08 novembre 2013

Pierre Favier bis

P Favier2

Quelques nouvelles de mon Auvergnat, celui qui vient, probablement, du côté Fournier Bastide et qui trouva sa place au Mas (disait ma grand mère) une belle ferme située à la croix d'Oura que mon grand père acheta pour sa famille devenue trop importante pour loger tout ce monde à la villa Rose dite villa Marguerite. Il s'agit donc d'une banale copie, sur papier, signée qui plus est par un faussaire !!!  il y en eut pléthore à l'époque, mais l'Auvergnat a maintenant un nom, une famille dont une descendante charmante m'a donné quelques informations. Claudius Badiou, paysan d'Alleyrac a posé pour Pierre Favier, le lieu exact est le calvaire d'Alleyrac, sur l'original l'on peut voir le mont Breysse situé en arrière fond, et le village d'Alleyrac en contrebas. L'original a été peint par Pierre Favier en 1932. Le vernissage eut lieu en 1933,  la distillerie Pagès utilisa ce portrait pour étiqueter quelques unes de ses liqueurs, l'office du tourisme de la Haute Loire s'en servit également comme affiche publicitaire, affiches que l'on trouve en cherchant bien dans les librairies de livres anciens du Puy. 

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Mon auvergnat, banale copie d'une peinture de Pierre Favier pas mal réalisée cependant, a son histoire aussi et son mystère quant à son auteur .. mais il a retrouvé sa place, en Haute Loire; dans ma maison.

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25 juin 2013

Simon Hantaï

Pas aisé à suivre le Simon Hantaï un vrai labyrinthe. Faut dire qu'il a laissé peu d'indices, secret, pas très bavard, un peu sauvage, pas franchement préoccupé par son image, il se retirera de la vie sociale : il y a 15 ans, je me suis placé en dehors. Je me suis retiré du centre, parce que vouloir se placer au centre n’a aucun sens, interdit d’avoir une vision critique. Il ne reste qu’une fonction sociale. Alors, je suis rentré dans l’atelier, sans considération du marché, librement. C’était la seule solution. Sinon la peinture devenait de la chose, du produit. C'était en 1982 à l'âge de 60 ans.

Peut être était il au bout de ce qu'il désirait exprimer en peinture, peut être désirait il vivre autre chose.

Né en Hongrie en 1922, il suivra après des études pour être ingénieur, les Beaux Arts à Budapest, il y rencontrera en 1945 sa femme Zsuzsa Biro. En 1948, après un passage en Italie, ils viennent s'installer à Paris.Les Baigneuses

 Les Baigneuses sont un tableau particulier, je trouve, une sorte d'exercice, une inspiration venue des musées, un essai pictural, rapidement Simon Hantaï s'intéresse aux mouvements en vogue, le surréalisme alors en déclin, lui convient par les expériences apportées : collages, découpages, pochoirs, raclages, inclusion de végétaux, d'os, plumesL'arbre des Lettrés

Femelle-Miroir II 1953

Regarde dans mes yeux

 

... et il produira plusieurs tableaux avec une touche assez personnelle, très anatomique, disséquée ...en 55, il abandonne ce style et s'intéresse à Pollock et à Georges Mathieu, et Simon Hantaï s'éclate en même temps que

Peinture 1954

Peinture 1956

Peinture 1959

sa peinture : il éclabousse sa toile de couleurs vives, recouvre le tout de peinture sombre, puis racle, d'un rythme quasi musical  à l'aide d'un cercle métallique de réveil-matin; une calligraphie étrange, joyeuse, harmonieuse et finement travaillée.  Simon est un grand lecteur de textes philosophiques, de textes religieux, il y a chez cet homme un côté maniaque, obsessionnel et sublimé, intelligemment utilisé, durant une année il recopie sur une toile recouverte de peinture blanche une partie de la liturgie catholique à la plume et à l'encre, une forme de méditation initiée par la monotonie de la copie écrite à l'encre rouge, verte, violette, noire. Et puis il recouvre ces textes d'autres écrits de SaintPeinture 1958-1959 Ignace de Loyola, Hegel, Heidegger ... bientôt aucun texte ne sera plus lisible .. de visible il y aura une croix, une étoile de David, des rectangles, un peu d'or et émerge une couleur pourtant inutilisée le rose : Peinture écriture rose 1958-1959. Les premiers à plier furent Matisse et Cezanne, Simon Hantai s'y mettra à partir de 1960, il froisse la toile, la plie, le recouvre de peinture, puis la déplie. J'ai été pris par le pli, j'ai pris le pli, le pli m'a repris Le blanc, le non peint devient primordial, Hantai parle de peinture trouée.Simon HantaïMariale Détail

Les Mariales sont les manteaux des Vierges de son enfance catholique ou d'Italie; il est slave, Simon, un peu excessif donc, alors il lui en fait des mètres à Marie, de toutes les couleurs ....et puis il revient un peu dans l'idée de ses premières peintures viscéralement peintes, en 'abstractant' un maximum, alors des panses  où la toile est nouée aux 4 Panse 1964

angles, peinte, dépliée, repeinte, redéployée etc ... des sacs-ventres où chacun y voit ce qu'il veut ...et puis il déménage, va s'installer à la campagne, à Meun un village près de Fontainebleau pour voir pousser dit-il l'herbe et ses enfants, on est en 1966, il peint alors plus épuré encore, plus abstrait, plus ...., moins, il s'essouffle un peu, et intitule ses oeuvres de lassitude, les Meuns.Meun 1968 Et puis un regain, il terminera les années suivantes par les Tabulas où le pliage différent quadrille la toile, crée des fentes partoutTabula 1975

Il les dédie à Piero della Francesca et à sa Madonna del Parto. Retour à la Vierge parturiente, retour à la Mère. Fin du voyage pictural. Simon Hantaï garde une partie de son mystère.

