30 septembre 2016

Musée de Nemours - Au Féminin

Château-musée de Nemours

Le charmant musée de Nemours en Seine et Marne expose du 21 Mai 2016 au 19 Février 2017 ses collections autour du modèle féminin, toiles datant de 1850 à 1914. Oublions la femme multiple chantée des années 1980, à cette époque la femme des années 1850-1914 est étiquetée définitivement selon son rang social et sa place dans la société. Entre la femme du monde mariée

Portrait de Mme Desfini - Marie-Alexandre Alophe

et la demi mondaine

détail de l'indolente nue

entre la femme exotique

Négresse du Hedjar - Gérome

 et la prostituée

La Dèche Félicien Rops apres

entre la campagnarde et l'ouvrière

Jacques Brissaud 1911

 il y a fort rarement des passerelles. Mais le peintre du 19è commence à s'intéresser à toutes ces catégories de femmes en accentuant le trait marquant de leur spécificité, élégantes en représentation, femmes de mauvaise vie en perdition, femmes de bonne famille, travailleuses. Le nu les réconcilie toutes et mêle la vierge pureEmmanuel Benner

à l'apprentie sorcière perverse.La leçon avant le sabbat 1880 L-M Boutet de Mouvel

Ce très intime musée est riche d'oeuvres d'artistes talentueux moins célèbres que les grands mais apportant justement ainsi un regard neuf sur la peinture de cette époque.

Tête de femme 1908 Victor Prouvé

Deux jeunes filles au bord de la mer - Numa Gillet

Albert Ernest Miserey - Japonaise

 Quelques noms-stars cependant comme Gérôme, Felicien Rops. Jamais décevant ce musée Trois artistes féminines sont mises à l'honneur, Rosa Bonheur très connue mais assez rare à croiser, Fernande Sadler 1869-1949 élève de l'Académie Julian tout comme Emma Chadwick installées toutes les deux à Grezt sur Loing.

Posté par maison43 à 13:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


12 juillet 2016

Paul Klee à nouveau

Klee Vierge (rêvant) 1903

Beaubourg nous présente Paul Klee sur le registre de l'Ironie. De quoi compléter un peu l'un de mes messages consacré à ce peintre musicien avec la découverte d'un Klee facétieux, mais aussi un Klee fortement marqué par les évènements politiques où son ironie trouve aussi un moyen de s'exprimer. Au début de sa carrière, la satire et la caricature lui permettent de mettre de côté l'héritage académique classique qu'il rejette, la seule issue à ce moment lui semble être la provocation à l'exemple de Daumier qu'il vient de découvrir.Klee Couple mauvais genre 1905Il faut dire aussi que ses débuts de peintre sont un peu difficiles et que la caricature où il excelle est une voie plus aisée pour lui à ce moment là. Dessin, gravure, aquarelle, dessin sur verre sont utilisés pour dépeindre son époque d'avant guerre où la bourgeoisie est triomphante de bons sentiments fort hypocrites; dans le dessin :Klee Deux hommes se rencontrent pensant

 Deux hommes se rencontrent pensant chacun que l'autre lui est supérieur, il faut reconnaître deux empereurs Guillaume II de Prusse et François-Joseph d'Autriche. Avec un camarade de lycée Hans Bloesch 1878-1945, Paul  illustre sur des poèmes de Bloesch une oeuvre érotique qui ne restera qu'un projet où la caricature permet une licencieuse provocation; entre 1902 et 1905 où il ira se confronter au gai Paris, Paul Klee ne déteste pas ni séduire, ni être séduitKlee illustration du livre Das Buch

 la vie de patachon le tente un brin,  mais là n'est pas sa voie. Il épousera sa Lily musicienne comme lui, rencontrée 7 années plus tôt et trouvera en sa peinture une célébrité enfin reconnue en découvrant en 1912 le cubisme à Paris. Le voyage en Tunisie en 1914 se reflète non sans un humour certain dans son paysage, il faut dire que le Niesen s'y prête bien aussi avec sa forme pyramidale

