08 mai 2012

Deux regards sur la Haute-Loire

Photos et peintures de sites connus, aimés qui jouent avec nos souvenirs, nos rêves, nos possibles  et nous offrent un chant du monde à la manière de Giono à l'Hôtel Dieu, du Puy en Velay, qui vient de ré-ouvrir ses portes après un sommeil hivernal. Philippe Bousseaud est le photographe et Lu Yongzhong est le peintre, ils ont travaillé ensemble et nous offrent chacun leur vision d'un même site .Aiguilhe

                                     Un temple boudhiste perché sur le rocher d'Aiguilhe

Lever du soleilUne petite chapelle au Soleil Levant 

 

 

 

 

 

 

 

L'un joue avec les ombres, les reflets, les éléments naturels, l'autre y met de la vie, de la couleur et de la poésie. Pinatelle                                       

Quelques pins de boulange La danse des arbres dorés

sur le mont Denise.

         

 

Les arbres dorés dansent sous

           le pinceau de LU Yongzhong.  

 

 

cascade de la Beaume

Chutes d'eau de la Beaume au vert printemps pour Philippe Bousseaud, Printemps de mars

 

 

                Chutes bleues où animaux se baignent

                                                pour le peintre.  

 

 

 

    Un fort joli début de saison Lumières d'une cité célestepour l' Hôtel Dieu dont on attend la Bol du bonheur (détail)suite : Louise Delorme artiste peintre née en 1928 en Haute Loire du 12 mai au 6 juillet, puis une exposition ' Au fil des araignées' de juillet à Octobre, et ... à nouveau l'hiver.   

Posté par maison43 à 18:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


30 avril 2012

Berthe Morisot

Berthe Morisot est née la même année que Renoir en 1841. Mallarmé naît l'année d'après en 1842. Monet l'année d'avant en 1840. Voilà pour la maternelle. Dans la cour des grands, il y a Degas âgé de 7 ans, Fantin Latour âgé de 5Bert Morisot ans et Manet âgé de 11 ans. Rien que du beau monde qui se côtoiera rapidement. Si les hommes ont suivi plus ou moins d'ailleurs des cours aux Beaux Arts, les femmes n'y ont pas accès, mais Berthe apprendra tôt le dessin, 12 heures par semaine, puis aura un élève d'Ingres et de Delacroix comme professeur, Guichard, qui lui fera faire des copies au Louvre et lui fera rencontrer Fantin Latour, puis Camille Corot qui deviendra son professeur, et lui fera connaître  Charles Daubigny.  Berthe sera entourée rapidement de jeunes talents,ceux qui sont du même âge qu'elle et les plus âgés comme les Manet. Pas une facile, Berthe, pas une commode, elle sait ce qu'elle veut, peindre avant tout, Elle doit se battre en permanence contre les idées reçues, contre son père, contre sa mère qui aimerait la marier, comme elle a marié ses 2 autres filles, mais Berthe persiste, quitte à manifester de la mauvaise humeur, quitte à se morfondre dans la mélancolie et à se replier sur elle. Pas aisé d'être libre pour une jeune fille de bonne famille à cette époque, alors que l'on rêve d'être peintre, alors que l'on a un talent qui vaut bien celui d'un homme. En 1863, sa soeur Edma la peint, en peintre .. Berthe a alors 22 ans. On parlera de rivalité entre les 2 soeurs, il n'y en aura pas, pas en ce qui concerne la peinture en tout cas. Edma a pour but de se marier. Berthe se liera d'amitié avec la duchesse de Castiglione Colonna sculptrice connue sous le nom de Marcello, femme libre. Elle fréquentera aussi Mary Cassatt.    

On a tout dit ou presque de Berthe, pour moi, elle représente la victoire d'une femme sur une époque où seul l'homme avait des droits , malgré sa classe sociale si misogyne, si sclérosante pour les femmes. Il lui en fallu de l'obstination pour persister à peindre, pour contrer les volontés opposantes, d'abord celle de son père heurté sans doute par cette fille ombrageuse et fantasque, puis celle de sa mère qui l'encouragea souvent, mais qui  interprète mal la sensibilité de Berthe plus préoccupée par son art que par la recherche d'un mari pour fonder un foyer, sa mère qui s'inquiète de sa maigreur et la voudrait grasse et fertile, et je ne parle pas des critiques qui la traitent de peintre de ménage, qui la disent folle.

Bien sûr, elle bénéficPortrait de B Morisot et sa fille huileia d'un mari précurseur dans sa modernité, qui lui facilita la vie pour l'aider au mieux à exercer sa peinture, qui lui donna une fille Julie, qu'elle aima passionnément, cet amour maternel qui combla certainement ce manque d'amour réel de sa vie. Et puis, elle eut beaucoup d'amis, Berthe, en vrac, Manet l'amour manqué, Degas, Mallarmé, Renoir, Monet elle aimait briller Berthe, et brilla souvent grâce à cette petite cour de fidèles fort respectueux, toujours, qui gravitèrent autour d'elle. 

Berthe Morisot, une peintre qui osjeune femme en gris étendue huilea la modernité plus que toute autre, une belle femme, une peintre de talent, une putain de sacrée de bonne femme !  Elle avait un coup de pinceau, puissant rageur, parfois, les traits des visages flirtant avec l'abstraction, elle  joue avec les couleurs et les décline dans tous les tons.

