07 janvier 2015

Marcel Duchamp

Yvonne et Madeleine déchiquetées 1911 M

Pas facile d'être un Duchamp entre un Villon qui fait une belle carrière et un Duchamp-Villon qui s'illustre dans la sculpture, alors celui qui reste simplement Duchamp mais Marcel se marquera autrement et voilà comment sont nés les ready-made, voilà comment par provocation amusée mais déterminée Marcel Duchamp a marqué son siècle et est devenu le père de l'art contemporain. C'est bien la seule paternité qu'il aurait peut être aimé revendiquer, qui sait, avec Marcel si burlesque dans le choix du nom de ses peintures, si enclin au mystère qu'il déclenche ainsi Marcel Duchamp

la Mariée mise à nu par ses célibataires même ou grand verre, c'est rigolo, quand on pense à ses deux mariées à lui, la première mariée éphémère de sa vie épousée par erreurMariée 1912

 et la seconde épousée en 1954, joueuse d'échecs elle aussi,  bien sûr on galèje dessus aimablement en évoquant une mère plus proche de ses 3 filles que de ses 3 garçons, une soeur un peu trop aimée Suzanne A propos de jeune soeur 1911 M dont les 2 mariages auraient pu être à l'origine de cette réflexion sur la mariée, d'autres y voient aussi de l'érotisme, très anatomique quand même cet érotisme où la mariée est un jeu de tuyauteries fort compliqué et l'amour une histoire de chimie; ce Grand Verre a pris 10 années de sa vie à Marcel de 1912 à 1923.  mais sa dernière oeuvre découverte après sa mort Étant donnés : 1 la chute d'eau, 2 le gaz d'éclairage l'a occupé durant 20 ans de 1946 à 1966, cette oeuvre est encore plus énigmatique et provoque là aussi divers interprétations, le corps représenté est celui d'après moulage d''une amante follement aimée Maria Martins 1894-1973 repartie dans son Brésil natal, intéressante cette femme là d'ailleurs sculptrice qu'il connût à New York, elle tient dans la main un bec Auer allumé, certains y voient le mythe de Psyché, symbole de son amour impossible avec Maria mariée, d'autres y voient un être hybride à la manière de Rrose Sélavy, réalité ou Etant donnés 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairageapparence trompeuse ? Lui seul aurait pu l'expliquer si tel avait été son désir, mais Marcel Duchamp reste une énigme, un talent indéniable de peintre stoppé volontairement, un talent plus discutable de plasticien paresseux et farceur avec ses zônes d'ombre. Marcel Duchamp est devenu un lent jouisseur de la vie, du temps qui passe, il aura pleinement vécu sa vie sans trop de contrainte, libre, je crois, avec ce don de s'inspirer des autres avec une originalité particulière. Né en 1887, il fréquente l'école Julian durant 1 an, ses premières toiles qui comptent  d'influence cézanienne sont La Partie d'échecs (jeu cher aux Duchamp) reprise en version cubisteLa Partie d'échecs 1910Joueurs d'échecs 1911

et le portrait de son père en 1910Portrait du père de l'artiste M

 en 1911 il réalise des nus d'inspiration fauvienne, Il s'essaie au symbolismePortrait du Dr Dumouchel 1910 Met trouve un mode d'expression assez plaisant dans le cubisme en mouvement, son Nu descendant l'escalierNu descendant dans l'escalier n°2 1912

