12 mars 2014

Château de Montbonnet 43

Montbonnet 3

Avec les manants, c'est simple aucune trace d'eux, avec les Seigneurs, ce n'est pas simple, on croit pourtant y arriver, mais les dates ne se recoupent pas toujours, les sources divergent, les dates différentes se succèdent selon les auteurs.

Le village de  Montbonnet situé en Haute Loire eut son heure de gloire, avec la puissante Baronnie de Montbonnet. Plusieurs familles seigneuriales se partageaient les terres, à force de mariages sans doute, les Mercoeur, les Polignac et les Montlaur. Montbonnet était alors un point stratégique, un col où devaient passer pélerins et marchands, les Montlaur originaires du Languedoc devinrent par des alliances de puissants seigneurs du Devès. Ils percevaient les péages des voies de circulation comme la Régordane, la via Podiensis, la Bolène. Bien sûr ils ne vivaient pas dans tous leurs châteaux mais y installaient des châtelains qui géraient leurs affaires. 

Avant l'an 1000, le château de Montbonnet était une sorte de tour de garde en boischâteau de l'an 1000comme celle ci en plus simple,peut être, vue l'exiguïté de la butteMontbonnet 43 elle appartenait probablement aux Mercoeur qui avaient déjà le château de Mirmande situé à quelques kms de Montbonnet, à moins que ce ne fut aux Polignac ou Solignac ou autres ! Les avis des historiens divergent à ce sujet. Le village se situait autour de la tour sur les flancs de la butte. Vers 1219, les Montlaur étaient en possession de Montbonnet, Cayres et Mariac, le château nommé dans les actes Castrum de Monte Boneti était alors re-construit en pierres, un nouveau village La Bonnette se créa en contrebas de la butte, puis un troisième auprès de la route qui fut construite. Depuis 1851 les 3 villages se sont regroupés au seul nom de Montbonnet.

En 1322 Saint Roch lors d'un pèlerinage au Puy aurait séjourné quelques jours au château de Montbonnet, une petite chapelle porte son nom. De 1359 à 1368, les troupes anglaises (guerre de 100 ans de 1337 à 1453) ravagent le Vélay, les châteaux dont Montbonnét assiégés. Les années suivantes ce furent les mercenaires de toutes nationalités dits les routiers et plus tard les Grandes Compagnies qui prirent le relais accomplissant vols, incendies, viols, tortures. Durant les rares trêves, les châteaux du Devès aux armes de Montlaur s'armèrent de créneaux, mâchicoulis, herses, fossés pour soutenir les attaques. En 1382, Montbonnet est si ravagé que les Etats du Vélay en réduisent les tailles. La branche des Montlaur faute de descendant mâle s'éteint à la mort d'Armand de Montlaur en 1439. Jeanne  sa soeur s'unit à la famille De Maubec qui prit la suite des Montlaur qui se maintiendra jusqu'en 1551 où un Raymond de Mourmoiron prendra la suite pour la laisser par sa fille à la maison d'Ornano. En 1589 Montbonnet un certain Pierre de la Rodde, capitaine-châtelain  ravagea toute la contrée et ce jusqu'en 1594 où il ira sévir un château plus loin. En 1631, le château hébergea contre son gré, comme bon nombre d'autres d'ailleurs, une compagnie royaliste lors d'un soulèvement du Languedoc contre Richelieu. Richelieu fera démanteler, par représailles, plusieurs châteaux du Vélay dont celui de Montbonnet en 1632 qui le sera partiellement. Richelieu sonnera ainsi le glas de l'aristocratie féodale. Laissés à l'abandon, ces châteaux serviront de carrière à diverses constructions (maisons, églises).      

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10 mars 2014

Land Art

Robert Smithson Spiral Jetty 1970

Les artistes prennent l'environnement comme toile de fond et abandonnent les matériaux classiques comme le marbre, le bronze. Sculpteurs, plasticiens, photographes, ils utilisent ce que la nature offre. Il s'agit d'une part de sortir des musées, d'autre part de refuser ces 2 grands pôles classiques où évolue l'art : l'abstraction et le figuratif. En même temps, ils souhaitent établir un dialogue inhabituel entre l'oeuvre et le spectateur, l'inviter à réagir, ne plus rechercher une adhésion admirative, mais le questionner sur sa position dans l'espace, dans la société, dans le temps. Oui, c'est assez ambitieux comme projet ! L'oeuvre n'a plus de portée commerciale immédiate, est réservée au curieux, ne nécessite plus de billet d'entrée et est souvent périssable.

 Le Land Art existe depuis les années 60, né aux USA.

Robert Smithson 1938-1973  son oeuvre de référence est 'la spiral jetty' dans le grand lac salé d'UTAH. Construite  en 1970 à un moment de sécheresse, le niveau du lac remonté l'a submergée jusqu'en 2003 où une nouvelle sécheresse l'a sortie des eaux durant 1 an. Elle est à nouveau immergée et disparaîtra forcément...Il a fallu déverser 7000 tonnes de pierres basaltiques et de terre sableuse sur 457 m de longueur et 4,6 m de largeur pour la réaliser. Confrontation de l'homme à la nature, qui d'une certaine manière la détourne, la façonne, et finalement est dominé par la dite nature qui reprend ses droits, toujours. Cette oeuvre perdurera sous forme de dessins de l'artiste, photographies, reportages qui outre l'oeuvre de mémoire financent aussi de tels projets. View Nicole Dextras

Nicole Dextras  artiste canadienne qui travaille selon les saisons, l'hiver, crée des lettres de glace, en remplissant d'eau des cadres en bois, pour mettre en place des mots, mots galvaudés dans notre monde de communication outrancière où les mots perdent de leur signification.Nicole Dextras Silence

Elle nous invite à voir, regarder autrement, réapprendre le silence. L'été, les fleurs  vouées de toutes façon à périr nous ouvrent une autre perspective sur leur beauté.Nicole Dextras Bloc de glaceNicole Dextras

Un site Internet qui peut intéresser les amateurs :

 http://www.landarts.fr/

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08 mars 2014

Le Gardien - Gloria Friedmann

La Forêt de Rougeau en Seine et MarneG Friedmann

 abrite un Géant de terre, d'acier et de résine, tête au long cou où les bois des cerfs se mêlent aux chênes.G-Friedmann

Oeuvre de Gloria Friedmann, photographe, plasticienne, sculptrice née en Allemagne en 1950. Installée en France depuis 1977, elle utilise des matériaux naturels comme le bois, la terre, les feuilles, la fourrure, les pierres, les os.

Gloria Friedmann

   

Cette sculpture se situe au tout début de l'Allée Royale qui débute au Pavillon Royal construit en 1751 pour Etienne-Michel Bouret 1709-1777 financier qui fit bâtir ce petit Marly pour les chasses de Louis XV qui ne s'y rendit qu'une seule fois, snobant l'Allée Royale, lui préférant la Seine.

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06 mars 2014

D'amour- Danielle Sallenave

amour

Amour qui se décline sous toutes ses formes dans ce livre, filial, maternel, familial, conjugal, adultère, hommage de l'écrivain née en 1940, à tous ceux qu'elle a aimés et qui l'ont aimée.  

Dominent dans cette narration, deux personnages que tout semble opposer, mais qui sans doute auraient pu se plaire, ayant la même idée sur ce que sont les hommes et les femmes, une idée d'un temps révolu dit cette charmante écrivaine, les femmes sont faites pour être belles et vivre au crochet des hommes qui eux sont intelligents et riches .. un peu court Dame, un peu restrictif, ce n'est pas une question d'époque, mais de caractère, enfin je ne vais pas polémiquer avec vous, quoique ce serait fort réjouissant .. revenons à vos 2 personnages :

Odette, donc la belle inculte et fière de l'être, amoureuse de son mari et de leur beauté, tante par alliance de la narratrice, veuve depuis 8 ans et qui se jette sous un train, la veille de ses 75 ans. A mené sa vie avec l'illusion que seule peut procurer la beauté physique, celle qui crée le vide tôt ou tard, en dehors de la réalité de la vie. 

Pierre ancien amant de la narratrice plus âgé qu'elle, mort à l'âge de 80 ans, mort de faim par volonté de ne plus vivre, cultivé, érudit, marié pour la vie  par commodité. A adoré les femmes, a trompé vaillamment la sienne. A mené sa vie avec l'illusion de la vivre pleinement selon son gré, alors qu'il courait désespérément après une image d'homme libre impossible pour lui à trouver car trop formaté.

j'ai entrepris leur histoire à tous deux avec le sentiment que ce qui les dépare les relie encore davantage : elle, une femme qui s'aimait trop; lui, un homme qui ne s'aimait pas. extrait C'était une certaine époque qui les avait faits comme ça, Pierre et elle. extrait

La narratrice fut l'amour de Pierre, bien qu'elle ne corresponde pas à ses critères, et lui, lui n'a pas su quitter sa vie pour elle, alors quand il la libère de lui, elle l'aime déjà un peu moins et s'en va légère vers d'autres aventures sans savoir qu'à force d'amour, elle aurait pu peut-être le pousser au bout de lui même.

Odette meurt d'avoir perdu son mari amoureux de sa beauté même disparue. 'Elle le perdit quand il mourut; et elle fut perdue' extrait  

Pour Pierre qui avait passé son temps à fuir la réalité, ce fut avec la vieillesse un coup de trop :

Alors le monde se réveilla, rugit, et ce fut sans pitié. Toutes ses constructions furent balayées .... Il n'avait pas vu venir le coup; moi, si. Il était sans défense. Il y avait tant de choses qu'il avait réussi à oublier, la guerre, le mariage, les engagements, la mort. Et là, ce n'était plus possible. Comme le mur du théâtre révèle ses froides briques nues lorsque les décors sont enlevés, ainsi se révéla sa vie : nue, immensément nue, et vide.

La narratrice a des remords de ne pas avoir sauvé Pierre de lui même, elle aurait dû l'accompagner ' tu veux choisir l'enfer ? Alors, choisis le mais n'hésite pas, ne reste pas dans l'entre-deux, vas-y ! Hurle avec lui, déchire-toi, lacère cette chair vive, ne te ménage pas, ouvre les yeux ! .....Moi, je n'irai pas plus loin, car au delà d'un certain point, propre à chacun, il faut aller seul.  

Le conditionnel est une possibilité merveilleuse pour ceux qui n'ont pas fait, pas dit, pas agi au moment voulu.   

Une illusion, peut être, mais après tout, la vérité n'existe qu'à l'échelle individuelle, vérité pour vous, illusion pour les autres.

Seul, reste l'amour donné et reçu.

Ecriture conventionnelle et de très bonne tenue sans surprise.

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05 mars 2014

Réparer les vivants - Maylis de Kerangal

Réparer les vivants

C'est du lourd, du travaillé, du laborieux, du copieux, du riche, du foisonnant, du débordant, du généreux, de l'opulent, l'écriture de Maylis de Kerangal. C'est surprenant, désarmant, divertissant et parfois un peu fatiguant. On peut parfois se laisser emporter par cette houle majestueuse, oscillation périlleuse, tangage nauséeux de mots jusqu'à en oublier le sujet. 'Que ces yeux étranges, lents et denses, où coagulent des jaunes épars, chartreuse et miel, topazes fumées.' extrait. Ce n'est pas une basique Maylis de Kerangal, elle explique, définit, décortique, analyse, énumère, qualifie. Pourtant, le sujet est grave ou justement à cause de cela : le don d'organes en cas de mort encéphalique, le don de vie en cas de mort, plusieurs vies réparées contre une mort irréversible. Alors diluer ce cas de conscience terrible sous les mots, l'enjoliver, le fleurir, l'enluminer, le sublimer par des mots en abondance qui réjouissent, distraient, égayent, étourdissent, assomment les donneurs potentiels que nous sommes tous est un moyen comme un autre pour nous inviter à réfléchir.  Pour Simon, le principal héros du livre, il s'agit entre autres de donner son coeur, neuf, pas usé, frais si j'ose dire, le coeur étant un organe noble par excellence, un muscle, mais aussi mystérieux pourvoyeur ou récepteur d'amour. Simon en mort cérébrale, il convient aux parents de donner leur consentement. Leur accord est à l'origine d'un ballet bien orchestré entre médecins, qu'une Agence de biomédecine supervise, les organes du donneur sont devenus greffons à répartir à des receveurs compatibles.

Alors, les mots sont sans doute les bienvenus, pas pour les endeuillés, mais pour nous, les lecteurs, les vivants. La mort est chose difficile à surmonter dés qu'il s'agit d'êtres que l'on aime, le choix d'arrêter une machine qui fait vivre un corps, le choix de le transformer en dépouille est une décision de vie ou de mort, un pouvoir dont on se passerait bien, même si selon le principe du consentement présumé, où seule l'opposition à ce don, exprimée verbalement, par le vivant fait véritablement loi. Qui ne dit mot consent, qui ne s'oppose pas consent. Alors les mots en mitraillette de Maylis de Kerangal, impuissants à réanimer Simon, donnent vie à un récit, haletant, stressant, énervant mais superbement vivant. 

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04 mars 2014

Charles Maurin 1856-1914

Le crime au clair de lune - Charles Maurin

En 2006, je découvris ce peintre altiligérien lors d'une exposition au musée Crozatier, au Puy en Velay. Je l'ai rencontré à nouveau dans une librairie cet été à Toulon sous la forme du catalogue des oeuvres exposées au musée du Puy, catalogue que j'avais renoncé à trouver.

Charles Maurin est né en 1856 au Puy en Vélay en Haute Loire. Fut élève d'Emile Giraud (1825-1892), obtint le prix Crozatier qui lui permet 4 années d'études à Paris, Académie Julian puis école des Beaux Arts. Charles Maurin eut plusieurs amitiés durables, Félix Vallotton, Henri de Toulouse-Lautrec,François-Rupert Carabin 1892 - Charles Maurin

François-Rupert Carabin, le Docteur Régis Reynaud originaire du Puy. Charles Maurin est un contemporain de Jules Vallès, Louise Michel, individualiste il s'engagera cependant pour marquer son refus face à la société rigide de cette seconde moitié de XIX siècle bourgeois, convenu et si peu social. C'est un indépendant et un révolté, un anarchiste de coeur à défaut de l'être dans l'action, il illustrera durant 15 ans un journal anarchiste 'Les Temps nouveaux', il s'intéresse aux progrès scientifiques, son tableau 'La Sérothérapie' en témoigne, voir dans le blog . Dr Reynaud de profil 1877

C'est un excellent dessinateur au trait précis qui saisit le vif, l'âme de ceux qu'il croque, portraitiste talentueux, il peint avec empathie, générosité. 

Portrait de jeune femme rousse  En 1887, Charles Maurin rencontre Felix Valloton à l'atelier Julian. Une amitié chaleureuse unira le discipliné Félix au moins conformiste Charles Maurin. En portrait le modèle Hélène Chatenay qui fut un temps la compagne de Valloton.Les Pommes portrait d'Hélène Chatenay

Une amitié qui se terminera 20 ans plus tard. Valloton se marie à une Berheim qui lui ouvrira un monde mondain que Maurin apprécie peu. Ce sera alors la fin de leur relation. En revanche l'amitié qu'il entretiendra avec un autre ponot Régis Reynaud, médecin, durera jusqu'à sa mort.La Fillette à la poupée vers 1900

La fillette à la poupée musée d'Art moderne de St Etienne. Maurin dessinera beaucoup de fillettes avec leurs mères, rappelant les dessins de Mary Cassatt. Plutôt dans l'air du temps, en ces dessins là le Charles,  ce ne sont pas mes préférés, un peu mièvres, je trouve.. Fillette endormie mise au lit par sa mère

Maternité 1893Maternité 1893

C'est avec les petites filles, un des sujets souvent traités par Maurin. La mortalité reste importante, les avancées de la Médecine permettent l'espoir, mais la mort plane toujours sur la joie de la maternité. Maurin aborde aussi indirectement, le thème de la stérilité, avec le fort beau visage de cette femme le regard perdu dans le videDétail Maternité

c'est une femme sans enfant, stérile comme Charles Maurin l'est suite à une orchite. Le modèle est sa compagne Eugénie Debray  Sur la gauche, ce même visage souriant et tendre avec 2 visages de petites filles mis en lumière, c'est la petite fille d'Eugénie.détail 2 Maternité 

L'Aurore du Travail vers 1891

Maurin est un militant, un contestataire, un homme éclairé, mais ce n'est pas un homme d'action, il reste peintre, L'Aurore du travail symboliserait le chemin de la Liberté pour les mineurs qui s'extraient de leur crassier pour un avenir meilleur. Mais ce genre de tableau est à clés, que Maurin s'est amusé à ne pas laisser, les poings levés, le drapeau, c'est assez clair, d'autres sujets le sont moins : plaisir de Maurin de s'opposer aux critiques d'art qu'il n'aimait pas et qui lui rendaient bien.