De 82 à sa mort en 2008, il ne peindra presque plus et se consacrera à ce qu'il voudra, aimera ... il vivra.

La musique l'a accompagné, tout au long de sa vie, ses 3 fils sont musiciens, Pour Pierre, le clavecin, pour Jérome, la viole et la flûte pour Marc, ils forment le trio Hantaï. L'exposition dure, à Beaubourg jusqu'au 2 septembre 2013.

Simon Hantaï 1974

Mère de Simon Hantaï

 

 

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11 juin 2013

Gustave Moreau

Musée Gustave Moreau

On le nommait ' le solitaire de La Rochefoucauld', oui, il habitait rue de La Rochefoucauld à Paris, une maison atelier offerte par ses parents, bourgeois cultivés et aisés. Solitaire ? sans doute sur le tard, en tout cas, pas très mondain, le sieur Moreau, plutôt casanier, sa mère pour la tenue de la maison, son amour, un seul connu, qu'il installa dans un Gustave Moreau 2Gustave Moreau détailappartement à côté de chez lui. Les honneurs lui plurent pourtant, des médailles reçues lors des salons, une légion d'honneur, nommé au grade d'officier, reçu à l'Académie des Beaux Arts où il postula ... solitaire, mais aimant être reconnu pour son art, et désirant rester dans la postérité, touchant donc cet homme ...

Son atelier est sympa, grand, clair, avec un très bel escalier, le logement est constitué de pièces petites, sûr qu'il ne faisait pas salon, Moreau ! Un brin narcissique, un brin ombrageux, un artiste donc normalement constitué ! Sa particularité fut de ne vendre que 400 toiles,  a accumulé le reste chez lui : 850 peintures ou cartons, 350 aquarelles, et plus de 13000 dessins et calques.

Gustave Moreau 4

Panneau n°2 de La vie de l'humanité Gustave Moreau

Les Argonautes 1885

Gustave Moreau

C'était un excellent dessinateur, bon coloriste, qui adorait emplir le vide, un fourmillement de personnages, une curiosité avivée, un sacré homme ce Moreau, symboliste, mythologique, mystique ....  

Moreau 1826-1898 se voulait peintre d'histoire, la bible et la mythologie l'ont inspiré, il mélange les genres et travestit à sa façon ses personnages, il emprunte dans des ouvrages sur l'inde, la Perse, l'Egypte  les palais, les bijoux, les accessoires et laisse aller son imagination débordante. Ce qui donne des êtres un peu croquignolets, presque futuristes, semblables aux héros de nos films pseudo mythologiques comme la lignée des Percy Jackson,  particulier ce prétendant, ou bien est-ce Ulysse terrassant les dits prétendants de sa Pénélope tricotante ? Délicieusement kitsch sa petite Sphinx lovée, les griffes fort gentiment agrippées au chiffon qui couvre à peine la nudité d'un Oedipe androgyne.Gustave Moreau 5

 Trop exigeant, perfectionniste, il voulait toujours ajouter un détail, et nombre de tableaux dans cet atelier en chantier depuis plusieurs années ne furent pas achevés. Une légende parfois serait nécessaire pour lire les oeuvres de Moreau d'autant plus qu'il donnait à travers ses oeuvres un message très personnel, non dénué d'un certain hermétisme. 

Le musée devrait être fermé à partir de Juillet pour une durée estimée à 5 mois, un aménagement d'autres pièces qui permettra d'exposer d'autres toiles ...  J'aimerais y revenir dans ce musée et vous ?

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30 mai 2013

Tamara de Lempicka

T de Lempicka

T de Lemp

Amusant de voir en ce moment à Paris, deux femmes peintres qui connurent un succès franc durant leur époque, l'une et l'autre reines du tout Paris, ayant une vie mondaine active, 2 femmes, particulières, extrêmement différentes dans leur peinture et dans leur vie. Née 15 ans après Marie Laurencin, en Pologne en 1898, cette femme là se révèle aussi singulière que Marie, avec un style bien à elle que l'on reconnaît, comme celui de Marie, mais mieux née que Marie, elle fut beaucoup beaucoup plus riche par son second mariage, beaucoup plus mondaine aussi, elle fit partie aussi de l'élite sociale tendance aristocratique, fut une femme moderne libre et libérée. Marie a vécu une vie riche en rencontres, fit partie de l'élite intellectuelle nouvelle mais sa discretion la démarque de Tamara qui fut toujours en représentation, qui exulta, comme ses nus où une chair ferme mais rebondie puissante et charnelle attire ... loin des formes éthérées de Marie. Tamara posait en robe de soirée quand on la photographiait dans son atelier, Marie, elle posait en tablier de cuisine ... cette distinction loin d'être anodine reflète leur personnalité si différente, et pourtant d'elles restent la même marque dans l'histoire, la peinture féminine des années 20/29. 