en 1912 toile qui sera décriée par ses propres frères, ce qui le blessera un peu ou son jeune homme triste dans un train 1911-1912 sont intéressantes, tout autant que le sont les titres, comme Le roi et la reine entourés de nus vites en 1912Le Roi et la Reine entourés de nus vites 1912les corps chez Duchamp roulent mécaniquement sur eux même dans une lente chute qui n'appartient je crois qu'à lui. Et ce sont à mon avis ses plus belles créations. Il est à ce moment là très productif, il chemine vite et puis à partir de 1912-1913, il regarde d'un autre oeil l'art, en conteste les valeurs défendues jusque là, il revendique une liberté, celle de penser autrement et de relativiser les valeurs imposées. En 1913, il peint une broyeuse de chocolatLa Broyeuse de chocolat 1914 où dit-il le Célibataire broie son chocolat lui même, facétieux Marcel Duchamp qui ne songera plus alors qu'à provoquer par ses ready-meade, ce qui est pour l'époque scandaleux, impensable, voilà c'est presque terminé pour Marcel Duchamp sa carrière de peintre. Il commencera à réfléchir à sa mariée mise à nu qui ne reproduit rien de neuf d'ailleurs, par rapport à ce qu'il a déjà peint. Il donne vie en 1921 à sa Rrose Sélavy qu'on peut lire Eros, c'est la vie' Rrose Selavycar Duchamp aime les jeux de mots, calembours, ce double féminin qui ajoute du mystère ou qui témoigne de son humour dadaïste. Il vivra aux États Unis, reviendra, repartira, ira en Belgique, jouera aux échecs avec passion, ses amis seront Picabia, Man Ray, Peggy Guggenheim, en 27 sans le sou il épousera puis divorcera 6 mois plus tard. Il participera à plusieurs élaborations d'expositions. En 1954 il se remarie et sa toile Les joueurs d'échecs est achetée par le Musée d'Art moderne. En 1955 il adopte la nationalité américaine. Il meurt en 1968 à Paris auprès de sa seconde épouse.  

Posté par maison43 à 18:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


30 décembre 2014

Espace Paul Bedu Milly la Forêt

 Portrait de Paul Bedu

A Milly la Forêt, un petit musée charmant au nom de Paul Bédu, collectionneur de paysages, vues de Paris, natures mortes dont l'épouse a légué et financé pour la moitié cet espace consacré aux peintures acquises par son mari. Il fréquentait les salons de peinture alors fort à la mode et était lui même peintre amateur. A côté de noms célèbres comme Marie LaurencinLaurencin

Jean Cocteau, des noms moins prestigieux mais connus comme Lucien JonasLucien Jonas

Louise d'Aussy-Pintaud D'aussy Pintaux Louise                                                                                                                                               Charles Perron 1893-1958Charles Perron Le pot jaune

Roger de la Corbière 1894-1973Roger de la Corbière - Effet de lune 1954

Jacques Emile Blot 1885-1960Jacques Blot Le pain et le vin

Eugène Galien-Laloue

Eugène Galien-Laloue 1854-1941, Fred Money 1882-1956 qui fit son portrait et des noms connus que des galeries d'art où l'on vend à bas pris des oeuvres considérées comme désuètes, mais moi, j'ai bien aimé cette petite balade-souvenir d'un Paris disparu avec Julien Brosius,

Julien Brosius

Notre Dame J-Brosius

La place St Michel J-Brosius

Les roses Drutz

 Drutz, Gorges DansetRoses Georges Danset

 Emric RenierEmric Renier - Bourg de Batz Bretagne

Jean Talwinski

Talwinski

 Une salle est destinée aux peintres contemporains exposés ces dernières années dont Niki de Saint Phalle qui eut un atelier à Milly avec Jean Tinguely. Au final, j'ai aimé cette reproduction d'un intérieur bourgeois, me ramenant à des souvenirs d'enfance, une sorte de madeleine de Proust en quelque sorte. Ce n'est pas ce que j'aimerais avoir chez moi, d'ailleurs, bonne question, quels tableaux aimerais-je avoir chez moi ? Diable, diable, faut y réfléchir avant que Dame à la faux ne se ramène ! je n'ai pas encore trouvé de réponse sur le sujet, et pourtant ce n'est pas faute d'en voir des peintres à la pelle ! Suis-je une handicapée de la Peinture comme d'autres le sont de l'élégance, de l'humour ou d'autre chose encore. J'aime la peinture qui me raconte à chaque fois une histoire, j'aime les peintres, mais je n'ai pas encore trouvé une peinture qui me fasse vibrer et pourtant je vibre d'émotion en permanence, bizarre.  Moi j'ai dit bizarre, comme c'est bizarre.

Posté par maison43 à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 décembre 2014

