31 janvier 2012

Les jolis garçons - Delphine de Vigan

les jolis garçonsLes jolis Garçons     Delphine de Vigan

-'Entre la réalité et le fantasme, il existe semble t'il une frontière tangible qui m'échappe et que vous maîtrisez'  (extrait)

 explique Emma Pile, jeune femme de 26 ans, à son psy; Emma est, alors, internée dans un établissement spécialisé.

-'Bientôt nous serons parvenus au bout de l'histoire, là où plus rien ne peut être dit. Bientôt nous n'aurons plus rien d'autre à contempler que ce paysage désolé, cette vie sans fable que je dois me ré-approprier'- (extrait) 

Et nous, les lecteurs, on est, dans l'histoire d'Emma Pile qui rêve sa vie, qui rêve l'amour des hommes  :

D'abord il y a Marc, marié, qui ne reste pas plus de 30 minutes par jour, qui ne lui dira jamais 'je t'aime', qui ne la touchera jamais non plus. Pour ne pas rater sa visite chez elle jamais planifiée, Emma ne sort plus, ne va plus au travail, s'isole du monde .... Emma finit par craquer, et Marc sort de sa vie, dramatiquement pour Emma qui est alors hospitalisée.

Ensuite il y a Ethan, Emma a maintenant 30 ans. Ethan est écrivain. Marié, 2 enfants, il sort avec des femmes quand sa femme est en déplacement. Il devient amoureux d'Emma qui l'aime aussi. Trois nuits d'amour entre eux,  Emma qui est allée au bout de cet amour reprend le cours de sa vie sans émotion particulière.

Le troisième se nomme Milan,  présentateur de télévision d'une célèbre émission réalité. Milan est célibataire. Emma a trouvé son double qui la surpasse, à tel point -'que  toujours vient le moment où il faut prendre conscience de l'immense imposture qu'est la rencontre de l'Autre' (extrait). Alors, Emma Pile fuit Milan.

Et rencontre le 4ème  homme ... Les hommes ne manquent pas dans la vie rêvée d'Emma

Et puis il y a Martin, le frère aimé d'Emma qui lui dit -' Emma, nous sommes des enfants du silence, c'est la faim qui nous dévore, et le rêve aussi' (extrait).

Tragique histoire d'Emma qui navigue en permanence entre le rêve et la réalité et qui nous installe dans le doute : bouffées délirantes ou réalités. Si en ce qui concerne Marc, la réponse est claire, on espère qu'Ethan a bien existé pour le plaisir d'Emma, quant  à Milan on n'a pas du tout envie de croire en son existence, même si l'on s'amuse beaucoup à lire ce portrait d'homme, même si la réalité en ce cas précis dépasse sûrement la fiction. 

 Au final, Martin est le seul homme qu'Emma puisse aimer.

Posté par maison43 à 09:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 janvier 2012

Des nouvelles de Poutès

De 17 m, le barrage de Poutès devrait être ramené à 4 m de hauteur. Les saumons pourront à nouveau circuler, la production électrique devrait être maintenue à 90%.

Compromis donc que la ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé le 6 Octobre 2011.

Bon, c'est pas tout de suite qu'on ira pêcher le saumon, à mon avis !

poutespoutes projet

Il y a d'abord les élections,

après les politiques élus décideront ..

alors, on en reparlera encore de ce barrage de Poutès,

Et pour un long moment encore ...

Petit feuilleton local, passion militante pour les uns, ineptie qui risque de coûter fort chère pour les autres, moi peu me chaut, à vrai dire, toujours ...

mais ce n'est pas une raison

pour ne pas l'évoquer, ce feuilleton de Poutès..

Posté par maison43 à 18:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 janvier 2012

La tenture de l'apocalypse

 Comment aborder la tenture de l'apocalypse, à Angers,  en son château d'une manière fantaisiste, rigolote et attrayante ? pas facile ! D'abord, elle n'a pas été faite pour ça : Louis Ier d'Anjou (1339-1384), son commanditaire aimait démesurément les tapisseries, certaines habillaient avantageusement les murs de son château, d'autres l'isolaient quand il avait besoin d'intimité, et d'autres encore rappelaient ses exploits guerriers aux visiteurs ébahis, ensuite, le thème choisi de l'La Jérusalem célesteapocalypse n'est pas particulièrement optimiste et réjouissant : si il faut attendre que le mal soit vaincu pour qu'enfin le bien prédomine, et que le Christ nous installe alors dans la félicité, la Jérusalem céleste, on risque d'attendre fort longtemps;

 

 

Louis Ier d'Anjou eut l'idée d'évoquer aussi ses ennemis jurés, les Anglais, et certaines scènes font office pour l'époque de BD, discriminant les dits anglais, les vouant aux enfers, semblables au diable et à ses démons, ce qui devait faire plaisir à tout le monde, les anglais ayant pris la fâcheuse habitude d'envahir la France.

sauterellesLes sauterelles sont assimilées aux anglais ...

 

 

 

 

Avec cette tenture immense, impossible à utiliser, pas facile à déplacer, 140 m de long quand même,Angers Louis d'Anjou se fit plaisir doublement : cette tenture prouvait sa riche puissance, et laisserait à la postérité une trace durable de son passage, et la suite prouva que malgré quelques vicissitudes, il avait raison : cette fameuse tenture est à nouveau admirée, dans un espace un peu sombre pour la protéger au mieux. Constituée de laine colorée avec de la gaude, de la garance et du pastel, elle fut dessinée sur carton par Hennequin de Bruges, peintre flamand, et réalisée dans les ateliers d'un célèbre lissier de Paris, Nicolas Bataille.  

Les créatures Satanmonstrueuses de la tenture de l'Apocalypse  valent bien celles de nos romans fantastiques contemporains, et devaient susciter à l'époque grand

Les grenouilles recrachéesLa bête de la terre et celle de la mer aux 7 têtes

 

 

 

 

 

 

effroi, elles représentent le diable et ses acolytes,

entendez aussi  les envahisseurs de l'époque. Les grenouilles crachées par les monstres représentent les rumeurs impies pour dresser les peuples, les uns contre les autres et contre Dieu. 

Ouf un peu de douceur dans ce monde de brutes, avec la figure charmante d'une jeune Prostituée,La prostituée et son reflet feo et son vilain reflet dans le miroir qui gâche un peu le tableau, c'est vrai , mais c'est Babylone en personne, symbole du pécher.

Quant aux justes, il s'en moquent bien ! ils dorment, bienheureux élus, attendant que le christ vienne les réveiller ...Le sommeil des justes

Je vous l'accorde, ce n'est ni très catholique, ni très orthodoxe, encore moins très historique, ce que j'écris là, mais c'est ma façon à moi de retenir, un peu ce qu'est la tenture de l'Apocalypse, un peu, peut être ...    

Posté par maison43 à 13:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 janvier 2012

Miss Damoiseau

what

Posté par maison43 à 18:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

24 janvier 2012

Paradis Conjugal - Alice Ferney

paradisParadis Conjugal 2008                   Alice Fernay

Personnages :

Un film, 'personnage' de 1949 'Chaînes conjugales', qui met en scène 3 femmes mariées, et bien sûr une quatrième, démone qui va tenter d'arracher un mari à son foyer. Chacun peut être l'élu. Le film sert de trame à la problématique actuelle du couple d'Elsa Platte, qui regarde en boucle ce film, couple dont le manque de désir sexuel est à l'origine du conflit. Alice Ferney dissèque, décortique, chaque petite émotion vécue, comme personne, et il y a matière ici avec ces femmes, celles du film, et Elsa.

Elsa Platte 40 ans et 4 enfants. Danseuse classique célèbre d'un milieu aisé qui s'arrête de danser pour élever sa progéniture et qui devient femme-maison. Bien sûr, cela m'évoque Louise Bourgeois, ses femmes où une maison tient lieu de tête.