Et Eugénie, souvent, d'autres de passage, parfois, mais Eugénie souvent quand même.La Vertu entre les deux vices

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03 mars 2014

Il n'y a pas de grandes personnes - Alix de St André

Je retrouve avalixec plaisir, cette Alix qui se la joue un peu intellectuelle quand même, et c'est bien normal  puisque c'en est une, donc qui se la joue un peu, mais qui ne déteste pas se populariser dans une écriture parfois mal léchée en utilisant volontiers quelques mots grossiers. J'avoue que j'aime son style où l'humour est très présent.  Elle aime André Malraux, soit, c'est bien son droit, un écrivain qui mérite le qualificatif de Grand, elle aime aussi la voix qui déclame à gros trémolos, la mèche rebelle sur l'antique visage, bon, Alix, tu n'es pas sérieuse ? si, ah bon, OK. Elle mêle dans son éloge au grand homme ses propres souvenirs en évoquant entre autres une Cocotte, mère d'une de ses amies fan de Proust, dont elle même est friande, elle en parle d'ailleurs, de Proust avec une certaine gourmandise qui attire le lecteur, elle fulmine contre Rousseau dont la philosophie a servi  dit-elle de justification à l'hécatombe aristocratique par la machine de l'aimable Guillotin, elle évoque Chateaubriand et ses Mémoires d'outretombe, et en revient, toujours, aux Antimémoires de son cher Malraux.

Elle est parfois trop, Alix, de mauvaise foi, très partiale bien sûr, mais cela me plaît bien. Cela se lit avec plaisir, une petite friandise à déguster au coin d'un feu, destinée à être oubliée un peu.

 

  

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21 février 2014

Château de Siaugues Saint Romain - Haute Loire

St Romain

Nulle trace d'écrit en ce qui concerne ce château avant le 13ème siècle.

Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis était suzerain de moults fiefs du Vélay, Entre 1250 et 1263 le recensement de ses vassaux auvergnats fit apparaître la seigneurie de Saint Romain. 

Du corps de garde, s'entendent encore les bruits de guerre, les pavois des Arbalétriers, le sifflement des flèches d'archers, les fléaux qui frappent les armures, les masses qui s'abattent sur les têtes, les miséricordes, les javelots, les cliquetis en tous genre mêlés aux cris de terreur et de souffrance, une odeur de sang où se mêle l'acide aigreur de la peur se mélange à celle du feu  ..

Nous sommes en 1361, autour du château, sur la butte, une église, des maisons et des humains, un seigneur voisin Etienne de Vissac voulant s'emparer du château, ses gens d'armes brûlent les maisons et l'église qui seront reconstruites à Siaugues.

Nous sommes en 1372, durant la guerre de 100 ans, Armand de la Roue en conflit avec le Seigneur de Polignac, en compagnie de Robert Dauphin seigneur de St Ilpize  donne l'assaut au château de Siaugues Saint Romain, ils ont d'abord tenté sans succès l'escalade des forteresses de Polignac et de Solignac et se sont donc rabattus sur ce château dont les Seigneurs seraient les Beaufort-Canillac et les Bertrand vassaux des puissants seigneurs de Polignac.détail

Ils occupèrent un temps le château et furent ensuites vaincus, les sources à ce sujet restent malheureusement fort rares et assez évasives.  

En 1415 Gilbert III Motier de Lafayette 1380-1464, Maréchal de France, acquiert le château et le restaure, on peut supposer qu'il ne l'occupa que par intermittence, ses états d'armes glorieux et nombreux le prouvent, il légua à l'un de ses fils Gilbert IV ( mort en 1527) ce châteauSt Romain2

celui ci se lia aux Polignac en épousant Isabeau de Polignac. Un des derniers descendants de la branche qui hérita du château fut le père Joseph conseiller de Richelieu, il ne dut pas l'occuper beaucoup non plus, une duchesse d'Uzès l'acheta mais il n'abrita que des gardes. Le château fut pillé à la Révolution et alla à l'abandon.

Très proche de nous, une bande de jeunes américains vint le délivrer de sa prison de ronces, et l'une d'entre eux épousa l'actuel propriétaire des ruines. 

Les fresques murales du château furent détaillées par Léon Giron (1839-1914) peintre : article à lire sur le site Mémoires d'Auvergne.   

