22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

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10 octobre 2012

Henry-Eugène Delacroix

La Lutte pour la vieHenry-Eugène Delacroix.

Un autre naufrage sans doute où il ne fait pas bon d'être femme ! Néo classique le style, si différent du radeau de la Méduse, naufrage dont  je ne connais pas l'histoire, les plus forts restent à bord, les femmes nombreuses au demeurant sont éjectées avec force mais s'échouent gracieusement, voluptueusement, charnellement, sensuellement ... toute peinture a son histoire, celle là mériterait que l'on en connaisse plus ... au diable les métaphores supposées, les symboles possibles ... bien sûr, il ne s'agit peut être que d'illustrer ainsi une des théories de Darwin 1809-1882( La loi du plus fort), peut être est elle sexualisée : hommes prédateurs se battant contre femmes proies et concurrents possibles ..... 

on constate quand même une certaine jouissance du peintre à manipuler les corps, à mettre en valeur les muscles masculins, les rondeurs féminines ...

 

    Détail

 

 

 

le repentir est une partie du tableau retouchée par le peintre

Henri-Eugène Delacroix  Henry Eugène Delacroix est né à Solesmes le 16 janvier 1845 de Henry Delacroix et d'Eugénie Ménard. Il fera les Beaux Arts à Paris et aura pour maître Cabanel, c'est dire qu'il est classique, il peindra moults fresques décoratives, pour la salle de mariage de L'Hay les Roses, pour la mairie de Solesmes, pour l'église Saint Julien de Saint Lys en Haute Garonne et sans doute pas mal d'autres lieux, ce peintre connut une notoriété certaine. Il meurt en 1930

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09 octobre 2012

Théodore Géricault

Pas aisé de voyager quand on est un tableau, fragile, qui mesure  7 mètres de largeur, pour une hauteur de 4m91, alors on ne voyage pas ! Le Radeau de la Méduse est donc resté au Louvre, seules les études préparatoires nombreuses ont fait le voyage, de Lille, de Paris, d'Angers, de Montauban , de Montpellier....

Tête d'étude d'après le modèle Gerfant

Pourquoi Géricault à Clermont ? Fin 1860, le duc de Morny donne à la ville de Clermont une étude de tête de Géricault pour le tableau de la méduse. Ce tableau connaîtra l'oubli jusqu'à même faire douter de son authenticité. Je passe les batailles d'experts .... Restauré, à nouveau attribué à Géricault, cette tête d'étude sert de prétexte à nous faire découvrir la démarche d'un peintre qui décida d'immortaliser un drame maritime scandaleux.

 

Géricault a longtemps travaillé à son tableau par une production de croquis, esquisses, tableaux réalistes de membres amputés provenant des cadavres de l'hôpital,

Fragments Anatomiques Etude musée Fabre

 

il a utilisé comme modèles, outre les cadavres, des rescapés du nauffrage comme Corréard et Savigny, des amis malades, des rapins et enfin des modèles professionnels . Son tableau final sera plus idéalisé, plus classique, mais les couleurs cadavériques, les expressions de Etude du pèreEtude du père tenant son fils sur les genoux mine de plomb et crayon noir

 

Tête d'étude pour le père du Radeau de la Méduse

Père du radeau de la Méduse

souffrance le distinguent d'un tableau néoclassique.     

 

Le drame maritime : En 1816, Louis XVIII est roi, les ultra-royalistes s'imposent et s'opposent aux libéraux. Le 17  juin 1816, La Méduse embarque  pour le Sénégal avec 396 personnes parmi lesquels, Savigny chirurgien, Corréard ingénieur géographe, 2 compagnies du bataillon d'Afrique où se mêlent Hommes de toutes les couleurs, cette frégate est sous les ordres d' Hugues Duroy de Chaumareys, ancien émigré officier de la vieille marine royale qui n'a pas vu un bateau depuis 25 ans. La Méduse est accompagnée de 3 autres bateaux L'Echo, l'Argus et la Loire.

