24 décembre 2012

Zaha Hadid

Zaha Hadid - table Liquid Glacial

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22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

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28 juillet 2012

Joana Vasconcelos à Versailles

Née en 1971 à Paris, élevée à Lisbonne, de culture franco portugaise. Joana Vasconcelos a fait ses études au Centre d'art et de communication visuelle de Lisbonne.

De son origine, Joana a gardé le folklore un peu kitsch des petites pièces tricotées, en crochet, en dentelle, en laine .

De son imagination débordante, elle crée des oeuvres décalées, gigantesques, où l'humour transcende le quotidien, où le quotidien se magnifie. Dans son atelier de Lisbonne, 28 personnes ont travaillé pour l'exposition de Versailles, et son équipe compte 8 brodeuses. Joana Vasoncelos glane ses tissus lors de ses voyages.

Marilyn détail 4

Versailles 3

Détail Maryline 2011

Des casseroles en inox transformées par la fée Vasoncelos en escarpins

 

 

 

 

 

Un bijou porté en pendentif par les femmes du nord du Portugal le jour de leur mariage où fourchettes, cuillères, couteaux  s'emmêlent

Détail flou Joana Vasconcelos 2006

Versailles 2

Gardes 2012 Versailles

La dentelle délicate féminise un max le lion de marbre et le muselle. 

  

 

 

 

 

 

Versailles 5

Versailles 6

Au déjeuner, repas de rois, heu ... de dauphins plutôt : langoustes   

  Et puis les Valkyries, de patchwork,  populaire de laine, feutre, maille, tissu industriel pour le peuple

Succession de Valkyries Galerie des Batailles

Versailles 8

Versailles 10

valkyrie trousseau détail 2

valkyrie trousseau détail 1

valkyrie trousseau détail 3

 

 

 

 

 

 

 

 

et patchwork royal  de taffetas, de soie, de mousseline, de perles, cousues d'or pour les reines emprisonnées dans les tentacules d'un protocole de cour .

Versailles 9détail Golden Valkyriedétail bis golden valkyriedétail 3 

Chambre de la Reine

 Ébène, acajou, laiton baigné à l'or avec postiches pour tête coupée. 

Joana Vasconcelos investit la chambre de la Reine, avec un humour

noir assez féroce : Marie Antoinette si futile entière, si utile martyrisée ...

  

     Joana Vasconcelos Parterre d'eau Versailles 

blue champagne détail

Versailles 12détail lilicoptèreChampagne pour une balade en lilicoptère ... Lilicoptère détail

Il y a une autre dimension dans l'oeuvre de Joana Vasconcelos, issue d'un art contemporain, populaire  et intellectualisé  à la fois : l'art gigantesque et décalé de cette artiste symbolise la réappropriation d'un haut lieu historique  par le peuple, très cosmopolite, dense, émerveillé ou blasé ( un peu dense à mon goût, à cette période, il est vrai) : une autre forme de révolution en douceur, en crochet et fil d'or ! 

Joana Vasconcelos, actuellement à Versailles jusqu'au 30 septembre 2012. 

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26 juillet 2012

Misia

Misia 1897

Misia détail Bonnard

A défaut d'amour maternel (mère morte à sa naissance), Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska  dite Misia 1872-1950 ne manqua pas d'amour, sa vie durant. Issue d'un milieu artistique nanti, père sculpteur, grand père maternel violoncelliste réputé, oncles maternels compositeur chef d'orchestre pour l'un, violoncelliste pour l'autre, oncle par alliance ténor. Misia était, elle même, une pianiste talentueuse. Mais voilà, Misia préfèra se marier, ce qui était plutôt tendance à l'époque,  plutôt que de gagner elle même sa vie. 

Misia eut ce talent de se trouver à 3 reprises, des maris riches, critique d'art, patron de presse mécène et peintre. En prime pour le plaisir, elle sut se faire aimer par des amants, talentueux eux aussi. Misia n'eut de cesse de se faire aimer avec une certaine goinfrerie qui la desservit à la longue. Séductrice, pas une beauté renversante mais charmeuse de ... gens de talent ! Elle pose  un peu allumeuse, un peu boudeuse, un peu rêveuse.

