22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

Posté par maison43 à 14:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


27 septembre 2012

Dame Romane contemporaine

Cathédrale du Puy en Velay

Posté par maison43 à 20:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 juillet 2012

Misia

Misia 1897

Misia détail Bonnard

A défaut d'amour maternel (mère morte à sa naissance), Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska  dite Misia 1872-1950 ne manqua pas d'amour, sa vie durant. Issue d'un milieu artistique nanti, père sculpteur, grand père maternel violoncelliste réputé, oncles maternels compositeur chef d'orchestre pour l'un, violoncelliste pour l'autre, oncle par alliance ténor. Misia était, elle même, une pianiste talentueuse. Mais voilà, Misia préfèra se marier, ce qui était plutôt tendance à l'époque,  plutôt que de gagner elle même sa vie. 

Misia eut ce talent de se trouver à 3 reprises, des maris riches, critique d'art, patron de presse mécène et peintre. En prime pour le plaisir, elle sut se faire aimer par des amants, talentueux eux aussi. Misia n'eut de cesse de se faire aimer avec une certaine goinfrerie qui la desservit à la longue. Séductrice, pas une beauté renversante mais charmeuse de ... gens de talent ! Elle pose  un peu allumeuse, un peu boudeuse, un peu rêveuse.

Misia posant

 Beaucoup d'amoureux se lassèrent de n'être pas uniques ou de son aimable indifférence qui sait ! Les maris en épousèrent une autre. Et puis l'âge venant, sa beauté du diable s'estompa, son besoin d'être mis en lumière s'aggrava, et Misia acheva une vie orientée vers les arts, sans être artiste, follement occupée, mais au final n'ayant jamais trop donné de sa personne.  Du moins, c'est ce que l'on dit ! Je suppose que cette Misia avait un charme fou, qui devait un peu être jalousé, libre d'esprit, elle suivit sa route sans trop s'occuper des autres, généreuse elle le fut souvent, sans doute aussi pour se faire plaisir, mais la générosité n'est ce pas avant tout cela ?  

Premier mari Thadée Natanson, critique d'art fondateur de La Revue Blanche , époque peintresMisia assise ds une bergère 1901 détail

 

La nuque de Misia 1897-1899

Vuillard d'abord,  amoureux transi, qui la peint les années Natanson

Le corsage rayé détail 1895

Misia à sa coiffeuse 1898 détail

 

Félix Valloton probable amant de passage éconduit ou lassé ..

A table chez Mr et Mme Natanson 1895

 

 

 

Toulouse-Lautrec

qui la croquera en tenancière 

 

 

Bonnard détail Couverture Revue Blanche

Le petit déjeuner de Misia Natanson détail 1899

 

 

Misia au piano 1902

 

 

Bonnard  lui préfèrera le charme effacé de Marthe, mais sera sans doute un ami Bizarrement, elle  se ressemble peu sur  2 de ces toiles, pourquoi ? muse sans visage peut être, muse sans passion, sans doute et quand Bonnard a trouvé sa muse malléable à merci, elle, il peint enfin  Misia comme il peut enfin la voir ! Misia au piano, c'est bien elle, jeune, boudeuse et charmante et inaccessible. On est en 1902, Bonnard connaît Marthe et Misia ne le fait plus rêver, il peut se permettre de la peindre telle qu'elle est. Il sera un des rares à continuer à la peindre durant l'époque Edwards.

 Durant les années Edwards patron de presse plus fortuné que Natanson  en 1905, vie luxueuse, yatch, Renoir qui fait un portrait d'elle très très boîte de chocolats,

Misia Edwards 1908

Misia 1904

Renoir est un peu amoureux comme d'hab !! Bonnard qui joue à Renoir en mieux, avec plus de subtilité, plus de finesse.

  Elle sera donc un temps certain épouse d'Edwards, habite à Paris quai Voltaire. Bonnard toujours présent lui peindra des panneaux pour son intérieur. Il voyage à bord de leur yatch, en 1905, il navigue en compagnie de Ravel.