Etude pour Corréard et Savigny

A la suite d'une erreur de navigation, La Méduse s'échoue sur du sable sur le littoral mauritanien, précisément sur le banc d'Arguin le 2 juillet.   Le 3 juillet pour suppléer au nombre insuffisant de canots, un grand radeau est construit, la Méduse le remorquera. Ordre est donné de couper les amarres et le radeau sur lequel 147 passagers se sont installés est laissé à la dérive. Dans la nuit du 6 au 7 Juillet, imbibés d'alcool, les nauffragés se battent, soldats contre notables dontEtude pour Savigny et Corréard

 Corréard et Savigny font partie. 45 passagers sont tués. Quelques naufragés affamés consomment des lanières de peau séchées des trépassés. Dans la nuit du 8 au 9 une nouvelle tuerie élimine une bonne soixantaine des sinistrés. Le cannibalisme se généralise et le 13 juillet, les valides jettent à la mer les blessés : la cantinière Marie Zaide seule femme à bord du radeau en fait partie. Le 17 juillet, l'Argus sauve les 15 survivants, 5 mourront peu après. Savigny fait un rapport du naufrage.  Chaumareys est mis aux arrêts en Octobre, il sera condamné à 3 ans de prison. Savigny et Correard publient un récit qui fera sensation en Novembre 1817.

La Mutinerie sur le radeau

Géricault le lit, rencontre les 2 rescapés. En 1818 il louera un atelier près de l'hôpital Beaujon, et commencera à faire plusieurs études,  il reconstituera une maquette du tableau. Fin août 1819, il expose son tableau au Salon, sous le nom de 'Scène de naufrage'. 

Scène de cannibalisme étude détail

Théodore Géricault est né en 1791. Père avocat. En1808, il hérite de sa mère. Il fréquente en secret l'atelier de Carle Vernet 1758-1836, peintre d'histoire et de chevaux durant 2 ans, puis celui de Pierre Guérin 1774-1833 autre peintre d'histoire néo classique, il rencontre dans son atelier Eugène Delacroix en 1815-16. En 1812, il hérite de sa grand mère ce qui lui assure son indépendance financière. De caractère ombrageux, il se fait exclure des Beaux Arts. 1814 c 'est sa période équestre, engagé dans la garde nationale à cheval de Paris, il peint en même temps plusieurs équidés. Puis balade à Florence, Rome, Naples. En 1817, il s'intéresse au naufrage de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse L'Argus en vue (2ème esquisse)

 Fin août 1819, exposition du tableau au salon.  Côté politique, Géricault est tendance ultra-libérale, son tableau est une sorte de manifeste politique et social. Il est plus qu'un peintre d'histoire, il prend position pour les exclus, les indigents.  Après le Radeau, il envisageait une composition représentant la traite des noirs, mais l'état de santé de Géricault va se dégrader progressivement à partir de la fin de 1819, dépressif, atteint d'une tuberculose osseuse,  chutes de cheval qui entraineront des opérations mal supportées, Théodore Géricault connaîtra une fin de vie  longue et source de souffrances. Il meurt à 32 ans en Janvier 1824.

Etudes de Noir pour le Radeau de la Méduse (détail)

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28 septembre 2012

Lucien Gires

Son père était sabotier à Saugues, sa mère qui venait d'une famille de tailleurs de pierre sut cultiver les talents artistiques La Tour des Anglais Huile sur toile

de ses enfants, Joseph, Louis et enfin Lucien le dernier né en 1937 à Saugues.  Zélina Gires aida souvent son fils, à tirer des affiches, à coudre des vêtements pour les personnages du diorama de Saint Bénilde. Lucien Gires se disait artisan.