Famille Carrier-Belleuse - Père et fils

Louis Carrier-Belleuse

Famille d'artistes y compris chez les femmes,(épouse et filles) où sont passés à la postérité d'abord le père, Albert-Ernest  Carrier-Belleuse 1824-1887, sculpteur fort renommé sous Napoléon III maître de Rodin qui eut entre autres 2 fils : l'un rencontré au Petit Palais Louis-Robert Carrier-Belleuse 1848-1913 peintre, sculpteur, céramiste et directeur artistique de la manufacture de Choisy Le Roi qui avait une prédilection pour les petits métiers et les rues de PariLouis Carrier-Belleuse 1882s. En clin d'oeil aux petites plaques Défense d'Afficher, mon encyclopédie préférée m'indique que cette défense d'afficher sur les bâtiments publiques est issue de la loi sur la liberté de la presse du 29 Juillet 1881. Un tableau de Louis Carrier-Belleuse illustre bien cet affichage envahissant qui eut besoin d'être légiféré. L'autre fils d'Albert-Ernest s'illustra en tant que peintre pastelliste, répondant au nom de Pierre Carrier-Belleuse 1851-1932Pierre Carrier-Belleuse Belle rencontre dernière  dans un petit quartier de Paris (ancien Charonne dans le 20e), sur une place ronde, Place de la Réunion, (réunion du petit et grand Charonne) une curieuse statue plutôt arabisante, par sa forme et sa couleur, bon je suis très myope ! et puis en cherchant le nom de cette statue, je m'aperçois, ravie, que nous la devons à Albert Ernest Carrier-Belleuse en personne ! Celle-ci initiale patinée bronzeFontaine

 puis devenue jaune vers 2010 et qui revêt à ce jour une apparence-mosaïque de toutes les couleurs. FONTAINE JAUNE

Fontaine Place de la Réunion

  

 

Posté par maison43 à 19:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

31 octobre 2014

Sonia Delaunay au Musée d'Art moderne

Dit Petit Flamenco détail 1915 Sonia Delaunay

De la couleur, du mouvement, du paraître, un goût certain pour les objets du quotidien, les marquer de son empreinte, décorer couverture, coffrets, abat jour, livres, vêtements et murs, une vitalité à toute épreuve.  Il y a un vide chez Sonia une rupture d'enfance qu'elle comblera par de la couleur, par une hyperactivité artistique et sociale.Sonia Terk 1901

Elle ne mentira jamais, elle éludera toujours, elle dissimulera ce qui l'ennuie. C'est une force de vie qui l'aidera tout au long de sa vie : éluder ce qui fâche et sourire toujours. Née en Russie en 1885 dans une modeste famille, Sarah Stern devient à l'âge de 5 ans Sofia ou Sonia Terk, du nom de son oncle maternel avocat à St Pétersbourg qui l'éduquera. Elle ne reverra jamais ses parents. Elle bénéficiera ainsi d'une éducation bourgeoise. Son oncle Henri Terk est un érudit féru d'art. Sonia dira de rares fois qu'elle n'aimait pas sa mère, ni sa tante non plus. Elle comblera ce manque d'amour donné, ce manque d'amour reçu, en se concentrant sur son devenir : émerger du lot et briller.  Sonia entre dans l'atelier de Schmidt-Reutter, en Allemagne en 1903 et y apprend les bases.Autoportrait 1904 Sonia Terk

Bord de l'eau 1906 Sonia Terk

En 1905, Paris où elle s'inscrit à l'Académie de la Palette, elle sera adoptée par la colonie russe. Elle se passionne pour les fauves,Deux fillettes finlandaises 1907 Sonia Terk

Cezanne, la gravure et se lie à Wilhelm Uhde collectionneur et marchand d'art. Philomène 1907 Sonia Terk détailElle commence à broder en 1908

Broderie

Objets réalisésCouverture

elle épouse Uhde en décembre, un arrangement confortable, elle y gagne le droit de rester à Paris et de connaitre ainsi tous les peintres qui percent : Braque, Derain, Dufy, Vlamink, Picasso, Robert Delaunay. Elle appréciait l'amour de l'art d'Uhde, elle découvre l'amour avec le peintre Robert Delaunay exalté, imprévisible, talentueux, fou de couleurs comme elle. Il y a chez Sonia une soif d'absolu, une exigence extrême où l'art est omnipotent. Robert Delaunay incarne cette particularité dont a besoin Sonia pour pouvoir aimer; il la stimule, comble son besoin d'énergie.Les Delaunay