Elle peint villa dans les orangers Nice- Huilela nature par petites touches, un petit fouillis de fleurs et branches mêlées au vent, au flou, à un je ne sais quoi d'inachevé 

 

 

 

 

La vie ne l'épargne pas, lui enlève Edouard Manet en 1883Portrait de Marcelle dernier tableau, puis son second beau frère Gustave en 1884, et sa belle mère un mois plus tard. Eugène son mari a une tuberculose et végétera 5 longues années soigné tendrement par Berthe. Il meurt en 1892. La soeur aînée de Berthe meurt elle aussi cette année là. Berthe se consacre à Julie âgée de 14 ans et à sa peinture. Elles sortent avec Renoir, Mallarmé, vont à Giverny, reçoivent à nouveau les habitués, dont Rodin. Elle s'occupe de ses nièces, orphelines, PB Morisotaule et Jeannie Gobillard. Berthe peint ces jeunes filles assez classiquement, puis se met à peindre des nus, d'après des jeunes modèles, des femmes à leur toilette. Berthe Morisot semble avoir trouvé la sérénité, mais ce n'est qu'une apparence, elle doute toujours de son talent, recommence plusieurs fois ses tableaux, les reprend et ne les achève pour ainsi dire jamais. Le dernier tableau sera celui de Marcelle, toujours ces petits traits de pinceaux qui la caractérisent.  Julie est grippée en ce début d'année 1895, Berthe est atteinte à son tour et meurt lucide, le 2 Mars. Elle avait 54 ans.  

Marmottan nous propose jusqu'au 1ier Juillet 2012, une belle rencontre avec cette peintre. La dernière, en France remonte à 50 ans, alors si vous aimez, et n'être plus très jeune, c'est l'occasion ou jamais !

 

Posté par maison43 à 16:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 avril 2012

Degas et les nus

Le nu chez Degas (1834-1917) représente 1/5 ème de son oeuvre, sous toutes les formes, à l'huile, au pastel, au crayon, en lithographie, en sculpture. Le musée d'Orsay nous offre de contempler une partie de ces nus. Un parcours intéressant mais difficile à voir, tant il y a de monde !

Degas, issu Etude d'homme nu allongé 1857d'une famille bourgeoise aisée décide de copier au Louvre, dés l'obtention de son baccalauréat, il a 19 ans. En 1854, il fréquente l'atelier de Louis Lamothe, en 55 il rencontre Ingres. En copiant les maîtres dont, Michel -Ange, Mantegna, Degas affine son trait. Il montre  un goût prononcé pour le sujet historique. De 56 à 59 Degas copie les Antiques, dessine des nus masculins, apprend les ombres, les hachures. En 58 rencontre Gustave Moreau. il dira de cette époque 'ici le mieux est d'employer mon temps à étudier mon métier'.

Et il étudiera bien. 

  

 En 59 il loue un atelier à Paris. Il met en pratique ce qu'il a appris, avec sa propre inspirationJeune fille spartiate vers 1860 : ses nus sont plus contemporains qu'antiques. Degas ePetites filles spartiates provoquant des garçons 1860-62xcelle dans le dessin.  Il revisite à sa façon la peinture d'histoire, dessine les corps avec plus de réalisme ambigu, les Petites filles spartiates provoquant des garçons seront l'objet de plusieurs esquisses, au dessin, la jeune fille tendant le poing, assez agressive sur le dessin , plus provoquante  sur la peinture à l'huile date des années 60-62 restera chère à Degas. Souvenir de jeunesse où tout était possible.  En 65, Degas présente au salon ' Scène de guerre au Moyen Age', dont on  veut faire aujourd'hui un manifeste pour la cause des femmes violées en temps de guerre.Scène de guerre au moyen âge détail 63-65 Il aurait fallu que monsieur Degas se livre à ce sujet, mais Degas est un pudique sentimental et taiseux, sous ses dehors entiers, intransigeants, alors reste l'ambiguité prScène de guerre au Moyen Ageovoquée par ce type de peinture, certainement voulue : voyeurisme, provocation de carabin,désir d'humanité, ou tout simplement besoin bien légitime de s'essayer aux grands maîtres, en modernisant à sa façon , nous n'en saurons jamais vraiment rien. 

Et puis ce tableau intimiste, qui fera couler beaucoup d'encre, Intérieur. Hypothèse d'un viol ? séparation de 2 amants ? virginité perdue ? 

Au choixIntérieur 68-69

 

 

 

 De 1876 à 1879, finis les  beaux nus, les femmes violentées qui restent quand même belles, place au grotesque, à la caricature, aux pubis 'origine du monde' La fête de la patronne 77-77des dames des maisons closes qui se baladent toutes nues, dans des poses obscènes, qui assises écartent les jambes sans grâce .. Degas utilise le monotype à l'encre noire. Ces femmes ont toutes le même physique, cuisses et fesses charnues, petit ventre, visage grossier, ce qLa fête de la patronne Monotype encre noireui permettait de déclarer, selon la théorie scientifique en vogue de l'époque : la physiognomonie que les prostituées correspondaient à un type physique particulier, héréditaire qui plus est, théorie à la mode qui les déterminait, socialement, physiquement à n'être que prostituées. Là encore, que des hypothèses, Degas adhérait-il vraiment à ce courant (physiognomonie), ou bien, lui servait il d'alibi, de prétexte à s'exercer à une pornographie libératrice, malicieuse, licencieuse où la caricature et l'humour lui servaient aussi à exprimer ses peurs secrètes...  Auriez vous eu peur, monsieur Degas, pour des raisons qui vous appartiennent, du sexe féminin ?     