Lui qui savait tailler le bois, la pierre, lui qui savait peindre, dessiner,  commença à faire des affiches pour les bals, les fêtes votives, son premier vrai travail fut de participer à la réalisation du Diorama St Joseph à Espaly avant l'armée où il apprit la technique de la sérigraphie. Le maire de Saugues lui loua la Tour des Anglais La forêt nourricière

La Forêt nourricière détail

Les saisons

à charge pour lui de la rénover. Il en fit son atelier. 

Il peint les paysages saugains, il peint les anciens métiers. Il peint sur toile, sur jute pour l'église de Saugues, il sculpte des Christs. Il peint des portraits de saugains. Lucien Gires est avant tout un peintre de la mémoire de Saugues et de ses habitants. 

L Gires

En  1989, il s'attaque à son ultime projet :

 Le musée de la bête du Gévaudan qui lui demandera 5 ans de démarches diverses avant de commencer à le concrétiser  en 1995. Sa fille Blandine lui sera d'une aide précieuse. Le musée ouvrira en 1999.

A l'office du Tourisme de Saugues, cet été ont été exposés une dizaine de ses tableaux. Lucien Gires artiste altiligérien est mort en 2002.

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12 septembre 2012

Bernard Buffet

Bernard Buffet 19Tête de travesti28-1999 

aurait peint 8000 oeuvres, sans compter, ou en comptant, je ne sais trop, les faux ....

Trouver donc des peintures de Buffet devrait être aisé, mais non ! Elles ont été reléguées dans les archives ! ce peintre adulé alors qu'il avait 30 ans, a connu ensuite une vive Le Canal

désapprobation de la critique jusqu'à devenir honni par presque tous. On lui a reproché au final de ne pas évoluer dans son art, de buffetiser à tout va, en série, pour pouvoir vivre dans le luxe, en rolls, dans un château, être un des phares de la presse-people de l'époque .. 

Seulement, voilà, Buffet précisément à la une lors de mon enfance-ado est un des rares peintres de l'époque qui m'ait marquée ...     

 Bernard Buffet, fait partie de ces peintres maudits, comme Modigliani, Soutine qui eux ont eu la bonne idée de mourir tôt. Buffet mort à 30 ans en pleine gloire aurait sans doute encore un succès fou !

Nature morte dans l'atelier

 Bizarrerie  des humains !!! Faut dire que Buffet se la pétait beaucoup, et ça, cela ne passe jamais ! Faut dire qu'il a peint un peu toujours la même chose, toujours de la même façon. Et alors ? Buffet a eu très tôt un style personnel, bien à lui, il n'a pas l'étoffe d'un peintre-caméléon prolifiquement talentueux, genre Picasso ou  Dali, c'est vrai,  il n'avait pas le pouvoir ou le savoir d'évoluer alors il a continué à peindre ce qu'il savait faire. C'est pas un heureux, Buffet, c'est un triste, un désenchanté, son trait de crayon si caractéristique, noir, en dents de scie, minimaliste, ses couleurs ternies ...

Palmiers et voiliers 1958

tout cela n'incite pas à la joie ! Il a pourtant eu une vie bien remplie, des amours sincères, un certain talent, mais tout cela n'a pas suffi sans doute à ce qu'il puisse s'éclater.  

Voir un Buffet me ramène à mon enfance et c'est,  je crois, ce que j'aime en lui.  Portrait de Simone Combe

A Clermont, on peut le voir, Maurice et Simone Combe marchands et amateurs d'art ont légué au MARQ plus de 400 tableaux, dont pas mal de Buffet.

 

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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31 juillet 2012

Pierre Favier

Peintre vellave figurant dans mon salon et faisant partie de l'histoire familiale ... Ce tableau est ce qui me reste du mas d'Oura. 

Est ce un original , yo, no lo sé ! on dirait, en tout cas.

Un site sur Pierre Favier, sur lequel je suis tombée par hasard, ce que je nomme une rencontre fortuite.

http://voreysien.free.fr/Historique/pierre-favier/p-favier.htm

Pierre Favier un jour, on se rencontrera donc, monsieur Favier.