En yatch vers 1906

 

Période verte de Bonnard

Le yatch d'Edwards 1912

 Puis

Misia allongée sur un divan 1907-1914

Bonnard se met à la couleur,  et peint Misia  avant d'ouvrir ses fenêtres en grand.

 

 

 un amant écrivain Romain Coolus puis rencontre avec Diaghilev imprésario qui permettra à Misia de jouer à la décoratrice, à la costumière, à la chorégraphe par artistes interposés : Debussy, Cocteau, Nijinski, Ravel, Sert qui alors est son amant dés 1905 ...

c'est son époque Ballets Russes. Période sans doute intense de sa vie où Misia n'est plus muse, elle a un rôle important ou qui se veut important, je n'en sais rien, dans le milieu artistique musical de l'époque. Satie, Ravel, Stravinski  .... Misia a toujours aimé la musique et jouera du piano jusqu'à la fin de sa vie.  Edwards divorce en 1909, meurt en 1914.

Elle épousera Sert, peintre décorateur, en 1920. Et ce sera sa période écrivains Proust, Mirbeau, Cocteau s'en inspireront pour certains de leurs personnages. Elle sera louée, décriée, Misia, peinte, photographiée. Elle demeure une des icones d'une fin de siècle un peu trop ... et d'un début de siècle, pas assez ...  pas vraiment courtisane, ou demi mondaine, encore que ... seule son origine sociale lui donne une autre couverture ! mais qu'importe, elle était muse, égérie, découvreuse de talents, mécène evidemment ... une femme particulière au talent particulier. Sa vie sera liée aussi à celle d'une autre femme particulière Coco Chanel, dont elle adoptera d'ailleurs le style les dernières années de sa vie, faut dire que Chanel lui restera fidèle jusqu'à sa mort en 1950, même si cette amitié fut parfois tumulteuse.   

Une femme libre Misia ? pas vraiment, une femme qui s'écouta beaucoup, sut profiter des autres, mais les autres évoluèrent par elle, grâce à elle. Une femme particulière certainement.

Exposition au Musée d'Orsay, le temps d'un été.

Posté par maison43 à 12:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

12 juin 2012

Piéta

Issoire

Posté par maison43 à 20:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

01 juin 2012

Séraphine Louis

Moi, Victorine Louis, j'ai eu 3 filles : Argentine, Clarentine et Séraphine, mon fils se nomme Alfred, pas facile de trouver un prénom en ine et puis je suis morte, mon fils, ma fille et mon mari aussi..

   Donc, Argentine et Séraphine Louis seules survivantes. L'une a 22 ans, l'autre 7 ans. L'une se marie, a une fille, l'autre se partage entre l'école et les champs avec les bêtes à garder pour gagner un peu d'argent, celle là est solitaire et pieuse. Elle ira faire le ménage des autres, dans un couvent où elle reste 20 ans. A 38 ans, elle quitte le couvent pour travailler chez des particuliers. A 42 ans elle peint. Elle aura quelques conseils rares, des aides matérielles, mais peindra spontanément. Elle connaîtra un peu le succès, remarquée par un collectionneur, elle dépensera sans trop de discernement l'argent gagné, elle sera enfermée pour cause de décompensation d'un état psychotique. Elle ne peindra plus jamais et mettra 10 ans à mourir.                                                Les grandes marguerites 1925                             Séraphine Louis

Dites moi, Séraphine, savez vous que les séraphins sont les gardiens du trône de Dieu ?

S : moi, tout ce que je sais, c'est que ma mère Victorine ne voulait que des rimes en ine .. D'où Argentine pour mon aînée, Clarentine pour la seconde et Séraphine pour moi. Le reste n'est que littérature. 

D'où tenez vous votre inspiration ?

S : qu'est ce que j'en sais moi, je n'ai peint que ce que je voyais, que ce que j'aimais, que ce que je pouvais : les fleurs, stylisées, rêvées, sorties de mon imagination, les fleurs qu'on ne m'a jamais offertes. Peindre, c'était  vivre, enfin, exister.

Et Quel est le secret de vos couleurs ?

S : Ocres, jaunes, rouges, terres brunes, vert de gris, airelles, écorces de châtaigne, bogues de chêne, noyaux de pèches et de cerises brûlés, blancs de coquille pulvérisés, gomme arabique, jaunes d'oeuf, et puis de l'huile sainte, Feuilles diaprées sur fond bleu 1929car donnée par le curé, et puis du .... Ripolin qui est une peinture à l'huile, et puis un peu plus tard encore du vernis. Y a pas de secret, j'ai su faire d'emblée, c'est tout.

On vous dit étrange Séraphine ?

S :Quand vous avez la vie que j'ai eu, orpheline, ménages, 20 ans de contact avec des religieuses, ça n'aide pas s'épanouir, on n'a pas de modèle, on  ne vit pas, on survit madame, on s'habitue à la peine. Alors sûr que je suis différente des autres.l'arbre du paradis 1929 détail

Vous avez une peinture diablement sensuelle, Séraphine ?

S : Il y a bien que là, que j'ai pu l'être, sensuelle. Je n'ai aimé personne, pas eu ni l'occasion, ni le temps, mais j'ai aimé passionnément peindre. J'ai aimé le velouté des fleurs, leur parfum, leur toucher, joue contre pétale, si doux, si suave, si tendre comme un doux baiser. Alors j'ai mis tout ça dans mes peintures. Les grappes de raisin 1930Grappes et feuilles roses 1925-1930 détail

Et votre internement ?

S : une mort lente, absurde et inhumaine. Je ne la souhaite à personne. Je suis morte le jour où ils m'ont internée.

Alors, folle, Séraphine ?

 S : A votre avis ?

Au musée Maillol, des peintures de Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis 1864-1942.

 

 

Posté par maison43 à 18:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 mai 2012

Louise Delorme peintre Haute-Loire

A l'Hôtel-Dieu du Puy, une rencontre particulière avec une Dame singulière et secrète qui nous propose le temps d'une visite un rare moment de plaisante sérénité. Plaisir des yeux, écoute silencieuse, écoute du silence dans un lieu où je suis la seule visiteuse .. avant qu'enfants des écoles, touristes n'envahissent le lieu. Objets de nécessité basiques, uniques : La chaise 1981une tableDrap rose oublié 1999, une chaise, un bougeoir, un pot, objets minimalistes mais nécessaires à la vie qui représentent le quotidien, la vie simple; objets qui deviennent vivants, témoins des douces habitudes qui remplissent les solitudes des vies. Solitude de la chaise face au spectateur solitaire et, improbable mais pourtant réelle, union entre ces 2 solitudes.

 Masses cylindriques que vous voyez comme vous voulez, Louise Delorme ne fait que suggérer, et laisse votre imagination faire le reste : énormes rochers,Force perpendiculaire et oblique noire 2000 orgues basaltiques, poutres des maisons, croix de pierre Poids et équilibre 2002des priants, croix de bois des souffrants, et puis quand la vie vous semble plus dure, les fleursBouquet tout écarté 1997Louise Delorme, les genêts, la paille, la terre, les chemins qui vous délivrent, qui vous ramènent à l'essentiel d'une vie. Et pour tous croyants ou non, une série de vierges en majesté, de Dames Romanes solitaires Vierge au manteau bleu 2000La Vierge, l'enfant et la croixelles aussi, puisque la solitude fait donc partie de la vie.

Louise Delorme est née en Haute Loire en 1928. Ses parents ont une ferme. En 1948, elle part à Paris où elle suivra des cours à l'école des Beaux Arts et dans l'atelier du peintre Henri Goetz. En 1950, elle expose au musée Crozatier. Elle vivra à Paris durant 30 ans, exposera dans plusieurs pays, puis reviendra vivre en Haute Loire.   

Exposition jusqu'au 6 juillet.  

Note pour ide :

Altiligérien : habitant de la Haute Loire.

Posté par maison43 à 18:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20 mai 2012

Artémisia

Est obsédée, Artémisia par la traîtrise des hommes, celle de son père d'abord, puis celle de l'associé de son père ... curieusement cette femme célèbre autant par sa vie aventureuse que par ses peintures utilisera toujours aussi les hommes et saura au final en tirer des bénéfices certains, même des pires (hommes).

Il faut dire qu'elle est particulièrement belle, sensuelle, et douée pour la peinture, elle se prendra souvent pour modèle, et aura une prédilection pour les femmes de caractère.Cléopâtre A Gentileschi A cette époque où seuls les grands commanditent les oeuvres d'art, il est essentiel de s'assurer de solides et riches protections. Le haut clergé constitue encore un mécénat important mais  aristocrates, banquiers marchands sont des clients de plus en plus demandeurs. 

Artémisia  Gentileschi est née en 1593 à Rome. D'une lignée d'artistes, Artémisia, enfant, broie les couleurs de son père, lui prépare ses toiles, cuit Holopherneses vernis. Carrache (1560-1609), mais surtout Caravage (1571-1610) marquent sa peinture. Comme son père, elle fait partie de la lignée des peintres dits caravagistes. L'étonnant du choix des peintures chez Artémisia tient à sa qualité de femme; les femmes peintres de l'époque peignent des fleurs, des natures mortes, des portraits, des enfants, des scènes religieuses. Artémisia peint avec une rare violence des sujets laissés aux hoHolopherne 2mmes

 

 

 

 

 

 

et les regards des femmes peintes,Allégorie de la RenomméePortrait de religieuse qui sont souvent des auto-portraits témoignent  d'une force de caractère peu commune. Elle peindra une succession de Judith qui vaut largement celle de Caravage. Bon, j'avoue, je suis un brin féministe, donc un peu, beaucoup, passionnément ... partiale.    

Scandaleuse, fille de .., amoureuse, passionnée, mère, intriguante, frivole, mais volontaire dans tous ses rôles, déterminée à laisser une trace dans l'histoire de l'art. Allégorie de la peinture Autoportrait

 

 

 

 

Judith et Holopherne

 

 

 

Elle y

 est arrivée,  peintre, avant tout.judith et sa servante  (Lire pour en connaître davantage sa biographie écrite par Alexandra Lapierre)

A voir en ce moment au Musée Maillol.

Posté par maison43 à 20:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 mai 2012

Deux regards sur la Haute-Loire

Photos et peintures de sites connus, aimés qui jouent avec nos souvenirs, nos rêves, nos possibles  et nous offrent un chant du monde à la manière de Giono à l'Hôtel Dieu, du Puy en Velay, qui vient de ré-ouvrir ses portes après un sommeil hivernal. Philippe Bousseaud est le photographe et Lu Yongzhong est le peintre, ils ont travaillé ensemble et nous offrent chacun leur vision d'un même site .Aiguilhe

                                     Un temple boudhiste perché sur le rocher d'Aiguilhe

Lever du soleilUne petite chapelle au Soleil Levant 

 

 

 

 

 

 

 

L'un joue avec les ombres, les reflets, les éléments naturels, l'autre y met de la vie, de la couleur et de la poésie. Pinatelle                                       

Quelques pins de boulange La danse des arbres dorés

sur le mont Denise.

         

 

Les arbres dorés dansent sous

           le pinceau de LU Yongzhong.  

 

 

cascade de la Beaume

Chutes d'eau de la Beaume au vert printemps pour Philippe Bousseaud, Printemps de mars

 

 

                Chutes bleues où animaux se baignent

                                                pour le peintre.  

 

 

 

    Un fort joli début de saison Lumières d'une cité célestepour l' Hôtel Dieu dont on attend la Bol du bonheur (détail)suite : Louise Delorme artiste peintre née en 1928 en Haute Loire du 12 mai au 6 juillet, puis une exposition ' Au fil des araignées' de juillet à Octobre, et ... à nouveau l'hiver.   

Posté par maison43 à 18:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 avril 2012

Berthe Morisot

Berthe Morisot est née la même année que Renoir en 1841. Mallarmé naît l'année d'après en 1842. Monet l'année d'avant en 1840. Voilà pour la maternelle. Dans la cour des grands, il y a Degas âgé de 7 ans, Fantin Latour âgé de 5Bert Morisot ans et Manet âgé de 11 ans. Rien que du beau monde qui se côtoiera rapidement. Si les hommes ont suivi plus ou moins d'ailleurs des cours aux Beaux Arts, les femmes n'y ont pas accès, mais Berthe apprendra tôt le dessin, 12 heures par semaine, puis aura un élève d'Ingres et de Delacroix comme professeur, Guichard, qui lui fera faire des copies au Louvre et lui fera rencontrer Fantin Latour, puis Camille Corot qui deviendra son professeur, et lui fera connaître  Charles Daubigny.  Berthe sera entourée rapidement de jeunes talents,ceux qui sont du même âge qu'elle et les plus âgés comme les Manet. Pas une facile, Berthe, pas une commode, elle sait ce qu'elle veut, peindre avant tout, Elle doit se battre en permanence contre les idées reçues, contre son père, contre sa mère qui aimerait la marier, comme elle a marié ses 2 autres filles, mais Berthe persiste, quitte à manifester de la mauvaise humeur, quitte à se morfondre dans la mélancolie et à se replier sur elle. Pas aisé d'être libre pour une jeune fille de bonne famille à cette époque, alors que l'on rêve d'être peintre, alors que l'on a un talent qui vaut bien celui d'un homme. En 1863, sa soeur Edma la peint, en peintre .. Berthe a alors 22 ans. On parlera de rivalité entre les 2 soeurs, il n'y en aura pas, pas en ce qui concerne la peinture en tout cas. Edma a pour but de se marier. Berthe se liera d'amitié avec la duchesse de Castiglione Colonna sculptrice connue sous le nom de Marcello, femme libre. Elle fréquentera aussi Mary Cassatt.    

On a tout dit ou presque de Berthe, pour moi, elle représente la victoire d'une femme sur une époque où seul l'homme avait des droits , malgré sa classe sociale si misogyne, si sclérosante pour les femmes. Il lui en fallu de l'obstination pour persister à peindre, pour contrer les volontés opposantes, d'abord celle de son père heurté sans doute par cette fille ombrageuse et fantasque, puis celle de sa mère qui l'encouragea souvent, mais qui  interprète mal la sensibilité de Berthe plus préoccupée par son art que par la recherche d'un mari pour fonder un foyer, sa mère qui s'inquiète de sa maigreur et la voudrait grasse et fertile, et je ne parle pas des critiques qui la traitent de peintre de ménage, qui la disent folle.

Bien sûr, elle bénéficPortrait de B Morisot et sa fille huileia d'un mari précurseur dans sa modernité, qui lui facilita la vie pour l'aider au mieux à exercer sa peinture, qui lui donna une fille Julie, qu'elle aima passionnément, cet amour maternel qui combla certainement ce manque d'amour réel de sa vie. Et puis, elle eut beaucoup d'amis, Berthe, en vrac, Manet l'amour manqué, Degas, Mallarmé, Renoir, Monet elle aimait briller Berthe, et brilla souvent grâce à cette petite cour de fidèles fort respectueux, toujours, qui gravitèrent autour d'elle. 

Berthe Morisot, une peintre qui osjeune femme en gris étendue huilea la modernité plus que toute autre, une belle femme, une peintre de talent, une putain de sacrée de bonne femme !  Elle avait un coup de pinceau, puissant rageur, parfois, les traits des visages flirtant avec l'abstraction, elle  joue avec les couleurs et les décline dans tous les tons.

Elle peint villa dans les orangers Nice- Huilela nature par petites touches, un petit fouillis de fleurs et branches mêlées au vent, au flou, à un je ne sais quoi d'inachevé 

 

 

 

 

La vie ne l'épargne pas, lui enlève Edouard Manet en 1883Portrait de Marcelle dernier tableau, puis son second beau frère Gustave en 1884, et sa belle mère un mois plus tard. Eugène son mari a une tuberculose et végétera 5 longues années soigné tendrement par Berthe. Il meurt en 1892. La soeur aînée de Berthe meurt elle aussi cette année là. Berthe se consacre à Julie âgée de 14 ans et à sa peinture. Elles sortent avec Renoir, Mallarmé, vont à Giverny, reçoivent à nouveau les habitués, dont Rodin. Elle s'occupe de ses nièces, orphelines, PB Morisotaule et Jeannie Gobillard. Berthe peint ces jeunes filles assez classiquement, puis se met à peindre des nus, d'après des jeunes modèles, des femmes à leur toilette. Berthe Morisot semble avoir trouvé la sérénité, mais ce n'est qu'une apparence, elle doute toujours de son talent, recommence plusieurs fois ses tableaux, les reprend et ne les achève pour ainsi dire jamais. Le dernier tableau sera celui de Marcelle, toujours ces petits traits de pinceaux qui la caractérisent.  Julie est grippée en ce début d'année 1895, Berthe est atteinte à son tour et meurt lucide, le 2 Mars. Elle avait 54 ans.  

Marmottan nous propose jusqu'au 1ier Juillet 2012, une belle rencontre avec cette peintre. La dernière, en France remonte à 50 ans, alors si vous aimez, et n'être plus très jeune, c'est l'occasion ou jamais !

 

Posté par maison43 à 16:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 avril 2012

Degas et les nus

Le nu chez Degas (1834-1917) représente 1/5 ème de son oeuvre, sous toutes les formes, à l'huile, au pastel, au crayon, en lithographie, en sculpture. Le musée d'Orsay nous offre de contempler une partie de ces nus. Un parcours intéressant mais difficile à voir, tant il y a de monde !

Degas, issu Etude d'homme nu allongé 1857d'une famille bourgeoise aisée décide de copier au Louvre, dés l'obtention de son baccalauréat, il a 19 ans. En 1854, il fréquente l'atelier de Louis Lamothe, en 55 il rencontre Ingres. En copiant les maîtres dont, Michel -Ange, Mantegna, Degas affine son trait. Il montre  un goût prononcé pour le sujet historique. De 56 à 59 Degas copie les Antiques, dessine des nus masculins, apprend les ombres, les hachures. En 58 rencontre Gustave Moreau. il dira de cette époque 'ici le mieux est d'employer mon temps à étudier mon métier'.

Et il étudiera bien. 

  

 En 59 il loue un atelier à Paris. Il met en pratique ce qu'il a appris, avec sa propre inspirationJeune fille spartiate vers 1860 : ses nus sont plus contemporains qu'antiques. Degas ePetites filles spartiates provoquant des garçons 1860-62xcelle dans le dessin.  Il revisite à sa façon la peinture d'histoire, dessine les corps avec plus de réalisme ambigu, les Petites filles spartiates provoquant des garçons seront l'objet de plusieurs esquisses, au dessin, la jeune fille tendant le poing, assez agressive sur le dessin , plus provoquante  sur la peinture à l'huile date des années 60-62 restera chère à Degas. Souvenir de jeunesse où tout était possible.  En 65, Degas présente au salon ' Scène de guerre au Moyen Age', dont on  veut faire aujourd'hui un manifeste pour la cause des femmes violées en temps de guerre.Scène de guerre au moyen âge détail 63-65 Il aurait fallu que monsieur Degas se livre à ce sujet, mais Degas est un pudique sentimental et taiseux, sous ses dehors entiers, intransigeants, alors reste l'ambiguité prScène de guerre au Moyen Ageovoquée par ce type de peinture, certainement voulue : voyeurisme, provocation de carabin,désir d'humanité, ou tout simplement besoin bien légitime de s'essayer aux grands maîtres, en modernisant à sa façon , nous n'en saurons jamais vraiment rien. 

Et puis ce tableau intimiste, qui fera couler beaucoup d'encre, Intérieur. Hypothèse d'un viol ? séparation de 2 amants ? virginité perdue ? 

Au choixIntérieur 68-69

 

 

 

 De 1876 à 1879, finis les  beaux nus, les femmes violentées qui restent quand même belles, place au grotesque, à la caricature, aux pubis 'origine du monde' La fête de la patronne 77-77des dames des maisons closes qui se baladent toutes nues, dans des poses obscènes, qui assises écartent les jambes sans grâce .. Degas utilise le monotype à l'encre noire. Ces femmes ont toutes le même physique, cuisses et fesses charnues, petit ventre, visage grossier, ce qLa fête de la patronne Monotype encre noireui permettait de déclarer, selon la théorie scientifique en vogue de l'époque : la physiognomonie que les prostituées correspondaient à un type physique particulier, héréditaire qui plus est, théorie à la mode qui les déterminait, socialement, physiquement à n'être que prostituées. Là encore, que des hypothèses, Degas adhérait-il vraiment à ce courant (physiognomonie), ou bien, lui servait il d'alibi, de prétexte à s'exercer à une pornographie libératrice, malicieuse, licencieuse où la caricature et l'humour lui servaient aussi à exprimer ses peurs secrètes...  Auriez vous eu peur, monsieur Degas, pour des raisons qui vous appartiennent, du sexe féminin ?     

Degas continue à explorer, vers 1880, le nu féminin en nous faisant découvrir la vie la plus intime des femmes, celle que l'on n'évoque pas,Le petit déjeuner à la sortie du bain 95-98 pastel dans son monde, tout ce qui concerne les soins du corps, et là, il peindra à nouveau des femmes de la bourgeoisie, une servante est là pour témoigner du rang social. Degas incorrigible, si il n'accentue plus les traits (pubis, abdomen rebondi, trLe bain vers 1895 huile sur toileaits simiesques), met ses baigneuses dans des contorsions équilibristes, des poses qui ridiculisent un peu ces femmes qui interpellent, à moins que ce ne soit aussi un effet de style, une étude anatomique du mouvement.  Réjouissons nous de cette équité : prostituées ou bourgeoises, toutes effrayaient un peu Degas, sexuellement.Femme se grattant le dos 1881 pastel Il dira des femmes nues qu'il peint ' Je les montre sans leur coquetterie, à l'état de bêtes qui se nettoient'.Femme nue se coiffant vers 1881 huile sur toile  Degas est assez touchant dans ses contradictions, dans ses ambiguïtés, très humain, ce Degas. Degas aura de solides amitiés féminines, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon qui poseroAprès le bain, femme s'essuyant la nuque 95-98 pastelnt pour lui, pas nues, non !!. Il aura un faible pour une cantatrice Rose Caron. Degas n'est pas un réel misogyne, mais un homme plus fin et sensible qu'il n'y parait, qui a tout bonnement les idées de son époque en ce qui concerne les femmes. Peu à peu, Degas enfin libéré ou ayant dépassé ses préjugés, où bien se moquant de tout, peindra aussi et de plus en plus, des nus plus fondus Femme sortant du bain 1886 pastel sur monotypemoins réalistes mais devenus enfin gracieux, touchants, naturels où Degas alors n'est plus qu'un peintre soucieux du trait, des couleurs de ses pastels où les décors se fondront, évoquant les intérieurs futurs d'un VuillardFemme s'essuyant la nuque 1900-05 pastel et fusain. Degas est un peintre à part entière.

Côté sculpture, Degas n'est pas très convaincant, seule, La Petite Danseuse émerge.Danseuse DegasPetite danseuse DegasC'est un peu lapidaire comme jugement, mais c'est mon droit.

 

Détail

A partir de 1890, ce solitaire s'isole davantage, devient 'indifférent', continue à vivre sans réel plaisir de vivre, mais se livre à ses collections, à sa peinture appréciée de ses contemporains, à ses rares amis qui se meurent d'ailleurs les uns après les autres. Les dernières années de sa vie, Degas sera une enveloppe vide soignée par sa servante Zoé. Il meurt sans souffrance en 1917.   

Posté par maison43 à 18:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,