21 mars 2017

Diane Arbus 1923-1971

arbus5

Diane ma belle, vous aviez la photographie somptueuse mais triste, celle qui ne voit que le tragique, le différent, le hors normes. Vous accentuez le réalisme en toute chose, avec une opiniâtreté dérangeante, celle qui fait de nous des voyeurs, celle qui désespère. Certes, vos photographies ne sont pas communes et témoignent d'une originale intention, celle de faire autrement. A moins que ce ne soit là votre propre vision du monde, celle où n'apparaissent que le pire, la noirceur d'un monde où la différence tue. Elles ne manquent pas de tendresse pourtant, parfois, souvent. Et puis un jour plus insupportable qu'un autre, vous vous êtes donnée la mort, le noir, la paix.  

 

Posté par maison43 à 14:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


17 mars 2017

Nahui Olin née Maria del Carmen Mondragón

Carmen

Nahui Olin

Née en 1893 à Mexico, cette femme contemporaine de Frida Khalo ne se contenta pas d'être très belle, elle peignit, composa des poèmes, mena une vie scandaleuse, pour l'époque, de grande séductrice. Sa beauté attira bien évidemment des peintres ou photographes dont elle fut la muse. En elle, passion, révolte et sens du tragique à une époque difficile et douloureuse avec un père militaire qui créa le premier fusil automatique et fut très controversé pour ses actions sous la présidence dictatoriale de Porfirio Diaz. Il emmena lors d'une mission à Paris sa famille dont bien sûr sa fille qui, outre le français qu'elle apprit à parler couramment, s'initia à la peinture, la poésie et à la vie parisienne.Nahui Olin autoportrait en étudiante 1914

'Soy un ser incomprendido que se ahoga por el volcán de pasiones, de ideas, de sensaciones, de pensamientos, de creaciones que no pueden contenerse en mi seno y por eso estoy destinada a morir de amor' écrira 'elle De retour au Mexique elle épousa en 1913 un fils de bonne famille Manuel Rodriguez Lozano 1896-1971 aussi peu conformiste qu'elle qui avait choisi la peinture pour se démarquer lui aussi. Ils suivirent le père de Carmen en exil à Paris, où elle fréquenta entre autres Picasso et Diego Rivera. De retour à nouveau au Mexique, elle se coupa les cheveux, rétrécit ses jupes et revendiqua le droit à une sexualité libre et riche.  Son mariage déjà peu réussi fut anéanti par la mort d'un jeune enfant; elle posera plus tard nue nue pour les photographes Edward Weston et Antonio Garduna. Il y a  sans doute de la provocation chez elle, une revendication qui ne trouve pas satisfaction,  elle semble n'exister que par et pour l'amour d'un homme, mais à cette époque, ce n'était pas si facile d'être femme, artiste peintre, poétesse et musicienne tout en se voulant muse, même si un relatif vent de liberté autorisait la femme artiste à sortir de sa simple condition de femme, une liberté avec des limites frustrantes certainement. Sa relation amoureuse en 1921 avec le peintre Geraldo Murillo 1875-1964 connu sous le nom de Doctor ATL, lui fit écrire des poèmes, poemas dinámicos (1922) et Calinement je suis dedans 1923, lui, fit d'elle deux tableaux dont l'un assez tragique, ses grands yeux expriment un désarroi certain . Pas très heureuse Carmen.  Doctor ATL portrait de Nahui Olin

Doctor Atl Portrait de Nahui Olin 1922

il la baptisa Nahui Olin (en référence à un mythe aztèque que je vous laisse explorer sur internet, nahui signifiant quatre et ollin mouvement ou tremblement de terre). Elle se mit à peindre davantage stimulée par cet artiste, mais son caractère trop tumulteux les amena à se séparer. Après plusieurs autres aventures

nahui et lizardo face à la vue d'Acapulco Nahui Olin

 à l'âge de 40 ans elle rencontra son dernier amour Eugenio Agacino, leur relation écourtée par la mort brutale d'Agacino la désespéra, et sans doute dépressive, lassée d'une vie où elle n'avait pas réussi à s'imposer vraiment sur le plan artistique, elle choisit de se retirer en 1934 de la vie publique, et mena une vie solitaire et difficile. Elle ne mourut qu'a l'âge de 85 ans en 1978. Deux tableaux vus au Grand Palais, lors de l'exposition consacrée au Mexique cet hiver.Nahui Olin

Nahui

 Un livre a été écrit sur cette femme si particulière par Pino Cacucci..

