peintures académiques. Ernest Marché lui représente un homme de tous les jours, non idéalisé, bien réel.

Ernest Marché 2

Ernest Marché

 le 19è siècle voit émerger des peintres qui représentent la vie dure des humbles, paysans ou ouvriers, tels Léon Lhermitte 1844-1925

Léon Lhermitte

 avec la Paie des Moissonneurs 1882 qui contraste avec le dessin idyllique et mièvre du retour des champs d'Augustin Mongin 1843-1911

Augustin Mongin Retour des champs

tandis que le faucheur de Léon Chevreuil 1852-1939 rend hommage à la population rurale mais aussi au produit de son travail, ici un champ de blé doré qui tient la vedette autant que le faucheur.

Léon Chevreuil Le faucheur

Charmant musée château de Nemours qui ne déçoit jamais.

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30 septembre 2014

Emile Bernard à l'Orangerie

Madeleine au bois d'amour 1888

Encore un fils à maman, Émile Bernard que la mère initiera à l'art et à la musique; doué d'un vif caractère, cela le rendra capricieux cet amour maternel. Un père classiquement hostile à ses projets artistiques qui finira pourtant par l'aider, une soeur Madeleine qui l'accompagnera un temps, laissée fort libre ce qui est assez étonnant pour l'époque, et voilà Émile Bernard né en 1868 lancé avec des noms que la postérité encensera comme Gauguin son aîné de 20 ans, Cezanne son aîné de 29 ans Van Gogh aîné de 15 ans, Toulouse Lautrec né 4 ans plus tôt que lui, et enfin Louis Anquetin qui lui a 7 ans de plus que lui. Bref c'est le plus jeune, Émile de tous ceux cités, il s'inspirera d'eux, des maîtres classiques aussi. A qui attribuer la paternité du cloisonnisme ?La Marchande de rubans 1888

Inspirée de la technique du vitrail avec aplats de couleurs, on parle aussi de synthétisme. Anquetin, Bernard, Gauguin ? C'est à Pont Aven résidence d'artistes américains, danois et français que Bernard âgé de 18 ans rencontre Gauguin âgé lui de 38 ans ... qui a créé le premier cette nouvelle tendance picturale ?

Le Pardon Emile Bernard

les historiens d'art ne sont pas d'accord sur le sujet, alors que dire de moi !!! en tous cas Émile Bernard, fougueux comme on peut l'être à cet âge en voudra toute sa vie à ce traître de Gauguin qui restera vague à ce sujet et ce fier ombrageux de Bernard en cultivera fort bêtement une amertume qui le distinguera toute sa vie de ses contemporains peintres. Ainsi est sa nature à ce Bernard qui fuira toujours ce qui le dérange. C'est un touche à tout qui testera tous les genres, qui sera critique d'art, poète. Amateur de femmes, il en aura plusieurs parfois deux en même temps, car à sa manière c'est un fidèle. Durant 10 ans il s'exile en Orient, il prouve

Les trois races 1898

indéniablement qu'il sait peindre il excelle dans les drapésEtude de mulâtresse 1895

1900 Woman Smoking Hashish oil on canvas mais il hésite entre les riches couleurs d'un orientalisme et les peintures plus douces aux formes élancées d'un Puvis de Chavannes avec plus d'élégance d'ailleurs.Femmes au bord du Nil 1900 détail

pour trouver au final les classiques Titien, Véronèse, Raphael et s'éclater dans les nusLes Nues (baigneuses) 1926 détail

où il balancera entre le vice et la vertu, l'amour sacré vertueux et l'amour profane charnelNu à la coupe de cerises 1933

 L'âge ne l'assagira pas, ni en ce qui concerne sa passion pour les femmes, ni son caractère toujours opposé aux autres, il dénigrera sans indulgence la nouvelle génération de peintres. Difficile pour lui de se trouver une place; un peu versatile, n'ayant au final pas trouvé véritablement son styleNature morte aux pommes et compotiers 1906

c'est cela sans doute qui lui donnera une petite notoriété mais ne le fera jamais sortir du peloton des bons peintres, car il y en a une flopée quand même. C'est dommage, il avait un potentiel mais ne cultiva peut être pas assez son imagination créative par peur, qui sait, de sortir des sentiers battus, par esprit peut être un peu borné parfois un peu trop sûr de ses idées. Pourtant il douta cet homme, parfois et pas longtemps. Preuve en est avec cet auto-portrait qui date de 1892 assez moderne je trouve, un peu tourmenté à la manière d'un Munch. Replié dit-on dans un sombre mysticisme, il ne suivra pas cette voie et préférera rester dans un classicisme confortable. C'était son droit. Au musée de l'Orangerie jusqu'au 5 Janvier 2015.Portrait de Mme B 1938 détail E

Autoportrait avec allégorie sur le siècle, dit aussi Vision 1891

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16 juin 2012

Lucian Freud

Rubens peut aller rhabiller ses nus académiques et charnus.