Misia posant

 Beaucoup d'amoureux se lassèrent de n'être pas uniques ou de son aimable indifférence qui sait ! Les maris en épousèrent une autre. Et puis l'âge venant, sa beauté du diable s'estompa, son besoin d'être mis en lumière s'aggrava, et Misia acheva une vie orientée vers les arts, sans être artiste, follement occupée, mais au final n'ayant jamais trop donné de sa personne.  Du moins, c'est ce que l'on dit ! Je suppose que cette Misia avait un charme fou, qui devait un peu être jalousé, libre d'esprit, elle suivit sa route sans trop s'occuper des autres, généreuse elle le fut souvent, sans doute aussi pour se faire plaisir, mais la générosité n'est ce pas avant tout cela ?  

Premier mari Thadée Natanson, critique d'art fondateur de La Revue Blanche , époque peintresMisia assise ds une bergère 1901 détail

 

La nuque de Misia 1897-1899

Vuillard d'abord,  amoureux transi, qui la peint les années Natanson

Le corsage rayé détail 1895

Misia à sa coiffeuse 1898 détail

 

Félix Valloton probable amant de passage éconduit ou lassé ..

A table chez Mr et Mme Natanson 1895

 

 

 

Toulouse-Lautrec

qui la croquera en tenancière 

 

 

Bonnard détail Couverture Revue Blanche

Le petit déjeuner de Misia Natanson détail 1899

 

 

Misia au piano 1902

 

 

Bonnard  lui préfèrera le charme effacé de Marthe, mais sera sans doute un ami Bizarrement, elle  se ressemble peu sur  2 de ces toiles, pourquoi ? muse sans visage peut être, muse sans passion, sans doute et quand Bonnard a trouvé sa muse malléable à merci, elle, il peint enfin  Misia comme il peut enfin la voir ! Misia au piano, c'est bien elle, jeune, boudeuse et charmante et inaccessible. On est en 1902, Bonnard connaît Marthe et Misia ne le fait plus rêver, il peut se permettre de la peindre telle qu'elle est. Il sera un des rares à continuer à la peindre durant l'époque Edwards.

 Durant les années Edwards patron de presse plus fortuné que Natanson  en 1905, vie luxueuse, yatch, Renoir qui fait un portrait d'elle très très boîte de chocolats,

Misia Edwards 1908

Misia 1904

Renoir est un peu amoureux comme d'hab !! Bonnard qui joue à Renoir en mieux, avec plus de subtilité, plus de finesse.

  Elle sera donc un temps certain épouse d'Edwards, habite à Paris quai Voltaire. Bonnard toujours présent lui peindra des panneaux pour son intérieur. Il voyage à bord de leur yatch, en 1905, il navigue en compagnie de Ravel.

En yatch vers 1906

 

Période verte de Bonnard

Le yatch d'Edwards 1912

 Puis

Misia allongée sur un divan 1907-1914

Bonnard se met à la couleur,  et peint Misia  avant d'ouvrir ses fenêtres en grand.

 

 

 un amant écrivain Romain Coolus puis rencontre avec Diaghilev imprésario qui permettra à Misia de jouer à la décoratrice, à la costumière, à la chorégraphe par artistes interposés : Debussy, Cocteau, Nijinski, Ravel, Sert qui alors est son amant dés 1905 ...

c'est son époque Ballets Russes. Période sans doute intense de sa vie où Misia n'est plus muse, elle a un rôle important ou qui se veut important, je n'en sais rien, dans le milieu artistique musical de l'époque. Satie, Ravel, Stravinski  .... Misia a toujours aimé la musique et jouera du piano jusqu'à la fin de sa vie.  Edwards divorce en 1909, meurt en 1914.