Posté par maison43 à 18:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

14 mars 2017

François Gagnaire -Restaurant Anicia- Paris

Anicia

François Gagnaire a quitté depuis déjà un petit moment son restaurant étoilé du Puy en Vélay. Il est installé maintenant au 97 rue du Cherche-Midi dans le 6ème. Son restaurant se nomme Anicia, en référence au nom romain du Puy Anicium. Le caviar du Vélay révèle une composition de lentilles du Puy en gelée de crustacés et crème de chou-fleur. Il faut compter 50 à 60 euros à la carte sans compter le vin. Le soir un menu dégustation à 55 Euros vous est proposé. Pour le midi une formule entrée-plat ou plat-dessert à 29 euros pourra vous satisfaire. Attention, fermé le dimanche et le lundi.

Posté par maison43 à 18:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 mars 2017

De plus belle - Film de Anne-Gaëlle Daval

Foresti

Un fort joli film où l'image de la Femme est valorisée, la maigre, la ronde, la moins belle, la plus vieille, à travers une histoire assez classique par ailleurs. Une Florence Foresti joue avec finesse une femme atteinte d'un cancer du sein, une Nicole Garcia joue un professeur de danse d'une rare humanité, rôle qui doit tout à cette actrice si juste et si belle à 70 ans; oui, les rôles masculins comptent bien sûr, mais rarement un film ne met autant en valeur les Femmes, même la mère hargneuse a du charme, c'est dire ! jusqu'aux vieilles Dames d'une maison de retraite dont la toujours pétillante Perrette Souplex connue seule des jeunes vieilles Dames comme moi. Parti pris certain pour la Femme, il véhicule un autre regard sur le corps des femmes, sur l'apparence, sur la vieillesse. Mieux qu'un élixir de jeunesse, une crème de beauté, une séance de psychothérapie, je le conseille à toutes. Nous sommes toutes, belles. Et c'est pas faux.

Posté par maison43 à 12:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 mars 2017

Valentine Goby - Un paquebot dans les arbres

Plusieurs thèmes dans ce roman qui tournent autour de la vie d'une Mathilde née en 1944 : La maladie, la couverture sociale des professions indépendantes, la difficulté de naître fille après un frère mort à l'âge de 2 mois, et pour finir les évènements liés à la fin de la guerre d'Algérie. Une chouette révision pour moi !!   Le bacille de Koch est l'un des héros du livre, la pénicilline découverte par Fleming n'a été distribuée massivement qu'à partir Résultat de recherche d'images pour "valentine goby un paquebot dans les arbres"de 1945, la mise en place de la Sécurité Sociale pour les salariés date aussi de cette époque. Les professions indépendantes ont des assurances privées, mais les cotisations sont élevées. Et les parents de Mathilde petits cafetiers de La Roche Guyon cesseront de cotiser, une fois la tuberculose du père déclarée, les clients se faisant plus rares, because la tuberculose. Les chercheurs Calmette et Guerin testent leur vaccin anti-tuberculeux, le BCG en 1921, les campagnes de vaccination ne commenceront qu'en 1925, mais de façon encore fortuite. La vaccination est rendue obligatoire en France en 1950. La famille Blanc échappe à toutes ces mesures, dans ces années que l'on nomme pourtant les 30 glorieuses. Oui, mais pas pour eux. Et c'est une sorte de descente aux enfers que nous dépeint Valentine Goby. De la mère, Odile, il n'y a rien à dire si ce n'est qu'elle est amoureuse de son mari jusqu'au renoncement, Paul dit Paulot, oreilles décollées, maigre, joue de l'harmonica, un Hohner, chaque samedi soir où le Balto, leur café se transforme en dancing avec un concours de bal qu'ouvre Paul avec sa fille aînée Annie. Mathilde la seconde fille que son père nomme mon p'tit gars essaie de se faire aimer de son père. Paul ne semble aimer qu'Annie et sa femme, l'autre il ne la voit pas telle qu'elle est. Pas franchement sympathique ce père même si il attire par son entrain le client. Mathilde trouve pourtant son père lors des rares promenades en forêt, et l'auteure nous donne alors à lire de jolies marches en forêt, avec les parfums et les sons.  Et puis il y a Jacques le petit frère dont on parle peu, trop petit pour comprendre le mot pleurésie, un mot nouveau qui ne les lâchera plus.  Il se transformera en tuberculose ce mot, atteindra Odile et transformera leur vie jusqu'à les faire hospitaliser dans un sanatorium en forme de paquebot à Aincourt dans le Val d'Oise, Annie se sauvera devenue infirmière en se mariant, les deux petits seront placés en famille d'accueil. Mathilde fera alors de sa jeune vie un combat pour réunir à nouveau la famille autour de ce père tant aimé.