 Qui est le maître dans ce couple ? Difficile à dire. Elle, est l'organisatrice, la gérante, la garantie de leur union. La peinture est leur façon de s'aimer jusqu'à la jouissance, lui se laisse guider par son besoin de peindre, elle, assure le tout. En 1910 elle l'épouse. En 1911 naissance d'un fils. Elle commence ses premiers abat-jour simultanés appliquant la théorie de Chevreuil sur le contraste simultané (contraste constitué par des couleurs perçues simultanément).Recherches pour PublicitésElle réalise ses premiers collages, des reliures en papiers appliqués et en déchets de tissu, elle fait des coussins, des gilets. 'La couleur l'excite' dit elle. Séductrice, Sonia Delaunay s'entourera toujours d'hommes talentueux et fragiles, Apollinaire, Blaise Cendrars, André Breton Louis Aragon, Philippe Soupault, Tristan Tzara, René Crevel, Joseph Delteil, Vladimir Maïakovski. Ces poètes seront un temps ses amis, mettront son art du costume en poèmes, beaucoup auront une destinée tragique, mais un temps ils auront traversé le ciel de Sonia, l'illuminant d'étoiles ... simultanées. Sonia aime s'amuser, le balBal Bullier 1913

Bullier est aussi un prétexte pour exposer ses robes qui bougent au rythme du tango ... simultanées bien sûr.Le bal Bullier détail 1913 Sonia Delaunay

1914 Robert réformé, ils partent en Espagne, puis au Portugal où les marchés de pastèques, melons, les costumes, la musique inspirent Sonia.PortugalMarché au Minho 1915 S DelaunayLes mouvements des corps et des couleurs  se contrarient et donnent un rythme.Chanteurs de flamenco 1915 S- Delaunay

 Cette guerre amènera pour Sonia la fin de sa rente provenant de biens immobiliers de Russie, en 1917 les bolcheviks nationalisent, Sonia est ruinée. Mais la rencontre avec Serge Diaghilev la sauve en lui proposant de créer les décors et costumes d'un ballet Cléopâtre.CostumeSonia décide alors d'arrêter de peindre pour gagner sa vie. Décor de théâtre, ouverture d'une casa Sonia en Espagne où elle vend ses objets, robes, chapeaux, meubles, tissus.Scène d'intérieur 1922 Sonia Delaunay gouache

La vente d'un tableau les aide à se ré-installer à Paris vers 1921. Sonia s'attèle aux costumes d'une pièce 'Coeur à gaz', d'une fête de charité. Sonia Delaunay crée sans arrêt tissus, robes et manteaux.Manteau

 L'exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 la consacre avec sa boutique simultanée.S Delaunay

Atelier simultané

Robe du soir 1926 Delaunay

Elle créera même l'habillage d'une voiture. Financièrement cela dérape un peu, Sonia continue cependant ses travaux alimentaires. Lors de l'exposition Internationale de 1937 les Delaunay décorent 2 pavillons dont le Pavillon de l'Air.Décoration 1937Elle expose au salon des Tuileries, au salon des Réalités nouvelles des Rythmes qui rappellent un peu certaines toiles de Robert Delaunay . Et puis c'est la guerre et l'exode.Rythme couleur 1939

 La mort de Robert en 1941 la laisse désemparée. Elle se consacre à l'exposition rétrospective de son mari en 1946 et à son oeuvre. Elle renaîtra en 1953 à la peinture, la sienne. En 1960 elle peint un jeu de cartes esquissé lors de sa jeunesse.Composition

En 1966, elle rencontre son dernier poète Jacques Damase, elle réalisera autour de ses poèmes 11 pochoirs. Elle recrée des tapis, des lithographies, des décors, des costumes, des toiles

Rythme couleur 1965 Elle meurt en 1979.  

Sources : Sonia Delaunay de Dominique Desanti

Sonia Delaunay rythmes et couleurs

Posté par maison43 à 18:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 octobre 2014

Thomas Couture à Senlis

Les romains de la décadence 1847

Rencontré par hasard à Senlis dont Thomas Couture 1815-1879 est originaire. Son tableau le plus célèbre est au musée d'Orsay ' Les Romains de la décadence' grand succès au salon de 1847. Couture a voulu critiquer ainsi la décadence de la monarchie de Juillet 1830-1848 sous Louis-Philippe. Si sa peinture est relativement oubliée à ce jour, il reste aussi célèbre pour son atelier ouvert de 1847 à 1862 qui verra défiler des peintres français et étrangers, Edouard ManetPuvis de Chavannes, Charles-Edouard Armand DumaresqCharles Monginot en sont les plus marquants. Il publia en 1867 un livre 'Méthode et entretiens d'atelier'. Il n'avait pas très bon caractère Couture, il affronta en Juin 1853 au café Divan Le Peletier le peintre Courbet, l'invectivant sur le réalisme de sa peinture, l'affaire fut calmée par la police. Mais ses élèves lui reconnaissent des qualités techniques particulières.  Il fut en son temps un portraitiste fort apprécié. Académique ou déjà moderne.Mme de Brunecke Thomas Couture

Baronne d'Astier de la Vigerie 1847 Thomas Couture détail

Sa renommée fut étendue aux Etats Unis notamment au Walters Art Muséum à Baltimore où il y a plusieurs toiles de lui. Souper à la maison d'or Thomas Couture 1855

Au canada, le Vancouver Art Gallery achète en 1931 la toile ' Souper à la maison d'or' où le modèle du jeune homme habillé de rouge fut un de ses élèves allemand le peintre ' Anselm Fenerbach 1829-1880. Cette toile récemment restaurée est en prêt à long terme au musée des Beaux Arts du Canada à Ottawa. Voilà qui réjouirait Thomas Couture un peu chagriné de ne pas avoir eu une notoriété durable, il quitta Paris un peu fâché vers 1860 pour résider en son pays de Senlis où le musée d'art et d'archéologie conserve plusieurs toiles de lui. Etude pour la Noblesse Thomas Couture

Thomas Couture 2

Il y installa son atelier dans la chapelle du palais épiscopal devenu musée. Il s'installa 10 ans plus tard à Villiers Le Bel où il continua à enseigner à des artistes américains jusqu'à sa mort. 

La Commandite entre 1860 et 1869

Posté par maison43 à 20:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


19 octobre 2014

Street Art à l'espace Dali

Dali

 22 artistes donnent un coup de jeune aux oeuvres de Dali ... Les oeuvres d'art peuvent elles vieillir elles aussi ? pas toujours, mais toutes sont marquées par le temps qui passe et qui amène son lot d'artistes qui revisitent l'art des aînés .. C'est une bonne idée d'avoir demandé à des artistes Street Art de s'inspirer de Dali de près ou de très loin; L'art est aussi une Histoire en marche, et certains d'entre eux laisseront leur empreinte dans cette histoire là. C'est réjouissant et porteur d'espoir. En tout cas, moi j'aime bien cette idée, une sorte de transmission que Dali assure encore et toujours avec la jeune peinture. Son imagination créatrice puissante est relayée et motive la jeune génération, notamment celle qui a choisi de mettre l'art à portée de tous, car quoiqu'en disent certains critiques épris surtout d'eux même, l'art doit être accessible à tous et peu importe le chemin emprunté, celui de la rue vaut celui des musées.

Commissaire de l'exposition : Véronique Mesnager, Exposition jusqu'au 15 Mars 2015 à l'espace Dali.

Arnaud Rabier "Nowart" . Artiste plasticien vidéaste né en 1968. Site : http://www.rabiernowart.com/presentation.html Dali fait le mur Arnaud Rabier Nowart

Profil du temps

Dali avait un rapport particulier au temps qui passe et désirait y laisser son empreinte à jamais, une larme de Dali sur ce chemin obligé qu'est la vie.

L'homme en blanc est né il y a 30 ans créé par Jérôme Mesnager

Jérome Mesnagerné en 1961, l'un des premiers peintres de rue. St Antoine en son désert combat à coup de crucifix le pouvoir et la luxure, Mesnager le revisite à sa façon : http://jeromemesnager.com/?cat=3

La tentation de St Antoine par Dalila tentation de St Antoine Dali

Artiste Ouvrier

Artiste Ouvrier de son vrai nom Pierre-Benoit Dumont est un pochoiriste inspiré par les tableaux du XIXè siècle (Caillebotte, Klimt, Rosseti) et par la culture indoue. Il s'inspire de 2 tableaux de Dali. 

Les cygnes reflétant les éléphants 1937

Les éléphants 1948

Selfie

Codex Urbanus a utilisé le revêtement mural anti-graffiti qu'utilise la ville de Paris pour recouvrir les tags. La bête chimérique, c'est lui, le téléphone est un homard-scorpion, référence à Dali. Un selfie est un autoportrait photographique pris par un smartphone et posté sur les réseaux sociaux, mais quel est le selfie ici, la bête ou l'astre Dali ?

Sack est un artiste graffeur chinois qui étudie aux Beaux Arts à Aix en Provence.L'oeil du coeurAKIZA est un couple, lui Robinson artiste plasticien, une école d'arts appliqués à Toulouse, un prix spécial du jury à un concours de typographie international, elle c'est YoSHii sa muse, eux deux c'est AKIZA à l'origine un nom de poupée qui évolue en permanence, d'influence europééenne, japonisante un peu, d'art nouveau, de futurisme et de calligraphie, puis  devenue un nom d'artiste où il associe YoSHii. Une galerie des oeuvres et des produits dérivés : http://www.akiza.net/AKIZA

Rencontre entre AKISA et Dali où l'hermaphrodite escargot fait des siennes, référence à Freud pour la moustache dalinienne.                                                                                              

Kouka

Kouka est franco-africain, né en 1981 d'une mère comédienne, d'un père musicien et petit fils du peintre expressionniste Francis Gruber (1912-1948) diplômé des Beaux Arts d'Avignon il peint traditionnellement, en 1995 il adhère au street art. http://kouka.me/

 

Thomas Mainardi

Thomas Mainardi http://www.thomasmainardi.com/ né en 1983 à Lille. Vanité inspirée des thèmes daliniens.

L'homme mouton

Fred Calmets né en 1976 est peintre graviste et dessinateur a commencé par le street art. Son homme mouton créature chimérique inspirée d'un personnage crée par l'auteur japonais Murakami ne parle pas de Dali. 

Speedy Graffito, Olivier Rizzo peintre français né en 1961, école Estienne, travaille peinture, sculpture, installation, photos, vidéo. Wonder Woman se la joue éléphante dalinienne dans un décor fétiche de Dali (rochers du cap de Creus), dans l'univers de Speedy Graphito.Dans l'oeil de Dali

Nikodem de 1993 à 1996 étudie le dessin à l'école Emile Cohl à Lyon. A fait partie de plusieurs collectifs de graffeurs. Vit à Grenoble où il a son atelier.http://www.nkdm.com/bio/ infusion vidéoprojetée anamorphique

Rencontre au sommet du crâne de l'Infante

Paella, Michel Palacios est un artiste français d'origine espagnole né en 1962 http://www.paellachimicos.com/ en 1985 licencié d'Arts Plastiques il intègre le collectif des Frigos, lieu de création  (journées portes ouvertes au Printemps) .http://www.les-frigos.com/  Il revisite avec un humour décapant les classiques.

Kool Koor né en 1963 à New York, Charles Hargrove figure dans les musées et dans la rue http://koolkoor.wix.com/koolkoor. D'après Santiago del Grande de Dali Santiago el grande Dali

 Thunder, matez donc le crucifix ...pour le reste, c'est du Kool Koor, et c'est bien.

Kool Koor Thunder

Manser http://manser-fluxser.tumblr.com/ artiste plasticien qui privilégie la calligraphie et la photographie pour la sauvegarder.

 

Et à arpenter l'exposition, je me dis que ces artistes là n'ont pas besoin de Dali, ils sont tous déjà bien installés, ils sont preuves que la création est infinie, sans doute Dali est un grand, provocateur à l'extrême à une époque censurée, mais nul doute non plus que ceux là, catalogués artistes urbains ont déjà fait éclater les murs et que leur talent n'a plus rien à prouver.

Manser

 

Posté par maison43 à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 octobre 2014

Peintures flamandes à Montfaucon-en-Vélay en Haute Loire

Décembre

Décembre 2

Contemporain de Jan Brueghel (1568-1625) Abel Grimmer 1570-1619 né et mort à Anvers n'est jamais venu en Vélay, mais les hasards rigolos de la vie ont fait échouer ces 12 tableaux dans un village au nom qui ne manque pas de panache : Montfaucon en Vélay situé en Haute Loire à 46 km du Puy en Vélay. L'histoire de ces tableaux est assez rocambolesque, ces tableaux appartenaient au Marquis Melchior Mitte de Chevrières (1586-1649), seigneur de Saint Chamond dans la Loire, ambassadeur à Bruxelles qui reçut en cadeau ou acheta, on ne sait pas, cette collection. On ne sait trop non plus ce qu'il en fit, orna t'elle son château de Saint Chamond ou bien l'église nouvellement construite ? on les retrouva en tout cas à la révolution dans les dépendances de la dite église.

Janvier

janvier 2

Le curé de l'église Paul-François Régis Jamon natif de Montfaucon qui avait rejoint le club des jacobins à la révolution, chassé de l'église,  partit se réfugier en son pays natal avec la dite collection en 1794. Il confia ces tableaux à la chapelle de Notre Dame de Montfaucon en expiation, disent les bonnes âmes qui savent de quoi elles parlent, de ses péchés.