 

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19 février 2014

Archives des anges - Alix de Saint-André

Archives des anges

Une Histoire des anges, contée avec sérieux quant aux références, avec humour quant au fond, ce qui me convient parfaitement. Drôle cette Alix de Saint-André, un parcours atypique pour une catholique qui suit classiquement des études de lettres à la Sorbonne, puis un passage à Canal Plus, journaliste à Elle, elle écrit depuis romans ou essai comme celui des anges. Irrévérencieuse cette Alix de quoi me réconcilier, presque, avec la religion; bon en attendant l'impossible, penchons nous sur ces anges !   

Trois religions, juive, chrétienne et musulmane avec un premier point commun, Yahvé, Dieu le père ou Allah, le second point commun est la reconnaissance de l'existence des Anges, les petits messagers de Dieu. Beaux, les anges en général, le plus beau était parait-il Lucifer, le premier qui apparaît dans la bible et pas sous la forme d'un serpent initialement car c'est Dieu qui le condamne à ramper sur la terre après avoir perverti Eve ... donc c'était un bel ange qui séduisit Eve, ouf nous voilà rassurés sur la saine sexualité d'Eve, bon d'accord elle incite Adam à manger un fruit du seul arbre interdit de l'Eden, celui de la connaissance du Bien et du Mal, Adam et Eve purs produits de Dieu ne pensaient pas par eux même, éternels, ils s'emmerdaient au paradis !!! ouf le Malin les a rendus mortels, (punition de Dieu), mais capables de faire le bien et hélas le mal ... la pomme en fait était une figue, ou un autre fruit, et est devenue symbole du fruit défendu, symbolique du péché de chair ... interprétation purement humaine ... comme l'interprétation de tous les textes anciens d'ailleurs ...  pour les musulmans les démons sont en fait des djinns, intermédiaires entre les anges et les hommes, ils peuvent être d'ailleurs bons ou mauvais. Satan a emmené avec lui une partie des anges, dits anges déchus. Les Démons ont longtemps terrorisé les masses, de nos jours on ne parle plus de Malin, mais du Mal. Nuance légère où le Malin disparu n'a pas supprimé pour autant le Mal toujours bien présent chez les humains, misérables humains qui se tuent au nom d'un Dieu, misérables humains chassés du paradis.

Puissent les anges, infatigables tisserands d'invisibles liens, graver cette affectueuse ponctuation ailleurs que dans le marbre des pierres tombales , c'est leur rôle après tout. extrait.

Encore, faut il croire aux anges !

Et pour le reste, car ce message est un peu saboté et bien si cela vous dit, lisez le ce livre ! 

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17 février 2014

Berlinde De Bruyckere - Philippe Vandenberg

 La Maison Rouge accueille un couple insolite qui joue un pas de danse sur 2 temps, la vie et la mort.

D'après l'ennemi intérieur 2003 détail

La mort, Philippe Vandenberg 1952-2009 se l'est donnée, et ce n'est pas inattendu, il se dégage une souffrance extrême de ses peintures ou dessins, une vision apocalyptique d'un monde bien réel où se mêlent diverses inspirations, qui naviguent entre crimes de guerre (tortures, viols)dessin extrait du carnet Indonésie 1996et illustrations possibles pour livre sado-maso, une ambiguïté dérangeante non pas par le thème lui même mais par le caractère obsessionnel qu'elle révèle annoté d'écrits qui parlent de roi,extrait carnet sur la faculté d'être lièvre 1997

de pendus, princes, démons, d'entrailles ... il manque un peu d'explications au fascicule qu'heureusement on vous remet avant d'entrer.

Philippe Vandenberg né à Gand est peu connu en France, jusqu'en 1990, il était un artiste à succès avec des peintures abstraites où la recherche picturale primait. Les 19 dernières années de sa vie, il change de style, introduit des personnages qui sont en général torturés, saignants, violés, et qui révèlent les tourments d'une âme souffrante, d'un esprit en conflit avec le monde qui l'entoure, et plus grave semble t'il, avec lui même. J'aurais bien aimé connaître le peintre à ses débuts, une cohésion certaine doit relier les 2 reflets de sa personnalité, il aurait été intéressant de le constater par nous même. Il fera des études de lettres, de philosophie et suivra un cursus d'histoire de l'art, il entre en 1972 aux Beaux Arts de Gand, il est attiré par Le Greco, Goya, aime Le Titien, Ingres, Courbet, Ensor et Freud, qui sont des personnalités fortes et particulières.Philippe Vandenberg 1998

En 89 il peint des croix gammées, des crucifixions, des scènes de tortures,Tke Kiss 1989 P

la torture chez lui est toujours un peu suspecte dans ses tableaux où il nous transforme en voyeurs, il peint avec son sang, il répète inlassablement sur ses toiles ' kill them all and dance' et ' il me faut absolument tout oublier' (titre de cette exposition à Maison Rouge), tags ou slogans  expressions de sa révolte contre l'ordre établi, contre la violence du monde qu'il met en scène dans ses dessins, mais avec lucidité il écrira En fait l'horreur que je tente d'attraper dans certains de mes travaux, a plus à voir avec mes conflits internes, mes combats qu'avec une grande compassion ou générosité pour la condition humaine.  Et de ce conflit interne il n'en sortira pas vivant.  Les 3 tableaux qui précèdent l'exposition dans le couloir sont intéressants et donnent une autre image de Philippe Vandenberg. La photo n'est pas bonne, mais elle montre une facette moins obsessionnelle du peintre.Philippe Vandenberg

  

Berlinde de Bruyckere, née en 1964 à Gand, part de la mort pour arriver à une autre forme de vie. Elle ne s'attarde par sur les supplices endurés, les causes de la mort, elle passe immédiatement à la reconstruction, la restauration une métamorphose en somme !! Des membres humains transformés en bois, bon il y a souffrance quand même en écho à celle de Philippe Vandenberg, mais modérée, adoucie. De plus, se mêle pour nous une curiosité amusée de la technique suivie, des méthodes employées et aussi de l'admiration envers son esprit créatif. Elle utiliseCripplewood 2012-2013 B de Bruyckere

pour ses bois, des moulages, puis les remplit de cire, les colore en bleu pour les veines, en rosé pour le sang, En pensant à Philippe Vandenberg, elle imagine un dialogue entre les mantras répétitifs sur des carrés de papier collés l'un à l'autre du peintre et 3 sculptures d'arbres  en cire prisonniers de constructions métalliques ou de liens qui les soumettent, les torturent, les arbres en cire deviennent membres un peu saignants mais ces arbres-membres presque humains rappellent notre fragilité d'humains et notre devenir sans que cela soit morbide, bon un peu quand même ! Voilà, les oeuvres de Berlinde de Bruyckère nous laissent avoir notre propre interprétation, et donnent un sens plus élargi à l'oeuvre d'art. Et puis elle traite des mythes des contes et légendes lus et relus de mon enfance où les Dieux se montrent plus cruels et injustes que les humains, et les transforment en animal, en arbre au gré de leurs plaisirs, tiens un Actéon transformé en cerf et dévoré par ses chiens, ne reste de lui que des bois en cire, des os en cire,Actaeon III - B de Bruyckere

des coussins pour apporter un peu de douceur et de tendresse, je trouve cela assez caustique et drôle : Actéon s'est métamorphosé et est devenu Marsyas, un satyre qui fut lui écorché, quand je vous dis que c'est drôle !! je suis un brin de mauvaise foi. Pour arriver à son sujet cette sculpture nommée Actaeon  Berlinde de Bruyckere a fait des études à partir d'un corps de danseur RomeuDessin série Romeu'my deer' 2010-2011 - B de Bruyckerere

Runa, qui en a fait une performance où il dansait ses membres mêlés aux bois. Des couvertures, des coussins, des misérables petits choses humaines qui accompagnent ces métamorphoses, ces nouveaux organismes mutants qui au gré des expositions n'en finissent pas de renaître. Un érotisme toujours présent chez Berlinde de Bruyckère, un collier de cheval détourné, un sexe en cire qui évoque le féminin et le masculin le tout sous cloche comme la couronne de mariée de nos grand-mères. Cela me réjouit assez.

 Pour moi, il n'y a pas franchement de dialogue entre les oeuvres des 2 artistes, un clin d'oeil de temps en temps, peut être, mais je préfère penser que Berlinde de Bruyckere a choisi de donner à Philippe Vandenberg une seconde naissance, un devenir en somme, en nous le faisant découvrir un peu, sous son aspect le plus sombre. A quand l'autre Philippe Vandenberg  avec vos oeuvres précédentes Madame ?  

   

A voir jusqu'au 11 Mai 2014. 

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