Klee Le Niesen 1915

 Klee s'amusait à créer lors de ses voyages des herbiers, et en lisant Goethe qui traite des couleurs et des formes, il joue avec une nature qui évolue et danse sous nos yeux

Klee Croissance des plantes

 Klee est un musicien qui met en musique sa peinture, oui je l'avoue c'est un peu facile de ma part, mais voilà, Klee me reste encore un peu mystérieux, et sa peinture n'est pas si lisible que cela

nonobstant les critiques qui se la jouent beaucoup avec leurs interprétations hermétiques. Certes il y a toujours des pointes d'humour décelables

Klein discussion

 des petites notes de désespoir aussi

Klee Ton aieul 1933

sa fin de vie est douloureuse, l'époque aussi et ça, cela se voit aussi.

Klee Sorcières de la forêt

A plus monsieur Klee, vous m'êtes encore un peu étranger, même si je commence à vous cerner un peu mieux, à ma façon bien sûr.

Klein Lieu de l'incendie 1939

Posté par maison43 à 17:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 mai 2016

Miquel Barceló

taulera III Barcelõ Il faut un début à tout, une découverte d'un peintre encore inconnu de moi : Miquel Barceló, il m'en reste tant à découvrir. Au musée Picasso, une exposition un peu frustrante sur ce peintre espagnol prolifique dont on ne voit qu'un pâle échantillon, un parallèle avec la sculpture de Picasso qui ne convainc pas vraiment, mais quelques toiles et quelques sculptures qui à défaut de me le faire connaître bien, me laissent un peu moins ignare sur ce peintre là. De Picasso, il a la même boulimie d'art, à aborder sous toutes ses formes, dessins, peintures, sculptures assez parlantes comme cette Familia ( liée par un cordon ombilical tenace)Miquel Barcelo Familia 2015

céramiques, décors d'opéra, décorations d'édifices comme la cathédrale de Majorque. Né à Majorque en 1957, une mère artiste peintre, école des Arts Décoratifs de Palma en 1973. C'est un bourlingueur ce peintre là, qui voyage à Paris, New York, Naples, Afrique, Patagonie.  Les corridas l'inspirent, ses arènes sont singulièresPaseillo avec taureau 2015

et constituent un voyage de l'oeil au centre de la terre où au fond de l'abime sablé, excentrés et échappant au tourbillon, le torero et son taureau sont seuls au monde.La suerte de matar 1990

A vous revoir Monsieur, avec grand plaisir.

 

Posté par maison43 à 18:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 mai 2016

Le Douanier Rousseau à Orsay

Soir de carnaval

Henri Rousseau naît en 1844 à Laval d'une modeste famille, scolarité banale et courte qui se singularise par 2 accessits en musique et en dessin. Étonnant Rousseau qui peint au début des oeuvres dont la délicatesse ne laisse rien présager de la direction singulière qu'il prendra ensuite. Autodidacte, il apprend seul des maîtres qu'il copie au Louvre, et son Soir de carnaval le fait remarquer des critiques bonnes et mauvaises en 1886. il perd sa première épouse Clémence en 1888, de nombreux enfants dont un seul un survivra. En 1890 il rencontre Joséphine Noury qu'il épousera quelques années plus tard, sa peinture se personnalise dans cette fausse apparence de grossièreté naïve qui provoque les moqueries de ses contemporains les moins avertis mais commence à attirer les jeunes peintres qui se démarquent bien sûr de la peinture académique mais aussi des impressionnistes. Rousseau dont  la vie est fort difficile entre ses nombreux deuils et ses difficultés financières choisit de croire en lui.Moi-même portrait-paysagiste