En 1920 Tamara est à Paris, sa fille Kizette vient de naître, Tamara qui a 22 ans suit les cours de Maurice Denis et d'André Lhote, en 22 elle expose au salon d'automne. En 1920 Marie âgée de 37 ans a suivi son mari en Allemagne, divorce et revient à Paris au printemps 21. Sa première exposition personnelle a lieu à la galerie de Paul Rosenberg. C'est le début du succès  pour Marie, portraitiste demandée, c'est l'époque des décors et costumes de ballets. Elles auraient pu se rencontrer à ce moment là, mais cela ne se fit pas, en 1937 Tamara  a 39 ans elle expose au Salon des femmes artistes modernes dans le cadre de l'Exposition universelle à Paris, Marie, qui a 54 ans, aussi. On ne sait si elles se rencontrèrent, on peut le penser mais cela ne marqua ni l'une, ni l'autre !  On les vénère aujourd'hui comme des représentantes de l'Art de cette époque particulière que fut l'entre deux guerres, cette période qui s'étendit de 1919 à 1929 dite Années folles. Ces deux femmes là si peu ressemblantes se caractérisent toutefois par leur singulière liberté à faire une peinture reconnaissable entre toutes, l'une optant pour la douceur de longues femmes éthérées aux couleurs délavées, l'autre pour la puissance charnelle, la sensualité de corps de femmes épanouis, se pâmant. Les 2 appartiennent à cette courte époque où l'homosexualité féminine fut bien tolérée dans leur milieu, et chacune en profita grandement. Femme de profil vêtue d'un châle

La Diseuse de bonne aventure

Au début de son activité de peintre, les femmes de Tamara de Lempicka sont massives, les visages frustres ou bizarrement masculins, Tamara ne cherche pas vraiment de style  ... elle peint alors plus par plaisir que par ambition réelle qui viendra plus tard, lors de son premier divorce où elle aura des besoins financiers

Nu assis de profil

Nu assis

Puis un voyage à Rome en 1925 l'initie à la Renaissance italienne, les femmes restent rondes mais deviennent belles, Tamara créera un type de femme, une garçonne, athlétique, voluptueuse etLa Dormeuse

Le Rythme

correspondant à une beauté convenue, avec souvent un regard très spécial, à la fois indifférent mais exprimant une certaine sensualité aguicheuse ... Nu à la colombe

La Tunique roseElle fera bien sûr des portraits de femmes du monde, qu'elle mettra en

Jeune femme à la colonne carrée

Arlette Boucard aux arums 1931

scène avec des robes de grands couturiers qu'elle portera elle même avec élégance, son second mariage lui apportera la fortune, même si elle vit de sa peinture fort confortablement. 

 A partir de 1933, elle se lance dans une série de vieillards, mendiants, saintes,  et reviendra aux portraits un peu plus tardLempicka

 je m'en tiendrai là pour cette fois ci, en ce qui concerne la peinture de Tamara de Lempicka; tout comme celle de Marie Laurencin, il faut éviter le piège de ces 2 expositions, fort belles l'une et l'autre, mais trop orientées à mon avis .... on est un peu trop dirigé. Ces peintures ne me touchent pas vraiment, je reconnais le travail d'artiste que je trouve toujours extraordinaire, moi qui n'ai aucun talent artistique, mais pas d'émotion particulière pour les peintures de Marie Laurencin, je suis sensible par contre à la sensualité puissante et animale qui se dégage de certains nus féminins de Tamara Lempicka.

La Belle Raphaëla

Nu aux voiliers

  

 

 

A vous revoir, donc, vous regarder autrement, vous connaître un peu mieux.

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26 mai 2013

Marie Laurencin

Marie Laurencin 1883-1956 commence comme Renoir à peindre des porcelaines à la manufacture de Sèvres  de 1901 à 1903, elle se diversifie dans son style, se cherche, mais a trouvé son thème favori ' les jeunes filles'. Elle aime déjà les chats et les visages féminins. Elle peaufine son dessin en suivant l'Ecole de Dessins de la ville de Paris, puis suivra les cours de l'Académie Humbert. M-Laurencin AutoportraitElle commence son apprentissage de peinture à l'huile, classiquement au début, puis tour à tour, cubiste mais du bout des ongles,Le Pont de Passy 1912l

 à la manière d'un Rousseau mais laurenciséApollinaire et ses amis

un peu orientalisée en autoportraitM-Laurencin détail puis avec une prédilection pour les teintes doucesMédaillon pour la Maison Cubiste. Du fauvisme elle retiendra la liberté d'appliquer ses propres couleurs qui seront toujours son style même si sa palette s'élargira au cours de sa vie, couleurs un peu délavées à la térébenthine. Elle qui a trouvé un style reconnaissable à la manière des grands qu'on reconnaît sans se tromper, elle fera du Laurencin jusqu'au bout : Des yeux noirs, impénétrables, des nez à peine esquissés ou carrément absents et des bouches petites charnues et rosesCollection Combe... elles ressemblent souvent à Marie, ces jeunes femmes, petites soeurs fidèles, éthérées aux visages lisses, blancs et assez inexpressifs de geishas qui l'accompagneront tout au long de sa vie.La Danse - détail