Elle épousera Sert, peintre décorateur, en 1920. Et ce sera sa période écrivains Proust, Mirbeau, Cocteau s'en inspireront pour certains de leurs personnages. Elle sera louée, décriée, Misia, peinte, photographiée. Elle demeure une des icones d'une fin de siècle un peu trop ... et d'un début de siècle, pas assez ...  pas vraiment courtisane, ou demi mondaine, encore que ... seule son origine sociale lui donne une autre couverture ! mais qu'importe, elle était muse, égérie, découvreuse de talents, mécène evidemment ... une femme particulière au talent particulier. Sa vie sera liée aussi à celle d'une autre femme particulière Coco Chanel, dont elle adoptera d'ailleurs le style les dernières années de sa vie, faut dire que Chanel lui restera fidèle jusqu'à sa mort en 1950, même si cette amitié fut parfois tumulteuse.   

Une femme libre Misia ? pas vraiment, une femme qui s'écouta beaucoup, sut profiter des autres, mais les autres évoluèrent par elle, grâce à elle. Une femme particulière certainement.

Exposition au Musée d'Orsay, le temps d'un été.

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01 juin 2012

Séraphine Louis

Moi, Victorine Louis, j'ai eu 3 filles : Argentine, Clarentine et Séraphine, mon fils se nomme Alfred, pas facile de trouver un prénom en ine et puis je suis morte, mon fils, ma fille et mon mari aussi..

   Donc, Argentine et Séraphine Louis seules survivantes. L'une a 22 ans, l'autre 7 ans. L'une se marie, a une fille, l'autre se partage entre l'école et les champs avec les bêtes à garder pour gagner un peu d'argent, celle là est solitaire et pieuse. Elle ira faire le ménage des autres, dans un couvent où elle reste 20 ans. A 38 ans, elle quitte le couvent pour travailler chez des particuliers. A 42 ans elle peint. Elle aura quelques conseils rares, des aides matérielles, mais peindra spontanément. Elle connaîtra un peu le succès, remarquée par un collectionneur, elle dépensera sans trop de discernement l'argent gagné, elle sera enfermée pour cause de décompensation d'un état psychotique. Elle ne peindra plus jamais et mettra 10 ans à mourir.                                                Les grandes marguerites 1925                             Séraphine Louis

Dites moi, Séraphine, savez vous que les séraphins sont les gardiens du trône de Dieu ?

S : moi, tout ce que je sais, c'est que ma mère Victorine ne voulait que des rimes en ine .. D'où Argentine pour mon aînée, Clarentine pour la seconde et Séraphine pour moi. Le reste n'est que littérature. 

D'où tenez vous votre inspiration ?

S : qu'est ce que j'en sais moi, je n'ai peint que ce que je voyais, que ce que j'aimais, que ce que je pouvais : les fleurs, stylisées, rêvées, sorties de mon imagination, les fleurs qu'on ne m'a jamais offertes. Peindre, c'était  vivre, enfin, exister.

Et Quel est le secret de vos couleurs ?

S : Ocres, jaunes, rouges, terres brunes, vert de gris, airelles, écorces de châtaigne, bogues de chêne, noyaux de pèches et de cerises brûlés, blancs de coquille pulvérisés, gomme arabique, jaunes d'oeuf, et puis de l'huile sainte, Feuilles diaprées sur fond bleu 1929car donnée par le curé, et puis du .... Ripolin qui est une peinture à l'huile, et puis un peu plus tard encore du vernis. Y a pas de secret, j'ai su faire d'emblée, c'est tout.

On vous dit étrange Séraphine ?

S :Quand vous avez la vie que j'ai eu, orpheline, ménages, 20 ans de contact avec des religieuses, ça n'aide pas s'épanouir, on n'a pas de modèle, on  ne vit pas, on survit madame, on s'habitue à la peine. Alors sûr que je suis différente des autres.l'arbre du paradis 1929 détail

Vous avez une peinture diablement sensuelle, Séraphine ?