Grimmer 2

Grimmer détail

Ces tableaux furent volés en 1995 et retrouvés, ils ont ré-intégré la chapelle Notre Dame depuis 1999.

Juin

Détail Grimmer

Ces peintures sur bois abordent 2 thèmes, un religieux sur Jésus, et l'autre sur la vie flamande au XVI à travers les mois. Abel Grimmer les a peintes vers 1592. Les titres indiqués correspondent à des paraboles  dont la mention évangélique latine est signalée en bas à droite de chaque tableau.

Très belle balade à faire en voiture au pays des Sucs de la Haute Loire avec cette étape flamande à Montfaucon-en Vélay, un jour où le soleil est absent.

Grimmer Les vignerons meurtriers

Posté par maison43 à 20:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 juillet 2014

Lucio Fontana 1899-1968

Lucio Fontana

Comment  dire ? me plaît-il cet artiste là ? sa sensibilité est elle proche de la mienne ? m'enivre t'il ? que nenni, mais il m'amuse, me fait échapper des petits tracas de la vie, me divertit, me fait évader quelque part, comme lui fait évader sa peinture de la toile, alors oui, j'en re-demande encore de ces plaisirs là ...

Colombine 1948

Lucio Fontana est un extrême, mais pas que, d'un classicisme assez ordinaire parfois, et puis soudain carrément génial dans ce dégoulinement sculptural qui me réjouit et me ravit, oui, oui, oui. D'origine italienne, Lucio Fontana naît en Argentine en 1899. Son père est architecte et sculpteur. Lucio débute dans son atelier. Il donne dans un certain académisme au début de sa carrière,Fontana 1Fontana 3

Signorina seduta

mais se démarque par la matière, du plâtre rugueux, par la polychromie et par un je ne sais quoi de modernisme. Puis il passe par une petite phase abstraite de sculptures  qu'il ne poursuivra pas, une sorte de passage obligé peut être.AbstractionUn éclatement total dans la céramique de 1936 à 1939 assez jouissif pour moi, où il donne du mouvement avec talent à la matière.Fontana 4

 Lucio Fontana fonde en 1947 le spatialisme (Abandon de l'usage des formes connues de l'art pour le développement d'un art basé sur l'unité de temps et de l'espace) et déclare dans le Manifeste de l'art spatial (1951) 'Je ne veux pas faire un tableau, je veux ouvrir l'espace, créer pour l'art une nouvelle dimension, le rattacher au cosmos, tel qu'il s'étend, infini, au delà de la surface plate de l'image' source : Les mouvements dans la peinture- Isabelle Majorel et Patricia Fride-Carrassat.Fontana 13

Il y a du baroque et du futurisme dans l'art de Fontana. Fontana troue ses toiles en suivant des figures géométriques cercles, spirales. Il perce la toile, la terre cuite, le métal.Fontana 1953

A partir de 1958, il fend au cutter ses toiles où il cherche ainsi, dit il à dépasser le cadre du tableau, à donner une nouvelle conception de l'art. Il parsèmera ses toiles de débris de verre, d'or, d'argentFontana 7

 il jouera à multiplier les matières en forant des plaques en cuivre, laiton ou aluminium qui déforment l'espace dans leur miroitementFontana 10 1961

New York 1962

 Il rendra hommage à son père qui réalisait des monuments pour les cimetières et réalisera des crucifix en 1949Fontana 5

et ne pouvant représenter Dieu comme un humain réalisera ce qu'il nommait des 'Oeufs célestes'.

Fontana 8

Fontana 9

Fontana, c'est surprenant, un peu décalé, parfois excessif, c'est surtout très éclectique, avec une constante dans les matières, les formes et la couleur toujours présente. Les fentes succèdent aux trous de façon répétitive, c'est toujours le même but, pénétrer l'intimité en multicolore, donner à la toile une dimension dans l'espace en libre sensualité, sacré Lucio !

