Darrieussecq

Le jury du Prix Médicis ne prend pas de risques, et attribue son prix à Marie Darrieussecq qui a l'habitude d'être plus subversive d'habitude  et qui nous donne un roman un peu décevant.

Ce roman où l'on retrouve la Solange de Clèves relate une passion non partagée, donc douloureuse et vouée à l'échec, rien d'extraordinaire donc. Le fait que la passionnée soit blanche et l'indifférent amateur de femmes soit noir n'apportent rien à cette évidence, lorsque l'un aime et l'autre pas, cela finit mal pour celui qui aime, toujours.

La couleur de la peau reste un sujet épineux, les clichés ont la vie dure.' Est ce que les Africains n'ont pas un rapport au temps disons un peu particulier ?... Est-ce une pensée raciste ?  extrait les clichés sont ils racistes ? Et pourquoi ces clichés qui ont une certaine vérité nous offusquent ils ? Solange se pose des questions au sujet de la couleur de son amoureux, l'aime t'elle parce qu'il est noir ? L'a t'on aimée, avant lui, parce qu'elle était blanche ? Solange se pose beaucoup de questions sur la couleur de la peau ! Et si elle est amoureuse de son exotique amoureux, n'est-ce pas grâce à cette différence de culture, de pays. Par lui elle accède à l'Afrique dont elle ne connaît rien. Elle a déjà aimé un homme noir, mais pas vraiment noir, non ce n'est pas le sketch de Muriel Robin, il était très clair, ce noir là, d'ailleurs il était antillais ! son Kouhouesso est noir noir et africain 'c'était charmant, appétissant, quasi pâtissier' extrait.  Mais après tout, sait on vraiment pourquoi on aime ? non, on aime un point c'est tout. Et Solange aime Kouhouesso, lui ne l'aime pas, elle lui plaît, c'est différent. Alors Marie Darrieussecq nous décrit, fort bien, les affres d'une passion non partagée. Ce n'est pas là le plus intéressant, elle nous fait vivre le Congo, la musique, les insectes, les bruits de la forêt, les pannes d'électricité, les papayes, l'odeur végétale sucrée et moisie de la forêt, la chaleur du jour, elle nous fait vivre les petites histoires de tournage où une petite actrice n'a rien à faire qu'à attendre sa scène, car son Kouhouessou réalise son rêve, lui, faire un film sur l'Afrique vue par un africain.  De quoi nous démystifier le métier d'actrice ! Elle attend Solange, son rôle, son amoureux, elle ne fait que cela, attendre. Et puis, sa passion faiblit, une fois retournée en France 'Elle n'attendait plus rien, sinon la première, et cesser d'attendre devenait une autre vie, respirable et triste.    

Voilà, c'est fini. Solange constatera à la première que sa scène a été supprimée, et que Kouhouesso est passé à une autre femme qui lui plait davantage. Oh, elle est solide Solange, elle s'en remettra. De Clèves à il faut beaucoup aimer les hommes, Solange s'est polie, affinée, ciselée, mais toujours aussi soumise Solange au final, toujours obéissante aux désirs des hommes ... Alors, un message pour Marie Darrieussecq :

Si il doit y avoir une suite, rendez là plus indépendante, cette Solange, forcez sa nature, et qu'elle vive enfin sa vie sans vouloir à tout prix se soumettre aux autres.   

Nonobstant toutes mes réserves sur ce roman, l'écriture de Marie Darrieussecq est belle, maniérée, travaillée, recherchée, agréable à lire.