Et puis, il y a ce chant d'amour pour la nature encore privilégiée à cette époque. Cette nature-mère où Mathide ira puiser des forces pour tenir.

Dense ce petit livre, riche, un bon moment à passer en sa compagnie.  

Posté par maison43 à 18:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 mars 2017

Bazille 1841-1870

Bazille auto portrait à la paletteA priori, ce jeune homme ne devrait pas tant m'intéresser, sa peinture ne le démarque pas vraiment de ses contemporains, son origine bourgeoise non plus, mais cet homme là m'attire. D'une famille protestante nantie de Montpellier, il se dirigea vers la médecine, rapidement il s'intéressa plus aux dessins réunis par François Xavier Atgier 1758-1833 qui donna sa collection à la bibliothèque de la Faculté de Médecine où de grands noms figurent comme Fragonard, Tintoret, Tiepolo ( Musée Atger au 1er étage de la Faculté de Médecine). Il étudia aussi les atlas anatomiques de la bibliothèque qui présentent des écorchés remarquables. Attiré par un voisin de la faculté, Alfred BruyasCourbet - Bruyas

bourgeois, mécène, collectionneur, tuberculeux, qui tient salon et a fait de son hôtel particulier un petit musée. Bazille y admire Delacroix et la lumière du tableau 'Les femmes d'Alger dans leur intérieur' seconde version 1849. (tableau conservé au musée Fabre de Montpellier) Bazille décide à ce moment là d'être peintre. Il rencontre chez Bruyas, Cabanel qu'il n'aimera pas, Paul Ferdinand Gachet (médecin passionné de peinture et des peintres chez qui Van Gogh mourra)) il fréquente Courbet, Couture, Degas, Fantin Latour, le philosophe Proudhon. Gachet est venu à Montpellier travailler sa thèse 'Étude sur la Mélancolie'.  

Monet - Portrait de Bazille

En Novembre 1862, Bazille (1841) se rend à Paris et sera élève de Gleyre, il y rencontre Claude Monet (1840) Auguste Renoir (1841) Alfred Sisley (1839). Berthe Morizot (1841) fera partie aussi de leur cercle d'amis. Cezanne (1839) liera aussi relation amicale avec Bazille, Pissaro (1830) sera du lot aussi. Ils fréquenteront la Closerie des Lilas, leur référence sera Delacroix et Courbet, leur modèle Manet. Bazille peint le matin et suit les cours de médecine l'am. Il en profite aussi pour visiter les musées, les théâtres, la musique. Il joue du piano, il aime Haydn, Mozart et Beethoven. Il aime aussi l'opéra, Bellini, Bizet, Meyerbeer, Wagner, Berlioz. Il faut compter aussi les régates de Bougival, les balades au bois de Boulogne, les rencontres aux cafés. Bazille est sur tous les fronts, avide de vivre. Le maître Gleyre devenant aveugle, Bazille partage un atelier avec Villa, tandis que Monet partait peindre à HonfleurBazille Marine à St Adresse

Bazille le rejoignit et peignit des paysages. Il rate son examen de médecine et abandonne ce projet. Il se rend à Saint Sauveur avec 3 tableaux de Monet, mais pas plus que Bruyas, aucun acquéreur ne fut enthousiasmé. Bazille s'installe avec MonetBazille Atelier

rue Furstenberg où Delacroix qui vient de mourir en1863 logeait et peignait. C'est d'ailleurs devenu le musée Delacroix. L'atelier de Gleyre ferma

Bazille Paysage de Chailly

Monet partit à Chailly en forêt de Fontaineleau et Bazille le rejoignit. Courbet et Corot vinrent également.

