12 avril 2016

Jean Louis Aroldo - peintre

Jean Louis Aroldo Sommeillante

Artiste clermontois né en 1967, a fait les Beaux Arts de Clermont Ferrand. Il expose quelques toiles dans les salles Jean Hélion à Issoire dans le Puy-de-Dôme.

Jean Louis Aroldo trouve l'inspiration dans le cinéma, la photographie. Il nous propose un autre regard, il fragmente une image, la peint en gros plan et nous invite à une autre réalite, celle qu'on imagine.Jean Louis Aroldo Flotation

Assez atypique et diversifié ce peintre là, d'autres oeuvres, peintures et dessins, sur son site internet :

http://www.jeanlouisaroldo.com/

Posté par maison43 à 19:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


01 février 2016

Cagnaccio Di San Pietro né Natalino Bentivoglio Scarpa

Une femmeFemme au miroir 1927 au miroir peinte en 1927 est venue jusqu'à nous le temps d'une exposition passée : La Toilette : Naissance de l'intime au musée Marmottan. Une toile m'a particulièrement frappée, celle de Cagnaccio Di San Pietro inconnu de moi, l'image  d'une femme mélancolique et mystérieuse se maquillant, le bleu si particulier de ce tableau qui me rappelle un doux souvenir. Autoportrait Di San Pietro  Peintre rare en France, ce vénitien est né en  Lombardie à Desenzano del Garda en 1897 et a passé son enfance à San Pietro in Volta sur une île proche de Venise Pellestrina. Son père était pêcheur, et Natalino a vécu une enfance assez sauvage et solitaire sur cette île. il ira à l'académie des Beaux Arts de Venise, aura pour professeur Ettore Tito puis n'en fera un peu qu'à sa tête, car Natalino est un solitaire rebelle, il sera opposant au régime de Mussolini, aura d'ailleurs quelques soucis avec lui.  Marié à Romilda Ghezzo, une fille Liliana, ses proches lui serviront souvent de modèles.

Cagnaccio 2

Endetté, souffrant d'un ulcère, il peindra une série de madones s'abandonnant à une certaine ferveur religieuse à la fin de sa courte vie. Il meurt à Venise âgé seulement de 49 ans.Cagniaccio

Ma petite bible dans le domaine de l'art réalisé par une aimée cousine Isabelle, définit ainsi la catégorie dans laquelle on a pu ranger ce peintre : Le Réalisme magique :

Contemporain de la Neue Sachlichkeit ( Nouvelle objectivité) période située entre 1918 et 1933 où les artistes peignent la société avec cruauté et pessimisme,(Otto Dix en est un bon représentant). Le Réalisme magique traduit lui la réalité dans une vision pessimiste ou insolite plus esthétique et plus métaphysique.

Cagnaccio peindra souvent les démunis, dont il est issu. Ses assez nombreux nus mettent plus en valeur la corruption d'un régime politique que la sensualité du corps féminin.

Sources : Internet, Les Mouvements dans la peinture Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé-Majorel

Après l'orgie 1928

L'argent d'abord

Posté par maison43 à 22:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 décembre 2015

Charles Edme Saint Marcel 1819-1890

autoportrait 1850 Saint Marcel

Une exposition due à un collectionneur passionné fait sortir de l'oubli dans le joli cadre médiéval du Château de Nemours en Seine et Marne, ce peintre né la même année que Courbet soit en 1819. Charles Edme Saint Marcel naît à Paris, d'un père médecin qui meurt 3 ans après sa naissance, sa soeur décède lorsqu'il a 14 ans, deux morts qui le marquent fortement et contribuent à le rendre hypocondriaque. Il a pour maîtres, très tôt un ami de la famille Marie-Nicolas Ponce-Camus 1778-1839, puis Charles de Steuben 1788-1856. Agé de 20 ans il fréquente l'atelier de Théodore Caruelle d'Aligny  1798-1871 à Bourron-Marlotte, il y rencontre les peintres de l'école de Barbizon. Il retourne à Paris dans l'atelier de Léon Cogniet 1794-1880 où il rencontrera Eugène Delacroix 1798-1863 qui le recrute comme paysagiste, leur relation restant à ce jour encore assez mystérieuse, élève et/ou collaborateur pour ses fresques ? Charles Saint Marcel ne semble pas avoir fait beaucoup de confidences sur sa vie. Dessinateur animalier, paysagisteSaint MarcelSaint Marcel 11Saint Marcel 3

