23 avril 2013

François Curlet

Musée de Tokyo

Bunker

Difficile de classer François Curlet né en 1967. C'est un détourneur d'objets qui souhaite réveiller les consciences en nous incitant à réfléchir, consommateurs sans cerveau, nous ne nous étonnons plus de rien, soumis à des habitudes de vie qui nous emprisonnent autant qu'elles nous libèrent, François Curlet joue avec le paradoxe,

Musée Tokyo

Djellaba

l'ambiguïté, avec beaucoup d'humour et peu de moyens, grâce à son imagination, il invite à la réflexion et titille notre imagination ... un peu, parfois .....

Tout n'est pas convaincant pour moi, l'humour manque parfois et la composition devient alors art de patronage ou d'atelier ergonomique  .. mais encore 2 petites dernières qui m'ont séduite, l'une pour le jeu de

Tokyo 2013

mots, l'autre pour le paradoxe  un bolide-corbillard où la mort arrive par un plaisir, idée qui vient du film Harold et Maud (1971).

C'est quoi l'Art ?Corbillard

Un aller pour ailleurs ..

Oui, dans cet art là, on s'embarque pour nulle part, on sort des normes, et ça, j'aime bien.

A voir au Palais de Tokyo jusqu'en Mai.

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21 avril 2013

Les Gamins

Les Gamins

Film d'Anthony Marciano avec Max Boublil co-scénariste avec Marciano, Alain Chabat, Sandrine Kimberlain, Mélanie Bernier, des seconds rôles sympa dont Kheiron savoureux et inquiétant en homme politique iranien, Mélusine Mayance petite chanteuse tyrannique, François Dunoyer qui incarne la perfection faite homme. Chaque personnage est hors normes, outrancier mais terriblement humain dans ses excès.

 Un homme de 50 ans lassé de sa vie d'homme canapé-télé, incite son futur gendre à fuir le mariage, et l'entraine dans un classique pétage de plomb, filles-alcool-fric, tous 2 musiciens avortés  ...Bien sûr la militante épouse va aller voir ailleurs si son charme opère toujours, bien sûr la petite fiancée va séduire aussi, leurs 2 séducteurs sont chacun à leur façon des branquignoles et .... les 2 fêtards repentis reviendront dans les bras de leurs belles.

Comédie divertissante au comique pas toujours très fin, mais qui fait passer un bon moment. Il y a une certaine loufoquerie qui aurait pu être exploitée davantage.

Les Profs

 

Film de Pierre-François Martin-Laval à voir avec des petites filles ravies des gags qu'elles trouvent géniaux, côté humour, c'est essentiellement un comique de situation, de gestes, de caractère, de mots parfois, une sorte de farce donc. Alors on se moque bien que ce soit crédible ou pas, au final, je trouve que ce film pourrait être une bonne étude du procédé comique, pour un prof de français. Je craque, comme toujours pour Isabelle Nanty ....

 

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15 avril 2013

Chagall rapidement ...

Vue de la fenêtre

On dit que les bouquets chez Chagall sont une image de lui même, on dit aussi aussi que ce sont des images allégoriques du bonheur, on dit aussi que les fleurs le renvoient à des évènementLe Paysage bleu 1949 détails familiaux heureux, en offrant ses bouquets il rend ainsi hommage aux Arts, à la vie, à la liberté, à la joie de vivre. J'aime  ces petits bouquets-fouillis, ébauchés, jetés, petits messages d'amourIMG_8866

de la part de Chagall qui fut amoureux

détail Monde rouge et noir

de ses femmes, de la vie.  Pour Chagall chaque figure raconte quelque chose de sa vie, et il n'oublie rien Chagall, ni son village de Vitebsk, ni le juif condamné à être errant, ni l'âne, le bouc, le coq, le coq symbole du renouveau (lever du jour), symbole de la repentance, référence à une tradition juive où un coq supporte les péchés des participants et est ensuite égorgé rituellement.Homme-coq au dessus de Vitebsk 1925 détail

C'est Chagall en homme-coq qui se repent de ne pas être resté dans son pays, d'avoir fui toujours. Chagall est un peintre  non militant à messages. Chagall en exil aux États Unis pense participer ainsi à la guerre en témoignant de la persécution des juifs avec ses nombreuses représentations du Christ en croix, symbole du martyr des juifs. En 1944, mort de sa femme Bella qu'il représenta souvent avec son voile de mariée. Chagall est un amoureux fidèle, Bella morte restera présente, même si après une relation avec Virginia Haggard dont il aura un fils Marc, il s'unira pour 30 nouvelles années avec Valentine Brodsky.  Chagall n'arrête pas de parler de lui, des siens, de la religion, dans ses toiles. Rarement à mon humble avis, un peintre n'a autant laissé de lui dans ses toiles jusqu'à l'obsession. Ses couleurs éclatantes, qui se suffisent à elles même nous font oublier ces répétitions un peu lancinantes à la longue. Rien n'est laissé au hasard dans ses toiles chaque couleur est symbolique et a une signification différente selon le thème exploité, le rougeLa Danse 1950-1952 détail peut être dramatique ou au contraire renforcer la puissance d'un lien amoureux ou du divin. Là c'est un hymne à l'Art, le rouge.Le Chandelier et les Roses Blanches 1929 détail

 Le blanc ? oui, parlez moi encore du blanc, encore, longtemps, toujours ... Moi, je vois là le blanc rosé sensuel des roses, le blanc viril des bougies éteintes, fête qui vient de s'achever ... pourquoi toujours lire les mêmes rengaines sur Chagall ? Chagall était un amoureux de la Vie, avec des inquiétudes bien sûr, des peines immenses, mais c'était un Phenix, Chagall. Il a toujours opté délibérément du côté de la vie, de sa vie.