Degas continue à explorer, vers 1880, le nu féminin en nous faisant découvrir la vie la plus intime des femmes, celle que l'on n'évoque pas,Le petit déjeuner à la sortie du bain 95-98 pastel dans son monde, tout ce qui concerne les soins du corps, et là, il peindra à nouveau des femmes de la bourgeoisie, une servante est là pour témoigner du rang social. Degas incorrigible, si il n'accentue plus les traits (pubis, abdomen rebondi, trLe bain vers 1895 huile sur toileaits simiesques), met ses baigneuses dans des contorsions équilibristes, des poses qui ridiculisent un peu ces femmes qui interpellent, à moins que ce ne soit aussi un effet de style, une étude anatomique du mouvement.  Réjouissons nous de cette équité : prostituées ou bourgeoises, toutes effrayaient un peu Degas, sexuellement.Femme se grattant le dos 1881 pastel Il dira des femmes nues qu'il peint ' Je les montre sans leur coquetterie, à l'état de bêtes qui se nettoient'.Femme nue se coiffant vers 1881 huile sur toile  Degas est assez touchant dans ses contradictions, dans ses ambiguïtés, très humain, ce Degas. Degas aura de solides amitiés féminines, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon qui poseroAprès le bain, femme s'essuyant la nuque 95-98 pastelnt pour lui, pas nues, non !!. Il aura un faible pour une cantatrice Rose Caron. Degas n'est pas un réel misogyne, mais un homme plus fin et sensible qu'il n'y parait, qui a tout bonnement les idées de son époque en ce qui concerne les femmes. Peu à peu, Degas enfin libéré ou ayant dépassé ses préjugés, où bien se moquant de tout, peindra aussi et de plus en plus, des nus plus fondus Femme sortant du bain 1886 pastel sur monotypemoins réalistes mais devenus enfin gracieux, touchants, naturels où Degas alors n'est plus qu'un peintre soucieux du trait, des couleurs de ses pastels où les décors se fondront, évoquant les intérieurs futurs d'un VuillardFemme s'essuyant la nuque 1900-05 pastel et fusain. Degas est un peintre à part entière.

Côté sculpture, Degas n'est pas très convaincant, seule, La Petite Danseuse émerge.Danseuse DegasPetite danseuse DegasC'est un peu lapidaire comme jugement, mais c'est mon droit.

 

Détail

A partir de 1890, ce solitaire s'isole davantage, devient 'indifférent', continue à vivre sans réel plaisir de vivre, mais se livre à ses collections, à sa peinture appréciée de ses contemporains, à ses rares amis qui se meurent d'ailleurs les uns après les autres. Les dernières années de sa vie, Degas sera une enveloppe vide soignée par sa servante Zoé. Il meurt sans souffrance en 1917.   

Posté par maison43 à 18:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 mars 2012

Matisse

Cher monsieur Matisse. Nous nous rencontrâmes à Nice, rapidement entre 2 vitraux, 2 gouaches bleues, 2 céramiques ...  une rencontre sans lendemain, dont vous ne vous souvenez pas, ce qui ne surprend guère de votre part, mais plus étonnante chez moi qui m'enthousiasme assez souvent pour certains de vos congénères. Averti par l'un de vos anges gardiens, vous me donnâtes une seconde chance, ce dont je vous suis reconnaissante, le lundi 19 Mars à Beaubourg. Je remarque au passage qu'une foule eût droit aux mêmes faveurs, mais votre notoriété l'exige, et je ne vous en tiens pas rigueur. Le thème choisi, fort à la mode en ce moment d'ailleurs, réside en paires et séries. Bon, pas si folichon, ce thème ni très original, mais il a le mérite de nous faire aller plus loin, et c'est peut être le but. 

Vous êtes né en 1869. En 1890, vous réalisez votre première nature morte aux livres, puis à Paris, vous entrez dans l'atelier de Gustave Moreau où vous découvrez le milieu symbolique. La couleur utilisée par les peintres hollandais vous attire, votre style est encore académique, vous copiez les maîtres, vous dessinez bien, vous vous formez. Marguerite votre fille naît en 1994. Entré à l'école des Beaux Arts en 95, vous découvrez Turner, vous vous initiez à l'impressionisme et d'autres courants avec Pissaro, Monet, Van Gogh, Cezanne, Signac, Puvis de Chavanne ... Vous aussi irez à la recherche de la lumière, en Bretagne, en Corse ou vous naissez à la lumière. Voilà, vous allez devenir coloriste, vous pointillez en bonne compagnie avec Seurat,

Luxe calme et voluptéLuxe calme et volupté (1904-1905) que Signac achèrera et puis vous lâchez cet agencement de couleurs que vous jugez trop enfermant  'Je me suis cherché partout'  direz vous alors. Vous rencontrez Bonnard qui fera parti du cercle de vos amis. Au salon d'automne 1905, 'La femme au chapeau' fera  de vous un fauve. Il s'agit de votre femme Amélie qui vous donnera 3 enfants et dont vous divorcerez en 1940. 

En 1906, vous peindrez' Le Bonheur de vivre' où vous célébrez le corps des femmes dans leur rondeur voluptueuse, nues, allongées, les bras levés ..  vos sculptures à venir.   

  

 le dessin épuré que vous pratiquez fort bien laissera la première place à la recherche des couleurs, alors oui, vous vous mettrez à reproduire des tableaux pour tenter d'arriver à un idéal, un peu obsessionnel sur le sujet. Je suis donc un vieux cinglé qui veut recommencer sa peinture pour mourir enfin satisfait (juin 1947)  Intérieur jaune et bleu 1946intérieur rouge de Venise

 En fait,  la peinture est ce qui prime pour vous, une exigence que vous soumettrez à votre intuition, et à votre raisonnement. Et vous y soumettrez aussi les vôtres, famille, modèles, amours, mais ça c'est un autre sujet.