En 1866, Bazille et Monet se séparèrent, Monet partit vivre avec Camille. Bazille logea rue Godot-de-Mauroy, dans une petite chambre où il reçut son ami Edmond Maître

Bazille Edmond Maitre

brillant sujet, dandy qui consacra sa vie à la lecture, théâtre, musique et ses amis nombreux Renoir, Sisley, Manet, Fantin Latour. Bazille et Maître jouaient du piano à 4 mains, du Schumann. Gabriel Fauré servit de répétiteur. Six mois plus tard, Bazille emménagea rue Visconti, Renoir s'y installa avec lui. Au salon de 1866Bazille Poissons

sa Nature morte aux poissons' fut acceptée. Bazille en profita pour le peindre.Bazille Renoir

Et Renoir le représenta dans 'Nature morte au héron'.Renoir - Bazille

Durant l'hiver 66-67, il aida Monet en difficulté financière, suite à la grossesse de Camille qui déclencha chez monsieur Monet père outre une colère, un arrêt de tout financement. Bazille acheta 'Femmes au jardin', et le régla à Monet par mensualités. Monet en exil à Sainte Adresse et Bazille s'écriront beaucoup.  En 1867 Courbet et Manet construisirent lors de l'exposition universelle, chacun, leur propre pavillon et y exposèrent leurs oeuvres. Bazille part alors pour Aigues-Mortes, on est en juin 1867. Ce fut bien sûr là bas la rencontre avec la lumière !!!! 

Méric,  à Montpellier site familial essentiel à Bazille, plusieurs tableaux La robe roseBazille La robe rose

 la terrasse de Méric, le petit jardinier, Vue de villageBazille - Vue de village

Ce tableau plut aux demoiselles Morizot. En 1868, il revient sur Paris et s'installe au quartier des Batignolles, toujours avec Renoir. Le café Guerbois est le lieu de rencontre. Manet y vient souvent, Gachet aussi partagé entre l'homéopathie la peinture et autres occupations. Degas est là, Cezanne rarement, Pissaro, Zola. En 1868, le salon accepte 2 toiles de Bazille, Réunion de familleBazille Réunion de famille

et Nature morte aux fleursBazille Vase de fleurs sur une console

 Monet lui envoie des demandes d'argent incessantes, ce sera un prétexte entre échanges épistolaires entre eux où Monet quémande toujours le remboursement du prix du tableau Femmes au jardin un peu dur à payer pour Bazille. Bazille parait-il détestait Cabanel, peintre de femmes idéalisées, comme Albaydé inspirée des Orientales de Victor Hugo, mais aux yeux éteints de poisson mort.

Cabanel Albaydé

eN 1870 il peint son atelier qu'il doit quitter faute de pouvoir le payer. Edmond Maître est au piano, Renoir sur la table discute avec Zola debout dans l'escalier. Devant le chevalet Manet. Ce fut Manet dit on qui peignit le grand Bazille avec sa palette et ses pinceaux.Bazille Atelier rue de la Condamine

Chez Bazille, les femmes ont souvent les yeux baissés,  les femmes regardent dans le vide et ne respirent pas la joie.

Bazille Jeune femme aux pivoines

Bazille La toilette

 son dernier tableau Ruth et Booz Bazille Ruth et Booz

il semble traverser une crise d'inspiration. Le  20 juillet 70 la France déclare la guerre à la Prusse, dispensé d'obligation militaire, son père lui a payé un remplaçant au moment de la conscription. Il s'enrôle cependant en août dans les zouaves, engagés dans les combat les plus meurtriers. Les raisons de cet engagement sont inconnues, certains évoquent une crise existentielle, d'autres de démarche suicidaire, d'autres encore évoquent un besoin de s'échapper un moment de sa peinture dont il n'est pas toujours satisfait. Il débarque le 30 août en Afrique du nord, ses compagnons sont presque tous des repris de justice et des filous, il déprime. Il part ensuite pour Constantine, le 27 septembre 1870 il rejoint le front de l'est et meurt quelques jours après. Son père ira récupérer le corps déjà enseveli dans une fosse 

Source : BAZILLE 1841-1870 de François-Bernard Michel     

Si Bazille fut sage avec les nus féminins, il se lâcha dans un nu masculin, comme Caillebotte né en 1848 le fit aussi, de superbes fesses musclées, ce qui provoqua un petit scandale, bien sûr.Bazille Le pêcheur à l'épervier

Alors, il choisit de les vêtir ces fesses de caleçons que la marque Solendro ne renierait pas.

Bazille Scène d'été

Songeur,  mystérieux un jeune homme ...