A vous découvrir encore. 

A vous revoir encore, monsieur ..... on n'en n'a pas fini, ni avec les couleurs ... ni avec rien, du reste d'ailleurs.

Esquisse pour la Vie 1964 Chagall

Chagall - Musée du Luxembourg 21 février - 21 juillet 2013

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11 avril 2013

Une bonne raison de se tuer- Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer

Y a t'il une bonne raison pour se tuer ? Pas de réponse précise à chercher dans le livre de Philippe Besson, sans doute parce qu'il n'y en a pas, il n'y a que des circonstances favorables qui une fois toutes réunies décident du passage à l'acte. Chez Laura Parker, personnage du livre, chez Patrick, chez Brigitte personnages réels de la vie, les circonstances favorables ont été un moment réunies, ce fut une affaire de secondes, une personne injoignable au téléphone, des mots non prononcés, des proches absents, endormis  que sais je, la solitude en tous cas à ce moment précis et le basculement irrémédiable. Chez Samuel Jones autre personnage du roman, c'est moins intense, plus lié à une circonstance précise, le suicide de son fils, plus de chances pour lui de continuer à vivre, car la chance fait aussi partie des circonstances, celle de naître moins fragile, celle de toujours trouver une bonne raison de ne pas se tuer. L'un l'a cette chance, l'autre pas. Philippe Besson a su mettre en valeur la solitude particulière de ces déprimés qui s'enferment dans leur souffrance, celle qui les fait vivre isolés même au milieu des autres, celle où plus rien ne peut les retenir au monde, et ce n'est la faute de personne.

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08 avril 2013

Sous le figuier. Quartet

Sous le figuier

Quartet

Pour ceux qui ne souhaitent pas mourir façon Haneke, 2 films tendres et sucrés comme les roudoudou, comme les petites souris en caramel et chocolat pour lesquelles, enfant, j'aurais vendu mon âme au diable, 2 petites douceurs donc à déguster si vous arrivez à la maturité, ou si vous adorez votre grand mère ..

Sous le figuier réalisé par Anne-Marie Etienne, avec Gisèle Casadesus, qui joue Selma âgée de 95 ans élégante et malicieuse vieille Dame sur le point de mourir qui transmet ses clés du bonheur à 3 êtres un peu perdus, avec Anne Consigny, Jonathan Zaccai et Marie Kremer. 

Quartet  réalisé par Dustin Hoffman avec moults vieux comédiens, musiciens, chanteurs d'opéra, dans une douceur anglaise, très smart bien sûr, cosy bien sûr, qui continuent à vivre leur passion, malgré les années. Délicieusement too much. 

   

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07 avril 2013

OH ... Philippe Djian

OH

L'histoire commence par un viol et se termine par la mort du violeur. Que la morale se rassure, l'honneur est sauf donc ! l'honneur de l'héroïne qui murmure ce 'oh' si joliment simpliste pour marquer sa surprise ou sa satisfaction à la fin du livre ... mais voilà rien n'est simple ni dans la vie, ni dans les romans de Philippe Djian qui s'amuse à forcer les traits de ses personnages, qui ne fait jamais dans la dentelle. Le père de Michèle, l'héroïne a tué pas moins de 70 enfants dans un club Mickey, alors avec ce lourd héritage, elle est un peu blasée, Michèle, sur les facéties de la vie, elle est un peu déphasée. C'est quoi l'anormal quand on a vécu adolescente une telle horreur ? coucher avec le mari de sa meilleure amie, se faire violer et estimer alors qu'elle a connu pire avec des hommes librement choisis, entretenir une liaison sadomasochiste avec son violeur .... mais Dieu merci, elle est une mère parfaitement normale qui se mêle un peu trop de la vie de son fils Vincent et qui pleure sur la mort de son chat. Philippe Djian s'amuse, comme toujours à mettre en scène l'effrayante complexité des êtres humains qui les dépasse souvent; le milieu familial est le terrain de jeux qu'il affectionne le plus, sans doute parce qu'il est en partie à l'origine de ce que nous sommes devenus, source de névroses possibles, générateur de conflits, il n'est bien sûr jamais neutre et influence toujours nos vies. 

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman, et les personnages n'arrivent pas à nous lasser comme ceux d'Impuretés du même auteur qui s'engluent dans leurs faiblesses jusqu'à lasser le lecteur, les héros de OH sont à plusieurs facettes, terriblement humains. 

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04 avril 2013

Saint Privat d'Allier vers 1914

st3

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02 avril 2013

Les Amants Passagers Almodovar

Les Amants passagers

A bord d'un avion en péril, que peut on faire ? prier ? hurler de terreur ? s'abrutir de somnifères ? paniquer ? et bien il y en a pour tous les goûts chez Almodovar, les fauchés sont endormis à leur insu par des somnifères, un steward prie pour tout le monde, et la classe aisée choisit d'oublier en forniquant à tout va ! Est ce un reflet de l'Espagne actuelle ? les pauvres subissent, les riches s'éclatent dans le sexe, l'alcool et les produits illicites, tandis que les aberrations financières se multiplient ?  no lo sé ... Almodovar joue avec les spectateurs et les divisent : les puritains y voient une pantalonnade sur le sexe branchée 'gay', les inconditionnels d'Almodovar préfèrent aimer tout en souhaitant quand même un prochain film meilleur, et ceux qui y voient comme moi un joyeux moment de cinéma et rien de plus, aiment sans condition particulière. C'est moins que d'habitude, mais c'est tellement plus que d'habitude ! Et moi, j'aime bien le plus !

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