 

 

 

 

 

 Monsieur Matisse vous marquerez votre présence sur certains tableaux, issus de la même inspiration, avec une recherche picturale, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre !!! j'exagère le trait forcément,vous utiliserez les figures de femmes un peu de la même façon, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait une autre.Intérieur, bocal de poissons rougesPoissons rouges et palette Un détail dans les poissons rouges et la palette, votre pouce qui jaillit de la palette ... volontiers ambigu monsieur, vous êtes parfois !détail Elles assurent ces séries une continuité dans la peinture de Matisse, cela lui permet ces séries renouvelées à chaque fois d'avancer vers son but : de la peinture avant toute chose. Bon, l'homme est complexe, il faudra y revenir. 

Vous mettrez rapidement dans vos tableaux de la sensualité, dans les formes rondes des femmes, dans les couleurs à déguster ... oui, je sens là une ouverture, un créneau où m'engouffrer, vous êtes secret, il faut donc revenir et revenir sans cesse sur vos tableaux.Nu bleu II 1952Nu bleu III

De vos débuts à la fin, il y a une continuité, un aboutissement de votre peinture, 1952, c'est presque la fin : Êtes vous enfin satisfait monsieur Matisse ? Je crois que oui.

Je sens entre vous et moi une possible connivence. Je suis patiente, j'attendrai que spontanément vous veniez à moi, enfin presque spontanément, puisque c'est moi qui irai vers vous, forcément !

Pour aujourd'hui, cela suffit.

A vous revoir monsieur Matisse

Posté par maison43 à 18:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 février 2012

Halle Saint Pierre

S'opposant à l'art dit contemporain, très intellectualisé, l'art brut, l'art singulier, l'art urbain se mêlent joyeusement dans une exposition que leur consacre le musée de la Halle Saint Pierre. Si certaines oeuvres sont facilement étiquetables, d'autres mélangent les genres, et flirtent avec le street art, le graffiti, la BD, le tattoo, les comics, le lowbrow art  et au final vous amènent à penser qu'en matière d'art moderne, il vous reste beaucoup à apprendre, voire tout.

Cet art là n'est pas timoré, en matière de sexe, ce serait même plutôt le contraire, extrêmement orienté  pour certains d'entre eux, ce qui n'est pas le signe d'une époque, mais plutôt d'une nature anticonformiste et carrément provocatrice, donc souvent pétrie d'humour.détail

 Pierre Bettencourt 1917-2006, un drôle de bonhomme, avec un drôle de talent, amoureux des mots, Bettencourt Espaces apparitionnels 1985à l'humour caustique et déjanté à mieux connaître donc , par l'ignare que je suis. Se fera spécialiste de hauts reliefs, où il utilisera des  grains de café, des fragments d'ardoises, des coquilles d'oeufs, et des sexes en pagaille, dans des positions érotiques assez traditionnelles au fond; il est assez drolatique d'ailleurs de constater l'intellectualisation outrancière des critiques au sujet de ces fresques, y compris de leur auteur, d'ailleurs. Le sexe doit pour être admis, même dans l'art, être intellectualisé, psychologisé au maximum, sorti de son animalité première, pour l'amener au niveau de l'esprit.

 

Blue Girl

 

Titine K Leu née vers 1968 épouse Filip Leu, issu d'une famille célèbre de tatoueurs, suit une vie de bohème hors normes. Elle dit avoir pris grand plaisir à peindre ces tableaux de tatoués, célèbres ou pas, peintures kitsch, baba cools, riches en couleurs, peintures qui sont pour moi des fenêtres ouvertes sur un monde qui m'est étranger. L'art quelqu'il soit nous sort de notre carcan, nous ouvre aux autres de la plus jolie manière qui soit, attise notre curiosité, fait vaciller nos convictions, nous emmène vers un ailleurs.  

 

Dave Cooper esune des twinst né en 1967 au Canada, auteur de bandes dessinées, peintre autodidacte, il mène de front une carrière de créateur de jouets, de films d'animations, de livres pour enfants, de livres animés pour adultes et de peintre. 

Ces 2 petites nanas aux seins petits, aux fesses rebondies, le tout ayant l'aspect de la gelée anglaise tremblotante qui attire et révulse à la fois, aux yeux noirs et vifs, ont une bouche, une putain de bouche rouge et pulpeuse, mais lorsqu'elles sourient, ces petites nanas deviennent de véritables piranhas, nul doute que le sieur Freud nous pondrait là dessus un laïus édifiant et sans appel, et comme c'est devenu politiquement correct, on emmerde le sieur Freud et on aime ces drôles de petites poupées faites pour le désir et la castration ! ta gueule madame Freud !       

 

Michel Gouéry né en 1959. Etudes d'art, pensionnaire de la Vortum 2011Villa Médicis à Rome. Peintre, puis sculpteur. Ici sur terre cuite émaillée, un masque antique, une pub pour masque de plongeur, un petit frère à monsieur Spock ? ou autre chose qui m'esdétail1t étangère ?  Là, détail d'un phallus géant  et ... surpeuplé.  Une promesse ce plasticien là, à rencontrer au gré de mes balades.

 

 

 

 

 

 

 Une qui me ravit délicieusement :- fine et délicate Suzan qu'avez vous donc au coeur ?Susan

 -Charlottemais dites moi infortunée Charlotte, auriez vous perdu la tête ?

Elle se nomme Jessica Harrison est née en Angleterre en 1982, est diplômée de la Edinburgh College of Art et ne se limite pas à ces raffinées porcelaines .