Et au final, c'est peut être pour ces tableaux là complètement décalés pour l'époque que ce grand jeune homme me plaît.

Tableaux vus au musée d'Orsay lors de l'exposition Bazille sauf le Cabanel et le Courbet vus au musée Fabre à Montpellier. 

 

Posté par maison43 à 17:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

24 février 2017

Bernard Buffet 1928-1999

Buffet autoportrait 1956

Buffet autoportrait 1977

Le musée d'art moderne expose en ce moment Bernard Buffet, ce qui constitue déjà un évènement particulier car rare. Ce golden boy de la Peinture fort populaire dans les années 50 et 60, suscita ensuite un vif mépris de la part de tous les conservateurs de musées, les critiques d'art, les commissaires d'exposition. Bien sûr, il persista dans son style, celui qui est la signature d'un peintre, style qui se modifia cependant durant les années et qui tout en gardant ses traits célèbres et décriés atteignit un sommet digne des autres peintres plus estimés que lui. Le musée d'art moderne nous fait cheminer chronologiquement

Buffet -Nature morte au révolver

Buffet les trois rigolos 1997

Buffet La ravaudeuse de filets 1948

Buffet 1963

des tableaux en teintes beige-gris-vert-bleutés

Buffet La cafetière bleue 1956

on passe à du rouge Soutine

Buffet série les Ecorchés 1964

Buffet Les Folles Femmes au salon 1970

des couleurs vives, criantes, gueulardes même qui me ravissent.

Buffet série Les Oiseaux 1960

 Buffet est né trop tôt, il aurait fait un tabac à notre époque actuelle. D'une beauté du diable, il séduit Pierre Bergé et la France d'alors.

Bernard Buffet

Quelques années plus tard il épouse une belle Annabelle, à la même fragilité que lui semble t'il.

Buffet 1960

De célèbre, il passe à maudit, seuls les médias avides s'intéressent à eux, leur couple fascine et la brune Annabelle a beaucoup de charme. Buffet se rebiffe, sa peinture exprime sa colère, et se révèle tourmentée, fiévreuse, le Christ c'est lui.

Buffet - La Crucifixion

  peinture hargneuse, rancunière même jusqu'à la caricature où l'artiste se moque de ses détracteurs en caricaturant son style

Buffet Les clowns musiciens

ce qui a donné les prémices de l'art graffiti. Et je préfère cette période où le peintre se démarque des autres, les peintres des rues lui doivent beaucoup. Il fait des Bandes dessinées géantes, avec des thèmes dont il fait plusieurs séries

Buffet Le combat avec le requin 1989

 Et puis l'artiste se moque de l'Homme, lui, nous, les autres, un humour corrosif et noir. Les harpies le cernent sans répit

Buffet L'enfer de Dante Les Harpies 1976

  D'un naturel dépressif, il accentue le trait et est sans doute dans un désespoir certain, une maladie de Parkinson n'arrangera rien  : Pitoyables humains, puissants ou misérables, la mort est au bout du chemin, ne l'oubliez pas.

Buffet Squelette en prière 1998

Il l'avancera à son heure, à sa façon, cette mort impitoyable et extrêmement dure pour ses proches dans une sorte de performance signée Buffet mais non dénuée de panache.

Buffet La Mort 5 1999

 Il est amusant de constater que 40 ans plus tard, Bernard Buffet attire toujours les mêmes critiques. L'art pictural existe dans toutes les époques, mineur, grandiose, brut, maniéré, académique, qu'importe, on n'aime, on n'aime pas, on critique, on loue, qu'importe, il contribue à l'Histoire humaine, et Buffet en est un acteur. Et puis quelques douceurs un peu suaves qui témoignent que Bernard Buffet connut aussi la joie, l'espoir, l'amour, un peu de paix parfois.

Buffet Kabuki

Buffet La mer 1960

Buffet Le rhinocéros

Buffet Le sommeil d'après Courbet

Né trop tôt dans un monde encore fort conformiste, il laisse ce message ambivalent, comme le fut sans doute sa vie.