S : Il y a bien que là, que j'ai pu l'être, sensuelle. Je n'ai aimé personne, pas eu ni l'occasion, ni le temps, mais j'ai aimé passionnément peindre. J'ai aimé le velouté des fleurs, leur parfum, leur toucher, joue contre pétale, si doux, si suave, si tendre comme un doux baiser. Alors j'ai mis tout ça dans mes peintures. Les grappes de raisin 1930Grappes et feuilles roses 1925-1930 détail

Et votre internement ?

S : une mort lente, absurde et inhumaine. Je ne la souhaite à personne. Je suis morte le jour où ils m'ont internée.

Alors, folle, Séraphine ?

 S : A votre avis ?

Au musée Maillol, des peintures de Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis 1864-1942.

 

 

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30 avril 2012

Berthe Morisot

Berthe Morisot est née la même année que Renoir en 1841. Mallarmé naît l'année d'après en 1842. Monet l'année d'avant en 1840. Voilà pour la maternelle. Dans la cour des grands, il y a Degas âgé de 7 ans, Fantin Latour âgé de 5Bert Morisot ans et Manet âgé de 11 ans. Rien que du beau monde qui se côtoiera rapidement. Si les hommes ont suivi plus ou moins d'ailleurs des cours aux Beaux Arts, les femmes n'y ont pas accès, mais Berthe apprendra tôt le dessin, 12 heures par semaine, puis aura un élève d'Ingres et de Delacroix comme professeur, Guichard, qui lui fera faire des copies au Louvre et lui fera rencontrer Fantin Latour, puis Camille Corot qui deviendra son professeur, et lui fera connaître  Charles Daubigny.  Berthe sera entourée rapidement de jeunes talents,ceux qui sont du même âge qu'elle et les plus âgés comme les Manet. Pas une facile, Berthe, pas une commode, elle sait ce qu'elle veut, peindre avant tout, Elle doit se battre en permanence contre les idées reçues, contre son père, contre sa mère qui aimerait la marier, comme elle a marié ses 2 autres filles, mais Berthe persiste, quitte à manifester de la mauvaise humeur, quitte à se morfondre dans la mélancolie et à se replier sur elle. Pas aisé d'être libre pour une jeune fille de bonne famille à cette époque, alors que l'on rêve d'être peintre, alors que l'on a un talent qui vaut bien celui d'un homme. En 1863, sa soeur Edma la peint, en peintre .. Berthe a alors 22 ans. On parlera de rivalité entre les 2 soeurs, il n'y en aura pas, pas en ce qui concerne la peinture en tout cas. Edma a pour but de se marier. Berthe se liera d'amitié avec la duchesse de Castiglione Colonna sculptrice connue sous le nom de Marcello, femme libre. Elle fréquentera aussi Mary Cassatt.    

On a tout dit ou presque de Berthe, pour moi, elle représente la victoire d'une femme sur une époque où seul l'homme avait des droits , malgré sa classe sociale si misogyne, si sclérosante pour les femmes. Il lui en fallu de l'obstination pour persister à peindre, pour contrer les volontés opposantes, d'abord celle de son père heurté sans doute par cette fille ombrageuse et fantasque, puis celle de sa mère qui l'encouragea souvent, mais qui  interprète mal la sensibilité de Berthe plus préoccupée par son art que par la recherche d'un mari pour fonder un foyer, sa mère qui s'inquiète de sa maigreur et la voudrait grasse et fertile, et je ne parle pas des critiques qui la traitent de peintre de ménage, qui la disent folle.

Bien sûr, elle bénéficPortrait de B Morisot et sa fille huileia d'un mari précurseur dans sa modernité, qui lui facilita la vie pour l'aider au mieux à exercer sa peinture, qui lui donna une fille Julie, qu'elle aima passionnément, cet amour maternel qui combla certainement ce manque d'amour réel de sa vie. Et puis, elle eut beaucoup d'amis, Berthe, en vrac, Manet l'amour manqué, Degas, Mallarmé, Renoir, Monet elle aimait briller Berthe, et brilla souvent grâce à cette petite cour de fidèles fort respectueux, toujours, qui gravitèrent autour d'elle. 