  Marie Laurencin aura beaucoup d'amis, d'amants, d'amantes, des célèbres un peu pygmalions mais surtout tremplins comme Henri-Pierre Roché, Guillaume Apollinaire, des amantes comme Nicole Groult ou Yvonne Crotti, 1 mari allemand qui la contraindra à s'exiler durant la guerre de 14-18 en Espagne, mari dont elle divorcera en 21, en Espagne elle rencontre Rivera, les Delaunay, Kisling, Picabia qui la distrairont de ce triste exil. Braque lui a donné confiance en elle, Apollinaire l'introduira au Bateau Lavoir, elle y rencontrera Picasso, Max Jacob, le douanier Rousseau, Gertrude Stein, Villon, Derain, Matisse, Blaise Cendrars, Reverdy, André Salmon, Francis Carco etc ...  Après son divorce elle deviendra  une portraitiste fort demandée par les gens du Monde, hommes et femmesMadame André Groult née Nicole Poiret - détailCocteau 1921

La baronne Napoléon Gourgaud au manteau rose 1923

ce sont les années folles y compris pour Marie adulée qui dessinera des costumes de scènes, des décors  de ballets;  ses biches, ses fleurs, ses chiens, ses longues femmes trouveront leur place, opportuniste Marie ? sans aucun doute, elle devait avoir un sacré charme persuasif : Elle restera libre de toutes influences, prenant ce qu'elle veut, et laissant le reste. Elle fera du Laurencin, un point c'est tout. De tempérament mélancolique qu'elle cachera sous une espièglerie mutine, elle peindra son idéal féminin qu'elle choisira commeFemme à la guitare - détail

modèle, presque toujours, fin, aérien, de couleur tendre, les yeux souvent noirs où une légère mélancolie régnera aérienne elle aussi !! Les années de crise de 30  jusqu'à l'apojée de la seconde guerre mondiale feront paraître la peinture de Marie d'abord démodée et surtout en décalage avec l'actualité, elle se révélera un brin pro allemande et antisémite, vouera un culte au maréchal Pétain et continuera d'être mondaine durant l'occupation allemande, où elle peindra portraits et fleurs, optant pour son monde à elle idéalisé, celui qui lui permettra de supporter les années de la guerre. En 1943 son appartement est réquisitionné pour loger un pro du marché noir, elle commence alors à réaliser que la guerre n'est pas si jolie ! et quand Max Jacob  est emprisonné et meurt d'une pneumonie, elle est atterrée et tombe loudement dans la réalité des horreurs de la guerre, rejetée, alors, son indifférente bienveillance vis à vis des allemands; un peu inconséquente, Marie, parfois ou bien trop dans sa tour d'ivoire où tout n'est que rose, gris ou bleu.La Répétition 1936

Le Cheval noir ou la Promenade

Trois jeunes femmes - détail

A la fin de la guerre, Marie n'échappe pas à l'épuration, et séjournera au camp de Drancy une semaine, elle n'oubliera pas bien sûr cette semaine, et sa souffrance ancienne longtemps maintenue en laisse, va désormais prendre le dessus, elle va devenir sauvage, s'isoler un peu du monde, peindra encore, mais peu, 70 toiles durant les 11 dernières années de sa vie, du Laurencin un peu édulcoré. Sa peinture est fort appréciée des japonais un musée entier lui est consacré au Japon.  Peu d'aquarelles dans cette exposition, des huiles sur panneau, toile, bois, carton, environ 1400 qu'elle peignit  contre environ 1800 huiles. La peinture de Marie Laurencin, femme particulière, est entrée dans l'Histoire, une époque, une atmosphère. Marie, tu as résisté au temps, que l'on n'aime ou pas, tes tableaux font partie de l'Histoire.La Femme-Cheval

M-Laurencin Détail

laurencin_1916_nu_au_miroir

Mon portrait 1924

Collection Combe 2Sources :

Marie Laurencin de Flora Groult

Marie Laurencin de Bertrand Meyer-Stabley 

Commentaires Musée Marmottan où exposition jusqu'au 30 Juin 2013.

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23 mars 2013

Rosa Bonheur

Cerf écoutant le vent 1867

La peinture animalière ne m'attire pas trop et ne fait pas partie des genres que j'aime; chez Rosa Bonheur, ce qui me plaît avant tout, tout en remarquant son talent indéniable de peintre et de dessinatrice, c'est sa personnalité si forte, si étrangère à son monde, si rare pour l'époque.

Oscar-Raymond Bonheur

Voilà Raymond Bonheur, beau chérubin inconséquent, peintre vivant à Bordeaux, vivotant de son art, amélioré par une charge de professeur de dessin, qui épousa une Sophie, fille naturelle (d'un Dublan de Lahet qui l'éleva comme sa pupille), qui emmena sa petite famille à Paris où devenu saint-simoniste, eut la riche idée de quitter femme et enfants pour rejoindre une communauté au service de l'humanité, les laissant ainsi sans ressource, Sophie y gagna la tuberculose et en mourut à l'âge de 36 ans dans le dénuement le plus complet. Le veuf récupéra alors ses 4 enfants, plaça 2 fils en pension, une fille dans une famille amie; Rosa Bonheur, frères et soeurvoilà Raymond et Rose en tête à tête, indomptable Rose  de 11 ans qui refusa tout placement, et qui bénéficia, alors des cours de dessin du dit père. Ce fut à la réflexion, une chance pour Rose petite sauvage, sans Dieu ni maître qui parcourt la campagne aux alentours de Paris, où elle cotoie forêts et animaux qui font partie de sa famille, la seule qui ne lui causera jamais de problème. Dure la misogynie de l'époque, difficile l'émancipation des femmes qui n'ont aucun droit, qui du joug d'un père passent à celui d'un mari. Alors les plus vaillantes, les plus talentueuses, préférèrent choisir le célibat. Rosa qui ne se remit jamais vraiment de la mort de sa mère refusa de se marier, refusa même toute aventure masculine. Rosa sera peintre donc, et en vivra. Une des rares femmes de l'époque  à se libérer de la tutelle des hommes, en douceur qui plus est. Rosa militera d'abord pour elle même, ne défendra aucune cause, restera très individualiste mais un courant est né, un exemple est . Elle coupe ses cheveux symboliquement (ni épouse, ni courtisane) et fréquente assidûment et solitairement le Louvre où elle copie, les femmes n'ayant pas accès aux Beaux Arts, Poussin, Rubens, Lesueur, Ruysdael. Le soir elle modèle des plâtres d'animaux du sculpteur Jules Mène. Elle puise aussi son inspiration au bois de Boulogne, forêt encore sauvage, elle croque sur le vif toutes les bêtes rencontrées. Un mouton, une chèvre, un écureuil, des cailles, des lapins logent dans son appartement.  Elle n'assure aucune intendance chez elle et laisse son père et ses 2 frères se gérer seuls. Rosa portera au salon de 1871 deux de ses oeuvres Chèvres et moutons et Deux Lapins.Les Lapins 1841

Elle a 19 ans, et ses 2 tableaux sont acceptés, seront exposés au Louvre. Côté famille, le remariage de son père avec une jeunesse de 23 ans provoque la séparation. Elle s'installe dans son propre atelier avec Nathalie Micas, elles vivront ensemble jusqu'à la mort de Nathalie en 1889. Relation platonique ou pas, on n'en saura rien, alors on n'en dira rien. Elles seront complémentaires, Rose peindra de 6h du matin à minuit, et ira toujours chercher son inspiration  dans les quartiers alentours et Nathalie veillera au bien être de Rose, calquera ses dessins sur les toiles, lui préparera ses tableaux. En 1846, voyage en Auvergne. Salons de 42, 43 , 44, où elle obtient une médaille de troisième classe, et surtout elle commence à bien vendre ses tableaux. Elle loue une maison à Gentilly.  Rivale involontaire d'un autre peintre animalier Jacques Brascassat. Elle obtient autorisation de s'habiller en homme, se met à fumer cigarettes et cigares. L'état lui commande un tableau de bovidés Labourage nivernais qui sera présenté au salon de 1849. Rosa plaît à ses contemporains, en France comme en Amérique, elle aura peint vaches, taureaux, béliers, cerfs, sangliers, ours, isards, lions, chiens, ânesAne 1873 Lithographie mulets bisons chèvres, oiseaux, elle les peint avec émotion leur reconnaissant une âme. En 1850 elle achète une ferme à Chevilly où elle installe ses animaux, change d'atelier et s'installe rue d'Assas. 1853 Le marché aux chevaux 5 m sur 2,5 m qu'elle prépare longuement par visites de haras, du marché d'Ivry, se plongeant dans livres d'anatomie. Elle a 31 ans. Napoléon lui commandeLa Fenaison en Auvergne La Fenaison en Auvergne achevée en 1855. Voyage en Angleterre où elle présente le Marché aux chevaux, elle en repart avec des esquisses, et des commandes de propriétaires anglais pour leurs châteaux. Passage en ÉcosseBerger écossais 1855-1856 détail

où même succès qu'elle cultive avec plaisir, elle est son meilleur agent publicitaire, les anglais adorent ce bout de femme habillé en homme au franc parler, mais revendiquant toujours sa féminité.Changement de pâturage détail Rosa Bonheur  Le marché aux chevaux refusé par sa ville natale Bordeaux sera acheté par un américain, et  sera offert au Métropolitain Museum de New York. En 1859 elle achète le château de By à Thomery. Nathalie femme plus discrète mais très intéressante elle aussi, met au point un frein à patin capable de stopper un train lancé à grande vitesse qu'elle tentera de vendre sans succès. Quelques critiques françaises la contrarient et Rose pas toujours facile décide de ne plus exposer à Paris. Séjour dans le midi avec la santé déclinante de Nathalie à Nice où elle rejoint Ernest Gambart, son marchand d'art, au début installée chez Gambart, elle achètera ensuite une villa au quartier de la Bornala.  Se lance dans le pastel . Y passe l'hiver. Fabrique elle même ses couleurs : terre de sienne, bleu de prusse = vert transparent. Terre de Sienne et vert cinabre foncé = tons transparents. Sculptrice d'animaux, lit beaucoup, écrit fort bien, chasseuse passionnée de lièvres ou de sangliers, a la faveur du couple impérial, reçoit la légion d'honneur. Rencontre Buffalo Bill,  Bill qui a fondé un cirque le Wild West Show se produit à Neuilly  à l'occasion de l'exposition universelle. Rosa décide de faire son portrait.Portrait du colonel William FLa chasse au bison 1889 R Bonheur détail

Elle se prend de passion pour les indiens qui font partie du show, elle les peindra  une petite vingtaine de fois devant des paysages américains nés de son imagination, avec la même précision que pour peindre ses animaux. Elle se sent proche de ce peuple décimé. La dernière rencontre importante de sa vie sera celle d'Anna Klumpke qui viendra vivre à By avec elle à qui elle lèguera By et son oeuvre. Dernier tableau en prévision de l'Exposition de 1900La foulaison du blé en Camargue 1899