Et on en saura peut être plus sur votre paysan, peint en 1933.

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26 juillet 2012

Misia

Misia 1897

Misia détail Bonnard

A défaut d'amour maternel (mère morte à sa naissance), Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska  dite Misia 1872-1950 ne manqua pas d'amour, sa vie durant. Issue d'un milieu artistique nanti, père sculpteur, grand père maternel violoncelliste réputé, oncles maternels compositeur chef d'orchestre pour l'un, violoncelliste pour l'autre, oncle par alliance ténor. Misia était, elle même, une pianiste talentueuse. Mais voilà, Misia préfèra se marier, ce qui était plutôt tendance à l'époque,  plutôt que de gagner elle même sa vie. 

Misia eut ce talent de se trouver à 3 reprises, des maris riches, critique d'art, patron de presse mécène et peintre. En prime pour le plaisir, elle sut se faire aimer par des amants, talentueux eux aussi. Misia n'eut de cesse de se faire aimer avec une certaine goinfrerie qui la desservit à la longue. Séductrice, pas une beauté renversante mais charmeuse de ... gens de talent ! Elle pose  un peu allumeuse, un peu boudeuse, un peu rêveuse.

Misia posant

 Beaucoup d'amoureux se lassèrent de n'être pas uniques ou de son aimable indifférence qui sait ! Les maris en épousèrent une autre. Et puis l'âge venant, sa beauté du diable s'estompa, son besoin d'être mis en lumière s'aggrava, et Misia acheva une vie orientée vers les arts, sans être artiste, follement occupée, mais au final n'ayant jamais trop donné de sa personne.  Du moins, c'est ce que l'on dit ! Je suppose que cette Misia avait un charme fou, qui devait un peu être jalousé, libre d'esprit, elle suivit sa route sans trop s'occuper des autres, généreuse elle le fut souvent, sans doute aussi pour se faire plaisir, mais la générosité n'est ce pas avant tout cela ?  

Premier mari Thadée Natanson, critique d'art fondateur de La Revue Blanche , époque peintresMisia assise ds une bergère 1901 détail

 

La nuque de Misia 1897-1899

Vuillard d'abord,  amoureux transi, qui la peint les années Natanson

Le corsage rayé détail 1895

Misia à sa coiffeuse 1898 détail

 

Félix Valloton probable amant de passage éconduit ou lassé ..

A table chez Mr et Mme Natanson 1895

 

 

 

Toulouse-Lautrec

qui la croquera en tenancière 

 

 

Bonnard détail Couverture Revue Blanche

Le petit déjeuner de Misia Natanson détail 1899

 

 

Misia au piano 1902

 

 

Bonnard  lui préfèrera le charme effacé de Marthe, mais sera sans doute un ami Bizarrement, elle  se ressemble peu sur  2 de ces toiles, pourquoi ? muse sans visage peut être, muse sans passion, sans doute et quand Bonnard a trouvé sa muse malléable à merci, elle, il peint enfin  Misia comme il peut enfin la voir ! Misia au piano, c'est bien elle, jeune, boudeuse et charmante et inaccessible. On est en 1902, Bonnard connaît Marthe et Misia ne le fait plus rêver, il peut se permettre de la peindre telle qu'elle est. Il sera un des rares à continuer à la peindre durant l'époque Edwards.

 Durant les années Edwards patron de presse plus fortuné que Natanson  en 1905, vie luxueuse, yatch, Renoir qui fait un portrait d'elle très très boîte de chocolats,

Misia Edwards 1908

Misia 1904

Renoir est un peu amoureux comme d'hab !! Bonnard qui joue à Renoir en mieux, avec plus de subtilité, plus de finesse.