Berthe Morisot, une peintre qui osjeune femme en gris étendue huilea la modernité plus que toute autre, une belle femme, une peintre de talent, une putain de sacrée de bonne femme !  Elle avait un coup de pinceau, puissant rageur, parfois, les traits des visages flirtant avec l'abstraction, elle  joue avec les couleurs et les décline dans tous les tons.

Elle peint villa dans les orangers Nice- Huilela nature par petites touches, un petit fouillis de fleurs et branches mêlées au vent, au flou, à un je ne sais quoi d'inachevé 

 

 

 

 

La vie ne l'épargne pas, lui enlève Edouard Manet en 1883Portrait de Marcelle dernier tableau, puis son second beau frère Gustave en 1884, et sa belle mère un mois plus tard. Eugène son mari a une tuberculose et végétera 5 longues années soigné tendrement par Berthe. Il meurt en 1892. La soeur aînée de Berthe meurt elle aussi cette année là. Berthe se consacre à Julie âgée de 14 ans et à sa peinture. Elles sortent avec Renoir, Mallarmé, vont à Giverny, reçoivent à nouveau les habitués, dont Rodin. Elle s'occupe de ses nièces, orphelines, PB Morisotaule et Jeannie Gobillard. Berthe peint ces jeunes filles assez classiquement, puis se met à peindre des nus, d'après des jeunes modèles, des femmes à leur toilette. Berthe Morisot semble avoir trouvé la sérénité, mais ce n'est qu'une apparence, elle doute toujours de son talent, recommence plusieurs fois ses tableaux, les reprend et ne les achève pour ainsi dire jamais. Le dernier tableau sera celui de Marcelle, toujours ces petits traits de pinceaux qui la caractérisent.  Julie est grippée en ce début d'année 1895, Berthe est atteinte à son tour et meurt lucide, le 2 Mars. Elle avait 54 ans.  

Marmottan nous propose jusqu'au 1ier Juillet 2012, une belle rencontre avec cette peintre. La dernière, en France remonte à 50 ans, alors si vous aimez, et n'être plus très jeune, c'est l'occasion ou jamais !

 

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20 novembre 2011

Louise Bourgeois

Louise Bourgeois est exposée à Bâle, à la Fondation Beyeler en ce moment. 15 oeuvres  représentées. L'exposition met en scène un dialogue, celui que l'on veut bien entendre ou pas, entre certains artistes comme Giacometti, Warhol, Braque, Léger qui fut un de ses professeurs, Picasso, ou Bacon qu'elle considère comme l'un des plus grands peintres de son temps. Pétillante Louise qui reconnaît avoir été influencée par Bacon, aidée par Duchamp quand elle lui parlait, pas folle de la sculpture de Miro, dubitative sur ses dernières peintures abstraites qu'elle juge répétitives et prévisibles. Elle estime qu'il a ainsi cédé à la tentation commerciale, elle pense qu'il a perdu l'authenticité de ses débuts. Sacrée bonne femme qui a pu vivre ses émotions dans et par la sculpture, grâce à son don et qui tient une place originale dans l'histoire de l'art, bien qu'elle disait : 'Je ne m'intéresse pas à l'histoire de l'art. Mon mari l'enseignait, alors j'en ai soupé à la maison!' 

Untitled 2000 untilted 2000

Dans la famille Tapisserie, on demande la grand mère native d'Aubusson, la mère Joséphine qui travaille dans l'atelier de sa mère, le père Louis, paysagiste sans avenir qui commença une collection de statues de plomb que Louise apprit à rafistoler. Louis se mit à chiner dans les campagnes et ramena à Joséphine des tapisseries usagées. Pendant que Joséphine restaurait les tapisseries dans son atelier à Anthony, le père ouvrit une galerie et Louise apprit à dessiner, à coudre. Elle prit ainsi l'habitude de collectionner les tissus. Untitled reprend un thème cher à Louise où chaque coussin est personnage et souvenir, où elle exorcise ainsi la douleur de l'exil.   

