Isabelle

je vous rassure, les hommes vieillissent et les femmes meurent aussi, tôt ou tard. Le sujet n'est d'ailleurs pas là. Il part d'un diktat, celui de la beauté féminine et de l'éternelle jeunesse, que l'on impose dans notre culture. Il serait amusant d'ailleurs de confronter les différents types de beauté selon les civilisations et les ethnies pour balancer aux orties ce joug imposé aux femmes, mais Isabelle Desesquelles ne va pas sur ce terrain, elle fait d'Alice son héroïne-fil-d'Ariane une esthéticienne qui ne s'intéresse pas uniquement à l'entretien des corps, mais plus à la sensation de beauté qu'elle aura créée par son contact avec ses clientes. Elle sait repasser les plis de l'âme cette Alice, et à travers 4 générations de femmes, nous participons à la vie pas très rigolote de cette famille. la femme parfaite n'existe pas, certes mais, il y a beaucoup de failles chez ces femmes là et l'aïeule Jeanne qui aurait pu prétendre à ce titre est un prototype de la femme qui ne pense qu'aux autres. Dieu merci, on a la mère indigne Lili soeur de Jeanne qui a 83 ans qui est son opposé. 

Jeanne a eu 3 enfants dont Caroline divorcée et stérile et deux fils, Lili la mère indigne a eu 2 filles Clarisse 50 ans (qui elle même a eu 3 fils) et Eve 32 ans qui s'est suicidée à la mort accidentelle de son mari laissant orphelin un Nicolas qui a épousé une autre Eve,( ils auront une fille Judith). Yves qui a 40 ans est un petit fils de Jeanne qui va se faire opérer pour devenir une femme. Manon 20 ans est une autre petite fille de Jeanne, anorexique. Barbara 14 ans adolescence rebelle et boutonneuse est la première arrière petite fille de Jeanne.

Le point de rencontre de ces neuf et bientôt dix femmes se trouve à l'Eden, cabinet d'esthétique où Alice est le lien principal et réunira tout ce petit monde. Le suicide d'Eve est le point fort commun à ces vies.

Isabelle Desesquelles écrit au nom de toutes les femmes et évoque tout ce qui touche à la féminité avec un talent certain dans un langage direct. Un peu propice à la mélancolie, toutes ces vies qui passent si vite.

Et la mienne aussi.