Plusieurs thèmes dans ce roman qui tournent autour de la vie d'une Mathilde née en 1944 : La maladie, la couverture sociale des professions indépendantes, la difficulté de naître fille après un frère mort à l'âge de 2 mois, et pour finir les évènements liés à la fin de la guerre d'Algérie. Une chouette révision pour moi !!   Le bacille de Koch est l'un des héros du livre, la pénicilline découverte par Fleming n'a été distribuée massivement qu'à partir Résultat de recherche d'images pour "valentine goby un paquebot dans les arbres"de 1945, la mise en place de la Sécurité Sociale pour les salariés date aussi de cette époque. Les professions indépendantes ont des assurances privées, mais les cotisations sont élevées. Et les parents de Mathilde petits cafetiers de La Roche Guyon cesseront de cotiser, une fois la tuberculose du père déclarée, les clients se faisant plus rares, because la tuberculose. Les chercheurs Calmette et Guerin testent leur vaccin anti-tuberculeux, le BCG en 1921, les campagnes de vaccination ne commenceront qu'en 1925, mais de façon encore fortuite. La vaccination est rendue obligatoire en France en 1950. La famille Blanc échappe à toutes ces mesures, dans ces années que l'on nomme pourtant les 30 glorieuses. Oui, mais pas pour eux. Et c'est une sorte de descente aux enfers que nous dépeint Valentine Goby. De la mère, Odile, il n'y a rien à dire si ce n'est qu'elle est amoureuse de son mari jusqu'au renoncement, Paul dit Paulot, oreilles décollées, maigre, joue de l'harmonica, un Hohner, chaque samedi soir où le Balto, leur café se transforme en dancing avec un concours de bal qu'ouvre Paul avec sa fille aînée Annie. Mathilde la seconde fille que son père nomme mon p'tit gars essaie de se faire aimer de son père. Paul ne semble aimer qu'Annie et sa femme, l'autre il ne la voit pas telle qu'elle est. Pas franchement sympathique ce père même si il attire par son entrain le client. Mathilde trouve pourtant son père lors des rares promenades en forêt, et l'auteure nous donne alors à lire de jolies marches en forêt, avec les parfums et les sons.  Et puis il y a Jacques le petit frère dont on parle peu, trop petit pour comprendre le mot pleurésie, un mot nouveau qui ne les lâchera plus.  Il se transformera en tuberculose ce mot, atteindra Odile et transformera leur vie jusqu'à les faire hospitaliser dans un sanatorium en forme de paquebot à Aincourt dans le Val d'Oise, Annie se sauvera devenue infirmière en se mariant, les deux petits seront placés en famille d'accueil. Mathilde fera alors de sa jeune vie un combat pour réunir à nouveau la famille autour de ce père tant aimé.

Et puis, il y a ce chant d'amour pour la nature encore privilégiée à cette époque. Cette nature-mère où Mathide ira puiser des forces pour tenir.

Dense ce petit livre, riche, un bon moment à passer en sa compagnie.