  Elle sera donc un temps certain épouse d'Edwards, habite à Paris quai Voltaire. Bonnard toujours présent lui peindra des panneaux pour son intérieur. Il voyage à bord de leur yatch, en 1905, il navigue en compagnie de Ravel.

En yatch vers 1906

 

Période verte de Bonnard

Le yatch d'Edwards 1912

 Puis

Misia allongée sur un divan 1907-1914

Bonnard se met à la couleur,  et peint Misia  avant d'ouvrir ses fenêtres en grand.

 

 

 un amant écrivain Romain Coolus puis rencontre avec Diaghilev imprésario qui permettra à Misia de jouer à la décoratrice, à la costumière, à la chorégraphe par artistes interposés : Debussy, Cocteau, Nijinski, Ravel, Sert qui alors est son amant dés 1905 ...

c'est son époque Ballets Russes. Période sans doute intense de sa vie où Misia n'est plus muse, elle a un rôle important ou qui se veut important, je n'en sais rien, dans le milieu artistique musical de l'époque. Satie, Ravel, Stravinski  .... Misia a toujours aimé la musique et jouera du piano jusqu'à la fin de sa vie.  Edwards divorce en 1909, meurt en 1914.

Elle épousera Sert, peintre décorateur, en 1920. Et ce sera sa période écrivains Proust, Mirbeau, Cocteau s'en inspireront pour certains de leurs personnages. Elle sera louée, décriée, Misia, peinte, photographiée. Elle demeure une des icones d'une fin de siècle un peu trop ... et d'un début de siècle, pas assez ...  pas vraiment courtisane, ou demi mondaine, encore que ... seule son origine sociale lui donne une autre couverture ! mais qu'importe, elle était muse, égérie, découvreuse de talents, mécène evidemment ... une femme particulière au talent particulier. Sa vie sera liée aussi à celle d'une autre femme particulière Coco Chanel, dont elle adoptera d'ailleurs le style les dernières années de sa vie, faut dire que Chanel lui restera fidèle jusqu'à sa mort en 1950, même si cette amitié fut parfois tumulteuse.   

Une femme libre Misia ? pas vraiment, une femme qui s'écouta beaucoup, sut profiter des autres, mais les autres évoluèrent par elle, grâce à elle. Une femme particulière certainement.

Exposition au Musée d'Orsay, le temps d'un été.

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29 juin 2012

Amédéo Modigliani

Plutôt beau gosse, si l'on aime le type méditerranéen, de santé fragile, une mère cultivée. De quoi l'amener à choisir une voie artistique. Une tuberculose réchauffée au soleil de Naples, Capri et Rome où il se consacrera à l'histoire de l'art italien via Florence et Venise. Et évidemment Paris avec découverte du symbolisme, fauvisme, cubisme et tuttisme quantisme. Modigliani tente du portrait du Tout Paris de l'époque, puis se consacre à la sculpture, inspiré par Brancusi, puis revient à la peinture, au portrait à nouveau mais des proches ou d'anonymes et perfectionne son style. 

Modi, maudit, Modigliani rencontre l'alcool et les drogues. Ce qui n'est pas mauvais pour sa peinture. Par contre sa santé  va s'en ressentir, et à l'âge de 35 ans, Modigliani meurt avant que Flemming n'expérimente la pénicilline, en 1920 .

Elvire au col blanc Modigliani

Tout le monde est beau chez Modigliani, tout le monde est longiligne, tout le monde a un long cou. Lorsque les yeux ne sont pas vides, ils vous regardent fixement, parfois l'un est fermé, parfois l'un est aveugle. Ne pas regarder la mort en face, ne pas regarder la misère du monde, ne pas voir que Modigliani a trop bu, trop fumé, trop .... ne pas lui dire d'arrêter de boire, fumer, c'est sa vie après tout, il va où ses désirs le mModigliani Portrait de la jeune fille rousseènent, où ses besoins le dirigent. Alors pour éviter les yeux qui parlent trop, il les énuclée. Sa dernière compagne avec laquelle il vivra moins de 3 ans se nomme Jeanne, il la peindra 25 fois. Jeanne qui lorsqu'elle ouvre les yeux

Jeanne Hébuterne 1918 détail

a un regard trop éloquent, il la préfère douce, tendre et aveugle.

'Jeanne, ouvre les yeux, il y a une fenêtre là ..'

Jeanne a sauté, les yeux ouverts.

Fillette en bleu détail -Modigliani

                                                                            

Le Bonheur est un ange au

visage grave.

Modigliani 1913  

Modigliani Fillette en bleu En ce moment à la Pinacothèque, en compagnie de Soutine ... 

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28 juin 2012

Chaïm Soutine

Né en Biélorussie en 1893, Chaïm Soutine est de ceux qui viennent au monde, doués pour le désespoir et la démesure. Il est de ceux également qui savent utiliser ce côté obscur de leur caractère à des fins artistiques, ce qui ne les empêche nullement de se perdre un peu mais qui arrive quand même à donner un fil conducteur à leur vie. Ils ont en eux un potentiel créatif étonnant. Son père tailleur semble accepter assez facilement le côté fantaisiste de son fils plus doué pour le dessin que la couture. Il suit l'école des Beaux Arts à Vilna. Et à 18 ans,

Les Grands Arbres bleus Céret - Soutine

 il est à Paris, où fauvisme, cubisme commencent à attirer une certaine clientèle soucieuse de se constituer une collection.

 Une foison de jeunes artistes venus de tous les pays s'installe dans des lieux protégés, comme le Bateau-Lavoir, ou la Ruche, et des noms devenus prestigieux sont les compagnons de Soutine, comme Léger, Chagall, Delaunay, Zadkine, Archipenko ... Au Louvre, Soutine découvre Courbet, Ingres, Rembrandt. L'influence de VanGogh est évidente, mais curieusement ordonné  et régulier chez Van Gogh, le trait de peinture est plus saccagé chez Soutine, plus tourbillonnant,Les Platanes à Céret - Soutine à la manière d'un typhon qui emmène tout sur son passage.

 

Il y a tempête dans ses toiles, il y a gros vent, il y a chamboulement. Le rouge y est plus sanguinolent qu'ailleurs. Quant à ses visages, c'est juste après que le rouleau compresseur neModigliani - Soutine - détail soit passé dessus, alors forcément ces visages là ont mal, et font mal aussi. La caricature n'est pas loin.  En 1915, Soutine rencontre Modigliani, ils partagent 2 passions, la peinture et la boisson. Leur amitié sera à leur image, parfois miséreuse, parfois houleuse. Ils entretiendront ainsi l'un sa tuberculose, l'autre son ulcère. Les amours de Soutine feront moins de bruit que cette amitié. Un modèle Paulette Jourdain, une Déborah Melnik qui aurait eu une fille de lui non reconnue, une Gerda Groth et enfin Marie Berthe Aurenche. Voilà pour les connues. Soutine avait sûrement quelque chose d'aimable, à moins que ces femmes ne fussent attirées par son caractère de malheureux frusté permanent, nul n'en sait rien. Soutine finira par devenir célèbre et vivre enfin de sa peinture, mais son âme tourmentée ne trouvera pas la paix.

La Femme en vert - Soutine

Le bonheur ne fait pas partie du monde de Chaïm Soutine. Son ulcère se perfore, il en meurt à l'âge de 50 ans.  

Exposé en ce moment à la Pinacothèque, n'y est pas tout seul, en bonne compagnie de Modigliani, Utrillo, Valadon, Derain, Ebiche, Hayden, et d'autres que j'ai oubliés. Trop de peintres pour s'attacher à un seul. Dommage, on se disperse un peu trop. Alors, Soutine, il me faudra le revoir à nouveau, seul cette fois ci.  

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