Blind leading the blind 1947-1949louise bourgeois

 Emotionnellement, thème sur l'aveuglement : Louise dut s'aveugler devant la maîtresse vivant au foyer; devant la mère qui supportait cette situation et le faisait subir à ses enfants; devant ses rapports difficiles avec son frère et sa soeur (la soeur qui aimait un peu trop les garçons, le frère qu'elle martyrisait un brin) devant le père, qui, lui, était aveugle et sourd à tout ce qui se passait autour de lui ! 

Artistiquement : thème de l'abstraction symbolique où géométrie (Louise aimait cette science) et évocation symbolique des individus soudés mais inéluctablement isolés, se mêlent. Chaque triangle de bois est un personnage et un souvenir douloureux. En 1992, elle dira au sujet de cette oeuvre qu'elle fait référence aux hommes âgés qui vous conduisent à l'abîme. Elle dira aussi avoir pensé au tableau de Bruegel, en évoquant la vague de féminisme aux US, vers 1950, qui engendra une solidarité qui ne se produisait pas à bon escient, et qui ne pouvait que conduire au ravin, les rendant semblables aux aveugles de Bruegel.  

Existe en noir, rouge et noir, et rose chair

 Memling Dawn 1951

M DawnSculpture en bois, comme la précédente, en séquoia, noire, pour éviter dit Louise tout romantisme, toute sentimentalité. Louise doit parler là en son nom, sans doute travaille t'elle ainsi à se détacher de tout ce qui lui fut douleur. On peut y voir ce que l'on y veut, rien, si cela nous convient; on peut y voir uniquement de l'abstraction pure, symbolique de ce que l'on veut y mettre. Cela sert à ça, un symbole non ? On peut y voir aussi comme Louise, un symbole de la solitude de l'individu, au sein même d'un groupe, familial y compris. 

 

 

 

Red Fragmented Figure 1953Louise Bourgeois

Louise dit : Le rouge est l'affirmation à tout prix - sans tenir compte des dangers du combat -, de la contradiction, de l'agression. Il symbolise l'intensité des émotions impliquées

Louise dit : Au début des années 50, j'étais moins préoccupée par la sculpture que par la re-création d'un passé dont je ne pouvais me passer, et c'était aussi un moyen de le contrôler, ce passé. 

 

 

 

 

 

Quarantania 1947-1953

1947-1953Fait partie, comme les oeuvres citées ci-dessus de la série des 'Personages'. Le groupe ici représente la famille de Louise, son mari américain et ses 3 garçons. Elle, c'est celle qui porte les enfants, les 3 petits fardeaux. Louise dira au sujet des enfants :' Je suis contre les enfants et en même temps je pense que c'est ce qu'il y a de plus beau au monde. Elle dira aussi ' les enfants nous coûtent des fardeaux de larmes'. Selon Louise, la mère est double, bonne et mauvaise  à la fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Femme couteau 1982Marbre rose

A ce sujet, Louise dit : 'Incarne l'ambivalence de la femme la destruction et la séduction. La femme se change en lame car elle a peur, elle est sur la défensive'. Louise reconnaît que l'homme est aussi vulnérable, et que d'une certaine façon, 'nous sommes tous homme-femme'. 

 

Janus fleuri 1968

1968Fait référence à la polarité qui nous habite : révolte-violence et  besoin de paix avec soi même et les autres. On peut y voir aussi, un substitut possible à la sexualité qui pour Louise est une finalité, une fonction, alors que l'érotisme est une ouverture au rêve partagé ou isolé, à une émotion. On peut y voir aussi la symbolique de notre ambivalence, nous sommes masculin-féminin, homme-femme, sexe masculin-féminin.Et fort prosaïquement on ne peut y voir que 2 sexes masculins, et 2 sexes féminins. 

 

 

 

 Passage dangereux 1997

Fait partie de la série des Cells.  A propose des Cellules, Louise dit :' C'est un désir de séparer les choses. Lorsqu'on a un problème, la façon d'y trouver une solution peut être d'en séparer les éléments avec un esprit analytique. Les cellules peuvent séparer et unifier. Chaque cellule a un sujet spécifique. Les cellules représentent différentes sortes de douleurs''. Les cellules sont une réplique de la maison familiale, des problèmes familiaux  mis en scène, emprisonnés dans des cages, enfin dépassés. passage dangereux 

Maman 1999

L'une tisse sa toile, l'autre tisse sa tapisserie. Les 2 sont protectrices. Les 2 peuvent effrayer.1999 Un symbole d'une féminité harmonieuse dans son imperfection acceptée.

 

The Insomnia Drawings 1994-1995

Il y a aussi quelques dessins, des mots, des phrases.. Louise a commencé à écrire à l'âge de 12 ans. Louise écrivait ses réflexions personnelles et dessinait, la nuit durant ses insomnies. Les dessins pour elle sont des idées bleues, roses, des idées qui passent et puis dit elle - ' d'un dessin on fait une peinture, et de la peinture on fait des sculptures, parce que la sculpture, c'est la seule chose qui me libère. Peut être que ce qu'il y aurait de mieux que la sculpture, ce serait de vraies personnes.' Louise a t'elle trouvé, un jour, une vraie personne ?

Mot de la fin par Louise Bourgeois :

'Il faut toujours prendre avec prudence ce que dit un artiste..... L'apparence de mes sculptures est abstraite, et pour le spectateur elles peuvent ne pas ressembler du tout à des figures. Elles sont l'expression, en termes abstraits, d'émotions et d'états de conscience.

Adaptation libre de ma part autour de certaines des oeuvres exposées à Bâle, fondation Beyeler,  inspirée ou extraite du recueil  des écrits et entretiens 1923-2000 de Louise Bourgeois, réunis et présentés par Marie-Laure Bernadac et Hans-Ulrich Obrist. Édition Daniel Lelong. Les extraits du livre sont soulignés.

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11 octobre 2011

Yayoi Kusama

Originellement, chez Dame Kusama née au Japon en 1929, le monde a dû commencer Yayoi Kusama 1968par un pois, ce qui n'est pas entièrement faux, si l'on fait référence à l'origine d'un être humain : un ovocyte, et un spermatozoïde. Dans l'oeuvre de Yayoi Kusama , la femme est ovocyte, ronde, l'homme lui est phallus multiple.  No 1956

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les phallus en toile, mous, s'accumulent sur des canapés, des fauteuils, dans une barque, dans des chaussures de femme

Accumulation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ces pois sont récurrents dans son oeuvre et l'accompagnent , mêlées à d'autres formes inquiétantes, sinueuses nées de ses hallucinations qui envahissent son espace..

Yellow Tree

 

 

 

 

 

 

 

Ils seront ces pois, petits poiDots obsession infinity mirrored roomnts invasifs sur de longues toiles, monochromes lorsqu'elle arrive à New York  en 1957, puis dans sa période psychédélique, fort agitée, elle peindra des pois sur des corps nus, et se mettra elle même en scène. Puis jeunesse passée, assagie, elle créera en 1998 des espaces d'immersion totale dans des univers de pois multipliés par des miroirs.

 

  

 

 

2010

 

Ses peintures actuelles, sont des grandes toiles, richement colorées avec des yeux, des profils de visage à la Cocteau, et des petites cellules remplies de pois. 

On dit qu'elle en fait encore quotidiennement, elle vit dans un établissement de soins et peint chaque jour.

 

 Cette femme là a un parcours peu commun, une vie originale, un psychisme hors normes, mais son esprit créatif nous ouvre des horizons différents, loin des shémas classiques. Voilà, cette artiste là ouvre des portes ...  

My Flowerbed 1962 Des ressorts de lit habillés pour le matelas et des gants de coton peints en ciel de lit. Drôle de lit pour une drôle de femme.

L'exposition commence et finit par la lumière, ludiquement, pour ne pas trop effrayer !! ses angoisses pourraient être les nôtresJ'm Here, but Nothing, et l'angoisse de disparaître se traduit par son obsession de laisser partout l'empreinte de ses pois. Avec les jeux de  lumière, elle a raison, c'est plus gai, nettement plus gai.     