Saint Marcel 2

Saint Marcel 8

il effectue aussi plus rarement des des portraits de personnes non identifiées, des personnages rencontrés au cours de ses longues promenades, il croque d'après nature, en forêt, au sein des ménageries 

Saint Marcel 10Saint Marcel 9

Saint Marcel 4 Il utilise crayon, plume et encre, aquarelle, huile, fusain, eau-forte.

 

 En 1849, après une épidémie de choléra dans Paris, Saint Marcel s'installe à Fontainebleau, amoureux de la nature, une tendance neurasthénique lui fait apprécier la solitude, en 1857 il rencontre le peintre Emile Normand (1840-1914) qui associera à son nom celui de son professeur devenu père spirituel et signera alors ses tableaux Emile Normand Saint Marcel. Ils resteront très liés jusqu'à la mort de Saint Marcel, certains dessins de ce dernier sont restés dans la famille des descendants d'Emile Normand Saint Marcel.

La Gorge aux loups forêt de Fontainebleau hiver 1857 Saint Marcel

 Deux tableaux dans cette exposition, dont l'un est marquant : La Gorge aux Loups, forêt de Fontainebleau, hiver. Il lui vaudra son unique récompense qui lui sera décernée à Melun en 1864. Ce manque de reconnaissance finira par lui peser. Aquafortiste, il confiera certaines oeuvres à un couple de graveurs Alfred et Fanny Prunaire, entre 1878 et 1889, il correspondra avec ce couple ami à qui il signalera ses problèmes de santé dont sa vue fortement amoindrie. Il choisira de mourir dit-on un 15 Février 1890.   

Posté par maison43 à 17:11 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 décembre 2015

Armand Charnay 1844-1915

La messe de Saint Hubert- Charnay détail

Bourron Marlotte en Seine et Marne est un véritable petit creuset de peintres du XIX siècle attirés par la forêt de Fontainebleau entre Loing et forêt, de grands noms comme Corot, Sisley, Diaz de la Peña, Renoir (y vécut quelques années), Bazille, Monet, Cezanne, Pissaro se retrouvèrent parfois dans les deux auberges du village;Charnay

 D'autres peintres moins célèbres comme Jules Lecoeur, Charles Olivier de Penne, Auguste Allongé, Armand Charnay, Charles Moreau Vauthier, Eugène Cicéri, Charles Delort, Jules Rigolot, Armand Point, Arthur Heseltine vinrent s'y s'installer. Quelques oeuvres de ces artistes sont conservées à la Mairie-Musée de Bourron Marlotte.Charnay6

 A l'occasion du centenaire de la mort d'Armand Charnay, Bourron Marlotte consacre une exposition (gratuite) sur ce peintre qui vécut dans ce village de 1871 à sa mort.Charnay13

Né en 1844 à Charlieu, issu de la bourgeoisie, Armand Charnay se révéle fort jeune doué pour le dessin, titulaire du baccalauréat, il se rend à Paris où il a pour maîtres Isidore Pils et Augustin Feyen-Perrin. Les fusains, les aquarelles, les huiles de ce peintre plaisent rapidement, et les commandes ne manquent pas.Charnay 12

Paysages, scènes de genres où petits personnages se mêlent aux animaux se révèlent au final petites peintures d'histoires où le peintre s'intéresse aux petites gens par humanité et curiosité.   Charnay voyage un peu, en Normandie, en AuvergneCharnay 2 il y croque la vie des humbles par petites touches de couleurs plus ou moins précises qui donnent à ces tableaux une modernité certaine.Charnay 3

Petits tableaux en général fort ornementaux; Charnay est un bon coloriste; la forêt demeure toujours présente chez cet amoureux de la natureCharnay 7

un peu sauvage, un peu bourru, amateur de jolies femmes, de châteaux et d'animauxCharnay 11

 il épouse sur le tard un de ses jolis modèles devenu sa compagne. Il a peint beaucoup, Charnier, l'exposition  montre un échantillon de sa collection et donne envie d'aller au Musée Hospitalier de sa ville natale Charlieu.Charnay8