Son auto-portrait Moi-même qu'il qualifie de portrait-paysage est une volonté de s'affirmer comme peintre de son temps, la tour Eiffel toute neuve signale son statut de parisien. En 1891 il expose sa première toile exotique Surpris qui fascinera Félix Valloton qui le lancera en écrivant un article élogieux. Portraitiste, il joue avec ses modèles dont la triste sévérité est inquiétante.Pour fêter bébé 1903 détailEn 1893, il prend un congé de l'Octroi de Paris et se consacre exclusivement à sa peinture et à la musique. Il connaît des années sombres où sa peinture est peu reconnue, il se défoule alors dans la luxuriance colorée, joyeuse et facétieuse de ses jungles où les femmes sont nues et belles, où les animaux exotiques ont un regard qui nous accroche, où l'ironie est toujours présente et la mort jamais loin.Combat de tigre et de buffle 1908 détail

 

 

Le Lion ayant faim se jette sur l'antilope détail 1898-1905

Cheval attaqué par un jaguar 1910 détail

Il peint sur photographies et se rend dans les serres et la ménagerie du jardin des plantes. En 1905, il ddétail du lion ayant faim se jette sur l'antilopeonne des cours de dessin et de violon, courageux Rousseau qui ne vivra pas de sa peinture, il renLe Rêve 1910 détailcontre Apollinaire et Marie Laurencin, il se lie d'amitié avec les Delaunay, à nouveau veuf, il fait salon et aime chanter et jouer de la musique, on ne sait trop si on l'admire ou si l'on se moque un peu de lui, mais ses gaies et arrosées soirées attirent. En 1910 il expose le Rêve au Salon des Indépendants, lucide Rousseau sur ses petits mensonges, il est enfin célèbre et vend ses oeuvres. Mais il n'a pas le temps d'en profiter et meurt le 2 Septembre 1910. Il a produit environ 250 oeuvres (une bonne centaine a été perdue), le musée d'Orsay en expose 43 jusqu'au 17 Juillet 2016.  

Posté par maison43 à 22:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

12 mai 2016

Monica Fagan

Monica Fagan

La vie est un théâtre, nous le savons. Monica Fagan, peintre d'origine anglaise, qui travaille aussi pour le théâtre, décors et costumes, nous en donne une version fantastique et fantasmée où le mystérieux et volontairement irréaliste domine.détail Monica Fagan 2

Monde de femmes, carnavalesque parfois, romantique et beau toujours mais fortement ironique. Le dessin est sûr et précis, les mouvement de peinture jouant entre maniérisme, surréalisme, romantismeLa Date fatidique Monica Fagan

flirtant toujours avec le sfumato où ombres et lumières s'enfument, où la profondeur nous emmène toujours dans un univers étrange.Monica Fgan 2

S'expose actuellement à l'espace St Jean à Melun.

Pour aller plus loin, site internet  http://www.monica-fagan.com/fr/index.html

Posté par maison43 à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


13 mars 2016

Suzanne Valadon 1865-1938

Suzanne Valadon

Et bien justement suite au personnage du livre de Kristin Marja Baldursdottir, en voilà une autre femme assez remarquable aussi, une peintre dans un genre moins conformiste cependant que la Karitas du livre, nettement plus délurée mais ivre de son art et fort talentueuseLa boîte à violon Valadon

 

Suzanne, ainsi prénommée par Toulouse-Lautrec (qui savait de quoi il parlait sans doute) car fort désirée par les messieurs, se nommait Marie-Clémentine Valade, puis elle prit le prénom de Maria en tant que modèle et enfin elle émergea dans la Peinture en tant que Suzanne Valadon.Valadon 5

Modèle pour Puvis de Chavanne, Renoir, Toulouse-Lautrec, elle fut aussi forcément aussi parfois leur maîtresse, il lui fallait bien vivre, à cette belle jeune femme qui tentée par le cirque dut interrompre prématurément une carrière suite à un accident. Mais intuitive, douée, elle apprit d'eux ce que d'autres apprennent dans les académies ou dans les ateliers.Valadon 7

 Elle eut aussi une aventure houleuse de 5 mois avec Erik SatieValadon 3

 fut  Mère célibataire d'un enfant qui fut reconnu par son présumé père : Maurice Utrillo

Valadon 9fut le peintre très productif de Montmartre. On s'y intéressera un autre jour à ce tourmenté qui choisit d'ailleurs une peinture plutôt apaisante .. Elle se maria 2 fois Suzanne avec un banquier qui lui apporta le confort, puis avec André Utter peintre lui aussi rencontré en 1909.Suzanne Valadon Utter

Le musée de Montmartre présente jusqu'au 16 Mars leurs oeuvres à ces trois là.

Suzanne Valadon Portrait de famille

Posté par maison43 à 19:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 octobre 2015

Collection Hahnloser-Bühler - Musée Marmottan - Paris

La partie de dames à Amfreville

L'artiste dans le couple, c'est elle Hedy Bühler (1873-1952), famille bourgeoise, elle étudie le dessin et la peinture, elle a un certain don pour la décoration, lui, Arthur Hahnloser est issu d'une famille d'industriels et sera ophtalmologiste. Hédy hérite de la villa Flore, Arthur y installe son cabinet. Ils commencent leur collection par des peintres compatriotes, Giovanni Giacometti 1868-1933 (père d'Alberto), Ferdinand Hodler (1853-1918) avec l'étonnant portrait de l'un de ses modèles et maîtresses Angela Giulia Leonardi rencontrée en 1910Portrait de l'italienne Giulia Leonardi Hodler

 ce portrait là est le moins flatteur de tous, car il la peignit plusieurs fois fort joliment, pour info un tableau hors collection de la fin de sa vie au style fort épuré.Holder

 Félix Valloton 1865-1925 fut un ami de la famille et leur fit connaître les peintres français d'alors, BonnardLe débarcadère de Cannes

 Vuillard avec aussi plus haut la partie de dames. Vuillard

Redon qui vous avez raison, cher Van Gogh, en fit plusieurs de ces pastels, toujours, fort colorés.

Odilon Redon

Matisse, Cezanne, Manguin et Van Gogh,  l'homme qui s'y connaît aussi en pastels.Le Semeur

 La villa Flore est devenue un musée qui abrite la collection de ce couple suisse.

Et salutations à l'occupant principal des lieux Monet dont j'aime particulièrement cette maison vue du jardin aux roses.Monet 

Jusqu'au 7 Février 2016.

 

Posté par maison43 à 14:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 mai 2015

Bonnard à Orsay

En Barque Bonnard détail 1907

L'animal, comme l'enfant ou Marthe sont des imparables dans l'oeuvre de Pierre Bonnard et leurs expressions communes sont assez drôles à comparer, tout commedétail

les lieux où l'on vit salle à manger, jardin, salle de bain

La Table de toilette 1908

Pierre Bonnard 6

 les chambres fort rarement où il préfigure la solidité de leur couple où chacun sera un peu solitaire par nécessité

L'Homme et la Femme 1900

 

Coin de salle à manger au Cannet

 un goût marqué pour les portes et fenêtres, et par dessus tout des couches de peintures les unes sur les autres. Voilà, au début c'est ça Bonnard avec bien sûr des explosions de couleurs inouïesLe cabinet de toilette 1932

pierre-bonnard-Détail la terrasse ensoleillée l1939-1946 des jaunes incroyables

Trouville La sortie du port 1936-1946 Bonnard

 Sa discrétion, son peu d'entrain pour le mondain, sa sauvage épouse, sa descendance, tout contribua à vouloir faire de lui un peintre sans ambition voué aux bonheurs simples.La famille Terrasse 1900Et pourtant son ambition de peindre dépassa tout, il y consacra plus de temps qu'un autre, refuge, obsession, Bonnard qui au début de sa vie d'artiste voulait surtout s'échapper du conformisme bourgeois, finit par s'enfermer volontairement dans son atelier pour faire exploser la peinture, quant aux bonheurs, il en cultiva plusieurs.Intérieur au Cannet avec femme à la toilette 1938-1943

Et je laisse le soin d'expliquer la peinture de Bonnard aux spécialistes qui sont après tout là pour ça, qui parfois se contredisent les uns par rapport aux autres, moi ce qui me passionne dans la peinture avant tout c'est le peintre, connaître les motivations qui l'ont poussé à peindre comme çi ou comme ça, après j'aime ou pas, cela reste fort secondaire pour moi, la beauté des oeuvres étant extrêmement relative. Bonnard, je l'aime dans ses portraits et dans ses intérieurs, là où les êtres et les objets semblent faussement s'effacer

Marthe Atelier au mimosa 1939-1946

au profit de la peinture qui exulte. Et j'aime bien l'image de lui que montrent ses toiles, un homme ouvert aux autres fort indépendant, un taiseux qui fait parler sa peinture, un homme tendre, indécis parfois, tourmenté souvent et au final à l'aise que dans son activité. Sa peinture reste assez loin de tout courant même si il flirta au début avec quelques mouvementsPierre Bonnard 5et c'est le propre des grands qu'on les reconnaisse facilement pour peu qu'on les fréquente un peu et qu'on s'y attache. Orsay nous livre donc pas mal de toiles, de quoi nous satisfaire, je l'ai vu plusieurs fois Bonnard, et à chaque fois j'ai noté quelque chose de nouveau, une prochaine fois apportera un autre détail, j'en suis sûre. Les peintures de Bonnard en fourmillent, et les trouver constituent un réel plaisir. A vous revoir donc monsieur Bonnard. Avec un plaisir extrême.

Posté par maison43 à 18:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 avril 2015

Paul Rebeyrolle 1926-2005

Paul Rebeyrolle

Moi, j'aime à dire de ma peinture qu'elle est naturaliste. Le naturalisme, c'est une immersion dans la nature. Et je crois avoir réussi à marier naturalisme et politique, ce qui pour moi est essentiel : si tu peins un corps de femme ou d'homme, peu importe, ou de supplicié, c'est en fonction d'une conception politique, mais si ce corps n'est pas plein de sang, si on ne sent pas que ce sang circule sous la peau, que la chair est tendre, que le sol est vraiment un sol fait de terre et de pierre, et si le ciel qui est derrière est en carton, alors on ne fait strictement rien qu'exprimer une théorie.»

Paul Rebeyrolle

Rebeyrolle 5

Rencontre fortuite avec ce peintre que je ne connaissais pas par le biais d'un roman policier de Sylvie Granotier actrice, scénariste et romancière.

Il me faudra un jour y aller : visiter Paul Rebeyrolle sur ses terres, près de Limoges.

Un aperçu rapide de son art très particulier.

Site

 http://www.espace-rebeyrolle.com/ 

Homme tirant sur ses liens 1979 Paul Rebeyrolle

Posté par maison43 à 14:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 mars 2015

La frise Beethoven de Gustav Klimt à la Pinacothèque

KlimtBien sûr, il serait outrancier et stupidement restrictif de ne voir en Gustav Klimt 1862-1918 qu'un chantre d'une peinture clinquante avec toute cette pléthore d'or et de petits motifs vivement colorés reproduits à l'infini comme ce fameux Baiser Le Baiser détail Klimtoù l'homme saisit la tête d'une femme agenouillée qui ne doit pas sa chute qu'à la force de ses pieds qui s'agrippent arc-boutés pour se maintenir dans une position fort inconfortable sous l'emprise d'un mâle un brin trop sûr de lui ou pas assez, oui chez Klimt l'homme fait cloche contre le corps de sa compagne jusqu'à parfois la cacher ou la nier. Il y a un je ne sais quoi qui me déplaît un peu chez Klimt. Il aime assurément le corps féminin et joue à le mettre en scène de deux façons soit il le déshabille et le réduit à la femme fatale dont il faut se méfier soit il l'habille et dans ce cas, il fait référence à la mère ou à l'épouse. Dans un cas la femme est nue, sexe souvent bien en évidence, femme-objet par excellence, elle représente à l'époque de Klimt la classe sociale la plus défavorisée, celle qui vit de ses charmes à l'époque où seule la femme de bonne naissance est glorifiée en tant que reproductrice, dot et maîtresse de maison qui n'a intéressé d'ailleurs Klimt qu'à travers des portraits toujours très marqués par son ornementation qui a constitué si je puis dire sa marque de fabrique : mosaïques d'or, couleurs très vives, petites fleurs ou  petits motifs style tapisserie qui envahissent la toile et font oublier le corps. Certes la sexualité féminine à cette époque est soit inexistante, soit considérée comme dépravation ou pire comme maladie, pourtant Klimt ne se prive pas de la représenter dans des attitudes plus jouissantes que jamais, ce qui choqua bien sûr la société bien pensante. Voilà sans doute une des ambiguïtés de Klimt quant à son regard sur la Femme, le plaisir féminin est toujours suspect. Dans la Frise Beethoven  dont une partie est exposée en ce moment à la Pinacothèque Les femmes de Klimt sont généralement belles et hiératiques, les yeux baissés ou le regard ailleurs, ce sont les femmes vertueuses. La vertu est belle.Luxure, lubricité et démesure 1902 Klimt