Lucioles

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05 octobre 2011

Zaha Hadid Architecte

Née en 1950, en Irak,  architecte, a fait ses études à Londres .zaha_hadid_

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Construit en 2007 pour Chanel  le musée d'art mobile  (puzzle de 700 pièces)  conçu par Zaha Hadid, initialement à la gloire du sac Chanel 2-55 s'est installé successivement à Hong Kong, Tokyo et New York. En 2009 la crise financière a fait remiser cette petite merveille  dans des conteneurs au Havre, en attendant des jours meilleurs. C'est à Dominique Baudis, président de l'Institut du Monde Arabe, que l'on doit ce réveil de ce musée au Havre dormant. Chanel en a fait don à l'IMA.

Façade Jean Novel IMA

 

 

 

 Devant la façade sud de l'IMA aux 240 moucharabiehs, créée par Jean Nouvel, se love avec harmonie cette architecture  ovoïde et racée.  

 

 

Musée d'art mobile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Première exposition consacrée à Zaha Hadid, sous forme de maquettes, prototypes, films. 

Un peu trop pointus, peut être les commentaires, pourtant nécessaires pour une ignare de ma trempe en architecture, mais la structure aérienne, l'atmosphère ouatée d'un cocon (un mien-ami-ver-à-soie m'a confié qu'il en ferait bien son cocon, si, si ... ) se suffisent à elles même. Au plaisir, donc de revenir dans cet espace, destiné à devenir  lieu d'exposition  de la création contemporaine arabe.   Ecran et maquettesvestiaire

 Plafond de l'atrium

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04 septembre 2011

Maria ou Marthe Bonnard

Je suis née hors des liens sacrés du mariage, ma mère m'a nommée Marthe, et mon père, un vieil original, aristocrate italien, amoureux fou de ma mère se disait de la famille de Méligny. J'ai 16 ans et je suis orpheline.

Marthe, et fleNu 1930uriste, je suis.

Je n'en suis pas à mon premier mensonge, mais celui là, énorme, que je fais à Pierre sera le dernier, c'est promis. Nous sommes en 1893, il a 26 ans, il est peintre et de famille suffisamment honorable pour que je m'en contente toute une vie.

C'est mon choix, c'est ma vie.

Bien sûr, cela ne sera pas sans conséquence, ni dans notre couple, ni dans mes relations aux autres. Sauvage j'étais, sauvage je resterai. Mais Pierre se consacrera, à la maturité, presque exclusivement à son art. Il aura de rares mais fidèles amis, et ce ne sera pas grâce à moi. Le seul bonheur de Pierre passera par la couleur, bonheur inaccessible, qu'il cherchera toujours à approcher sans jamais l'atteindre. Il me représentera environ 350 fois, souvent nue, quelquefois bien présente, d'autres fois estompée dans la couleur, cachée dans le décor, souvent absente mais... toujours là.

 

Bien sûr, il aima d'autres femmes plus belles que moi, plus intelligentes que moi, mais voilà, telle que j'étais, femme enfant, femme peureuse, femme fragile, je lui plus quand même;  avec le temps, il n'aima plus la femme que je devins, mais il aima toujours le modèle. Il eut ses mensonges, et moi j'eus les miens.

  On m'a dit tuberculeuse, psychotique, dépressive ... je n'étais que solitaire, un peu fragile, un peu spasmophile, un peu hypocondriaque, un peu asthmatique, un peu maniaque, et terriblement inquiète, toujours.  Des Nus dans la baignoire, celui là est mon préféré, les lumières chaudes, joyeuses et changeantes sous la verrière du MAM mettent en valeur mon corps rose, le temps qui passe s'est arrêté,  au soleil et dans un bonheur sans fin.

Bonnard 

Maintenant je suis rassurée, et pour l'éternité,

La salle à manger au Cannet 1932

 

 

Marthe Bonnard.

    

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