Buffet

 

Posté par maison43 à 19:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 février 2017

Alexis Chomel aquarelliste 1995

 

Alexis Chomel - La femme et la colline

Brioude en Haute Loire  offre outre sa basilique, ses rues chargées d'histoire, une galerie d'Arts ouverte depuis 1990 et installée dans un site remarquable La maison de Mandrin. L' Association Festival Aquarelles de Brioude qui organise, entre autres actions, en Juillet une biennale d'aquarelles qui regroupe des artistes de plusieurs pays proposait du 10 Décembre au 11 Février 2017 une exposition extra biennale sur quatre aquarellistes pour jeune public en partenariat avec l'Education Nationale. 

Une occasion de découvrir un jeune talent originaire de Firminy, soit un appelous (sur l'origine de ce nom consulter  le site   http://la-vallee-de-londaine-en-histoire.over-blog.com/2015/09/appelou-est-une-denomination-plutot-recente-pour-les-habitants-de-firminy-cette-appellation-a-des-origines-diverses-et-variees-mais.

Alexis Chomel est un jeune peintre aquarelliste, autodidacte, né en 1995, il a suivi quelques cours chez un peintre professionnel. Son style devrait avec l'âge se personnaliser un peu plus, et il semble extrêmement prometteur.Alexis Chomel - Dans le bleu de l'absinthe

Posté par maison43 à 18:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 février 2017

René Magritte

Quel drôle de personnage ce Magritte, dont l'existence tranquille en apparence semble être en désaccord complet avec ses tableaux. Certes la connaissance de l'incontournable Breton en fut sans doute, sinon l'origine, du moins un relatif catalyseur, mais rapidement il s'éloigna des prétentions psychanalysantes jusqu'au maniérisme parfois baroque de ce mouvement et créa un style Magritte, reconnaissable entre tous.  Méfions nous des apparences. Magritte ne dit pas tout dans ses toiles, et tout n'est pas dit sur Magritte. il est un de ceux qui sut le mieux jouer avec  les mots, les images, le mystère, il sut leur donner un non-sens où chacun peut y trouver ce qu'il veut voir, tant et si bien que tout peut être dit sur lui sans que personne ne s'approche de sa vérité. C'est un jeu, un mystère, un éclat de rire, un labyrinthe, un point d'interrogation, témoignant d'un imaginaire puissant, d'un humour assez corrosif parfois, d'une limpidité trompeuse, d'une volonté certaine de se cacher derrière des images et bonne chance à celui qui veut les traverser, sans omettre un désir puissant chez Magritte de poétiser la toile peinte et de nous y perdre dans un titre souvent mystérieux. 

Il y a plusieurs façons de lire les tableaux de Magritte, celles fort inspirées des critiques, d'autres plus simplistes et rigolotes, une manière de jouer avec les mots et les images, plus grossièrement certes .. ainsi les deux tableaux suivants que l'on peut rapprocher aisémentMagritte 1 en changeant les Titres à gauche  Ceci est une pipeMagritte 6

 et celui ci à droite La lampe Merveilleuse

 

 

 

Bon que les bien-pensants me pardonnent ou pas, d'ailleurs, je m'en moque bien, mais il y a aussi du facétieux chez Magritte avec toute liberté pour nous de l'interpréter.

Et cette délicieuse version de l'oeuf et du coquetier, nouveau paradoxe de la poule philosophe intitulée 'Variante de la Tristesse'.

Magritte4

Philosophe aussi Magritte,autant que la poule, mais plus moqueur, laissant à chacun sa liberté de pensée (oui cela me fait penser à quelqu'un !!) il y a des symboles récurrents chez ce peintre inclassable qui refuse d'ailleurs que l'on trouve chez lui des symboles, symboles dont on peut trouver plusieurs explications qui sont toutes fausses n'en doutons pas. Il y a aussi les mots dont la fonction est de désigner l'objet qu'ils représentent mais sont forcément arbitraires et discutables. Oui, Magritte n'a rien de simple dans son raisonnement, ni dans ses peintures.Magritte 11

Il fut un admirateur d'Edgard Poe, il aima ses Histoires extraordinaires où la mort, la folie, la perversion, le crime sont toujours présents. Cela fit certainement écho en lui dont la mère se suicida alors qu'il avait 14 ans. Quel drame pour un enfant, quelle explication lui fut elle donnée et quel mystère en fut la cause  ? et puis les gouvernantes qui se succédèrent avec les déménagements, rien de stable chez Magritte adolescent, cela peut expliquer aussi l'existence d'objets assez incongrus dans ces tableaux, fusil, linge blanc, pomme, pierre, grelots, objets qui souvent n'ont rien à faire ensemble mais dans une vie, l'absurde, l'incertitude, l'irrationnel, le dramatique trouvent toujours aussi leur place, contre notre propre volonté.

Magritte 10

Magritte 9

 Les corps des femmes sont représentés soit par une petite masse informe, une sorte de bulle, ou bien par un vêtement qui laisse place aux seins, au sexe selon les tableaux, son tableau Le Viol est particulièrement heurtant, un visage de femme où les yeux sont des seins et la bouche un pubis, cela est extrêmement figuratif et n'a rien d'érotique, la femme est un mystère, le viol en est la démystificationMagritte 7

 Entre ces objets sexuels sans visage qui peuvent évoquer vaguement un utérus et ses nus à la Grecque au visage de son épouseMagritte Le rêve

il pratique l'art de l'équivoque. Il aime l'ambiguité, ses portes fracassées qui donnent sur des maisons bourgeoises transforment les apparences et cachent de possibles mystères, telle sa porte qui dévoile un trou noir, le comble du mystère.Magritte 14

 Magritte s'amuse incontestablement et veut provoquer parfois par une certaine subversion des images qui amène chez le spectateur un plaisir, une réaction hostile, une incompréhension, une curiosité inassouvie.

Allez un dernier verre et au plaisir de vous revoir peut être une autre fois, qui sait !  Magritte Le bain de cristal

 

Posté par maison43 à 17:47 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

31 janvier 2017

Auberge Chambon

Conscrits classe 39

Il adorait écouter Ramona, ce Paul de l'âge de ma mère, charmeur sans être vraiment beau, il nous le faisait écouter sur son jukebox. Sa spécialité pâtissière était l'omelette norvégienne. Il courtisa ma mère en son jeune temps, de même qu'un Roger R ou un autre Paul C, tous natifs de St Privat d'Allier. Ce Paul Chambon à droite du porte drapeau, conscrit de la classe 1939 est issu d'une aïeule fort lointaine commune à notre famille, cette aïeule Magdeleine Blanc épousa en premières noces Jacques Jamme dont elle eut une fille Marie. Puis en secondes noces, Magdeleine veuve épousa Etienne Martin dont elle eut une ribambelle d'enfants demi-frères et soeurs de notre aïeule Marie. Jean Martin retient notre attention, il eut lui même plusieurs enfants dont un Joseph Martin qui épousa une Marie-Anne Pailhère, plusieurs enfants dont un Jean Pierre Martin qui épousa une certaine Victoire Dupin. Ces derniers eurent entre autres une fille Marie Martin qui épousa Eugène Barry. Ils eurent 2 enfants, Pierre qu'on laisse de côté et une fille Eugénie 1890-1976 qui épousa Auguste Chambon 1883-1939. Eugénie apporta en dot l'hôtel Barry.

hotel chambon 1920 st privat

  Ce couple eut 3 enfants dont 2 morts prématurément avec Augusta à l'âge de 21 ans et Pierre mort à 13 ans. Seul Paul né en 1919 survécut et fit de l'hôtel Barry-Chambon, l'hôtel Chambon connu sous le nom de La Vieille Auberge, il en fit une pension de famille qui recevait l'été des pensionnaires des Bouches du Rhône, de Moselle, de la région parisienne. Les soirs d'été de ma jeunesse se passèrent souvent au bar Chambon où une Marthe qui aimait les beaux jeunes hommes nous servait pour les plus sages une limonade. Nous étions alors une sacrée bande de jeunes gens qui nous réunissions chaque soir. Dire que Paul fût notre cousin même éloigné serait bien sûr fort exagéré, mais nous eûmes quand même une aïeule commune à la 7ième génération. Et je me souviens d'Eugénie Chambon qui surveillait assise dans sa cuisine son petit monde d'une main de fer.

LA VIEILLE AUBERGE EN 1950

Paul Chambon se maria avec une jeune Yvette et resta sans descendance.

La Vieille Auberge a été reprise depuis déjà pas mal de temps par un jeune couple qui travaille beaucoup avec les marcheurs de Compostelle et assure la continuité de l'Auberge Chambon. 

Merci à Viviane d'avoir pensé à me faire ajouter le site internet :  http://www.lavieilleauberge.fr/

 et https://www.youtube.com/watch?v=7fMbnh1g3bc7    Pour rester encore un peu dans l'ambiance, Viviane.

Posté par maison43 à 20:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :