amour

Amour qui se décline sous toutes ses formes dans ce livre, filial, maternel, familial, conjugal, adultère, hommage de l'écrivain née en 1940, à tous ceux qu'elle a aimés et qui l'ont aimée.  

Dominent dans cette narration, deux personnages que tout semble opposer, mais qui sans doute auraient pu se plaire, ayant la même idée sur ce que sont les hommes et les femmes, une idée d'un temps révolu dit cette charmante écrivaine, les femmes sont faites pour être belles et vivre au crochet des hommes qui eux sont intelligents et riches .. un peu court Dame, un peu restrictif, ce n'est pas une question d'époque, mais de caractère, enfin je ne vais pas polémiquer avec vous, quoique ce serait fort réjouissant .. revenons à vos 2 personnages :

Odette, donc la belle inculte et fière de l'être, amoureuse de son mari et de leur beauté, tante par alliance de la narratrice, veuve depuis 8 ans et qui se jette sous un train, la veille de ses 75 ans. A mené sa vie avec l'illusion que seule peut procurer la beauté physique, celle qui crée le vide tôt ou tard, en dehors de la réalité de la vie. 

Pierre ancien amant de la narratrice plus âgé qu'elle, mort à l'âge de 80 ans, mort de faim par volonté de ne plus vivre, cultivé, érudit, marié pour la vie  par commodité. A adoré les femmes, a trompé vaillamment la sienne. A mené sa vie avec l'illusion de la vivre pleinement selon son gré, alors qu'il courait désespérément après une image d'homme libre impossible pour lui à trouver car trop formaté.

j'ai entrepris leur histoire à tous deux avec le sentiment que ce qui les dépare les relie encore davantage : elle, une femme qui s'aimait trop; lui, un homme qui ne s'aimait pas. extrait C'était une certaine époque qui les avait faits comme ça, Pierre et elle. extrait

La narratrice fut l'amour de Pierre, bien qu'elle ne corresponde pas à ses critères, et lui, lui n'a pas su quitter sa vie pour elle, alors quand il la libère de lui, elle l'aime déjà un peu moins et s'en va légère vers d'autres aventures sans savoir qu'à force d'amour, elle aurait pu peut-être le pousser au bout de lui même.

Odette meurt d'avoir perdu son mari amoureux de sa beauté même disparue. 'Elle le perdit quand il mourut; et elle fut perdue' extrait  

Pour Pierre qui avait passé son temps à fuir la réalité, ce fut avec la vieillesse un coup de trop :

Alors le monde se réveilla, rugit, et ce fut sans pitié. Toutes ses constructions furent balayées .... Il n'avait pas vu venir le coup; moi, si. Il était sans défense. Il y avait tant de choses qu'il avait réussi à oublier, la guerre, le mariage, les engagements, la mort. Et là, ce n'était plus possible. Comme le mur du théâtre révèle ses froides briques nues lorsque les décors sont enlevés, ainsi se révéla sa vie : nue, immensément nue, et vide.

La narratrice a des remords de ne pas avoir sauvé Pierre de lui même, elle aurait dû l'accompagner ' tu veux choisir l'enfer ? Alors, choisis le mais n'hésite pas, ne reste pas dans l'entre-deux, vas-y ! Hurle avec lui, déchire-toi, lacère cette chair vive, ne te ménage pas, ouvre les yeux ! .....Moi, je n'irai pas plus loin, car au delà d'un certain point, propre à chacun, il faut aller seul.  

Le conditionnel est une possibilité merveilleuse pour ceux qui n'ont pas fait, pas dit, pas agi au moment voulu.   

Une illusion, peut être, mais après tout, la vérité n'existe qu'à l'échelle individuelle, vérité pour vous, illusion pour les autres.

Seul, reste l'amour donné et reçu.

Ecriture conventionnelle et de très bonne tenue sans surprise.