'La Foulaison du blé en Camargue' qui restera inachevée, puisqu'elle meurt le 25 mai 1899. Anna le terminera. Ses neveux et nièces contestent le testament et Anna organise une vente où 2102 oeuvres de Rosa Bonheur sont dispersées. La moitié de la somme va aux neveux tandis qu'Anne consacrera l'autre moitié à l'entretien de By que les successeurs d'Anna ont conservé, jusqu'à ce jour, ouvrant l'atelier à la visite. Ont été exclues de la vente, 50 études léguées par Rosa au musée du Luxembourg , aujourd'hui au château de Fontainebleau. En 1908 Anna Klumpke publie une biographie de Rosa Bonheur.

 Première rencontre avec cette Dame qui s'achève. J'espère un jour la retrouver fortuitement pour approfondir cette prise de contact superficielle à ma façon cette fois ci, et pas uniquement selon les biographies lues.

Sources : 

Gonzagues St Bris

Marie Borin

   

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25 février 2013

Dali

Buste de femme rétrospectif

Difficile à cataloguer Dali tant au point de vue humain qu'au point de vue pictural, homme de tous les excès dans ses écrits, dans ses interviews, dans sa vie; c'est un homme qui dut affronter toute sa vie ses peurs, ses cauchemars, sa timidité extrême; il combattit ces obstacles en théâtralisant ses émotions à la manière des grands tragédiens dans la provocation et l'excentricité.

Dali 1961

Il se fabriqua très tôt une apparence qui le protégea, mais qui l'amena à confondre le personnage médiatique créé avec le craintif-timide qu'il était réellement. Et cela donna les débordements en tous genres qui firent sa réputation de quasi aliéné au détriment de son oeuvre qui reste une des plus géniales de son temps. Son intelligence, son ingéniosité ne faciliteront pas non plus les choses, car il aimait brouiller les pistes quitte à s'y perdre lui aussi. C'est un homme qui lut Freud très jeune, il s'y configura à sa façon très personnelle, ce qui  ne facilite pas non plus une interprétation aisée de ses oeuvres;

étude pour le miel est plus doux que le sang 1926

 il faut bien avouer que regarder un tableau de Dali sans indice n'est pas chose aisée. Dali était avant tout un individualiste convaincu, égocentrique. Il se tiendra en dehors de tout courant communiste, au contraire du groupe des surréalistes avec lequel il se brouillera. Dali, avec l'aide de Gala aura toujours foi en lui, uniquement.   

Il suivit des courants artistiques, Dali, s'inspira des autres, mais dès le début, trouva son style.

Autoportrait au cou raphaélesque 1921

 Post impressioniste : autoportrait au cou raphaélisque' 1921 d'après un autoportrait de Raphael 1506 est une peinture aux touches colorées, cou puissant où Dali joue à se transcender en Raphael.

cubiste inspiré par Nu descendant l'escalier n°2 de Duchamp, réalise Autoportrait cubiste enAutoportrait cubiste 1923

1923,

le « noucentisme »(qui commence entre 1906 et 1911 )  avec

Portrait de ma soeur 1925 détail

portrait de ma soeur en 1925  perçu comme un retour au classicisme méditerranéen

Pierrot jouant de la guitare 1925 Picasso

cubiste à nouveau en 1925 avec Pierrot jouant de la guitare (Peinture cubiste) 

 

 

 

Composition aux trois figures Académie néocubiste 1926

en 1926 néo cubiste inspiré par Picasso avec sa 'composition aux trois figures."Académie néo cubiste

Les Efforts stériles Petites Cendres 27-28 Picasso

en 1927-1928  surréaliste il est inspiré par Miro, Tanguy, 'Les Efforts stériles. Petites cendres' ce tableau commence à ressembler à du Dali  avec ses phobies, Vénus tronquée, têtes coupées, attributs sexuels, animaux morts.  

1929 rencontre Gala, sa première expérience sexuelle féminine, l'amour de sa vie .

  Dali a des thèmes récurrents qui deviendront des obsessions : les oeufs sur le plat viennent de sa vie utérine

Oeufs sur le plat sans le plat 1932

(paradis utérin couleur du feu de l'enfer orange et rouge, mou et gluant), ses yeux qui enfant l'emmènent déjà dans le monde du rêve, visages-rochers, coquillages-objets qui se mêlent aux images de ses livres d'enfant. Dali s'amuse avec les formes, les assemblent, les enchâssent l'une dans l'autre et émerveillent notre regard qui se démultiplie, découvre d'autres formes, d'autres images

Dali Apparition d'un visage et d'un compotier sur une plage 1938

 un tableau dans le

Buste de Voltaire détail Dali 1941

tableau. Il souhaite ainsi créer une autre réalité qui relaie celle où nous vivons estimée illusoire. 

scatologie, doigts phallus, lèvres vagins,

Guillaume Tell 1930 détail

lions qui symbolisent la terreur

G Tell détail fourmis et âne

 fourmis, sauterelles,

Bureaucrate et machine à coudre 1933 détail homard

homards ou langoustes, oeufs, oursins (symbole du dur pour sa carapace) qu'il adorait manger, montres molles( symbole du passage du temps) encrier avec plume, le dur et le mou, tout chez Dali est soit sexualité, soit pourriture, en gros, en gros !!!  Il est sacrément obsédé par le sexe, surtout phantasmé d'ailleurs plus que concrétisé, et par la mort sous toutes ses formes.  

Gala eut le talent de se faire aimer par 3 grands artistes, Paul Eluard, Max Ernst et Dali. Gala au port de tête altier, au corps superbe, au regard intense.

Gala et Dali

Assumpta corpuscularia lapislazulina détail Dali 1952

L'Ascension du Christ

 

Je terminerai avec 2 peintures que j'aime particulièrement, un hommage à Vélasquez

Vélasquez peignant l'infante Marguerite avec les lumières et les ombres de sa propre gloire 1958 Dali

La Madone de Raphael à la vitesse maximum 1954

que Dali admirait et une Madone raphaélique revisitée par l'extravagant peintre.

A vous revoir, encore, Monsieur, en plusieurs fois.

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20 janvier 2013

Les 1000 et une nuits

1001nuits

Shéhérazade, Ali Baba, Aladin et sa lampe merveilleuse, Sinbad le marin évoquent une petite partie des lectures de mon enfance, il était temps de les rencontrer. L'institut du monde arabe m'en a fourni l'occasion;  l'âge permet ce retour prodigieux aux sources de l'enfance qui nous ont construits tels que nous sommes devenus, et je ne rate jamais une occasion de relier le passé et le présent. Alors j'ai retrouvé mes yeux d'enfant pour regarder, écouter, rêver ... Des Mille et une Nuits Les mille et une nuits

originels, on ne sait rien, si ce n'est qu'ils étaient destinés aux rois; datent-ils d'avant Jésus Christ, rien n'est moins sûr, en 879, on trouve une première trace écrite des Nuits, auteurs inconnus, récits racontés, adaptés, remaniés, copiés, sont ils une traduction d'un ouvrage perse intitulé Mille Contes ou Mille récits extraordinaires, dont il ne reste rien, ou bien sont ils des écrits venus d'ailleurs pour une population ciblée, celle de sang royal, traduits par des savants, repris par des copistes, qui ont chacun re-travaillé le texte, apportant des personnages nouveaux, faisant des Mille et une Nuits un livre en perpétuelle évolution ?

Jacques Emile Blanche 1911

Shéhérazade est l'héroïne incontestable qui vient de l'origine, c'est évidemment celle qui m'a le plus marquée ! faut dire qu'une femme qui raconte des histoires pour ne pas mourir c'est pas banal, à cette époque, on leur demandait surtout de se taire, c'est plutôt réjouissant, caustique même ... nous sommes toutes des Shérérazades  qui racontons des histoires, souvent pour nous même d'ailleurs, n'a pas de Shâhriyâr qui veut, n'a pas de roi qui adore vous écouter qui veut ...Shahrâzâd ou Shéhérazade est la première auteure au final qui doit raconter au péril de sa vie, pas étonnant que les femmes se soient tues si longtemps, pas étonnant que les femmes soient contraintes à se taire encore si souvent ...

1000 et une Nuits

Shéhérazade est la première femme qui doit sa survie à son intelligence seule, à son érudition raffinée. Elle doit aussi cette promotion si je puis dire grâce à 2 autres femmes reines, adultères, tuées par leurs époux (qui étaient frères). Shâhriyâr, l'un des frères décide alors d'épouser chaque jour une vierge qu'il tuera après l'avoir déflorée; 3 ans plus tard, il n'y a plus de vierges vivantes, heureusement le vizir du roi a 2 filles dont l'une Shahrâzâd ou Shéhérazade a lu mille livres, elle propose à son père d'épouser le roi, elle apaise ses sens, tout en maintenant un suspens dans les contes qu'elle raconte, et ce durant mille et une nuits, le roi devenu amoureux décide d'arrêter sa vengeance et lui accorde, enfin, la vie sauve.Lucie Delarue-Mardrus 1906

   

Les manuscrits sont traduits en français pour la première fois en 1704-1717 par Antoine Galland, à partir d'un volume syrien du xv siècle contenant 35 contes, Galland modifie complète  épure. Succès et traduction en danois, allemand et anglais. En 1885-1888 un anglais Richard Burton fait une traduction plus complète, nouvelle traduction de Joseph-Charles Mardrus en 1899-1904 plus érotique, plus exotique, une photo de sa femme qui l'a sans doute inspiré.

 En 1986, traduction de René Kawam à partir de manuscrits originaux anciens. Les Mille et une nuits n'ont pas fini d'être traduits, corrigés, modifiés. Au début du 20ème siècle, l'orientalisme sévit dans tous les domaines artistiques, le cinéma s'en empare aussi, et fleurissent des Shéhérazades pour tous les goûts.Affiche de cinéma

Edmond Dulac 1907

 

Le voleur de Bagdad 1924

                                                 Les artistes illustrent les contes

 

Broche à cheveu René Lalique

L'exposition est hétéroclite et riche, manuscrits originaux, copies, films, musique, opéras, danses, objets orientaux, bijoux, costumes, points écoute de contes, gravures, tableaux ... un souk en somme, coloré, varié où l'on se perd avec délice.  