Alexandre Platte intelligent, un cerveau et un sexe, dit de lui Elsa, peu sensible. peu ouvert à la discussion.

Durant les années 60, Les femmes sont des pays, des villes, des forteresses qui méritent un siège. Les femmes sont des maisons qui veulent être habitées. Quand un mari quitte sa femme, il y a pour ces femmes-maisons, défection, désertion de la maison. La seule question essentielle pour ces femmes là est de trouver un mari aisé, puis de le garder.

Il est évident que l'on peut se retrouver, plusieurs fois dans un livre d'Alice Ferney. Il y en a pour tout le monde. Il n'y a pas d'intrigue véritable, mais une déclinaison d'états d'âme, qui tournent dans ce roman autour des relations conjugales. Ce roman traite de la vie des femmes-maison. Y a t'il encore beaucoup de femmes-maison, aujourd'hui ? pas sûr ! sûr par contre que demeurent les relations conjugales !

Lus également Les autres, La conversation amoureuse.

Toujours la même introspection réjouissante, chez les personnages d'Alice Ferney, mais ... un peu lassante à la longue, ou bien faut il s'aérer antre les lectures, alors que boulimique je les ai lus, dans la foulée tous, jusqu'à en avoir une petite indigestion.

Posté par maison43 à 16:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


23 janvier 2012

Mitoraj

DosFaceprofil

Posté par maison43 à 13:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 janvier 2012

Longues Peines - Jean Teulé

Longues peinesLongues Peines 2001

Jean Teulé qui est attiré par tous les extrêmes s'intéresse dans ce livre au doux monde de la prison, et nous offre un échantillon gratiné de ce que l'humain peut faire en matière de criminalité. Personne n'échappe à la folie, le directeur de la prison se balade en layette rose ou bleue pour l'amour de sa femme folle à tuer et qui tuera d'ailleurs. Le héros le plus attachant est aussi le plus fragile, le plus inapte à la vie carcérale, à moins que ce ne soit à la vie tout court. Et puis il y a l'amour qui règne sous toutes ses formes, et qui n'épargne ni les monstres, ni les tendres, ni les aliénés, l'amour qui ne sauve personne même pas les tendres .. Teulé est drôle, manie les mots, mélange trivialité et poésie, et engendre un réel plaisir de lecture. Il ne condamne pas mais se contente d'être un voyeur, un narrateur. Un libéré du jour se fait tuer le jour de sa sortie, une pédophile sans âme fait l'amour avec un tueur de femmes à 3 mètres l'un de l'autre, sans qu'ils ne se soient vus, un gardien est planté par une paire de ciseaux, le gentil de l'histoire se pend un soir. "Sinon, dans le reste de la prison, c'était normal".

Posté par maison43 à 20:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 janvier 2012

Yayoi Kusama en vert

espoir

Posté par maison43 à 18:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 janvier 2012

Mauvaise fille - Justine Levy

jlJustine Lévy est une fille de son époque, celle où l'on n'hésite plus à divulguer les histoires de famille, même les plus scabreuses. On se livre en pâture à une certaine presse dont raffolent beaucoup de gens. Le malheur des autres faisant non pas le bonheur des autres mais amenant à un certain relativisme sur ses propres problèmes. Une littérature-réalité en quelque sorte. Un premier livre en 95 sur ses rapports-souvenirs avec sa mère, un second en 2004, sur la fin médiatisée de sa relation conjugale, et puis un 3ème en 2011, pour clore une certaine part de sa vie :

Mauvaise Fille 

 Née en 1974, Justine Lévy a un père encombrant, BHL, père toujours présent cependant quand il le faut, sa mère Isabelle, Alice dans le roman, une beauté ex mannequin mène une vie marginale peu compatible avec l'éducation d'un enfant. La vie n'étant décidément pas rose pour cette femme, elle meurt jeune d'un cancer du sein. Justine Lévy raconte l'agonie de sa mère, qui coïncide avec sa première grossesse, ce qui n'est pas l'idéal pour aborder une maternité sereine, avec en plus l'impression coupable de remplacer une vie qui s'éteint par une vie qui commence. La nouvelle née chassant la morte. 

Je souhaite à l'auteure que cette littérature-thérapie soit efficace. Cela se lit bien avec peut être un peu de lassitude quant à l'évocation récurrente de ces enfances perturbées par des parents à l'existence saccagée.  

Je pense qu'il y a des romans qu'on lit quand on est jeune, ce qui n'est pas mon cas ! Voilà ce roman n'est pas fait pour un vieux fossile carapacé. En fait, après avoir terminé le bouquin, je me dis que la seconde partie, à la fin quand sa mère l'a enfin délivrée du fardeau qu'elle était, Justine Levy endosse mieux le rôle de fille avec mère morte, que celui de fille avec mère déjantée, et cela me touche plus, sans doute parce qu'il fallait effectivement que cette mère là si peu à la hauteur meurt pour laisser la place entière à cette petite née, pour que sa mère puisse l'aimer, se consacrer pleinement à elle, sans l'ombre menaçante de cette mère-enfant, car Isabelle- Alice était une enfant devenue mère par erreur de casting. C'est compliqué cette phrase où l'on ne sait plus démêler qui est la mère de qui ! Mais c'est compliqué, d'être fille, c'est compliqué d'être mère ....

Au final, c'est beaucoup plus simple d'être ... grand-mère ! 

Posté par maison43 à 18:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 janvier 2012

David d'Angers

Galerie David d'AngersD'abord il y a le site, particulier, le seul au monde qui existe sous cette forme, nous dira un responsable du musée, vrai ou pas, le site est à voir :

 une union improbable entre une abbatiale gothiqueAbbatiale Toussaint

 et une verrière contemporaine.Abbatiale

Un mariage réussi, heureuxAB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 où les statues de David D'Angers ne déparent pas, un peu décalées, un peu datées, de celles de ce siècle où la bourgeoisie naissante adorait les stucs, les moulages, les dorures, les miroirs, les grandes tentures, les pompons, les galons, les glands, les monuments funéraires, les statues, de ce siècle donc où la bourgeoisie un peu méprisée par la noblesse, en faisait, juste un peu trop ...

Charles d'AngersFils d'un sculpteur sur bois, Pierre-Jean David est né en 1788 à Angers, pour le différencier du peintre David, on le nommera David D'Angers. Il enverra à la ville d'Angers qui lui avait octroyé une bourse, ses plâtres d'atelier. Il obtint le prix de Rome en 1811. Il se lancera également dans une carrière politique, sera député sous la seconde République, mais sera contraint à l'exil. Il meurt en 1856. 

 

 

 

  

Il réalise des statues gigantesques, comme Gutemberg pour Strasbourg, David d'AngersJean Bart pour Dunkerke, un peu chat potté à mon avis !!!, le Fronton du PanthéonDavid d'Angers2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ... où l'on reconnaît VoltaireDétail Fronton Panthéon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et une galerie de têtes sculptées où David s'est efforcé d'afficher le caractère à travers la physionomie : théorie en vogue au XIX ème siècle dite  physiognomonie qui pensait que l'on pouvait connaître le caractère d'un homme à partir des traits de son visage.

David d'Angers3

 

 

 

 

Goethe, cérébral, puissant et soucieux.

 

 

 

 

David d'Angers4

 

 

Paganini tourmenté, romantique,  David d'Angersun Lamartine très  très... étonnant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

David d'Angers6 et un Balzac sensuel, sanguin et un peu trop débonnaire pour être honnête  !    

 Très académique la sculpture de David d'angers, mais assez bonne dans les visages fort expressifs aux chevelures particulièrement travaillées.  

Posté par maison43 à 19:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,