Reflet avec deux enfants (Autoportrait) 1965

Freud, Lucian est son prénom, né en 1922, mort en 2011, petit fils du psychanalyste fait éclater les chairs féminines gélatineuses, vibrer les énormes cuisses,

Cadre d'une société de prévoyance sociale endormie 1995

dégouliner les graisses des ventres trop pleins, trembloter les chairs marbrées, vieillies, et pourtant il les magnifie ces femmes, leur rend leur féminité exquise et maniérée,     

c'est une main fine et délicate,

Détail

une bouche enfantine,                                                                                            une posture d'abandon gracieux,

Femme nue sur un canapé 1984-85

 

 

une fossette inattendue ...

Détail2

 

 

 

 

 

 

En ce qui concerne les hommes, on ne voit que le sexe, cela dérange un brin,David et Elie 2003-04le sexe masculin. Ou bien, est ce, ce que cela suggère dans notre esprit qui dérange ?

David et Eli version pour ma mère

 Un inconscient collectif qui mêlé à une éducation moralisatrice donnerait aux attributs sexuels masculins dénudés une image dont la signification nous heurterait. Alors, on peut préférer d'autres versions que Freud  voudra bien me pardonner. 

Faut dire que Freud, n'est pas très clair sur le sujet, le peintre met en valeur ces pièces, d'une précision anatomique. Freud disait 'ce qui m'intéresse vraiment chez les gens, c'est leur côté animal'. Moi, je dirais plutôt que ce qui l'intéressait Freud, c'était de sexualiser le nu chez l'homme en l'exposant un peu plus qu'un autre. Il n'y a rien d'animal là dedans. L'homme dépasse largement l'animal. Freud se veut dégagé de tout fantasme sexuel  dans ses nus, ainsi il peint ses propres filles, nues, outrancie les défauts physiques et les éloigne ainsi d'un académisme où la beauté idéale, n'aurait pour seul but que de suggérer de possibles fantasmes, sans bousculer la morale bien pensante ambiante. Mais voilà, il est quand même un peu ambigu, Freud, et ses nus qui dérangent, attirent, repoussent, posent de drôles de questions ... bravo monsieur Freud, il y a quelque chose de très humain et de très paradoxal, humain quoi, dans vos peintures. 

Freud a donc choisi un hyperréalisme

 

La Mère du peintre se reposant III 1977

outrancier parfois, mais comme il aime ses modèles, cet homme là, le peintre les a peints avec une grande tendresse qui se dégage dans la plupart de ses tableaux. Ses personnages réflètent toujours des émotions, même leur apparente indifférence est parlante.

 

Cela fait un petit moment que j'ai vu cette exposition à Beaubourg, 2 ans ou peut être ou plus, je ne sais plus. Mais seulement, maintenant, je trouve matière d'en Intérieur avec plante, reflet écoutant (Autoportrait) 1967-68

parler. Lucian Freud mérite le détour, et que l'on s'y plonge. Mais il faut que le désir d'en parler naisse; plus que d'autres peintres qui ont choisi une peinture plus ... moins ... autre. Lucian Freud est un peintre de l'extrême, du bord de l'abîme, de ces lieux habités et étranges comme le sont certaines forêts. Et j'aime beaucoup.

Ta Gueule, Sigmund, ce n'est pas à toi que je parle ! 

Faut aller vers Lucian, quand on est prêt. C'est un peu comme pour l'autre, en fait. Ils ne demandent qu'à s'exprimer ces Freud, si on l'on veut bien prendre la peine de les écouter ...

Et curieusement, je me sens aujourd'hui prête. Bon, y a encore du boulot sur le sujet. Lucian Freud nécessite que l'on y revienne. 

 A vous revoir.

Note pour ide :

Lire : La Bonne Étoile d'Esther Freud, une des filles de Lucian Freud.