  

 Les génies exaucent les voeux, profitons en.Le songe de Cosrou 1875

détail Edmond Dulac illustration

 

 

 

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18 décembre 2012

Hokusai 1760-1849

Un autre nom est associé à Hiroshige, associé donc aux impressionnistes, alors je suis allée vers lui, au musée Guimet qui présente un tout petit échantillon de son immense production. Mais cela se déguste petitement, cela s'apprivoise petit à petit, l'estampe japonaise !

C'est un monde inconnu de moi, une culture mystérieuse, un voyage spirituel à faire, plusieurs rencontres à faire, à mon gré, à mon rythme, quand je veux, quand je peux. Hokusai né en 1760 est un enfant d'origine inconnue, adopté. Il acquit une culture en travaillant comme commis dans une bibliothèque, entra en apprentissage à 14 ans chez un graveur sur bois : une vie vouée à l'art où il devint l'un des principaux représentants de l'ukiyo-e dont il arriva à s'échapper, pourtant, un ukiyo-e à sa façon. Peintures, dessins, estampes, livres illustrés constitue une oeuvre gigantesque incalculable. Ses thèmes préférés seront le mont Fuji, la mer, les personnages et les plantes. Ses visages sont particulièrement expressifs pour l'époque, ses femmes souples et gracieuses. L'influence occidentale se manifestera par l'usage de la perspective, les effets de clair-obscur, les ombres. 

Le musée Guimet présente actuellement 40 des peintures, estampes, dessins d'Hokusai. 

Hokusai 1830 Guerrier détail

A l'encre de chine, veille un guerrier sur son cheval cabré, matez donc le visage au regard acéré et mystérieux (si, si)du guerrier, des yeux de faune.

La vague,  des 36  vues du mont Fuji.

Kajikazawa dans la province de Kai- Hokusai

La grande vague 1830-32 Hokusai

Hokusai 1833-1834

En réalité des mille vues, Hokusai n'en réalisa que dix, chacune mettant en scène la vie des pêcheurs.

Démon de la jalousie riant 1831 Hokusai

Spectre d'Oiwa 1831 Hokusai

Issus de la série Cent Histoires de fantômes,  2 aimables spectres.

Hokusai musée Guimet

De celui là, je ne me souviens plus du titre, une histoire de filles qui dansent pour les garçons, je crois, peut être ! mais j'aime le raffinement du trait des visages, vêtements ....

Hokusai peindra jusqu'à la fin de sa vie, il meurt en 1849.  

Hokusai Autoportrait à l'âge de 83 ans 1842

 

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12 décembre 2012

Yue Minjun

yue Minjun 2012

Peintre né en 1962 en Chine, a d'abord dû travailler pour une entreprise de pétrole, à 23 ans en 1985, il va étudier l'art à l'école normale de Heibei, puis s'installe dans un village d'artistes marginaux et contestataires près de Pékin. Il fait partie du courant dit réalisme cynique, courant en opposition à la peinture propagande du pouvoir politique, qui, après les évènements du printemps de 1989 de la place de Tiananmen qui engendrèrent un nombre important de victimes, figea le processus de libéralisation entamé dans les années précédentes. Yue Minjun choisit alors de mettre le rire en avant, démesuré, exagéré, outrancier, monstrueux, caricatural. Il dit exprimer ainsi le tragique et le douloureux par l'intermédiaire du rire qui devient rictus, grimace, masque.     

Un des tableaux les plus connus de Minjun, un qui a établi un record de vente pour un artiste chinois 

Manet

 

Goya

 

Picasso

Exécution

 Exécution est sans doute célèbre car il fait référence à ceux de Goya (1808), de Manet (1867), de Picasso (1951), revu, corrigé à la manière universelle en somme de Yue Minjun un seul visage pour n'importe quelle exécution, un seul visage qui associe les bourreaux aux victimes, un humain contre un autre humain, vous, moi, lui ...  ses tableaux de cette époque (90-2000) représentent toujours un rapport de force, l'humanité contre les armes, contre la dictature politique qui muselle la pensée.     

 

Yue Minjun peint dans un style comique des situations tragiques, douloureuses. Cela provoque au début le rire des spectateurs, mais si le regard persiste, on ne voit plus que le tragique qui s'impose.  Quand il était enfant, faire la queue, porter les mêmes habits que les autres, participer aux activités collectives lui était normal, en grandissant il s'est rendu compte que cette forme d'esclavage imposée par le régimeEverybody Connect to Everybody était

insupportable à vivre, et c'est ce qu'il choisit de montrer en peignant ses tableaux qui sont une accumulation de ce qu'il a vécu. 

 

Sky d'Yue -Minjun 1997

 Une évolution, le rire laisse place à un monsieur tout le monde qui rit encore, mais

Yue Minjun

prend un peu de liberté.

Une période où Minjun peint des labyrinthes vers 2007/2008,

mao xinglan

 qui posent une question : Le peuple chinois arrivera t'il à s'extirper de sa propre culture ?

      

 Et puis, une période de tourment pour le peintre, alors il a peint une feuille, l'a froissée puis redéployée, MinRe-Portrait 2012 Yue Minjunjun exprime par son art le ressenti de son tourment, le disloque et s'en débarrasse ainsi, sinon il serait devenu une souffrance,

 

 

  

cet autre tableau qui rappelle un peu Bacon, est une autre manière de s'échapper, de cet art cynique peut être, qui risque de l'enfermer ... alors il recherche d'autres possibilités ... 

Le rire s'est peut être éclaté ....yue 4 à voir à la Fondation Cartier

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