 La luxure ose, elle, vous regarder dans les yeux bien sûr, la démesure est grotesquement laide, quant aux forces hostiles elles sont décharnées, agressives sexuellement aux visages un peu cadavériques et menacent l'homme

Les Forces hostiles Klimt 1902

Les femmes de la poursuite du bonheur sont soit extatiques à la manière d'une Thèrese du Bernin, soit sans expression avec une bouche qui est soit à demi-close comme un chaste baiser, soit pincée qui va jusqu'à l'absence totale de bouche ! version idéalisée de l'épouse vierge (belle et muette en idéal) et transcendée plus tard par sa maternité obligatoire. Et elles, sont habillées forcément.

La poursuite du bonheur 1902 KlimtKlimt resta célibataire et proche de ses frères et soeurs, il eut une relation amicalo-amoureuse avec la soeur de sa belle soeur Emilie Flöge qui dura jusqu'à sa mort, et un grand nombre de maîtresses de bonne famille ou pas, avec une flopée de jeunes femmes modèles autour de lui : 3 enfants naturels, l'un de Maria Ucicky, les 2 autres de Maria Zimmermann (une source en indique 3). Bon il paraîtrait qu'à sa succession, 14 enfants se prétendaient illégitimes. Réconcilions tout le monde, aucun ne fut cependant reconnu. Klimt si partisan de la sécession en matière d'art apparaît comme un homme du passé partageant les interrogations et les inquiétudes des hommes de son temps entre la fin d'un monde et le début d'un autre où les hommes ne savent pas trop se situer, et encore moins situer les femmes, alors soit ils la diabolisent, soit ils la cantonnent au rôle de mère. Et pourtant, Klimt si précieux et sophistiqué dans son art à la limite de l'art sacré qui frise avec un symbolisme coquinPortrait d'Adèle Bloch- Bauer 1907 détail Klimt presque féminin finalement même dans son érotisme poussé et son goût extrême pour le décoratif, drôle de fin de siècle qui libéra curieusement dans le monde artistique les moeurs, les amours lesbiennes surtout, fort à la mode; Klimt leur donna une grande place au grand dam de la bonne société, dans quel but exactement, voilà une autre ambiguïté je trouve. Bon ne cédons pas à la tentation réductrice de ne limiter Klimt qu'à ce peintre du rutilant obsédé par le sexe féminin, il était un excellent dessinateur et coloriste, un excellent peintre en somme Tête d'homme allongé Klimt 1886-1888

mais ... Bien, l'on sent je vous l'accorde un petit parti-pris de ma part, il y a un petit quelque chose qui me dérange chez Klimt. Bon  allez juger vous même si le coeur vous en dit, Klimt est rare chez nous quand même, allez voir l'exposition de la Pinacothèque intitulée 'Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne' où vous trouverez également la célèbre Judith sur laquelle je reviendrai dans un autre message, et vous y trouverez peut être une pépite, moi ce fut Egon Schiele avec deux tableaux seulement exposés. Et j'y reviendrai sur ce Schiele beaucoup plus complexe que Klimt, quoique à la reflexion, ce n'est pas si sûr. A vous revoir donc monsieur Klimt.  

Pommier Klimt 1912

Posté par maison43 à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,