Moi, j'adore cet humour là, et la Dame a un humour décapant. Allez voir sur son site si vous êtes attiré

http://www.jessicaharrison.co.uk/index.htm

a rather noble cock

                                                        

Un qui est fascinant par son esprit créatif, par son travail minutieux qui débouche sur un monde obscur, un peu dérangeant, là où se trouve la non-frontière de ce qui est (a)normal et il y en pas mal aussi dans cette exposition. L'humour est encore là bien présent chez Kris Kuksi ne en 1973 aux USA

 

 

 

 

  

Et puis, ceux qui utilisent l'art pour exorciser la férocité, la cruauté, l'âpreté d'une vie ... ce qui donne une peinture à l'image de leurs cauchemars. Darger

The Medecine Show

 

 

 

 

 

 Marianne 2011

 

 

 

 

 

 

 

  

Et pour finir, Yu Jinyoung née en 1977 en Corée qui crée une petite bonne femme au visage adorable mais désespéré, au corps emprisonné, symbole de l'être humain pris au piège dans la société contemporaine

et un maître duThe Disguised noir, et oui Soulages a fait des émules Dan Witz né en 1957 aux USAHOODY 1996

  

 

 

 

 

 

 

 

Des 60 artistes exposés, on est loin du compte, mais il faut savoir se limiter, parait il; moi je ne sais pas trop me limiter, alors disons que c'est un début ! et disons surtout que cela m'arrange d'arrêter là.

Posté par maison43 à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


12 février 2012

Musée d'Orsay

Orsay, c'est un peu chez nous ! sous prétexte qu'un nôtre grand père fut Directeurorsay 5 des Hôtels du Louvre dont celui d'Orsay, sous prétexte que nos parents ont fait leur repas de mariage dans le restaurant d'Orsay, sous prétexte donc d'une période fastueuse de notre histoire familiale à Paris, nous estimons G et moi même que nos ancêtres font partie des fantômes qui hantent l'ancienne gare d'Orsay orsay 6...

 

 

 

 

alors c'est en familiers que nous avons arpenté les salles reliftées du pavillon Amont, le 5ème étage, celui des impressionnistes ...  Orsay 3

 

 

 

 

 

La nudité froide de la sulfureuse Victorine Meurant est curieusement mise en valeur, par les délicieux nus de Renoir, joyCaillebotteeusement kitsch, où la chair déborde avec allegresse, oui, Renoir aimait lManetes plantureuses souriantes. Bazille  et Fantin Latour qui se la jouent grands reporters photographiques, avec leurs ateliers où les grands de cette époque sont nonchalamment représentés, Caillebotte qui, lui, se la joue peinture sociale avec ses raboteurs de Parquet, aussi raffinés et délicats cependant que lui, séduisant son auto portrait d'ailleurs ! Berthe Morizot, modèle ténébreux et peintre  se démarquant peu à peu de Manet, pour rejoindre le courant impressionniste, Cezanne qui nous offre un bleu à se damner, Monet, qui avant Bonnard fait éclater les couleurs et d'ailleurs Bonnard est là aussi, au 2ème étage, dans sa période nabi japonisante avec déjà Marthe vaquant à sa toilette ...  

orsay 2

 

 

Une balade réjouissante et prolifique en peintres ... et pour le plaisir, les bancs Water Block de Tokujin Yoshiokabancs Orsay fort confortables, le café des frères Campana, lGarçon et Corbeau 1884es éclairs pistache, le menu finlandais raffiné du restaurant classé monument historique, en liaison avec une petite exposition de Akseli Gallen-Kalela  vuorsaye hélas trop rapidement, car à 17h30, vous êtes mis dehors ...

Mais on y reviendra.

 

 

 

 

 

 orsay 4Friant

un canapé rigolo toujours des frères Campana où il a l'air de faire bon de dormir un peu, et puis une Toussaint, naturaliste, photographique, plaisante d'Emile Friant. 

 

 C'est vrai que l'on s'y sent un peu chez soi, dans ce musée, un peu douillet, un peu cosy, un peu kitsch, très classique, sans surprise mais, tout doux, le Musée d'Orsay.

Posté par maison43 à 20:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 janvier 2012

Jacques Villon

Gaston Duchamp est né en 1875, dans une famille bourgeoise, père notaire et compréhensif qui financera ses fils, mère sensibilisée à l'art par son père Emile-Frédéric Nicolle, dont la passion était la peinture et les eaux fortes. Sur les 6 enfants de cette famille, 4 furent célèbres, Gaston sous le pseudonyme de Jacques Villon, Raymond né en 76 sous celui de Duchamp-VillonMarcel Duchamp l'extravagant né en 1887, Suzanne née en 89. Ils apprirent le dessjacques villon illustration pour l'Assiette au beurre 1901in avec leur grand-père. 

Gaston se passionnera, tôt, pour le Traité de la peinture de Léonard de Vinci. Gaston prend le pseudonyme de Jacques Villon quand il devient dessinateur humoristique, pour ne pas entacher le nom de son père, dans des revues au nom suggestif comme Cocorico, le Frou-Frou  ou Le Rire. Jacques a un trait vif, précis, pertinent, mordant. Il croque bien Jacques avec délicatesse, humour et impertinence.  

 

 

 

 

 

 

Il excelle aussi dans les aquatintes et pointes sèches, progressivement, ses hachures deviennent plus drues, serrées, noires, construites.

L'équilibriste 1913 Pointe-sècheInstallé à Puteaux, cet homme demeure un peu en retrait du monde artistique, il s'intéresse de loin à Bonnard, Vuillard, Denis sans les approcher. Il passera par une période fauve, puis en 1910 sa carrière de dessinateur humoristique s'achève. Le groupe de Puteaux se constitue avec Kupka, Picabia, Mare, Léger,  face au groupe de Picasso et de Braque alors en pleine période cubiste. Villon s'y intéresse grâce à Kupka, il voit dans le cubisme une catégorie nouvelle de peinture, " une chose qui a les possibilités du rêve". Jacques Villon qui aime l'ordre et la discipline découvre que la technique cubiste peut lui servir.