Fontana 12

Fontana 15

Fontana 16

 

Posté par maison43 à 20:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 avril 2014

Carl Larsson 1853-1919

Le Repos dominical 1900 Carl Larsson

 

Le Petit Palais propose en ce moment un petit voyage en pays enchanté et féerique, un univers où les enfants sont beauxLisbeth joue la méchante princesse dans l'oiseau bleu 1900 détailBrita et moi 1895 détail

 où les parents sont aimants, où les choses elles-mêmes participent par leur joliesse à l'harmonie d'un monde dans un                  Carl Larsson détail

bonheur cocoonant et ronronnant, au sein d'une famille aimante.  Bon, on en finit par être un peu écoeuré, c'est dire qu'il y en a du bonheur !!!La fenêtre aux fleurs 1894-1896 détail

et puis en s'attardant un peu, en se renseignant un peu, on s'aperçoit que tout n'est pas si rose. Que ce bonheur que l'on nous matraque n'est que l'image d'un bonheur incertain ...

Carl naît en 1853 à Stockholm, d'une famille pauvre il fréquente cependant l'école, et se distingue sans doute des autres puisqu'un professeur le dirige vers l'Académie Royale des Arts. Il deviendra peintre d'histoire et recevra une bourse qui lui permettra d'aller en 1876 à Paris. C'est un excellent dessinateur qui vit de ses illustrations et qui rêve de se distinguer en temps que peintre

Octobre Les potirons Carl Larsson 1882

il propose une toile au salon de 1881 qui sera refusée, il récidive avec une autre toile refusée elle aussi, ce qui le déprimera un brin et lui fera lacérer sa toile. Pas si joyeux que cela Carl, faut dire qu'expatrié, pas très riche, refusé des salons, n'ayant aucun appui, il y a de quoi fulminer, il y a de quoi déprimer. Gretz sur Loing et sa colonie de peintres scandinaves seront la chance de Carl; son amitié avec Karl Nordstrom qui sera un homme influent de la vie artistique suédoise va lui apporter une renommée certaine, même si la reconnaissance de grand peintre lui fera toujours un peu défaut.  Il est assez bon, comme peintre Larsson, mais pas mieux que les autres, le groupe des scandinaves à Grets, sa rencontre avec une peintre Karin BergööKarin 1898 détail

qu'il épousera, la reconnaissance de son talent par le musée national de Stockholm qui acquiert 2 de ses aquarelles, plus tard en 84 l'acquisition de L'étang par l'état français

L'étang 1883 Carl Larsson

puis l'achat de 4 autres par l'acteur Coquelin feront de cette période française un heureux moment de sa vie. De retour en Suède, il sera directeur et professeur de l'Ecole de peinture à Goteborg durant 2 ans, puis après un retour d'un an à Paris, Carl Larsson s'installe à Sundborn l'été. Son épouse qui a abandonné la peinture pour élever 8 enfants, est une excellente décoratrice d'intérieur, et Larsson mettra en image cet art de vivreLa veille de Noel 1904-1906 détail Bien sûr, tout ne sera pas si joyeux chez les Larsson. Il y aura des souffrances, des non-dits, des apparences. Larsson finira par se forcer un peu à peindre ces petites images de vie heureuse. Mais il lui faut bien nourrir sa nombreuse famille. Il s'essaiera aux fresquesFresque de Carl Larsson

mais n'aura pas le succès escompté.

Carl Larsson aurait aimé être un grand peintre de ceux qui créent un mouvement, mais il se distinguera par ses illustrations. Pas si mal après tout.

Jusqu'au 7 Juin. Les enfants apprécieront.Ma Mère 1893Carl Larsson 1910

 

Posté par maison43 à 18:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 avril 2014

Saúl Kaminer

Saúl Kaminer

Las impermanencias son múltiples y son inherentes a la misma vida. Cada vida, es impermanencia.

En un artista, hay también une impermanencia de la obra, en función de sus maestros y tambièn  de su personal vida y de sus encuentros.

Forêt intérieure 1980 Kaminer

La Maison du souffle 2013 Kaminer

Saúl Kaminer nació, en une familia de origen ucraniana. Estudió architectura y se puso à pintar. Se relacionó con el grupo latinoamericano ' Magia-Imagen. Vivió en Paris durante 22 años. Ahora Viaja entre México y Francia.

Todo es impermanencia. Asi es la vida.

Galeria de arte Thessa Herold - Paris 3e - Impermanences Avril-Mai 2014

Espero que viva, otra vez este pintor, quizás, quizás, quizás. 

Dos otras pinturas que no son en la galeria.

Les trois nouvelles 2004Saúl Kaminer

 

Posté par maison43 à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,