 

Posté par maison43 à 19:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

31 mai 2015

Bonnard à Orsay

En Barque Bonnard détail 1907

L'animal, comme l'enfant ou Marthe sont des imparables dans l'oeuvre de Pierre Bonnard et leurs expressions communes sont assez drôles à comparer, tout commedétail

les lieux où l'on vit salle à manger, jardin, salle de bain

La Table de toilette 1908

Pierre Bonnard 6

 les chambres fort rarement où il préfigure la solidité de leur couple où chacun sera un peu solitaire par nécessité

L'Homme et la Femme 1900

 

Coin de salle à manger au Cannet

 un goût marqué pour les portes et fenêtres, et par dessus tout des couches de peintures les unes sur les autres. Voilà, au début c'est ça Bonnard avec bien sûr des explosions de couleurs inouïesLe cabinet de toilette 1932

pierre-bonnard-Détail la terrasse ensoleillée l1939-1946 des jaunes incroyables

Trouville La sortie du port 1936-1946 Bonnard

 Sa discrétion, son peu d'entrain pour le mondain, sa sauvage épouse, sa descendance, tout contribua à vouloir faire de lui un peintre sans ambition voué aux bonheurs simples.La famille Terrasse 1900Et pourtant son ambition de peindre dépassa tout, il y consacra plus de temps qu'un autre, refuge, obsession, Bonnard qui au début de sa vie d'artiste voulait surtout s'échapper du conformisme bourgeois, finit par s'enfermer volontairement dans son atelier pour faire exploser la peinture, quant aux bonheurs, il en cultiva plusieurs.Intérieur au Cannet avec femme à la toilette 1938-1943

Et je laisse le soin d'expliquer la peinture de Bonnard aux spécialistes qui sont après tout là pour ça, qui parfois se contredisent les uns par rapport aux autres, moi ce qui me passionne dans la peinture avant tout c'est le peintre, connaître les motivations qui l'ont poussé à peindre comme çi ou comme ça, après j'aime ou pas, cela reste fort secondaire pour moi, la beauté des oeuvres étant extrêmement relative. Bonnard, je l'aime dans ses portraits et dans ses intérieurs, là où les êtres et les objets semblent faussement s'effacer

Marthe Atelier au mimosa 1939-1946

au profit de la peinture qui exulte. Et j'aime bien l'image de lui que montrent ses toiles, un homme ouvert aux autres fort indépendant, un taiseux qui fait parler sa peinture, un homme tendre, indécis parfois, tourmenté souvent et au final à l'aise que dans son activité. Sa peinture reste assez loin de tout courant même si il flirta au début avec quelques mouvementsPierre Bonnard 5et c'est le propre des grands qu'on les reconnaisse facilement pour peu qu'on les fréquente un peu et qu'on s'y attache. Orsay nous livre donc pas mal de toiles, de quoi nous satisfaire, je l'ai vu plusieurs fois Bonnard, et à chaque fois j'ai noté quelque chose de nouveau, une prochaine fois apportera un autre détail, j'en suis sûre. Les peintures de Bonnard en fourmillent, et les trouver constituent un réel plaisir. A vous revoir donc monsieur Bonnard. Avec un plaisir extrême.

Posté par maison43 à 18:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


24 mai 2015

Bonnard et les femmes

Les femmes eurent une place importante chez Pierre Bonnard 1867-1947, bien qu'il resta discret sur le sujet, il ne fut ni insensible à leur charme, ni dédaigneux de leur influence : sa mère, sa soeur Andrée, son épouse Marthe 1870-1942, ses amantes, ses amies, ses relations. Et dans ses portraits féminins, je découvre un autre Bonnard qui privilégie les visages, dessine un sourire, exprime le bonheur ou l'indifférence et facétieux, ambigu et talentueux dans ce domaine aussi, Pierre Bonnard nous livre ainsi quelques indications sur sa vieLe corsage à carreaux 1892

Andrée sa soeur fut bien sûr un de ses premiers modèles, sa nièce suivra plus tard, portraits fort sages. Et puis Marthe arriva et Bonnard peignit le corps féminin avec une sensualité fort délicate, une grâce qui n'appartient qu'à lui.Renée Terrasse

 Pourtant il aima avant, sa cousine Berthe Schaedlin du même milieu que lui et sa famille ou elle même refusa le mariage proposé, l'année précédant ce refus elle lui servit aussi de modèle, il la croqua mutine et légère. Berthe c'est ce portrait

Portrait de Berthe Schaedlin 1892 Bonnard

aux marguerites et c'est aussi la femme des Femmes au jardin peint en 1891Femmes au jardin 1891

 Marthe effacera ce souvenir douloureux l'année suivante, Marthe au basset 1912

il ne l'épousera qu'en 1925. Bien sûr ce sera son modèle fétiche, mais d'autres jolis modèles passeront dans sa vie, Marthe fermera les yeux, acceptera même leur présence. Pierre Bonnard aima pendant Marthe d'autres femmes. La première rencontre importante se passe en 1916, elle se nomme Lucienne Dupuy de Frenelleportrait de lucienne dupuy de frenelle 1916

née vers 1890, épouse de leur médecin de famille il la peint plusieurs fois entre 1916 et 1918, la sculpturale jeune femme dans La cheminée 

Bonnard La Cheminée 1916

c'est elle, ils rompront en 1919, il rencontre alors une amie de Marthe, Renée Montchaty compagne du peintre Harry B. Lachman, on évoquera alors une possible relation à trois, en tout cas, Marthe ne s'y opposera pas à cette jeune femme que l'on verra nue dans plusieurs tableaux aux côtés d'une Marthe amicale. En 1925 Bonnard épousera Marthe, l'année du suicide de Renée. Bonnard retravaillera la toile Jeunes femmes au jardin où rayonne Renée après la mort de Marthe.Jeunes Femmes au jardin 1921-1923 repris en 1945-1946

A noter l'image des deux tableaux suivants : La glace du cabinet de toilette

Le miroir de la chambre verte 1909

et le Miroir dans la chambre verte

La Glace du cabinet de toilette

peints en 1908 où figure une blonde, un autre modèle ou deux que surveille Marthe qui a finalement partagé Bonnard plus souvent qu'on ne le pense, Marthe sera l'élément stable dont il aura besoin toute sa vie, en 1920 ce portrait d'une Renée attendrie

Pierre Bonnard

Portrait de Renée Montchaty 1920

et une Renée déjà fantomatique et perdue, Renée encore Piazza del Popolo à Rome l'année suivante où elle accompagne son peintre américainPiazza del popolo Rome

 Bonnard loge chez eux sans Marthe. Au retour de Pierre, Marthe prend des cours d'art avec une artiste peintre Louise Hervieu et sera pas mauvaise dit-on, elle exposera sous le nom de Marthe Solange, elle vendra ainsi 25 de ses tableaux. Marthe est une femme assez étonnante et son caractère un peu sauvage nous fit oublier sa particularité qui n'échappa à Bonnard. Parmi les amies il y aura Misia qu'il peindra plusieurs foisMisia Nathanson Bonnard 1906

 Berthe Signac, Hédy Hahnloser, et des femmes célèbres de l'époque qui lui demanderont de faire leur portrait. 

Gisele Belleud

Maria Lani

Leila Anet 1930 Sources : Bonnard, jardins secrets Olivier Renault    

Posté par maison43 à 20:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 avril 2015

Egon Schiele 1890-1918

Egon Schiele

Bien sûr, il y a du clown triste chez Egon Schiele, né à une époque de fin de siècle toujours un peu décadente, né dans une famille où un père dépressif puis carrément dément meurt à l'adolescence d'Egon ce qui peut contribuer à exacerber un sens déjà aigu du mal de vivre chez ce tout jeune homme qui fut un admirateur de Klimt, qui s'en inspira mollementAutoportrait demi-nu 1909 Schiele

et qui réussit pourtant en une courte carrière à se donner un style bien à lui.Autoportrait tirant sur sa joue 1910 détail Schiele

Gustav Klimt 1912

Voilà Klimt en photographie, voilà la vision toute Schielienne qu'en a son jeune confrère.Gustav Klimt par Schiele

Voilà il faut le savoir, Egon Schiele n'est pas là pour faire du beau comme Klimt, lui est là pour déformer la réalité et au contraire de Klimt qui idéalise, lui Schiele a choisi presque systématiquement de diaboliser tout, une façon de se démarquer, une tendance à voir tout en noir, un penchant pour le morbide ou le glauque, ou tout simplement une façon d'être dans un monde où l'on se sent un peu étranger. Le dessin est primordial chez Schiele et le rouge est là pour mettre en valeur ce que les autres cachent : les bouches, les seins, le sexe. 

Agonie 1912 Schiele Il y a du souffre chez Schiele : ses dessins érotiques font jaser, de jeunes enfants, de jeunes modèles tous très sexués. Il dénonce aussi l'église et ses pratiques parfois fort contestables. Il se glisse assez facilement dans la peau du provocateur.Jeune fille nue assise 1910 Schiele Il met en scène la masturbation fort combattue en ce début de siècle tout comme  Klimt d'ailleurs, mais là où les formes sont pleines, les visages apaisés chez Klimt, chez Schiele les corps sont suppliciés, les regards interpellants : invites déguisées des modèles ou addiction du peintre aux dits modèles, ou bien les deux peut être. Les défenseurs de Schiele analysent la similitude des jeunes corps représentés de façon androgyne avec ses auto-portraits nus où un narcissisme complaisant ou moqueur aguiche les regardeurs, signifiant ainsi que ses nus féminins seraient les doubles d'un Schiele fort attiré par le sexe. Possible et qu'importe maintenant. Se démarqueront de ses modèles d'abord sa soeur bien aimée Gerti, puis Wally Neuzil 17 ans jeune modèle qui vivra avec lui 3 ans, une belle fille qui lui fera aimer l'amour, il la représente fort esthétiquement Femme blonde couchée 1914 Schiele et puis celle qu'il épousera une jeEdith Harms 1915 Schieleune vierge avec laquelle il voulait faire un mariage avantageux socialement Edith qui lui fera peindre des tableaux à la Carl Larsson. Il retrouve son style un peu caustique avec ce couple assis où Edith s'accroche comme elle peut à son mari un peu grimaçant.

Couple assis 1915 détail Schiele

 

 A noter que le dernier tableau de Schiele, intitulé La Famille devait se nommer Couple accroupi et ne comportait pas d'enfant, la femme n'est pas Edith et l'enfant fut rajouté lorsque Schiele apprit la grossesse de son épouse.

La Famille détail 1918 Schiele

A noter aussi les formes pleines de la femme, Schiele a abandonné son style émacié et sans doute plus serein porte un  autre regard sur les femmes, la tristesse est toujours au rendez vous mais apaisée ou résignée. Une grippe espagnole emportera d'abord Edith enceinte et quelques jours plus tard Egon Schiele, il avait 28 ans. Pas vraiment de chance ce Schiele au fond, mais restent ses peintures qui sont de celles qu'on ne confond pas, qu'on n'oublie pas.

Posté par maison43 à 15:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

27 mars 2015

La frise Beethoven de Gustav Klimt à la Pinacothèque

KlimtBien sûr, il serait outrancier et stupidement restrictif de ne voir en Gustav Klimt 1862-1918 qu'un chantre d'une peinture clinquante avec toute cette pléthore d'or et de petits motifs vivement colorés reproduits à l'infini comme ce fameux Baiser Le Baiser détail Klimtoù l'homme saisit la tête d'une femme agenouillée qui ne doit pas sa chute qu'à la force de ses pieds qui s'agrippent arc-boutés pour se maintenir dans une position fort inconfortable sous l'emprise d'un mâle un brin trop sûr de lui ou pas assez, oui chez Klimt l'homme fait cloche contre le corps de sa compagne jusqu'à parfois la cacher ou la nier. Il y a un je ne sais quoi qui me déplaît un peu chez Klimt. Il aime assurément le corps féminin et joue à le mettre en scène de deux façons soit il le déshabille et le réduit à la femme fatale dont il faut se méfier soit il l'habille et dans ce cas, il fait référence à la mère ou à l'épouse. Dans un cas la femme est nue, sexe souvent bien en évidence, femme-objet par excellence, elle représente à l'époque de Klimt la classe sociale la plus défavorisée, celle qui vit de ses charmes à l'époque où seule la femme de bonne naissance est glorifiée en tant que reproductrice, dot et maîtresse de maison qui n'a intéressé d'ailleurs Klimt qu'à travers des portraits toujours très marqués par son ornementation qui a constitué si je puis dire sa marque de fabrique : mosaïques d'or, couleurs très vives, petites fleurs ou  petits motifs style tapisserie qui envahissent la toile et font oublier le corps. Certes la sexualité féminine à cette époque est soit inexistante, soit considérée comme dépravation ou pire comme maladie, pourtant Klimt ne se prive pas de la représenter dans des attitudes plus jouissantes que jamais, ce qui choqua bien sûr la société bien pensante. Voilà sans doute une des ambiguïtés de Klimt quant à son regard sur la Femme, le plaisir féminin est toujours suspect. Dans la Frise Beethoven  dont une partie est exposée en ce moment à la Pinacothèque Les femmes de Klimt sont généralement belles et hiératiques, les yeux baissés ou le regard ailleurs, ce sont les femmes vertueuses. La vertu est belle.Luxure, lubricité et démesure 1902 Klimt

 La luxure ose, elle, vous regarder dans les yeux bien sûr, la démesure est grotesquement laide, quant aux forces hostiles elles sont décharnées, agressives sexuellement aux visages un peu cadavériques et menacent l'homme

Les Forces hostiles Klimt 1902

Les femmes de la poursuite du bonheur sont soit extatiques à la manière d'une Thèrese du Bernin, soit sans expression avec une bouche qui est soit à demi-close comme un chaste baiser, soit pincée qui va jusqu'à l'absence totale de bouche ! version idéalisée de l'épouse vierge (belle et muette en idéal) et transcendée plus tard par sa maternité obligatoire. Et elles, sont habillées forcément.

La poursuite du bonheur 1902 KlimtKlimt resta célibataire et proche de ses frères et soeurs, il eut une relation amicalo-amoureuse avec la soeur de sa belle soeur Emilie Flöge qui dura jusqu'à sa mort, et un grand nombre de maîtresses de bonne famille ou pas, avec une flopée de jeunes femmes modèles autour de lui : 3 enfants naturels, l'un de Maria Ucicky, les 2 autres de Maria Zimmermann (une source en indique 3). Bon il paraîtrait qu'à sa succession, 14 enfants se prétendaient illégitimes. Réconcilions tout le monde, aucun ne fut cependant reconnu. Klimt si partisan de la sécession en matière d'art apparaît comme un homme du passé partageant les interrogations et les inquiétudes des hommes de son temps entre la fin d'un monde et le début d'un autre où les hommes ne savent pas trop se situer, et encore moins situer les femmes, alors soit ils la diabolisent, soit ils la cantonnent au rôle de mère. Et pourtant, Klimt si précieux et sophistiqué dans son art à la limite de l'art sacré qui frise avec un symbolisme coquinPortrait d'Adèle Bloch- Bauer 1907 détail Klimt presque féminin finalement même dans son érotisme poussé et son goût extrême pour le décoratif, drôle de fin de siècle qui libéra curieusement dans le monde artistique les moeurs, les amours lesbiennes surtout, fort à la mode; Klimt leur donna une grande place au grand dam de la bonne société, dans quel but exactement, voilà une autre ambiguïté je trouve. Bon ne cédons pas à la tentation réductrice de ne limiter Klimt qu'à ce peintre du rutilant obsédé par le sexe féminin, il était un excellent dessinateur et coloriste, un excellent peintre en somme Tête d'homme allongé Klimt 1886-1888

mais ... Bien, l'on sent je vous l'accorde un petit parti-pris de ma part, il y a un petit quelque chose qui me dérange chez Klimt. Bon  allez juger vous même si le coeur vous en dit, Klimt est rare chez nous quand même, allez voir l'exposition de la Pinacothèque intitulée 'Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne' où vous trouverez également la célèbre Judith sur laquelle je reviendrai dans un autre message, et vous y trouverez peut être une pépite, moi ce fut Egon Schiele avec deux tableaux seulement exposés. Et j'y reviendrai sur ce Schiele beaucoup plus complexe que Klimt, quoique à la reflexion, ce n'est pas si sûr. A vous revoir donc monsieur Klimt.  

Pommier Klimt 1912

Posté par maison43 à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 février 2015

Théophile Alexandre Steinlen 1859-1923

Affiche Steinlen 2

Diversifié ce Théophile Alexandre Steinlen né en Suisse en 1859, il abandonne des études de théologie pour créer des motifs pour tissus à Mulhouse puis à Paris chez Demange, montmartrois il fréquentera Toulouse-Lautrec, Allais, Bruant, Vallotton. Ses affiches fort décoratives feront sa célébrité, mais il illustrera aussi des livres, et se distinguera par ses caricatures dans des revues politiques comme Le Chambard SocialisteAu mur des Fédérés Steinlen dit Petit Pierre

où il défendra les insurgés (Hommage aux 147 fédérés de la Commune fusillés en 1871), les miséreux, les milieux ouvriers et populaires. Mais ce tendre adorera les chats qu'il peindra à tire-larigotApothéose des chats 1885 Steinlen

précurseur des Aristochats avant Disney, il sera aussi sculpteur animalier, il se consacrera également aux nus

nu endormi

scènes de rues et croquis de guerre.

scène de rue 1904 Steinlen Au Petit Palais un tableau bon enfant et joyeux dans des teintes mates et fumeuses un 14 Juillet populaire bien évidemment ! 14 Juillet - 1881

    

Posté par maison43 à 19:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 février 2015

Fernand Pelez 1848-1913

Dans la famille Pelez, originaire de Cordoue, il y a d'abord le père Raymond Pelez (Jean Louis Raymond Pelez Fernandez de Cordoba) 1815-1874 dessinateur et illustrateur, puisPelez 1 il y a l'oncle Fernand Pelez de Cordova 1820-1899 peintre naturaliste et pour finir il y a le premier fils Raymond Pelez dit Chalumeau 1838-1894 , peintre et illustrateur, alors pour Fernand le second fils né en 1848, il n'y a pas d'autre voie que de suivre. Il fera les Beaux Arts, sera élève de Cabanel puis débutera comme peintre d'histoire. Il se rapproche du mouvement dit naturalisme (qui s'intéresse au monde laborieux paysan et ouvrier) sans connaître une notoriété comme certains de ses confrères. C'est un peintre des humbles qu'il côtoie dans son quartier à Montmartre où il avait son atelier. C'est un peintre à la Zola englouti par la grande vague soulevée par les impressionnistes, oublié comme tant d'autres mais le monde de la peinture est assez vaste pour tous les contenir. Deux toiles vues au Petit Palais, Les saltimbanques qui sera exposé au salon de 1888, La vachalcade

Pelez 2

qui représente un défilé carnavalesque à Montmartre organisé en 1896 et 1897, défilé qui se moquait du traditionnel défilé du boeuf gras qui consistait entre autres à faire promener un boeuf décoré par la confrérie des bouchers, fête carnavalesque dont l'origine est ancienne qui connut un grand succès au XIX. Cette vachalcade ou cavalcade d'une vache enragée( en rapport avec la misère des artistes) s'accompagna d'une tombola et d'un concert au Moulin rouge au profit des artistes déshérités de Montmartre. 

Pelez 3

 Une autre toile vue dernièrement à Senlis au musée d'art et d'archéologie qui célèbre une jeune asphyxiée par des émanations toxiques d'un poêle déficient.

Une dernière installée récemment à la place de la Vachalcade en balade  Sans Asile  qui met en scène des miséreux qui viennent d'être explulsés, réalisée en 1883. 

Pélez 1883

Posté par maison43 à 22:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,