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06 avril 2012

Degas et les nus

Le nu chez Degas (1834-1917) représente 1/5 ème de son oeuvre, sous toutes les formes, à l'huile, au pastel, au crayon, en lithographie, en sculpture. Le musée d'Orsay nous offre de contempler une partie de ces nus. Un parcours intéressant mais difficile à voir, tant il y a de monde !

Degas, issu Etude d'homme nu allongé 1857d'une famille bourgeoise aisée décide de copier au Louvre, dés l'obtention de son baccalauréat, il a 19 ans. En 1854, il fréquente l'atelier de Louis Lamothe, en 55 il rencontre Ingres. En copiant les maîtres dont, Michel -Ange, Mantegna, Degas affine son trait. Il montre  un goût prononcé pour le sujet historique. De 56 à 59 Degas copie les Antiques, dessine des nus masculins, apprend les ombres, les hachures. En 58 rencontre Gustave Moreau. il dira de cette époque 'ici le mieux est d'employer mon temps à étudier mon métier'.

Et il étudiera bien. 

  

 En 59 il loue un atelier à Paris. Il met en pratique ce qu'il a appris, avec sa propre inspirationJeune fille spartiate vers 1860 : ses nus sont plus contemporains qu'antiques. Degas ePetites filles spartiates provoquant des garçons 1860-62xcelle dans le dessin.  Il revisite à sa façon la peinture d'histoire, dessine les corps avec plus de réalisme ambigu, les Petites filles spartiates provoquant des garçons seront l'objet de plusieurs esquisses, au dessin, la jeune fille tendant le poing, assez agressive sur le dessin , plus provoquante  sur la peinture à l'huile date des années 60-62 restera chère à Degas. Souvenir de jeunesse où tout était possible.  En 65, Degas présente au salon ' Scène de guerre au Moyen Age', dont on  veut faire aujourd'hui un manifeste pour la cause des femmes violées en temps de guerre.Scène de guerre au moyen âge détail 63-65 Il aurait fallu que monsieur Degas se livre à ce sujet, mais Degas est un pudique sentimental et taiseux, sous ses dehors entiers, intransigeants, alors reste l'ambiguité prScène de guerre au Moyen Ageovoquée par ce type de peinture, certainement voulue : voyeurisme, provocation de carabin,désir d'humanité, ou tout simplement besoin bien légitime de s'essayer aux grands maîtres, en modernisant à sa façon , nous n'en saurons jamais vraiment rien. 

Et puis ce tableau intimiste, qui fera couler beaucoup d'encre, Intérieur. Hypothèse d'un viol ? séparation de 2 amants ? virginité perdue ? 

Au choixIntérieur 68-69

 

 

 

 De 1876 à 1879, finis les  beaux nus, les femmes violentées qui restent quand même belles, place au grotesque, à la caricature, aux pubis 'origine du monde' La fête de la patronne 77-77des dames des maisons closes qui se baladent toutes nues, dans des poses obscènes, qui assises écartent les jambes sans grâce .. Degas utilise le monotype à l'encre noire. Ces femmes ont toutes le même physique, cuisses et fesses charnues, petit ventre, visage grossier, ce qLa fête de la patronne Monotype encre noireui permettait de déclarer, selon la théorie scientifique en vogue de l'époque : la physiognomonie que les prostituées correspondaient à un type physique particulier, héréditaire qui plus est, théorie à la mode qui les déterminait, socialement, physiquement à n'être que prostituées. Là encore, que des hypothèses, Degas adhérait-il vraiment à ce courant (physiognomonie), ou bien, lui servait il d'alibi, de prétexte à s'exercer à une pornographie libératrice, malicieuse, licencieuse où la caricature et l'humour lui servaient aussi à exprimer ses peurs secrètes...  Auriez vous eu peur, monsieur Degas, pour des raisons qui vous appartiennent, du sexe féminin ?     

Degas continue à explorer, vers 1880, le nu féminin en nous faisant découvrir la vie la plus intime des femmes, celle que l'on n'évoque pas,Le petit déjeuner à la sortie du bain 95-98 pastel dans son monde, tout ce qui concerne les soins du corps, et là, il peindra à nouveau des femmes de la bourgeoisie, une servante est là pour témoigner du rang social. Degas incorrigible, si il n'accentue plus les traits (pubis, abdomen rebondi, trLe bain vers 1895 huile sur toileaits simiesques), met ses baigneuses dans des contorsions équilibristes, des poses qui ridiculisent un peu ces femmes qui interpellent, à moins que ce ne soit aussi un effet de style, une étude anatomique du mouvement.  Réjouissons nous de cette équité : prostituées ou bourgeoises, toutes effrayaient un peu Degas, sexuellement.Femme se grattant le dos 1881 pastel Il dira des femmes nues qu'il peint ' Je les montre sans leur coquetterie, à l'état de bêtes qui se nettoient'.Femme nue se coiffant vers 1881 huile sur toile  Degas est assez touchant dans ses contradictions, dans ses ambiguïtés, très humain, ce Degas. Degas aura de solides amitiés féminines, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon qui poseroAprès le bain, femme s'essuyant la nuque 95-98 pastelnt pour lui, pas nues, non !!. Il aura un faible pour une cantatrice Rose Caron. Degas n'est pas un réel misogyne, mais un homme plus fin et sensible qu'il n'y parait, qui a tout bonnement les idées de son époque en ce qui concerne les femmes. Peu à peu, Degas enfin libéré ou ayant dépassé ses préjugés, où bien se moquant de tout, peindra aussi et de plus en plus, des nus plus fondus Femme sortant du bain 1886 pastel sur monotypemoins réalistes mais devenus enfin gracieux, touchants, naturels où Degas alors n'est plus qu'un peintre soucieux du trait, des couleurs de ses pastels où les décors se fondront, évoquant les intérieurs futurs d'un VuillardFemme s'essuyant la nuque 1900-05 pastel et fusain. Degas est un peintre à part entière.

Côté sculpture, Degas n'est pas très convaincant, seule, La Petite Danseuse émerge.Danseuse DegasPetite danseuse DegasC'est un peu lapidaire comme jugement, mais c'est mon droit.

 

Détail

A partir de 1890, ce solitaire s'isole davantage, devient 'indifférent', continue à vivre sans réel plaisir de vivre, mais se livre à ses collections, à sa peinture appréciée de ses contemporains, à ses rares amis qui se meurent d'ailleurs les uns après les autres. Les dernières années de sa vie, Degas sera une enveloppe vide soignée par sa servante Zoé. Il meurt sans souffrance en 1917.   

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02 avril 2012

Le bonheur de vivre de Matisse

En 1889 Henri Matisse travaille à Saint Quentin en temps que clerc d'avoué. Rien ne laisse présager qu'il deviendra peintre. Morne ennui de Matisse qui tombe heureusement malade un an plus tard. Sa mère, toujours bienveillante avec lui, lui offrira Mlle Felune boîte de couleurs qui initiera Matisse au sentiment d'aborder 'une espèce de paradis'. Il suit des cours de dessin à la fondation Quentin de la Tour, et s'intéresse aux esquisses exécutées au pastel par Quentin de la Tour qui représentent des visages.

Matisse dira plus tard ' La révélation dans l'étude du portrait m'est venue en pensant à ma mère' et au sujet des sourires peints par Quentin la Tour ' Ils m'impressionnaient au point d'en avoir moi-même les muscles du rire fatigués'. Il apprendra les classiques en gravissant une marche de plus à chaque passage dans un atelier que ce soit celui de Bouguereau, puis Gabriel Ferrier, et enfin Gustave Moreau dont il dira ' la grande qualité de G Moreau a été de considérer l'esprit d'un jeune élève comme devant subir un développement continu pendant toute Goya les Vieillesgoya les jeunessa vie et non de le pousser à satisfaire à différentes épreuves scolaires qui laissent l'artiste aux environs de la trentaine avec un esprit faussé. En 1896, il entre à l'école des beaux-arts. Il découvre Goya

Le choix de mes couleurs ne repose sur aucune théorie scientifique , il est basé sur l'observation, sur le sentiment, sur l'expérience de ma sensibilité.

Il ressent chez Ferrier, l'émotion que lui procurait la vision d'un corps féminin. Eté 96 en Bretagne, rencontre avec Emile Wery et John Russel qui le marquera. Palette encore sombre de sa peinture mais qui commence à s'éclaircir.

La Desserte MatisseEn 97 voit le legs Caillebotte, et peint La Desserte : Il rencontre  Rodin a fait un peu d''impressionisme et aime Césanne qu'il ne rencontrera jamais. En 94, il a une fille Marguerite de Caroline Joblaud qui pose pour La Desserte. La quitte en 97, épouse en 98 Amélie Parayre. Iront à Londres vL'olivier Matisse 1898oir Turner, puis en Corse où il découvre la lumière du sud.'Tout brille, tout est couleur, tout est lumière'. 

Père de 2 enfants, en 99, il quitte l'école des Beaux Arts, son père lui supprime la pension qu'il lui servait, Pierre nait en 1900. Amélie travaille dans un magasin de modiste et Matisse travaille pour le décorateur Jambon aux frises qui orneront le grand palais à l'occasion de l'Exposition Universelle. Il est obligé de retourner vivre chez ses parents avec femme et enfants de 1900 à 1903. Il se met à ce moment à travailler la sculpturPortrait à la raie vertee, étudiera chez Bourdelle.  En travaillant avec Signac et Cross, Matisse découvre ce qui l'éloigne du divisionnisme : un peu de rose, un peu de bleu, un peu de vert; une palette très limitée avec laquelle je ne me sentais pas à l'aise. 1904-1905 Luxe, calme et volupté. Eté 1905, Collioure avec Derain où il verra des oeuvres de Gauguin. Matisse passera alors 'aux beaux bleus, beaux rouges, beaux jaunes, des matières qui remuent le fond sensuel des hommes'. 1905, Portrait de Derain, Portrait de la femme au chapeau, Portrait à la raie verte.

Au salon de 1905 naîtra le mot 'fauve' dû au critique Louis Vauxcelles. Les Stein achetèrent 'La Femme au chapeau'.

En 1906, Le Bonheur de vivre est un hymne au corps dele bonheur de vivre la femme, à la courbe volupteuse du corps féminin que Matisse se plait à disposer librement. Picasso et Matisse se rencontrent à cette époque. 

Et Matisse arrive naturellement au Nu bleu, souvenir de Biskra en 1907, d'après une de ses sculpture souvenir d'un modèle sensuel (?) et provoquant, nu couché du bonheur de vivre , nu couché en torsion qui sera un thème cher à MatNu bleu, souvenir de Briskraisse et que l'on retrouvera dans une dizaine de ses tableaux et sculptures. Ce nu là scandalisera à tel point qu'il sera brûlé en éffigie en 1913, lors d'une exposition dans la surprenante Amérique si prude souvent. Ce nu là se retrouvera dans la série des gouaches bleues découpées, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. 

Depuis 1906, un collectionneur russe CMatisse et la Dansehtchoukine achète des oeuvres de Matisse, il lui commande un panneau décoratif sur la danse en 1910. Matisse a déjà représenté une farandole dans le Bonheur de vivre(1905). Elle était en moi, cette danse. Je n'ai pas eu besoin de me chauffer : j'ai marché sur des éléments vivants. Il y en aura de nombreuses, des Danses.

Voyages en Bavière, à Berlin, à Moscou, en Espagne, à Tanger. En 1908, il entreprendMatisse la conversation la conversation qu'il achève en 1912. Matisse prend du recul, et commence à s'éloigner un peu de sa famille qui restera toujours ce qu'il aime, mais qui ne constiLa leçon de musique 1917tuera pas un frein au but que s'est fixé Matisse : la peinture est ce qu'il aime avant tout, il tient à assurer le matériel de cette famille, mais ne veut pas en être prisonnier. En 1914, Matisse, réformé, s'installe à Collioure. A partir de 1921, il partage son temps entre Nice et Paris. L'atelier devient pour lui lieu de solitude, lieu d'action et de contemplation. D'autres modèles remplacent Madame Matisse. des modèles qui seronl'italienne 2t pour Matisse un tremplin- 'c'est une porte que je dois enfoncer pour accéder au jardin dans lequel je suis seul et si bien.' Laurette ou Lorette apparue en 1916 sera reproduite une trentaine de fois.  

Et puis il y aura Antoinette Arnoux, 'une femme colosse, ella a des nichons comme des bouteilles de chianti de deux litres.'

Antoinette dont la beauté faisait vibrer Matisse, curieusement, cela ressemble peu à du Matisse, ce chapeau là, mais cette Antoinette fera basculer Matisse dans la volupté qui mène au bout du compte à lui seul.Chapeau plumes 1919

 

odalisque à la culotte rouge

 

 

 Et puis il y aura Henriette Darricarrère qui posera de 1920 à 1927, Henriette qui jouera avec Matisse, théâtralisant ses poses, lui, peignant déjà l'idée de la volupté, pratiquant un érotisme visuel.

 

Voyage à Tahiti, retour aux USA, en 1932 où Matisse travaille à La Danse pour la Fondation Barnes et rencontre avec Lydia Delectorskaya qui restera auprès de Matisse, tour à tour, modèle, aide, secrétaire, compagne  durant les 22 dernières années de sa vie.Le rêve Lydia

 

Et puis pour clore, cette vie, si longue, si riche, une autre femme, Monique Bougeois, qui le soignera, comme autrefois, sa mère, et qui deviendra soeur Jacques-Marie :

La chapelle de Vence, une autre rencontre à venir un prochain jour. Il faut que j'insiste encore avec vous monsieur Matisse, il y a chez vous des tableaux que j'aime bien, mais sans émotion particulière, mis à part un plaisir visuel éphémère, rien ne passe entre nous. Une indifférence certaine.

Curieux, non ? 

Sources : 

Marcelin Pleynet - Henri Matisse

Matisse - Catalogue Centre Pompidou, collections du MAM.

Matisse - Xavier Girard

Internet

mes impressions personnelles.

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20 novembre 2010

Jean-Léon Gérôme

Vous ne connaissez pas Gérôme ? vous en avez le droit, après tout les historiens d'art l'ont bien oublié, eux aussi.

Art académique, Néo-Grec, pompier, technique picturale sans originalité, peignant pour vendre et en vivre richement, te voilà bien défini  Gérôme, Jean Léon. Ajoutons que tu es né en 1824 année de la mort de Louis XVIII, que 1830 est la conquête d'Alger, que c'est également en France une révolution qui fera passer la France de Charles X à Louis Philippe qui règnera jusqu'en 1848. Tu vivras ensuite la présidence de Louis Napoléon qui deviendra Napoleon III en 1852. Un peu de stabilité avec ce second empire qui chutera en 1870. Et tu connaîtras la III ième république avec 7 présidents différents. Tu auras des commandes officielles, tu épouseras la fille d'un marchand de tableaux Adolphe Goupil qui possède des magasins à Paris, Berlin, New York, Bruxelles et Londres, ce qui te fera connaître, d'autant plus que la maison Goupil produisit des photogravures à bon marché de tes tableaux. Célèbre et riche tu fus très aimé et très critiqué. Pas toujours souple, ni même tolérant, l'impressionnisme débutant te rendit carrément obtus, à la limite de la connerie sur le sujet. Mais les impressionnistes qui rapidement s'imposèrent contribuèrent à te faire tomber dans l'oubli. Tu es mort en 1904.

Ne boudons pas notre plaisir, oublions les idées reçues et plongeons nous avec délice dans ce petit moment d'histoire coloré que nous offre le musée d'Orsay. Gérôme est à la peinture ce que l'accordéon est à la musique. Certains l'exècrent, d'autres l'adorent. Mais parmi ceux qui ne l'aiment pas, parce que c'est populo, ringue, out, il y en a qui se mettent à danser au son de l'accordéon, rien que pour le plaisir ... et bien Gérôme c'est pareil ...

C'est une question d'atmosphère (!!), laissez vous aller à la nostalgie de votre enfance aimée ou pasG_r_me, de l'école que vous haïssiez peut être, d'images d'un passé (le votre) qui se souvient d'un personnage, d'un lieu, d'une odeur, d'un livre, d'un film, d'ambiance morose, glacée ou vous vous ennuyiez à mourir. Gérôme, c'est le Jules César assassiné par le Brutus( Toi aussi mon fils), ce sont les lions qui dévorent du chrétien, ce sont les gladiateurs qui saluent César (Ave César morituri te salutant), ce sont aussi les portes des harems qui s'ouvrent sur des odalisques nues, ah les nus de Gérôme ! ils ont tous les mêmes fesses, malicieuses, coquines de son modèle préféré. Ce sont les années plon plon, celle des Napo, celle des riches intérieurs bourgeois, boisés, tapissés  où la couleur rouge est éclatante.

Bon, on ne ferait pas de Gérôme notre quotidien, pas plus que l'accordéon, mais, on  peut y revenir à l'occasion, car on aime quand même.

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