  

 

 

 Il utilisera la construction géométrique pour faire du tableau une architecture de couleurs, que le sujet soit figure animale ou humaine, paysage, nature morte. Il synthétisera le mouvement avec le même procédé. Jacques Villon Soldats en marche

Cubisme, mais à la façon d'un Villon qui quadrille de façon systématique, par un savant calcul, les formes en mouvement, qui juxtapose sur sa feuille les mouvements qui se succèdent frénétiquement jusqu'à obtenir une forme abstraite figurative .. 

 

 

 

 

 

Villon est un intellectuel, doublé d'un mathématicien, il dessine ses thèmes, géométriquement, mathématiquement, il structure, construit, trace, tire des traits .. voici 3 oeuvres qui montrent (un peu), sa façon de faire ... Villon fait énormément de dessins avant de peindre. Le petit dessinateur 1935 Encre sur papier calqueLe petit dessinateur 1935 Eau-forteJacques Villon Homme dessinant 1935  

 

 

 

  

Et puis, Villon joue avec les couleurs, classiques dans ses débuts, puis criardes à la fin Jacques Villon L'oiseau empailléde sa vie, il s'éclate dans les verts, les roses,les mauves. Il pointille parfois,, en fait Jacques Villon expérimente aussi les couleurs, les marie entre elles avec plus ou moins de bonheur, arrive à les faire hurler ses couleurs, puis nous surprend à peindre des demi-tons plus doux, sentimentaux,Guitare et lauriers 1938 romantiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

A la fin de sa vie, enfin reconnu, vivant largement de sa peinture, il simplifiera ses dessins, fera du Villon, mais assagi, rassuré, sereinComme il vous plaira ascension enfin, n'ayant plus rien à se prouver.Les grues près de Rouen 1960

 

 

 

 

 

 

 

Je le préfère dans ses eaux fortes, ses dessins, Jacques villon, un petit dernier pour le plaisir. Jacques Villon La Lutte 1939

Bon, on ne s'est pas tout dit, je suis allée à Angers vous voir, mais où nous reverrons nous monsieur Villon ? vous êtes rare en France ... quelques oeuvres à Beaubourg, mais où êtes vous ailleurs ? mis à part les US, bien sûr.

Posté par maison43 à 15:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

31 décembre 2011

Paul Klee

A la cité de la Musique ...Paul Klee

Sais pas trop pourquoi mais étais follement attirée par ce peintre musicien, ne connaissais de lui que quelques tableaux, les petits carrés multicolores ... comme celui ci, qui ont l'air de rien, et qui sont follement travaillés, en perspective, en profondeur, un échiquier où les cases dessinées se voient attribuer chacune une couleur dont le teint et la lumière diffèrent à chaque fois, créant un relief, donnant une symphonie de tons,  musicalement oblige !  voilà, musicalement, la cité de la Musique accorde donc l'oeuvre de Paul Klee à la musique qu'il jouait, Bach, Mozart, Schumann, Beethoven, Wagner, Busoni ... L'exposition suit à travers la musique l'oeuvre de Paul Klee. (Né en 1879 en Suisse, d'un père allemand) :

 6 époques où l'on voyage trop rapidement avec quelques oeuvres de ceux qui ont marqué Paul Klee, musicales, picturales, exposées dans des vitrines .... trop, trop de choses à découvrir dans une foule qui ne permet guère que l'on s'attarde, alors, frustration obligée, je découvre un peu Paul Klee, mais je ne le phagocyte pas encore .. Encore un à approfondir donc, son musée à Berne me tente. Klee 

De 1903 à 1911, gravure, dessin satirique, il est aussi critique musical, et pratique intensément le violon. Le noir, le blanc l'intéressent. Il travaillera au développement de l'aquarelle noire.

 

A gauche donc, eau forte sur zinc,' Le héros à l'aile' qui fait partie des 'Inventions' : " Ce personnage né avec une seule aile d'ange, contrairement aux êtres divins, s'efforce infatigablement de prendre son essor. Ce faisant il se brise bras et jambes, mais n'en persévère pas moins dans son idée". Paul Klee - Journal. 

Mariage avec une pianiste Lily Stumpf, Félix naît en 1907, et c'est Paul Klee qui s'en occupera pendant que son épouse donne des cours de piano pour faire vivre le ménage .

 

 

 Fenêtres et toitsDe 1912 à 1915, il découvre la couleur, rencontre Wassily Kandinsky et Franz Marc, Robert Delaunay. Voyage à Tunis. Le jaune envahit ses toiles, oui, j'ai un gros faible pour le jaune.

de 1916 à 1920, il s'éloigne du dessin, du figuratif, et se dirige vers une peinture plus abstraite. Les petits carrés ... on y revient !!

De 1921 à 1933 il enseigne au Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, puis à Düsseldorf avec entre autres Kandinsky.

Il adopte alors un style libéré de toutes les influences, aussi bien musicales, que picturales, en tous cas, c'est mon avis, Paul Klee s'est libéré, et est enfin lui même, en proie à une désillusion certaine dont les origines sont multiples, personnelles, événementielles ... mais c'est une autre exposition, une autre vision des choses, une autre vision d'un autre Klee  que celle présentée à la cité de la musique.

un autre jour, dans un autre lieu, je vous donne rendez vous, Paul Klee, et je m'en réjouis déjà.   

 Joueur de timbale

 

 

 

 Renvoyé de l'académie en 1933, il est obligé de se rapatrier sur Berne, son art étant estimé dégénéré par les Nazis, en 1935 il tombe malade, il souffrait de sclérodermie, ce qui le freina dans son activité, mais les 3 dernières années précédant sa mort (1940), il fut extrêmement productif, il peignit des oeuvres fortes, où sa tristesse relative aux évènements en Allemagne, à sa maladie, à sa demande de naturalisation en Suisse qui tarde, se décline en tonalités brunes grises, sombres et rivalise cependant avec des couleurs flamboyantes où son humour poétique demeure. A droite le 'joueur de timbale ou 'le timbalier' qui date de l'année de sa mort, le rouge et le noir couleurs symboliques de la souffrance et de la mort, les barres noires. Ce tableau évoque une face, avec un oeil cyclopéen, et un marteau dont le musicien se sert pour frapper la timbale, mais les lignes noires évoquent la mort, une marche funèbre jouée par le timbalier ( Marc Le Bot - Paul Klee)

On peut reprocher à l'exposition de donner une vision réductrice de l'homme qu'était Paul Klee, de l'artiste productif et si personnel qu'il fut, artiste qui s'inspira de plusieurs mouvements sans jamais les suivre, et qui sut créer son style. Mais c'était un excellent début pour se familiariser avec vous, monsieur Klee.

Et je suis heureuse de terminer cette année 2011, qui fut assez noire pour moi, dans l'ensemble, par vous.       

Posté par maison43 à 19:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 novembre 2011

Louise Bourgeois

Louise Bourgeois est exposée à Bâle, à la Fondation Beyeler en ce moment. 15 oeuvres  représentées. L'exposition met en scène un dialogue, celui que l'on veut bien entendre ou pas, entre certains artistes comme Giacometti, Warhol, Braque, Léger qui fut un de ses professeurs, Picasso, ou Bacon qu'elle considère comme l'un des plus grands peintres de son temps. Pétillante Louise qui reconnaît avoir été influencée par Bacon, aidée par Duchamp quand elle lui parlait, pas folle de la sculpture de Miro, dubitative sur ses dernières peintures abstraites qu'elle juge répétitives et prévisibles. Elle estime qu'il a ainsi cédé à la tentation commerciale, elle pense qu'il a perdu l'authenticité de ses débuts. Sacrée bonne femme qui a pu vivre ses émotions dans et par la sculpture, grâce à son don et qui tient une place originale dans l'histoire de l'art, bien qu'elle disait : 'Je ne m'intéresse pas à l'histoire de l'art. Mon mari l'enseignait, alors j'en ai soupé à la maison!' 

Untitled 2000 untilted 2000

Dans la famille Tapisserie, on demande la grand mère native d'Aubusson, la mère Joséphine qui travaille dans l'atelier de sa mère, le père Louis, paysagiste sans avenir qui commença une collection de statues de plomb que Louise apprit à rafistoler. Louis se mit à chiner dans les campagnes et ramena à Joséphine des tapisseries usagées. Pendant que Joséphine restaurait les tapisseries dans son atelier à Anthony, le père ouvrit une galerie et Louise apprit à dessiner, à coudre. Elle prit ainsi l'habitude de collectionner les tissus. Untitled reprend un thème cher à Louise où chaque coussin est personnage et souvenir, où elle exorcise ainsi la douleur de l'exil.   

Blind leading the blind 1947-1949louise bourgeois

 Emotionnellement, thème sur l'aveuglement : Louise dut s'aveugler devant la maîtresse vivant au foyer; devant la mère qui supportait cette situation et le faisait subir à ses enfants; devant ses rapports difficiles avec son frère et sa soeur (la soeur qui aimait un peu trop les garçons, le frère qu'elle martyrisait un brin) devant le père, qui, lui, était aveugle et sourd à tout ce qui se passait autour de lui ! 

Artistiquement : thème de l'abstraction symbolique où géométrie (Louise aimait cette science) et évocation symbolique des individus soudés mais inéluctablement isolés, se mêlent. Chaque triangle de bois est un personnage et un souvenir douloureux. En 1992, elle dira au sujet de cette oeuvre qu'elle fait référence aux hommes âgés qui vous conduisent à l'abîme. Elle dira aussi avoir pensé au tableau de Bruegel, en évoquant la vague de féminisme aux US, vers 1950, qui engendra une solidarité qui ne se produisait pas à bon escient, et qui ne pouvait que conduire au ravin, les rendant semblables aux aveugles de Bruegel.  

Existe en noir, rouge et noir, et rose chair

 Memling Dawn 1951

M DawnSculpture en bois, comme la précédente, en séquoia, noire, pour éviter dit Louise tout romantisme, toute sentimentalité. Louise doit parler là en son nom, sans doute travaille t'elle ainsi à se détacher de tout ce qui lui fut douleur. On peut y voir ce que l'on y veut, rien, si cela nous convient; on peut y voir uniquement de l'abstraction pure, symbolique de ce que l'on veut y mettre. Cela sert à ça, un symbole non ? On peut y voir aussi comme Louise, un symbole de la solitude de l'individu, au sein même d'un groupe, familial y compris. 

 

 

 

Red Fragmented Figure 1953Louise Bourgeois

Louise dit : Le rouge est l'affirmation à tout prix - sans tenir compte des dangers du combat -, de la contradiction, de l'agression. Il symbolise l'intensité des émotions impliquées

Louise dit : Au début des années 50, j'étais moins préoccupée par la sculpture que par la re-création d'un passé dont je ne pouvais me passer, et c'était aussi un moyen de le contrôler, ce passé. 

 

 

 

 

 

Quarantania 1947-1953

1947-1953Fait partie, comme les oeuvres citées ci-dessus de la série des 'Personages'. Le groupe ici représente la famille de Louise, son mari américain et ses 3 garçons. Elle, c'est celle qui porte les enfants, les 3 petits fardeaux. Louise dira au sujet des enfants :' Je suis contre les enfants et en même temps je pense que c'est ce qu'il y a de plus beau au monde. Elle dira aussi ' les enfants nous coûtent des fardeaux de larmes'. Selon Louise, la mère est double, bonne et mauvaise  à la fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Femme couteau 1982Marbre rose

A ce sujet, Louise dit : 'Incarne l'ambivalence de la femme la destruction et la séduction. La femme se change en lame car elle a peur, elle est sur la défensive'. Louise reconnaît que l'homme est aussi vulnérable, et que d'une certaine façon, 'nous sommes tous homme-femme'. 

 

Janus fleuri 1968

1968Fait référence à la polarité qui nous habite : révolte-violence et  besoin de paix avec soi même et les autres. On peut y voir aussi, un substitut possible à la sexualité qui pour Louise est une finalité, une fonction, alors que l'érotisme est une ouverture au rêve partagé ou isolé, à une émotion. On peut y voir aussi la symbolique de notre ambivalence, nous sommes masculin-féminin, homme-femme, sexe masculin-féminin.Et fort prosaïquement on ne peut y voir que 2 sexes masculins, et 2 sexes féminins. 

 

 

 

 Passage dangereux 1997

Fait partie de la série des Cells.  A propose des Cellules, Louise dit :' C'est un désir de séparer les choses. Lorsqu'on a un problème, la façon d'y trouver une solution peut être d'en séparer les éléments avec un esprit analytique. Les cellules peuvent séparer et unifier. Chaque cellule a un sujet spécifique. Les cellules représentent différentes sortes de douleurs''. Les cellules sont une réplique de la maison familiale, des problèmes familiaux  mis en scène, emprisonnés dans des cages, enfin dépassés. passage dangereux 

Maman 1999

L'une tisse sa toile, l'autre tisse sa tapisserie. Les 2 sont protectrices. Les 2 peuvent effrayer.1999 Un symbole d'une féminité harmonieuse dans son imperfection acceptée.

 

The Insomnia Drawings 1994-1995

Il y a aussi quelques dessins, des mots, des phrases.. Louise a commencé à écrire à l'âge de 12 ans. Louise écrivait ses réflexions personnelles et dessinait, la nuit durant ses insomnies. Les dessins pour elle sont des idées bleues, roses, des idées qui passent et puis dit elle - ' d'un dessin on fait une peinture, et de la peinture on fait des sculptures, parce que la sculpture, c'est la seule chose qui me libère. Peut être que ce qu'il y aurait de mieux que la sculpture, ce serait de vraies personnes.' Louise a t'elle trouvé, un jour, une vraie personne ?

Mot de la fin par Louise Bourgeois :

'Il faut toujours prendre avec prudence ce que dit un artiste..... L'apparence de mes sculptures est abstraite, et pour le spectateur elles peuvent ne pas ressembler du tout à des figures. Elles sont l'expression, en termes abstraits, d'émotions et d'états de conscience.

Adaptation libre de ma part autour de certaines des oeuvres exposées à Bâle, fondation Beyeler,  inspirée ou extraite du recueil  des écrits et entretiens 1923-2000 de Louise Bourgeois, réunis et présentés par Marie-Laure Bernadac et Hans-Ulrich Obrist. Édition Daniel Lelong. Les extraits du livre sont soulignés.

Posté par maison43 à 21:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 octobre 2011

Yayoi Kusama

Originellement, chez Dame Kusama née au Japon en 1929, le monde a dû commencer Yayoi Kusama 1968par un pois, ce qui n'est pas entièrement faux, si l'on fait référence à l'origine d'un être humain : un ovocyte, et un spermatozoïde. Dans l'oeuvre de Yayoi Kusama , la femme est ovocyte, ronde, l'homme lui est phallus multiple.  No 1956

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les phallus en toile, mous, s'accumulent sur des canapés, des fauteuils, dans une barque, dans des chaussures de femme

Accumulation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ces pois sont récurrents dans son oeuvre et l'accompagnent , mêlées à d'autres formes inquiétantes, sinueuses nées de ses hallucinations qui envahissent son espace..

Yellow Tree

 

 

 

 

 

 

 

Ils seront ces pois, petits poiDots obsession infinity mirrored roomnts invasifs sur de longues toiles, monochromes lorsqu'elle arrive à New York  en 1957, puis dans sa période psychédélique, fort agitée, elle peindra des pois sur des corps nus, et se mettra elle même en scène. Puis jeunesse passée, assagie, elle créera en 1998 des espaces d'immersion totale dans des univers de pois multipliés par des miroirs.

 

  

 

 

2010

 

Ses peintures actuelles, sont des grandes toiles, richement colorées avec des yeux, des profils de visage à la Cocteau, et des petites cellules remplies de pois. 

On dit qu'elle en fait encore quotidiennement, elle vit dans un établissement de soins et peint chaque jour.

 

 Cette femme là a un parcours peu commun, une vie originale, un psychisme hors normes, mais son esprit créatif nous ouvre des horizons différents, loin des shémas classiques. Voilà, cette artiste là ouvre des portes ...  

My Flowerbed 1962 Des ressorts de lit habillés pour le matelas et des gants de coton peints en ciel de lit. Drôle de lit pour une drôle de femme.

L'exposition commence et finit par la lumière, ludiquement, pour ne pas trop effrayer !! ses angoisses pourraient être les nôtresJ'm Here, but Nothing, et l'angoisse de disparaître se traduit par son obsession de laisser partout l'empreinte de ses pois. Avec les jeux de  lumière, elle a raison, c'est plus gai, nettement plus gai.     

Lucioles

Posté par maison43 à 18:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :